Vers les beaux jours

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226 pages
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Description

Ils se rencontrent le jour où leur vie bascule. Tandis que Camille sort de chez son médecin, dévastée par le diagnostic tant redouté qu’il vient de confirmer, Thibaud réchappe de justesse à un crash aérien et découvre en même temps que sa femme le hait.


Réunis par le hasard à une terrasse de café parisienne, ils vont partager un moment magique mais trop bref. Et si c’était lui que j’attends depuis toujours ? se demandera Camille plus tard. Lui, l’homme mystérieux capable de la faire rire alors qu'elle est désespérée. Lui, qui l’a comparée à un ange et qu’elle a surnommé en secret son clown triste. Lui, qu’elle a fui et rêve de retrouver.



Un roman simple et touchant sur la recherche de l’amour par des êtres blessés par la vie, mais dont la force réside dans l’espoir de jours meilleurs. La plume douce et délicate de Marie LEROUGE dessine une galerie de personnages fragiles avec bienveillance mais aussi beaucoup de lucidité sur notre monde actuel.

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EAN13 9782371690493
Langue Français

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Table des matières
PREMIÈRE PARTIE SE FRÔLER AVRIL Opération escargot Se donner la peine Le portrait de Jade L'épée de Damoclès Aucun survivant Avant de mourir Au seuil d'une nouvelle vie Et pour mademoiselle ? Un rayon de soleil Transfiguration Plus rien à perdre Jour de chance Merci la vie A quoi ça tient, la vie ? Un ange tombé du ciel Une chic fille Le gout salé des larmes Le poids du monde Faire le pitre Adieu Charlot La tristesse des clowns Ne pas pleurer DEUXIÈME PARTIE SE MANQUER AOÛT Le gout des choses Salaud de chômeur ! La prédilection de Jules Un fils exemplaire Et si c'était lui ? Prends l'oseille et tire-toi Sainte Rita, faites que ce soit lui ! Comment la retrouver ? Trouver les mots Le collier rouge de Charlie Et si c'était elle ? Ça pique Renouer le lien Il suffirait Cachoterie pour cachoterie Des rideaux de dentelle et la Vierge qui veille Les voiliers du bassin des Tuileries La confusion des sentiments
TROISIÈME PARTIE SE RAPPROCHER AOÛT En voiture ! Bon débarras Docteur clown Les traits de Thibaud Horizons lointains Une perspective de bonheur Faire entrer un bateau dans une bouteille Comme dans une aquarelle de Turner Un ange aux ailes repliées Charlot pour vous servir Ta main sur mon genou Les mots enfouis Des créoles égyptiennes Le poids de la culpabilité Surprise ! Le messager du cœur Les lieux enchantés de l'enfance La fin des vacances QUATRIÈME PARTIE S'ÉLOIGNER SEPTEMBRE Les trois grâces Les mains dans le cambouis Les absents ont toujours tort Le virus de la paranoïa Voir au delà du visible Faire la paix Rémission Panique à bord Combler le vide Persona non grata Coquin de sort Corps à corps Retour de flamme Sonné mais pas K.O. La belle Gabrielle CINQUIÈME PARTIE SE REJOINDRE Ce soir à Paris Tout va bien Tout se sait Métissage Le Champion Le secret de l'égyptologue C'était avant Pensées magiques
Comme un perroquet Punition divine Prière de s'essuyer les pieds Le petit prince et l'aviateur C'est compliqué Baiser d'amoureux Une perle de sang Elle s'appelait Marie Les plus beaux de nos jours SIXIÈME PARTIE ÊTRE ENFIN CE QUE NOUS SOMMES Un drap de bain sur le dessus d'une pile Mes mains dans tes cheveux mouillés Panne de moteur De chair et d'os Seul avec ses démons Une femme amoureuse La main de Camille Sous les toits de Paris La perle rare Comme dans une aquarelle de Berthe Morisot Deux amies Une intime conviction Sur sa tombe Charlot amoureux Octobre Les perles de la jeune fille La Joconde du nord Bienvenue à bord Jusqu'au bout Sortir du cadre Découvrez Et son ombre sera légère, de Marie LEROUGE aux Editions IL ETAIT UN EBOOK Découvrez Petite chronique d'une petite élection, Découvrez La Théorie des cercles, de Jane TANEL aux Editions IL ETAIT UN EBOOK 1 Le catalogue d'IL ETAIT UN EBOOK / IL ETAIT UN BOUQUIN
