UNE VIE UN DESTIN

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Français
113 pages
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Description

Jean était un jeune enseignant vacataire dans un collège. Le désormais chômeur s'ennuyait, assis sur une tombe qui lui servait de reposoir en plein milieu de la cour, celle de la maisonoù il vivait comme locataire. Le monde était en train de prendre une tournure que personne n'avait prédite.

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Date de parution 01 janvier 2019
Nombre de lectures 166
EAN13 9789956999668
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,05€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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UNE VIE UN DESTIN
Pierre Sonore Djiogue
UNE VIE UN DESTIN Récit
DESIGN COUVERTURE: DIEUDONNÉMBASSIYANA
Tous droits de représentation, de traduction ou de reproduction, réservés pour tous les pays. © Éditions de Midi 2019, Téléphone : 697 44 90 82/680 17 51 50 Yaoundé-République du Cameroun editionsdemidi@yahoo.com ISBN : 978-9956-9996-6-8
PREFACE
ème Le 21 siècle se caractérise par la mondiali-sation qui a favorisé la mutation de la littérature. En effet cette dernière a cessé au fil des ans d’être l’art de bien dire pour devenir une arme efficace susceptible d’impacter les contextes sociohisto-riques. L’écrivain africain n’est pas resté en marge de cette mutation, il se donne pour devoir d’être plus engagé qu’auparavant face à l’influence suici-daire de la culture occidentale et l’altération in-quiétante et même préoccupante des valeurs morales et éthiques. On compte de plus en plus d’auteurs ayant décidé de poursuivre le combat des ainés à travers leur plume dénonciatrice. Ces auteurs dénoncent de situations qui dérangent ou défendent une cause qui les tient à cœur. Fidèles au principe qui voudrait que tout homme soit res-ponsable de ce qui se passe dans son temps, ils dénoncent la colonisation, l’esclavage, le néoco-lonialisme, le racisme, l’impérialisme… L’écri-vain se jette dans la bataille et écrire devient une
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certaine façon de vouloir la liberté. Et on peut noter dans cette optique, que cette vocation de l’écrivain reste d’actualité dans le monde contemporain car les mêmes tares d’hier com-battues par certains ainés sont d’actualités : les injustices sociales qui ont juste changé de peau et de couleurs entre la période coloniale et la pé-riode contemporaine, le poids de la tradition qui entrave le libre-arbitre des africains et qui invite à interroger la contractualisation à l’attachement sociale, l’exode rurale et ses conséquences, le chômage, la finalité de la scolarisation. Pour rompre un peu avec cette monotonie, la littéra-ture initiatique prend le relai de la littérature di-dactique dès lors qu’on a pris acte de la déliquescence de l’ordre social et de la difficulté de transmettre des valeurs. Quand les espérances désertent les sociétés, le réalisme social perd ses assises didactiques et évolue vers l’initiatique. Découvrir les angles morts du présent et prendre de la distance par rapport à ce présent en propo-sant un nouveau regard par le seul pouvoir d’évo-cation des mots, voilà les missions que peut se fixer un écrivain africain moderne. Ainsi, ne plus transmettre les valeurs pour orienter ce monde, mais rechercher des valeurs pour survivre à la va-cuité du monde devient un impératif. C’est donc dans ce contexte que parait l’œu-vre,Une vie, un destinSonore Djioguede Pierre dont le titre est assez évocateur car mettant en
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corrélation deux termes presque antonymiques. Le destin comme suite d’événements qui échappe à la responsabilité de l’homme et par voie de conséquence constituerait un vrai obsta-cle à son épanouissement dans la vie, de l’autre côté la vie qui n’est que quête de l’épanouisse-ment et du bien-être. Le destin de Jean interpelle, un destin caractérisé par des contingences que le lecteur découvre et s’en approprie puisque étant similaire à son propre destin. Des contingences liées à sa naissance, à son attachement social, à sa vie amoureuse, au choix de sa profession, à la politique éducative de son pays. La vie collective exerce une emprise sur la vie individuelle et ac-croit la responsabilité de l’homme. Ce Jean qui est le personnage principal deUne vie, un destin est l’incarnation de toute la jeunesse camerou-naise voire même africaine qui subit l’emprise de la vie collective sur la vie individuelle. L’œuvre prend alors l’apparence d’une littérature didac-tique si on l’envisage comme une simple dénon-ciation qui invite à un changement radicale dans la gestion de la cité et à la nécessaire recontrac-tualisation à l’attachement social. Puisque cette dénonciation est une remise en cause du pseudo métier du vacataire, ce mot qui n’aurait dû jamais exister dans un corps de métier aussi délicat que l’enseignement ou l’éducation. L’éducation est la clé de voute de tout développement et voilà que c’est à des milliers des Jean qu’on confie ce com-
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bat pour le développement : des enseignants vi-vant dans une précarité indicible et à la merci de toute petite crise sociale et sanitaire comme le COVID 19. Par ailleurs Jean reflète le visage des autres corps de métier car chacun fait ce qu’il trouve et non ce qu’il voudrait faire. Le rêve reste le rêve et la réalité demeure inviolable pour le malheur futur des jeunes. Mais on peut se demander si Jean est comme cet honnête homme du XVIIè qui occupe civi-lement sa place sans prendre position sur les pro-blèmes politiques et sociaux étant donné que sa vie est conditionnée par le destin. Je penche pour une réponse négative car la notion du destin de fatum comme le dit Markale (1979), n’entraine pas la soumission fataliste ou le renoncement ascétique. Au contraire, elle stimule le désir de l’action. Le fatum est perçu comme un défi lancé à l’homme qu’il doit relever car se faisant il donne un sens à son existence. Nietzsche ne di-sait-il pas qu’« il est au monde un seul chemin que personne ne peut suivre hormis toi-même. Suis volontairement ce chemin que les autres sui-vent aveuglement. » Jean suit son chemin mais pas aveuglement. D’où tout l’intérêt de l’œuvre Une vie, un destin,qui revêt ici une approche ini-tiatique. Pierre Sonore Djiogue est donc partagé entre la quête de la une transmission intergéné-rationnelle d’un savoir africain et le désir de l’apurer sur une expérience immédiate du monde
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