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Au pays du matin calme

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386 pages
Mais quel est donc le mystère de ce pays étonnant, doté d’une créativité sans limites ? Après les industries lourdes, automobiles, électroniques, la Corée est en passe de réussir dans de nouveaux domaines où on ne l’attendait pas : le cinéma, les livres ou encore la musique. Une conquête mondiale, un soft power presque parfait qui hisse désormais le pays au rang des nations les plus développées… Pourtant, la péninsule hyper connectée et résolument tournée vers l’avenir s’enorgueillit de son histoire plurimillénaire, riche en mythologies et personnages légendaires, et toujours endurante aux défis posés par ses impérieux voisins : le Japon ou la Chine. Après son annexion par l’empire japonais en 1920, la Corée avait disparu de la scène mondiale. Elle ne réapparut qu’avec la guerre de Corée, un événement qui résuma longtemps à lui seul notre connaissance de cette région de l’Asie. Au fil des pages, Samuel Guex raconte la longue histoire de ce pays qui, tel un phénix, renaît sans cesse et ne renonce jamais. Mêlant son récit aux débats actuels qui agitent les Coréens – et la Réunification n’est pas l’un des moindres –, il montre à quel point le passé reste fondamental pour comprendre la modernité de la Corée…
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Samuel Guex
Au pays du matin calme
Nouvelle histoire de la Corée des origines à nos jours
Flammarion
© Flammarion, 2016 ISBN Epub : 9782081381278
ISBN PDF Web : 9782081381285
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081352612
Ouvrage composé et converti par Meta-systems (59100 Roubaix)
Présentation de l'éditeur Mais quel est donc le mystère de ce pays étonnant, doté d’une créativité sans limites ? Après les industries lourdes, automobiles , électroniques, la Corée est en passe de réussir dans de nouveaux domaines où on ne l’attendait pas : le cinéma, les livres ou encore la musique. Une conquête mondiale, un soft power presque parfait qui hisse désormais le pays au rang des nations les plus développées… Pourtant, la péninsule hyper connectée et résolumen t tournée vers l’avenir s’enorgueillit de son histoire plurimillénaire, ric he en mythologies et personnages légendaires, et toujours endurante aux défis posés par ses impérieux voisins : le Japon ou la Chine. Après son annexion par l’empire japonais en 1920, la Corée avait disparu de la scène mondiale. Elle ne réapparut qu’ avec la guerre de Corée, un événement qui résuma longtemps à lui seul notre con naissance de cette région de l’Asie. Au fil des pages, Samuel Guex raconte la lo ngue histoire de ce pays qui, tel un phénix, renaît sans cesse et ne renonce jamais. Mêl ant son récit aux débats actuels qui agitent les Coréens – et la Réunification n’est pas l’un des moindres –, il montre à quel point le passé reste fondamental pour comprend re la modernité de la Corée…
Samuel Guex enseigne l’histoire de la Corée à l’uni versité de Genève après des études en Chine, au Japon, et en Corée du Sud. Ses recherches portent principalement sur les relations entre ces trois pa ys aux XIXe et XXe siècles.
