Dites-lui que je l
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Dites-lui que je l'aime

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Description

Maurice et Jean-Marie Rainaud se sont inspirés du texte d'une vieille complainte pour écrire dans leur style direct de conteurs un nouveau roman qui pourrait toutefois s'appuyer sur la réalité. Cette histoire bouleversante commence au début de la Première guerre mondiale, à Nice. Gabrielle, 18 ans, et Jean, 20 ans, s'aiment comme on peut s'aimer à cet âge. Un amour pur, vrai, sincère. Ils se marient deux mois avant la déclaration de guerre qui va les séparer... Après des années d'éloignement, victimes de la fragilité des destins, parviendront-ils à se reconstruire ?

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 02 avril 2017
Nombre de lectures 4
EAN13 9782140034473
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0127€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Maurice et Jean-Marie RainaudDites-lui que je l’aime
Maurice et Jean-Marie Rainaud se sont inspirés du texte d’une vieille
complainte pour écrire dans leur style direct de conteurs un nouveau
roman, une œuvre d’imagination, qui pourrait toutefois s’appuyer sur Dites-lui que je l’aimela réalité.
Cette histoire bouleversante commence au début de la Première
guerre mondiale, à Nice. RomanGabrielle, 18 ans, et Jean, 20 ans, s’aiment comme on peut s’aimer
à cet âge. Un amour pur, vrai, sincère. Ils se marient deux mois avant
la déclaration de guerre qui va les séparer…
Après des années d’éloignement, victimes de la fragilité des
destins, le cœur en lambeaux, vont-ils se retrouver ? Parviendront-ils
à se reconstruire ? Réapprendront-ils à faire coniance à la vie ?
Un texte émouvant, où l’on trouve réunis l’amour, la trahison,
l’ivresse de l’envoûtement, la déchirure, la jalousie poussée à son
paroxysme, l’espoir enin…

Maurice et Jean-Marie Rainaud sont les auteurs
de plusieurs romans à succès dont S’en revenait
de guerre, Marie des Ponchettes, Des années à
t’attendre, Oublier Lou, Opéra Garibaldeti la saga
des Vicoforte, traduits et publiés en Italie.
Photographie de couverture : ©Pixabay
ISBN : 978-2-343-11541-2
22 e
Maurice et Jean-Marie Rainaud
Dites-lui que je l’aime










Dites-lui que je l’aime



Maurice et Jean-Marie Rainaud












Dites-lui que je l’aime

Roman


















































































































Des mêmes auteurs


L'Épibranche, Éditions Alp'Azur
Les poulpes du Paillon, Éditions Gérard Comman
Chamarel, Éditions Gérard Comman
Fabliaux et proverbes du Comté de Nice, Éditions Gérard
Comman
Les Barbets, Éditions E.G.C.
Le chant des Bihoreaux, Éditions des Écrivains
Ne sait quand reviendra, Éditions des Éc
Les lauriers sont coupés, France Europe Éditions
Mary des Ponchettes, France Europe Éditions
Jeanne-Baptiste de Luynes, la dame de cœur, France Europe
Éditions
Moi, Roger S…, Éditions l'Harmattan
Les Vicoforte - Tomes I et II, France Europe Éditions
Les Barbets, France Europe Éditions
Réédition S'en revenait de guerre, France Europe Éditions
Des années à t'attendre, France Europe Éditions
Erreur sur la personne, Éditions l'Harmattan
Fais-moi danser, Éditions l'Harmattan
Oublier LouHarmattan
L'ombre d'un rêve, Éditions l'Harmattan

