Watar

Watar

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155 pages

Description

Quand Judith, une ingénieure juive française rencontre Abdallah, un beau prince arabe et qu’ils s’aiment, forcément, ça fait rêver … Quand le beau prince arabe est en plus le futur émir du Watar, un des pays les plus riches de la planète, celui qui va organiser en 2034 la coupe du monde de Soccerball, on pense naturellement que les djinns du désert ont béni cette histoire. Et pourtant à y regarder de plus près, il y a quelque chose qui cloche. Mais, quoi ? Est-ce ce chef de tribu fanatique qui prône le retour du Watar à l’ordre moral ? Ou les deux épouses officielles d’Abdallah qui expliquent déjà à Judith sa future vie au palais ? Ou peut-être ces maudits népalais qui construisent un des stades de la future coupe du monde et qui menacent de faire grève ? Allez donc savoir !...

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Date de parution 16 avril 2018
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EAN13 9782366596205
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Jean-Claude Roullier Watar Le Mono
Du même auteur Aux planètes 2015, Editions ThoT Moco 2013, Editions ThoT Les Jardins d’Eurysmée 2011, Editions Velours ©Editions le Mono
« Selon que vous serez puissants ou misérables…» -Jean de la Fontaine
Prologue Jaffar
L’émir savourait sa victoire. Du haut du dernier étage de la tour Al Watarite, le panorama sur le golfe arabo-persique était époustouflant. Quelques boutres écra sés de soleil dansaient près de la côte, sur une eau lumineuse et étincelante, rendus plus minuscules encore par le flux qu’on eût dit continu des supertankers se croisant et se recroisant au large du port. Ba’adek, la capitale de l’émirat étalait ses larges avenues et ses impressionnants buildings de verre et d’acier au pi ed de la tour la plus haute du monde dont le dernier étage réservé au Cheikh Jaffa r Ibn Hamid Al Banim, émir du Watar, lui permettait de recevoir une après-midi pa r semaine les doléances de ses riches sujets. Le vent de sable qui soufflait en tempête depuis plusieurs jours s’était subitement arrêté quelques heures auparavant, autorisant la re prise du trafic maritime et aérien, comme pour marquer l’importance de l’événement. Le Watar venait d’être officiellement désigné par H einrich Blazer, l’omnipotent président de la fédération internationale, pays org anisateur de la troisième édition de la coupe du monde de soccerball, le nouveau spor t roi de la planète qui avait relégué en quelques années, à la stupéfaction génér ale, le football au rang des curiosités historiques. C’est le prince héritier en personne, Abdallah, che f de la délégation watarie, qui l’avait annoncé de Bruxelles, siège de la fédératio n internationale, à l’émir, son père. « Ce bon Blazer a décidément bien fait les choses ! » pensa Jaffar, sans d’ailleurs que cela ne coûte bien cher, à peine cen t cinquante petits millions de dollars dispensés en commissions occultes et autres bakchich aux membres de la commission de désignation, autant dire une paille d ans la meule de foin des pétrodollars accumulés depuis la fin des années 195 0 et le début de l’exploitation des abondantes ressources naturelles du pays, premi ère réserve gazière, troisième pétrolière de la planète. A soixante-huit ans, l’émir Jaffar, géant barbu, pl acide et quelque peu rondouillard, au quintal mal réparti sur son mètre quatre-vingt-cinq, accédait ainsi à la véritable reconnaissance internationale, couronn ant tous ses efforts pour faire du Watar une monarchie islamique modérée et démocratiq ue, respectée par la communauté des nations. Pendant la compétition de l’été 2034, trois milliar ds de téléspectateurs darderaient tous leurs regards sur le Watar découvr ant ainsi un pays moderne, ayant réussi à concilier progrès et traditions, fier de ses racines, de sa culture et de sa religion d’état ouverte et tolérante.
L’émirat avait été désigné, somme toute assez facilement, par le comité ad hoc de la fédération de soccerball par quinze voix cont re sept au second tour de scrutin, devançant ainsi largement les Etats-Unis, l’Australie, la Chine et le Japon. Une consécration mondiale et un label de respectabilité ! Maintenant, il allait falloir mettre tout cela en musique, faire en sorte que le Watar soit salué à la fin de sa coupe du monde comme le p lus prestigieux des pays organisateurs de la compétition, lointaine héritièr e de celle créée en Uruguay par Jules Rimet en 1930 dans une indifférence quasi générale. Douze stades climatisés et couverts, l’agrandisseme nt de l’aéroport international de Ba’adek, une nouvelle ligne de métro, quelques c entaines de kilomètres d’autoroutes supplémentaires, une île artificielle où serait implanté le stade de cent mille places, hôte de la finale du seize juillet 20 34, à quelques encablures à peine de la capitale, et le pont pour l’y relier, tels se raient les principaux projets à conduire en une petite douzaine d’années. Cela ne faisait pas peur à Jaffar. Il en avait vu bien d’autres. La manne gazière et pétrolière de l’émirat permettrait, comme toujours, de tout financer.
Les audiences de l’après-midi se terminaient. Jaffar, heureux, annula toutes les dettes du dernie r de ses sujets reçus en audience privée, et lui conseilla de créer une nouv elle entreprise de construction spécialisée en ingénierie des grands travaux public s.