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Du madat au chandu

De
115 pages
Le madat , un mélange de tabac et d'opium, était fumé dans l'archipel indonésien depuis le début du XVIIe siècle. La découverte du chandu, c'est-à-dire un opium raffiné qui pouvait être fumé sans adjuvant, fut beaucoup plus tardive. Ce n'est vraisemblablement qu'au début du XIXe siècle que les Chinois commencèrent à fumer le chandu dans la yan qiang (la pipe à opium classique), concevant ainsi le plus fascinant des procédés de consommation d'un psychotrope : la méthode thébaïque extrême-orientale.
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Dumadatauchandu
Histoire de la fumée d’opium
Dumadatauchandu
Ami-Jacques Rapin DumadatauchanduHistoire de la fumée d’opium
© L'HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01902-4 EAN : 9782343019024
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Erik W. Maeder, Katy Lam et John Grinling ont contribué à orienter, éclairer et nourrir ma démarche. Qu’ils en soient vive-ment remerciés. Je tiens également à remercier Ingeborg Eggink du Tropenmuseum d’Amsterdam et Jean-François Vincent de la Bibliothèque interuniversitaire de Santé à Paris pour leur servia-bilité et leur eI¿cacité.
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Dans sonHistoire de Java, Thomas StamIord5aes mentionne deux substances opiacées qui étaient fumées par les habitants de e l’île au début du XIXsiècle. Lemadatétait produit par la cuisson d’opium brut et de feuilles de tabac dans de l’eau, puis consom-mé sous forme «visqueuse »ou même «liquide ».Lechanduétait une préparation d’opium brut, bouilli sans adjuvant et fumé 1 sous la forme de boulettes plus consistantes que lemadat. Quoique sa description soit succincte et approximative, Raf-Àes est l’un des premiers, si ce n’est le premier, à établir une dis-tinction nominative entre les deux préparations opiacées et ainsi à signaler autant de méthodes propres à consommer l’opium sous forme de fumée. Sous des graphies différentes (madad,madak, muddut,mudduck,candu,tchandou,tjandoe,chandoo,chun-doo , les deux termes spéci¿ent chaque substance dans les écrits e e des auteurs occidentaux aux XIXet XXsiècles. S’ils semblent tous deux issus des langues malaises, leur étymologie exacte de-meure incertaine. Snouck Hurgronje considère quemadatprovient de l’arabe et était utilisé par les populations du nord de Sumatra en tant qu’un 2 euphémisme d’opium . Pour leur part, John Crawfurd et Jona-than Rigg laissent entendre dans leur dictionnaire respectif que le terme était d’origine locale en se limitant à dé¿nir lemadatcomme une préparation d’opium à fumer, dé¿nition également
1 Thomas Stamford RafÀes,The History of Java, vol. 1, London : John Murray, ère 1830, pp. 113-117 (1édition 1817). 2 Snouck Hurgronje,The Achehnese, vol. 1, Leyden : Brill, 1906, p. 33. L’au-teur af¿rme que le terme arabe signi¿délassemente «>refreshment] spirituelle ou physique» ; si cette étymologie est exacte,madad(aide, secours) serait tout aussi vraisemblable.
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