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Du modérantisme mal interprété et de ses funestes effets

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54 pages

SI la faculté de manifester publiquement son opinion est la plus belle prérogative de l’homme libre, l’on peut dire aussi qu’on ne saurait en faire un plus noble usage, que lorsqu’on s’en prévaut pour défendre les droits imprescriptibles des citoyens et l’intérêt général de la république. Ce sont là, les principes et les motifs qui nous ont toujours animé et qui nous engagent aujourd’hui à prendre la plume.

Tous les Républicains sont justement alarmés de l’abus outrageant qu’on a fait et qu’on continue de faire du Modérantisme qu’on entend prôner, avec emphase, de toute part, comme le seul et véritable pacificateur et restaurateur de tout le globe terrestre.

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A.-H. Eydoux
Du modérantisme mal interprété et de ses funestes effets
Ce Mémoire fut rédigé en l’an IX à Turin, mais il n e fut pas possible de le publier, à cause de la sévérité de la censure qui existait alo rs. On s’empresse de le publier aujourd’hui, très-persuadé que les maximes qu’il re nferme ne seront pas inutiles dans les actuelles circonstances.
* * *
DU MODERANTISME MAL INTERPRÉTÉ, ET DE SES FUNESTES EFFETS
SI la faculté de manifester publiquement son opinio n est la plus belle prérogative de l’homme libre, l’on peut dire aussi qu’on ne saurai t en faire un plus noble usage, que lorsqu’on s’en prévaut pour défendre les droits imp rescriptibles des citoyens et l’intérêt général de la république. Ce sont là, les principes et les motifs qui nous ont toujours animé et qui nous engagent aujourd’hui à prendre la plume. Tous les Républicains sont justement alarmés de l’a bus outrageant qu’on a fait et qu’on continue de faire duModérantisme qu’on entend prôner, avec emphase, de toute part, comme le seul et véritable pacificateur et restaurateur de tout le globe terrestre. Rien de plus beau, sans doute, rien de plus édifian t et de plus louable dans l’homme que la modération ; mais il nous déplaît de le dire , rien ne ressemble moins, rien n’est plus contraire même à la modération, que le système qu’on nous force d’adopter et qu’on nous présente sous le titre pompeux deModérantisme. En comparant la juste valeur de ce grand mot, à l’a pplication qu’on en a faite jusqu’ici, aux effets qu’il a produits, et à ceux q u’il doit immanquablement produire, l’on serait quasi tenté de croire que ce système a été e xpressément introduit pour confondre, paralyser, détruire, anéantir, tout ense mble, le bon et le mauvais esprit, et pour détacher entièrement les hommes de toute espèc e de gouvernement républicain. Il ne nous sera pas difficile de démontrer, jusqu’à l’évidence, que ces conjectures ne sauraient être plus fondées. La modération est cette sage retenue qui nous empêc he de nous porter à des excès contre qui que ce soit, même contre les personnes q ui auraient provoqué notre colère par quelque sorte d’agression, en fait ou en parole s. La modération est un devoir tacitement imposé par l es lois, puisqu’elles défendent, très-expressément, à quiconque de se payer ou de se venger de ses propres mains, quelles que soient la légitimité de sa créance, la réalité et l’énormité de l’insulte reçue, ou du crime commis contre sa personne ou ses propri étés. La modération est une sorte de prudence que tout ho mme impartial et ami de la justice doit posséder. Elle est toujours accompagné e de cette prévoyance, qui calcule rigoureusement tous les degrés des maux et inconvén iens qui peuvent résulter d’une action peu ou mal réfléchie. La modération est aussi cette vertu ou grandeur d’â me, qui nous induit à pardonner généreusement à nos agresseurs, afin de pouvoir ain si les soustraire à la sévérité des lois auxquelles ils ont contrevenu. Mais par la rai son même que cette modération généreuse est toujours libre et volontaire, on conc evra aisément que ni le gouvernement, ni personne au monde n’ont le droit d e l’exiger, de vive force, de la part 1 de qui que ce soit .
1 Cette tre sujette à la moindre objection.remarque est si simple qu’elle ne doit pas ê Cependant nous venons de voir une violation manifes te de ce principe sacré, de la
part du gouvernement, au préjudice des patriotes Pi émontais, qui lors de l’invasion de leur patrie par les Austro-Russes, furent contraints de se réfugier en France. A leur retour en Piémont, après la mémorable victoi re de Marengo, ils trouvèrent leurs maisons saccagées et leurs propriétés dévasté es. Les voleurs leur furent signalés, ils les firent traduire devant les tribun aux, en invoquant la sévérité des lois contre eux. Les procédures furent instruites ; elle s étaient sur le point d’être jugées, et les patriotes volés et dépouillés allaient sous peu recevoir la juste indemnité qui leur était due par ces scélérats, lorsque tout-à-coup le général français qui était alors administrateur général de ces contrées, ordonna aux tribunaux de supprimer toutes ces procédures, et d’élargir les coupables qui étai ent détenus, disant que le sistême du gouvernement français était leModérantisme, et qu’il lui était expressément ordonné de le faire observer dans toute l’étendue d u Piémont. C’est ainsi que ces pauvres patriotes ont été indignement sacrifiés par le prétenduModérantisme, qui dans le fait n’est qu’un vrai despotisme qui protèg e les fripons et avilit les honnêtes citoyens, en leur refusant justice. Ces malheureuses victimes réclamèrent ensuite des i ndemnités du gouvernement ; mais toutes leurs tentatives furent inutiles et ils durent se soumettre à la perte et à la dévastation de leurs biens, pour s’être montrés les amis et les partisans sincères de la République française, et pour avoir fait toutes sor tes de sacrifices pour elle.O tempora, o mores !o abominable sistême ! ! !