Dans la même collection
Götz ALY,Les Anormaux. Alessandro BARBERO,La Bataille des trois empires. Lépante, 1571. Divin Moyen-Âge. Histoire de Salimbene de Parme et autres destins édifiants. Michael BARRY,Le Royaume de l’insolence. L’Afghanistan 1504-2011. Jean-Paul BERTAUD,Les Royalistes et Napoléon. L’Abdication. 21-23 juin 1815. Jerry BROTTON,Une histoire du monde en 12 cartes. Olivier CHALINE,L’Année des quatre dauphins. – Le Règne de Louis XIV. Christopher CLARK,hé vers laLes Somnambules. Été 1914 : comment l’Europe a marc guerre. Jean-Marie CONSTANT,C’était la Fronde. Liliane CRÉTÉ,Les Tudors. Daniel DESSERT,ranceLes Montmorency. Mille ans au service des rois de F . Ray M. DOUGLAS,Les Expulsés. Jean-Marc DREYFUS,L’Impossible Réparation. Christopher DUGAN,ussoliniIls y ont cru. Une histoire intime de l’Italie de M . Richard EVANS,Le Troisième Reich(3 volumes). Victor Davis HANSON,La Guerre du Péloponnèse. Sudir HAZAREESINGH,Ce pays qui aime les idées. Lauric HENNETON,Histoire religieuse des États-Unis. Françoise HILDESHEIMER,La Double Mort du roi Louis XIII. Paulin ISMARD,L’Événement Socrate. Julian JACKSON,La France sous l’Occupation. Eric JAGER,Le Dernier Duel. Dan JONES,Les Plantagenêts. Ian KERSHAW,La Chance du diable. Le récit de l’opération Walkyrie. Ric h a rd OVERY,ienne (1939-Sous les bombes. Nouvelle histoire de la guerre aér 1945). Paul PAYAN,Entre Rome et Avignon. Une histoire du Grand Schism e (1378-1417). Jonathan PHILLIPS,Une histoire moderne des croisades. M arie-Pierre REY,campagne deL’Effroyable Tragédie. Une nouvelle histoire de la Russie. 1814, un tsar à Paris. Graham ROBB,Sur les sentiers ignorés du monde celte. Constance SÉRÉNI et Pierre-François SOUYRI,Kamikazes. Bertrand VANRUYMBEKE,L’Amérique avant les États-Unis. Une histoire de l’ Amérique anglaise (1497-1776). Laurent VIDAL,Ils ont rêvé d’un autre monde. Guy WALTERS,La traque du mal.
Du même auteur
Entre nonchalance et désespoir, les intellectuels j aponais sinologues face à la guerre, Peter Lang Éditions, Berne, 2006.
Au pays du matin calme
Nouvelle histoire de la Corée des origines à nos jours
PRÉFACE
Les Coréens sont très fiersde leur histoire plurimillénaire. Pourtant, alors qu’ils se targuent depuis plusieurs sièclesd’avoirassimilé et préservé le meilleurde la civilisation chinoise, etd’avoir été le principal vecteurcivilisateurduJapon, ils éprouvent le sentiment persistantd’être trop souvent relégués injustementdans l’ombrede leursdeux grands voisins. Les Sud-Coréens quiont souvent l’occasionde voyagerà l’étrangersavent à quel point leurpaysreste méconnu. Êtes-vous chinois ? Non ? Alors japonais, n’est-ce pas ? Combiende fois n’ont-ils pas été confrontés à cette question innocente et pourtant tellement mortifiante.Même Samsung,orgueil s’il en estdupays, symboledu miracle économique sud-coréen, n’échappe pas à ce malentendu: en 2009,un sondagede l’Agence coréenne pourp la romotiondu commerce (Kotra)révélait que plusdun quartdes étrangers croyaient que Samsung étaitune compagnie japonaise… Il est vrai que vud’Europe, la Corée n’évoque pas grand-chose à part la guerredumême nom. Si chacun possède quelques images qu’il peut associer à la Chineou au Japon, combien seraient capablesde mentionnerne serait-ce quun personnage historique,un monument,ouun plat coréen ? Si cedéficit en termesde visibilité ne semble guère gênerlerégimede P’yŏngyang, il n’en va pasde même à Séouloù l’on se veutouvert surle monde etdésireuxdereconnaissance internationale.Or, il faut bien admettre que lorsque les médias s’intéressent à la péninsule coréenne, c’est la plupartdu temps pour parlerde la Coréedu Nord etde la menace qu’elle fait peser surpaix la régionale. Le résultatde cettedisparité serait facile à vérifier: si l’ondemandait àdes passantsdans les principales villesoccidentalesde citerle nomdundirigeant coréen, il y a fort à parierque les trois KimduNord (Ilsŏng, Chŏng’il, Chŏng’ŭn) l’emporteraient sans grandproblème surleurs homologuesduSud. Depuis quelques années pourtant, les choses semblent évoluer. Les effortsde la Coréedu Sud pourpromouvoirsa