Illustration de couverture : soft_light, www.shutte rstock.com
Couverture : Thibault BENETT
Directrice de collection : Cécile DECAUZE
Correction : Carole CHICOT
ISBN : 978-2-37169-049-3
Dépôt légal internet : décembre 2017
IL ETAIT UN EBOOK Lieu-dit le Martinon 24610 Minzac
« Toute représentation ou reproduction, intégrale o u partielle, faite sans le consentement de l’auteur, ou de ses ayants droit, o u ayants cause, est illicite » (article L. 122-4 du code de la propriété intellectuelle). C ette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par l’article L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle. Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise, aux termes de l’article L. 122-5, que l es copies ou les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, d’une part, et, d’autre part, que les a nalyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration.
« Nous sommes libres d'aller où bon nous semble et d'être ce que nous sommes. » Richard Bach (Jonathan Livingston le goéland)
PREMIÈRE PARTIE
SE FRÔLER
AVRIL
— C’est encore loin ?
Opération escargot
— En temps normal, on y serait déjà, mais là, je pe ux rien vous dire mon pauvre monsieur. C’est les routiers qui décident. Parce qu ’ils ont des gros culs, ils se croient les rois du bitume. Nous, les taxis, on peut rien c ontre eux.
S’il avait une once de cran, Thibaud répliquerait q ue les taxis ne sont pas les derniers à bloquer les routes. Au lieu de ça, il s’ acharne sur la vitre qui refuse de s’abaisser.
— Vous fatiguez pas, le système est bloqué, ricane le chauffeur.
Thibaud étouffe un juron. Cinq minutes de plus dans cette voiture et il va s’asphyxier. Ses doigts pianotent sur la valise au format cabine couchée sur la banquette près de lui. Pourquoi n’a-t-il pas pris l e RER comme tout le monde ? S’il rate son vol pour Zurich, il risque de faire perdre un g ros contrat à la compagnie d’assurances de son beau-père.
— Il n’y a pas d’autre solution ? gémit-il. J’ai un avion à attraper moi.
Le chauffeur se retourne, le fusille du regard.
— Qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? Je suis pas James Bond. Mon taxi, il a pas des ailes.
— Je veux dire, une autre route, un itinéraire de d élestage ?
— Vous rigolez !
Calme-toi mon vieux !se gourmande Thibaud.S’énerver ne sert à rien.
La tempe pressée sur la vitre froide, il ferme les yeux. C’est vrai qu’on devient con quand on est énervé, quand on ne contrôle plus le c ours de sa vie. Très con ! Englués comme ils sont dans cet embouteillage inextricable, il n’y a plus qu’à patienter et à espérer. Autour d’eux ça klaxonne, ça s’excite, ça s’injurie même de portière à portière.
Entre deux annonces publicitaires insupportables, l a voix du monsieur Trafic de RTL ne fait que confirmer l’inéluctable : les voies d’accès à l’aéroport sont bloquées par les barrages des routiers en colère. On ne pass e plus qu’au compte-goutte.
— Si ça continue comme ça, je vais continuer à pied .
— Pas question de vous débiner ! De toute façon, c’ est interdit de marcher le long de l’autoroute. Trop dangereux.
Le chauffeur enclenche la première.
— Regardez, ça commence à bouger. Et puis, si vous le loupez cet avion, vous prendrez le suivant. Y a pas mort d’homme.
Pas mort d’homme ! Il en a de bonnes ce mec, enrage Thibaud.
Ne pas se présenter au rendez-vous signerait la fin de sa carrière, si on peut appeler ça une carrière. Pour une fois que son beau -père lui fait confiance, il trouve le moyen de se planter. Cette opération escargot des p oids lourds, il aurait pu l’anticiper. On ne parlait que de ça à la radio ce matin. Mais n on, à croire qu’il a joué les sourds exprès.
