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Abdication de Henri V - Et autres textes

De
114 pages

Continuation du Poisson d’AVRIL de M. de Villemessant.

Dans son dernier numéro, LA CHRONIQUE DE PARIS, a donné à ses abonnés, l’ingénieux et agréable POISSON D’AVRIL de L’ENTRÉE SOLENNELLE DE HENRI V DANS PARIS ! ! !

Le mois des surprises n’étant pas encore terminé, qu’il me soit permis à mon tour d’en fournir une à mes lecteurs, qui, si elle était authentiquement approuvée comme une réalité, serait à coup sûr la meilleure des solutions cherchées jusqu’à ce jour.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Louis Tirel
Abdication de Henri V
At autres textes
AVANT-LIRE
La foi ne se commande pas, c’est un don du ciel que je n’ai pas encore reçu en faveur de Messieurs les fusionnistes de l’ssembLée nationaLe,quoiqu’ils s’évertuent à me crier de leur voix la plus douce et en apparence la plus convaincue : « Nous reconnaissons que les peuplés s’appartiennen t et nous voulons, en conséquence de ce principe, que la monarchie appelé e de nos vœux, prenne sa base dans la volonté nationale. Nous ne sommes pas (on eût dû mettre ici la négatio n PLUS,) légitimistes pardroit divin...e la monarchie n’a eu la Loin de cela ! nous prouverons que jamais en Franc prétention d’une origine céleste ! Nous ne croyons plus audroit divin,à lasainteampouLeet à toute ladéfroquede la vieillechevaLerie. Nous ne voyons de salut pour la France que dansLa reconstitutiond’une monarchie héréditaire. Nous demandons que la monarchie ait pour base la ma nifestation de la volonté nationale, etc. » Malgré la loyauté et les talents de MM. les fusionn istes, mon esprit, à mon insu et malgré moi, les tient en suspicion dedipLomatie raffinée, ce qui m’empêche et m’empêchera longtemps de me jeter avec pleine et en tière confiance dans leurs bras... Veulent-ils me séduire et me tromper ? je ne le cro is pas ; mais ce que je crois fermement c’est qu’ils s’abusent et se trompent eux -mêmes en mettant en ce temps, au rebut, unprincipedes croyances qu’on avait honorés du titre et d’éterneLs, et pratiqués pendant quatorze siècles. Habitués à diriger les hommes, ils pensent, aujourd ’hui comme jadis, pouvoir le faire à l’aide des mêmes moyens dont ils se sont déjà servis : voilà selon moi leur erreur. La catastrophe de février, tout indigne et monstrue use qu’elle fût, est désormais un fait accompli. Elle nous a apporté avant le temps, la coupe enivrante de toutes les réformes sociales, le peuple y a trempé ses lèvres ; au milieu de l’amertume et du poison même, il a trouvé certain breuvage à sa conv enance et dont il n’entend plus désormais être privé : il faut donc sagement ouvrir la porte à tout ce qui lui est bon et salutaire, en la tenant close à tout ce qui est pernicieux et désorganisateur. Eh bien ! voilà, je crois, ce que Messieurs de la f usion voulant nous ramener à la monarchie TRADITIONNELLE ou du DROIT DIVIN, ce qui pour moi est la même chose, ne comprennent pas bien ; ils veulent, nous fusionner par compression, en nous faisant reculer avec Henri V, d’un siècle, ou au moins de soixante-trois ans, tandis qu’à mon avis, ils devraient le faire par EX PANSION, en nous faisant marcher