culture à l’extérieurdupays etrenforcerson pouvoird’attraction commencent à porter leurs fruits, en Asie surtout mais également en Europe,où les plus jeunes témoignentdun intérêt croissant pourc la ulture populaire sud-coréenne. L’augmentation spectaculairedes effectifs dans lesdépartementsd’études coréennesdesuniversités européennes estun indicateurde l’importance querevêtdésormais ladimension culturelledusoft powerde la CoréeduSud. Après le développementdes industries lourdes, automobiles, électroniques, etde l’information, quiont hissé le pays aurangdes nations les plusdéveloppées, l’industrie culturelle sud-coréenne est peut-être en passederéussir làoù les succès économiques avaient jusqu’ici échoué : susciter la curiositédu monde pourl’histoire et la culture coréennes. Malgré l’important patrimoine culturel qu’ils partagent avec les Chinois et les Japonais, les Coréens sont parvenus à préserverune identité propre que souligne l’homogénéisation au fildes sièclesde sa population etde sa langue. Contrairement à la Chine, il n’existe pasde minorités ethniques en Corée.On n’y trouve pas non plus, comme au Japon,de population aborigène équivalente aux Aïnous. Depuisde nombreuses années, aucune autre langue que le coréen n’a été parlé à grande échelle surla péninsule. Prochedujaponais, le coréen seraitrattaché à la familledes langues altaïques, qui comprend également le mongol, le turcou le mandchou. L’emploidu conditionnel s’explique parladifficultédes spécialistes àdéterminerlesoriginesdune langue qui, malgrédes similitudes grammaticales frappantes avec le japonais, possèdeun vocabulaire indigène radicalementdifférent. Enoutre, le coréen sedistingue également par l’emploidun alphabet spécifique, lehan’gŭl, élaboré auXVe siècle et qui, contrairement aux syllabaires japonais (kana), n’a aucun lien avec les caractères chinois. Tous ces élémentsont favorisé l’émergence à la finduXIXe siècledune conscience nationale prompte à souligner la convictiond’appartenir àune même ethnie,de partagermême « sang ». le Quelles que soient les convictions politiques, il n’existe que peude voixdissonantes pouroser remettre en question cette idéedunicité ethnique. C’estd’ailleursundesrares points surlequel les dirigeantsdu Nord etdu Sud sont parfaitementd’accords. Ce processusd’affirmation nationale s’effectua en grande partie enopposition à la Chine et auJapon : la premièredut êtredécentrée pour pouvoiraffirmerl’indépendance politique et la spécificité culturellede la Corée ; le secondjoua le rôlede catalyseuret exacerba les sentiments nationalistes en cherchant à assimilerles Coréensdurant la colonisation. L’impérieuse nécessitéde sedéfairede l’emprisede la Chine etderésister aux velléités impérialistesdu Japon a laissédes traces encore visiblesde nos jours. Ainsi le nomofficielde la
CoréeduSud, Taehan min’guk, littéralement RépubliqueduGrandHan, pourrait prêterà sourire si l’on songe à la taillede celle-ci comparée à cellede sesdeux voisins. Loind’êtreune simple fanfaronnade, ce nom nousrappelle cependant ladureréalité à laquelle la Corée fut confrontée à la finduXIXe siècle. Lorsqu’en 1897, leroi Kojong (r. 1863-1907) marqua la finde larelation tributaire avec la Chine en changeant le nomduce n’est pas pa pays, r mégalomanie qu’ilremplaça « Chosŏn » par « Taehan chaeguk », littéralement « Empiredu Grand Han » (ou Empirede la Grande Corée) et se proclama empereur. Le choixd’ajouterle qualificatif « grand»reflétait surtout la volonté coréennede traiterd’égal à égal avec l’« Empiredu Grand» – n Qing omofficielde la Chine à cette époque – et le « GrandEmpireduJapon » (ouEmpireduGrandJapon)… Ainsidonc pour les Coréens, l’affirmationde leur identité nationale passe bien souvent par la comparaison, voire la compétition avec la Chine et le Japon. C’estdans ce cadre qu’il faut comprendre leur attachement au mythedes cinq mille ansd’histoire coréenne, qui leur permetde s’enorgueillirdune histoire plus ancienne que celledes Japonais, etrivaliseravec les Chinois qui se targuent eux aussidune histoire vieillede cinq mille ans. Dans