Voyages et conversation en pays toubou...

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Les Toubou, peuple du Sahara, faisaient de longs voyages. C'étaient des voyages à dos de chameau, souvent en caravane. Pendant le trajet, certains chantaient en l'honneur de leurs bien-aimées, d'autres causaient. Ils racontaient des histoires, et toute une littérature orale se développait autour du voyage. D'abord publié en langue dazaga (gorane, toubou), voici maintenant la version traduite en français par l'auteur.

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Date de parution 01 février 2012
Nombre de lectures 24
EAN13 9782296481879
Langue Français

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Voyages et conversation
en pays toubou…
Ahmat Saleh Boudoumi
Voyages et conversation
en pays toubou…
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55909-7 EAN : 9782296559097
DEDICACE
A tous les caravaniers.
INTRODUCTION
Les Toubous, peuple du Sahara, faisaient de longs voyages, des voyages à dos de chameau, souvent en caravane. Pendant le trajet, pour passer le temps certains chantaient en l’honneur de leurs bien-aimées. D’autres causaient. Ils racontaient des histoires et toute une littérature orale se développait autour de ces voyages. Il y avait de bons conteurs et d’excellents chanteurs. On entendait souvent dire : « La compagnie d’un tel est recherchée des voyageurs à cause de ses qualités de conteur ou de chanteur ».
Parfois, le voyageur oubliait les peines et la monotonie de la marche au cours du long voyage, par le simple fait que son compagnon racontait de belles histoires à suspens ou qu’il chantait avec emphase. Une telle compagnie était connue pour être un outil contre la fatigue, un antistress ou un délassement face aux multiples peines physiques inhérentes à ce genre de voyages.
A l’époque du Frolinat (Front de Libération Nationale du Tchad), une rébellion qui a embrasé la région tchadienne habitée par les Goranes et qui a amené de facto le bouleversement des règles établies au Tchad par le système colonial, les combattants faisaient de multiples voyages à dos de chameau pour parcourir de longues distances. Ils connaissaient la monotonie des longues marches pénibles parfois pendant des nuits entières ou sous la canicule des jours ensoleillés. Ils connaissaient l’effet stimulant des chansons qui les gardaient en éveil quand le sommeil les prenait pendant les nuits de marche…
Quand vint le temps des voitures, les combattants s’asseyaient souvent, entassés les uns à côté des autres, sur les porte-bagages des camionnettes. Seules les chansons et les histoires
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permettaient à ces braves de tenir le coup. Même après bien des années, ces hommes du désert n’avaient pas perdu leur habitude multiséculaire de trouver de bons conteurs et chanteurs comme compagnons de route.
Molï, le jeune Toubou qui décida d’écrire en dazaga (langue gorane, toubou) pour faire connaitre la richesse de sa culture en version originale, pensa à ces passe-temps traditionnels. Il se dit : « Si de telles causeries sont intéressantes pour le voyageur, elles le seraient aussi pour celui ou celle qui chercherait à apprendre la langue toubou (gorane) ! La bonne qualité des histoires ferait-elle oublier la pénibilité de l’apprentissage ? De telles histoires ne permettraient-elles pas de stimuler le désir de la langue toubou chez tout apprenant ? » :
L’écriture de la langue dazaga est intéressante pour ses locuteurs. Un enfant gorane qui saura écrire et lire en dazaga pourra apprendre très facilement les autres langues. Par ailleurs, si on écrivait le dazaga, il permettrait de conserver les us et coutumes ainsi que toute la richesse culturelle des Toubous qui ont une culture atypique à cause des valeurs qui en sont le socle.
Molï a dû s’alphabétiser dans sa langue natale pour écrire toutes ces causeries de voyage qui sont d’ailleurs très nombreuses dans sa culture ! Elles constituent une très grande richesse. Ainsi, écrivit-il quelques causeries du voyage. Les voici dans les pages qui suivent.
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