en avant avec les D’ORLÉANS. C’est dans ce sens que j’ai écrit, moi, sans prendr e le moins du monde la vaine et insignifiante précaution de voiler ou déguiser ma p ensée. Je dis franchement et loyalement ce que tout le monde a dans le cœur et s ur le cœur depuis soixante-deux ans ; mais, pourtant, ce que personne n’ose dire et avouer tout haut. Notre pauvre société, à force de raffinement et de subtilité, de politique et de diplomatie, n’est plus qu’un grand bal masqué où ch acun se déguise sous un masque quelconque et s’enferme dans son domino pour intrig uer sans se compromettre et sans crainte d’être reconnu. Détestable système ! A bas les masques ! et montrons-nous tels que nous sommes : qui légitimiste, qui bo napartiste, qui orléaniste, qui républicain ou socialiste même. Dans toutes ces cla sses d’hommes, il n’y en a bien positivement que deux, les AMIS DE L’ORDRE et les p romoteurs de L’ANARCHIE. Ce qui me console et me rassure complètement, c’est qu e les honnêtes gens de toutes nuances, nobles, bourgeois et ouvriers sont en plus grand nombre e forment l’immense majorité de la nation. Nous ne périrons d onc pas ; seulement, nous pouvons payer notre salut en sacrifiant plus ou moi ns de notre liberté, si nous tombons dans les mains des blancs ou dans celles de s rouges. Voilà l’écueil à redouter. Du reste, on ne fera jamais marcher la France en éc revisse ; ses emblêmes naturels étant le vieux coq gaulois et le lion de juillet. Toute fusion qui n’aura pas pour but comme pour rés ultat de sauvegarder le DROIT NATIONAL, sera aussi insuffisante qu’incomplète. Les d’ORLÉANS sont le symbole vivant de ce principe fondamental, ils portent avec eux le respect à la foi jurée, la sincérité d’exécu tion pleine et entière et sans restrictions aucunes de ce droit sacré. Toule confi ance leur est acquise à cet égard. On eût dû les prendre comme point de centre de la f usion et non vouloir les éteindre dans les prétentions de M. le comte de Chambord, qu i, méconnaissant lui, ledroit nationaL,ne veut rentrer en France qu’en qualité deroi !et comme Roi ! ! Les fusionnistes de la monarchietraditionneLLe,sont sincères, doivent fournir s’ils des garanties certaines de leur intention bien pron oncée de ne jamais revenir à celle d udroit divin.sible ; s’ils la La garantie que je leur demande est l’unique admis rejettent, ce sera pour moi la preuve qu’ils garden t en eux, une arrière-pensée pour un avenir éloigné.... pour une pensée comme celle deCharLes Xdevant25 juillet,  au conduire au rétablissement du Gouvernement personne l et absolu... Qu’on me taxe d’entêté ou de défiant à l’excès, je ne dis pas non, car je pense des légitimistes, quelques patriotes qu’ils Soient deve nus depuis un ou deux mois, ce que l’Empereur en pensait sous son règne et après : es bLancs resteront toujours bLancs! Vaine et inutile fusion que celle entreprise au nom d’un homme ou d’une simple
famille : c’est la fusion desprincipesqu’il s’agit de réaliser : c’est ledroit divinqu’il faut éteindre dans ledroit nationaL : c’est dans ce sens que j’ai écrit l’opuscule qu’ on va lire. Et tant que ma solution, remèdehéroïque,j’en conviens, ne sera pas accomplie, il n’y aurarienfait, car la droiture et la bonne foi seront, c  de omme toujours tenues cachées sous le gobelet de nos diplomates et hommes d’État : vieille rouerie dont je neveux plus avec la France entière. TIREL.