leur constructiondune histoire nationale plurimillénaire, les historiens nationalistes n’ont pas seulement cherché àremonter aussi loin que possibledans le passé ; profondément marqués parp la ression impérialiste quidevait débouchersurl’humiliationde la colonisation japonaise, c’est à travers ce prisme qu’ils envisagèrent toute l’histoirede la Corée.Mais si cerécitdune longue lutte contre les agressions étrangères incessantes (chinoises, kitan, mandchoues, mongoles, et, surtout, japonaises) a nourri la production de figures héroïques indispensables à la formationdune identité nationale, il a également contribué à donnerde la Coréeune imagede victime. La mémoirede la colonisation,de la guerrede Corée etde ladivision, continued’alimenterun sentimentd’injustice etd’impuissance que les Coréens expriment par le mot «han ». Supposément intraduisible, ce termedorigine chinoise signifiant « haine »ou « aversion » témoigneraitdun trait culturel spécifique à la Corée, produitdune « histoiredouloureuse » pourreprendre le titredu célèbreouvragede l’historien nationaliste et hommed’État PakŬnsik (1859-1925). Qu’il s’agissedun conceptuniverselou spécifique aux Coréens,une chose semble certaine : le ressentimentdes Coréens est particulièrement tenace envers le Japon,un phénomène que les quatre décenniesde la colonisation ne peuvent expliquerà elles seules, comme le montre le casde Taïwan, autre colonie japonaise pendantundemi-siècle et qui ne nourrit pasune tellerancœurenvers l’ancien colonisateur. L’humiliationd’avoir étédominé parun pays longtemps considéré comme culturellement inférieur n’est certainement pas étrangère à ladifficulté pourC les oréensde surmonterce passé. La libération en 1945 aurait puleurpermettred’assouvirleurdésirderevanche, etde contempler avec plusd’apaisement la perspectiveduneréconciliation avec le Japon.Mais la victoiredes Alliés priva les Coréensde la satisfactiond’avoirrecouvré l’indépendance par leurs propres moyens, alimentant ainsi leur frustration à l’égarddu Japon qui, aujourd’hui comme hier, refusede leurreconnaître le statutde vainqueurde la Seconde Guerre mondiale qu’ilsrevendiquent. Leressentiment nourri à l’égardde l’ancien colonisateur est tel qu’il semble mêmedésormais constitutifde l’identité coréenne. Au Sud, larelation avec le Japon a quelque chosede schizophrénique, car malgré la ténacitédes sentiments antijaponais, le Japondemeureun modèle pour les Sud-Coréens qui s’en inspirentrégulièrement. Les affinités entre lesdeux pays sont telles que beaucoupd’expériences faites parJap le on sereproduisent quelques années plus tard en Corée duSud; elles expliquent pourquoi les médias sud-coréens gardentun œil attentif surl’actualitéde ce voisin, à l’affûtdes enseignements pouvant être tirésde telleou telle évolutionde la société japonaise. Si la longue histoirederelations tributaires avec la Chine et l’expériencede la colonisation japonaiseont exacerbé, auXXe siècle, le besoindes Coréensd’affirmerleurspécificité nationale, la recherche à tout prixde la singularitéde la culture coréenne nedevrait pas cependant constituer l’unique motifde notre intérêt. L’attraitde la Coréeréside également, et peut-être surtout,dans les nombreux aspects hybridesde sa culturedont la saveurpe ne ut être appréciée qu’au traversde la comparaison avec la Chine etdu Japon. Il suffit pourc s’en onvaincredobserver lesdifférences subtiles entre les baguettesdes trois pays, longues et arrondies en Chine, courtes et pointues au Japon, légèrementrectangulaires et en métal en Corée. La façonde mangerleriz, pourtant alimentde basedes trois pays, est également trèsdifférente en Coréeoù il se mange non pas avec les baguettes comme en Chine et au Japon, mais avec la cuillère, l’usagedes baguettes étantréservé aux plats d’accompagnement. À l’instardes « faux amis » que l’on trouvedans le vocabulaire sino-coréen et
dont le sens peut s’avérerdifférentdans les trois langues, l’histoire et la culture coréenneoffrent à l’esprit curieux la sensation fascinantede contemplerun visage à la fois familier tout en étant singulier.