Pourquoi ?
Cent mètres ! Ils ont gagné cent mètres à peine et ça coince de nouveau. Thibaud n’ose même plus consulter le cadran de sa montre. L ’heure limite de l’enregistrement doit être passée.C’est foutu, voilà, c’est foutu ! À moins d’un retard, mais les avions ne sont jamais en retard quand on en aurait besoin.
Appeler le vieux ? Le prévenir pour désamorcer sa c olère. L’implorer de négocier un délai, de reporter la signature au lendemain, il po urrait. Thibaud empoigne son Samsung dernière génération. Un prêt de la boite, c omme son Mac ultraplat. Des mécaniques ultrasophistiquées dont il ne maitrise q ue les fonctions de base. Il sélectionne le numéro. Appuyer sur la touche CALL, il devrait. L’index dérape sur l’écran. Attendre. Un espoir subsiste : ça recommen ce à rouler.
— Je vous l’avais bien dit, triomphe le chauffeur. Dans moins de cinq minutes on y est.
Thibaud range le téléphone dans sa poche intérieure – il a d’autant plus peur de se le faire piquer qu’il ne lui appartient pas.
— Au point où j’en suis !
Les yeux fermés, il imagine la voix sucrée d’une hô tesse résonnant sous les voutes du terminal : « Monsieur Thibaud Le Bihan est prié de se présenter d’urgence à la porte F pour embarquement immédiat. Dernier appel. »
Se donner la peine
Le professeur va vous recevoir dans quelques minute s mademoiselle Verdier. Si vous voulez bien vous donner la peine de patienter dans la salle d’attente.
L’assistante de l’oncologue est une femme qui vous enrobe de sa gentillesse et dont le seul regard bienveillant suffit à vous réco nforter. Camille, qui n’en mène pas large, lui adresse un sourire forcé et va se poser du bout des fesses sur l’un des fauteuils qui meublent la pièce. Patienter ne lui e st pas pénible. La patience est une qualité indispensable dans son métier de restauratr ice d’œuvres d’art. Utile aussi en tant que patiente. Quand on est souffrant, il faut savoir patienter pour des tas de choses : obtenir un rendez-vous, être admis dans le cabinet du médecin ou la salle de radiologie, recevoir des résultats d’analyse, guéri r tout simplement. Par chance, le professeur Fabius est un homme ponctuel. Camille s’ est toujours trouvée seule dans l’antichambre du cabinet. Question de confidentiali té certainement. L’assistante qui tient le planning des rendez-vous doit y veiller.
Trop nerveuse pour ouvrir le livre qui pèse dans so n sac, ou feuilleter l’un des magazines empilés sur une table basse, la jeune fem me s’absorbe dans l’étude du décor. Son œil aiguisé note les fissures au plafond , la couleur des murs, le motif du tapis… jusqu’à l’ampoule qui manque au lustre à hui t branches.
La porte s’ouvre enfin sur un homme affable qui pou rrait être son père, lui ressemble d’ailleurs un peu, dans l’allure, les man ières « vieille France », l’exquise courtoisie.
— Bonjour mademoiselle Verdier, si vous voulez bien vous donner la peine d’entrer.
Se donner la peine !’unune expression adéquate au seuil du bureau d  Voilà spécialiste du cancer. Sa blouse blanche flottant a utour de lui, il s’efface devant sa patiente. De la main, il désigne le fauteuil Empire tapissé de velours vert - une copie mais bien exécutée - placé en face de son bureau du même style.
— Si vous voulez bien vous donner la peine de vous assoir.
Double peinele même si elle se, pense la patiente avec un sourire intérieur. Trip rappelle, dès son arrivée, l’invitation de l’assist ante sur laquelle déteignent les expressions du patron. Voilà, elle s’est donné la p eine de tout faire comme il fallait : patienter, entrer et s’assoir. Maintenant, elle se prépare à entendre la peine qu’il va lui infliger. Une prémonition qui l’a empêchée de trouv er le sommeil la nuit précédente.