PETITE LEÇON DE CATÉCHISME FUSIONNISTE
UN LÉGITIMISTE ET UN ORLÉANISTE
L’ORLÉANISTE. — Pardon, Monsieur, je suis bien ici àl’Assemblée nationalela de rue Bergère, s’entend ? LE LÉGITIMISTE. — Vous y êtes parfaitement, Monsieu r, que désirez-vous ? L’ORLÉANISTE. — Monsieur, je désire me fusionner, s i toutefois vous voulez bien avoir l’indulgente bonté de me donner quelques bonn es raisons pour lever certains doutes qui m’assiégent encore, et vaincre la résist ance instinctive qui, jusqu’à ce jour, m’a tenu éloigné de vous. LE LÉGITIMISTE. — Rien de plus facile, Monsieur, ve uillez vous asseoir et causons. L’ORLÉANISTE. — C’est précisément pour cela, Monsie ur, que je suis venu vous faire ma petite visite : je vous demanderai donc ce que c’est que votre fusion ? LE LÉGITIMISTE. — C’est, Monsieur, l’alliance de de ux partis ou systèmes divisés, réunis et fondus ensemble pour n’en plus former qu’ un seul, pratiquant les mêmes idées et marchant d’un commun accord au même but. L’ORLÉANISTE. — La fusion dans ce sens, Monsieur, n e pourrait-elle pas être considérée plutôt comme l’abandon d’undroit, en faveur d’unautre droit qui lui serait opposé, et de façon à faireprédominerl’un de ces deux droits d’une manière absolue et exclusive aux dépens de l’autre ; ce qui, dans c e cas, constituerait une véritable absorption,jours compris ?et non une entente cordiale, ainsi que je l’ai tou LE LÉGITIMISTE. — Eh ! Monsieur, l’entente cordiale marche toute seule ; mais d e u xprincipes diamétralement opposés ne pouvant pas plus s’unir et se concilier ensemble que ne le feraient lefeu etl’eau,la que lumièreles et ténèbres, que les lignes droites et les lignes courbes ou brisées, il faut nécessairement que nous procédions parl’absorptionpour ne plus former qu’un tout identique, un tout unique et homogène dans son ensemble comme dans toutes ses pa rties. L’ORLÉANISTE. — Alors, Monsieur, la fusion ou réuni on, que vous tentez de réaliser entre les deux branches de la maison de Bo urbon tend à ce but, et doit arriver en définitive à ce résultat ? LE LÉGITIMISTE. — Indubitablement, Monsieur, et il ne saurait en être autrement ; car les deux branches de la maison de Bourbon, part ant du même tronc, de la même souche, ne peuvent et ne doivent faire corps à part , distinct et séparé ; leur nature et leur essence étant de tous points les mêmes. L’ORLÉANISTE. — Mais, Monsieur, en prenant matériel lement votre solution sur l’exemple de l’arbre, du tronc et de ses branches, que vous me présentez comme figure, je vous dirai à mon tour : Ne voit-on pas d ix rameaux, dix fleurs et dix fruits
différents sortis de la même souche, parce que, par le perfectionnement, la main des hommès les a écussonnés, entés et greffés de dix so rtes ou espèces diverses, ce qui constitue l’amélioration, le progrès ? LE LÉGITIMISTE. — Progrès... Progrès..., oui, sans doute ; mais détestable progrès. Monsieur, alliance bâtarde qui ne sert au moral qu’ à jeter le trouble et la perturbation partout, le désordre et la confusion dans tous les esprits, et à n’enfanter que des systèmes monstrueux ! L’ORLÉANISTE. — Voyons, discutons sans colère ni pa ssion, et répondez-moi catégoriquement, s’il vous plaît, Monsieur. — Est-c e que vous auriez cent espèces, que dis-je, mille espèces de fruits magnifiques et savoureux, de fleurs doubles plus suaves et plus éblouissantes les unes que les autre s, fleurs et fruits qui font l’ornement et la somptuosité de vos tables, l’agrém ent de vos parcs et de vos jardins, si la race humaine s’en fût tout bonnement tenue au x sauvageons, aux fleurs simples, comme aux fruits aigres et rabougris de la création , sans avoir jamais cherché à améliorer et perfectionner les races aussi bien que les espèces, par le croisement et la culture intelligente de ces races et de ces espèces ? LE LÉGITIMISTE. — Soit, Monsieur ; mais il n’en est pas de l’ordre intellectuel, des lois, de la morale, des institutions et des gouvern ements, des régies qu’établit la société, des droits que donne et consacre le ciel l ui-même, comme de l’ordre brut et matériel dont vous semblez vouloir vous prévaloir d ans cette discussion.