jmrainaud@free.fr





© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-11541-2
EAN : 9782343115412
Les personnages de ce roman inspiré du texte
d'une vieille chanson, appartiennent,
bien-entendu, à la fiction.
Croire y reconnaître quelqu’un relèverait
de l’imagination la plus hasardée.« Il faut laisser le temps au temps. »
Cervantès Prologue
COMME UNE CHANSON… « Tant que sur terre, il restera un
homme pour chanter, il nous sera
encore permis d’espérer ! »
Gabriel Celana, Ballades et dits basques.Troublant le silence de la nuit, une voix
suppliante, triste comme les ondées d’un soir
d’automne, a entonné le début d’une vieille
complainte :
« Approchez-vous ma sœur, écoutez la prière
d'un pauvre agonisant, d'un criminel pécheur
qui vient vous confesser ses volontés dernières.
Écoutez-moi ma sœur, vous qui avez bon cœur.
J'aimais depuis longtemps l'exquise Gabrielle
qui, un jour, m'a quitté pour suivre un vil
flatteur, une nuit, j'ai tué l'amant de l'infidèle et
depuis sur mon front se lit le déshonneur.
Prenez ces deux portraits : celui-ci c'est
moimême. Je l'ai tracé au bagne en fixant mon miroir ;
Celui-là c'est le sien, voyez comme elle est belle !
C'est un ange et pourtant, elle a brisé mon cœur.
Ma sœur, allez la voir, dites-lui que je l'aime.
À l'église, le soir, vous la verrez parfois.
Si vous la rencontrez, dites-lui tout de même
que mon immense amour est fort comme
autrefois… »
15I
JEAN ET GABRIELLE« On tombe amoureux. Et comme
toujours, quand on tombe,
on se fait mal. »
François Weyergano, Berlin mercredi. Tous les matins, soigneusement vêtue, les
cheveux parfaitement peignés, les lèvres à peine
rougies à la pommade rosat, Gabrielle traversait la
cour à ciel ouvert de l'atelier de tonnellerie de
mestre Jousé.
Elle avait dix-huit ans. Rousse comme l'enfer
mais un adorable visage d'ange. Son corps, souple
et gracieux, à la peau soyeuse parsemée d'une
pluie de son, était hâlé par le soleil méditerranéen.
La jeune fille devait sa chevelure flamboyante
et sa peau constellée de taches de rousseur, à une
bisaïeule norvégienne qui avait suivi et épousé un
marin niçois, embarqué sur une tartane
transportant l'huile d'olive jusqu'en Scandinavie, et
revenant les cales chargées d'églefins séchés.
C'était au temps où le commerce maritime de Nice
reposait sur le transit des huiles.
De grands yeux allongés à l'éclat d'émeraude,
dans lesquels on pouvait deviner une eau tantôt
froide, tantôt brûlante. Le refus de la tiédeur, le
rejet des nuances ! Sa bouche avait quelque chose
d'indéfinissable qui incitait au désir. En résumé, il
émanait d'elle, on ne savait trop pourquoi, un
21charme étrange, piquant. Comme un mélange
d'innocence et de sensualité.
Son regard s'était enflammé le jour où un
peintre de la rue Pairolière, dans le Vieux Nice,
qui s'était acquis un brin de renommée en faisant
passer ses frissons dans ses toiles, lui avait dit
qu'elle était plus belle encore, plus séduisante que
des modèles célèbres d'artistes florentins.
Gabrielle ne s'en était pas enorgueillie pour
autant. Elle avait su rester modeste et avenante.
Tout le quartier l'avait en sympathie.
Quotidiennement, elle se rendait très tôt à
l'hôpital Saint-Roch, où elle travaillait comme
infirmière. D'un geste discret, elle saluait le patron
tonnelier et ses ouvriers.
Occupé à cercler les demi-muids destinés à
contenir l'huile d'olive – un travail méticuleux –
Jean, le fils aîné du tambour de ville, ne prêtait
pas attention à la jeunette. Il n'était encore que
canòte (apprenti tonnelier), mais il aurait pu en
remontrer à bien des ouvriers. Très vite, il était
tombé amoureux de son métier, ou plutôt de son
art.
Imprégné de l'odeur chaude des douves
rabotées et du parfum particulier des copeaux
brûlés, il éprouvait un véritable plaisir à travailler
ce bois de châtaignier qui sentait si bon. Le métier
était dur, mais pour rien au monde il en aurait
changé.
22Un beau matin, il avait deviné derrière lui des
yeux qui le fixaient avec insistance. Il s'était
retourné et avait aperçu Gabrielle. Il lui avait
souri. Elle, fascinée par ce jeune homme qui
éclatait de vigueur et de virilité, avait gardé un
long moment son regard rivé sur lui sans parvenir
à lui rendre son sourire. Tout de suite, elle avait
compris que c'était l'amour, qu'une passion subite
et irrésistible était née. Puis, elle avait continué
son chemin…
Secrètement, entre elles, les vieilles du quartier
avait surnommé Gabrielle leur revanche. Sans le
savoir, elles cultivaient l'euphémisme car, en fait,
la jeune fille était leur vengeance à elles qui
avaient vécu des années durant sous la férule
d'époux machos, d'un orgueil profond qui éclatait
souvent avec violence. Ils tonnaient, grondaient,
corrigeaient, dominaient, dirigeaient, rabaissaient,
et tout était dit !
Elles n'avaient pas osé se révolter ou se libérer
de leur tutelle, bien qu'elles fussent souvent la tête
pensante, la colonne vertébrale de la famille. Elles
avaient travaillé dur comme bugadiera
(lavandière), agenouillées sur une planche sur les berges
du Paillon, comme camériera (femme de
chambre) dans les hôtels de la ville. Et lorsque
leurs époux et maîtres rentraient le dimanche soir,
la testa a pounent, lou pen touplen redoun (la tête
inclinée vers le ponent, le pas mal assuré), qu'ils
les appelaient bella gallina (belle poulette), elles
23s'efforçaient de rire en attendant qu'ils
s'endorment…
Ses pas conduisaient Gabrielle au port Lympia,
*où elle sautait sans avertissement dans le pointu
du passagin (passeur qui faisait, avec sa barque, le
transbordement des passants d'un quai du port à
l'autre) en le gratifiant d'un sourire. Elle l'aimait
bien ce passagin qui savait adapter le rythme de
ses avirons à l'état d'âme des passagers. Debout,
poussant lentement sur ses rames, les laissant
traîner lourdement dans l'eau pour donner à la
jeune-fille le temps de l'illusion d'un voyage, le
vieux marin lui faisait traverser le port d'est en
ouest. Gabrielle jetait une pièce sur le caraboutin
(plage avant). Hercule des mers, le capitaine
n'acceptait en effet que la pièce de monnaie qu'on
lançait à l'avant du pointu. Il n'était pas question
de la glisser dans sa main comme l'on fait pour les
gondoliers. Légère et fringante, elle montait
l'escalier qui l'amenait sur le quai des douanes
destiné au chargement et au déchargement des
bateaux, là où travaillait son cousin Florent qu'une
malformation de la hanche faisait boiter bas. Il
était grutier. Il évoluait sur les docks poisseux de
poussière grasse auprès des camalou, des
débardeurs aux mains usées par un travail de
forçat. Ces hommes qui ne craignaient ni Dieu ni
diable, des durs toujours prêts à la bagarre, la tête
* De forme galbée, effilé à la proue comme à la poupe, le pointu était
la barque de pêche traditionnelle des marins niçois.
24

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