Edmond Caillard

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350 pages
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Cette suite de récits pris sur le vif présente les facettes variées de l'expérience vécue d'un jeune colon installé en 1902 avec sa famille au Vanuatu, un étrange archipel devenu alors un Far West insulaire disputé âprement entre France et Grande-Bretagne. Alors que son époque exalte "le devoir de colonisation", le jeune Edmond Caillard fait une plongée durable dans "le milieu indigène". Il mesure ainsi le choc de l'occidentalisation, avec ses nouveaux modes de consommation, ses pratiques commerciales, l'apparition des plantations.

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Ajouté le 15 novembre 2016
Nombre de lectures 16
EAN13 9782140023361
Langue Français
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& Max Shekleton
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Sous la direction deJean-Claude Roux & Max Shekleton
Edmond C Les souvenirs du colonaux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) - Une jeunesse aux colonies d’antan
Edmond Caillard Les souvenirs du colon aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) (1903-1913) Une jeunesse aux colonies d’antan
« Portes océanes » Collection dirigée par Frédéric Angleviel, Professeur des universités en histoire et Paul Magulue Fizin, docteur en histoire
ette collection est dédiée en premier lieu à une meilleure connaissance théCmatique à travers les contributions les plus notables. La collection « Portes de l’Océanie et des espaces insulaires à partir de l’édition cohérente des articles épars de chercheurs reconnus ou de la mise en perspective d’une océanes » a donc pour objectif de créer des ponts entre les différents acteurs de la recherche et de mettre à la disposition de tous des bouquets d’articles et de contributions, publications éparses méconnues et souvent épuisées. En effet, la recherche disposant désormais de très nombreuses possibilités d’édition, on constate souvent une fragmentation et une dissémination de la connaissance. Ces rééditions en cohérence se veulent donc un outil au service des sciences humaines et sociales appliquées aux milieux insulaires et plus particulièrement à ceux de l’aire Pacifique.
En second lieu, la collection « Portes océanes » a pour ambition de permettre la diffusion auprès du public francophone des principaux résultats de la recherche internationale, grâce à une politique concertée et progressive de traduction. Tout naturellement, elle permettra aussi la publication de colloques ou de séminaires sans s’interdire la publication d’ouvrages mettant à la disposition du public les derniers travaux universitaires ou des recherches originales portant sur les milieux insulaires, les outre-mers francophones et la région Pacifique.
Illustration de couverture : TITAŸNA, ANTOINE Paul André Paul & LUGON, Chez les mangeurs d’hommes. Nouvelles-Hébrides,Éditions Duchartre, Paris, 1931.
Sous la direction de Jean-ClaudeRoux& MaxShekleton
Edmond Caillard Les souvenirs du colon aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) (1903-1913) Une jeunesse aux colonies d’antan
L’Harmattan
Collection « Portes océanes »
Déjà parus
Angleviel Frédéric :Histoire de la Nouvelle-Calédonie. Nouvelles approches, nouveaux objets, 2005. Faessel Sonia :’imaginaire européen. Du mythe à son exploitation littéraireVision des îles : Tahiti et l e e (XVIII-XXsiècles), 2006. Moyrand Alain :Droit institutionnel de la Polynésie française, 2007. Chatti Mounira, Clinchamps Nicolas et Vigier Stéphanie (dir.) :Pouvoir(s) et politique(s) en e Océanie – Actes duXIXcolloque CORAIL,2007. Al Wardi Sémir :Tahiti Nui ou les dérives de l ’autonomie,2008. Angleviel Frédéric (dir.) : Chants ’honneur du professeur’au-delà des mers. Mélanges en l pour l Jean Martin, 2008. Carteron Benoît :Identités culturelles et sentiment d ’appartenance en Nouvelle-Calédonie,2008. Angleviel Frédéric et Lebigre Jean-Michel (dir.) :De la Nouvelle-Calédonie au Pacifique,2009. Dumas Pascal et Lebigre Jean-Michel (dir.) :La Brousse, représentations et enjeux, 2010. Debene Marc et Pastorel Jean-Paul(dir.):La « loi du pays » en Polynésie française,2011. Poitrine Bernard :Tahiti : une économie sous serre,2011. Pechberty Dominique :Vie quotidienne aux îles Marquises, 2011. Pechberty Dominique :Récits de missionnaires aux îles Marquises, 2011. Maresca Pierre :L’Exception calédonienne, 2011. Cartacheff Nathalie :La vie quotidienne à Maré au temps des Vieux,2012. Bertram Robert :La bipolarisation politique de la Nouvelle-Calédonie depuis 1975,2012. Moyrand Alain :Droit institutionnel et statutaire de la Polynésie française,2012. Angleviel Frédéric (dir) :Les outre-mers français, Actualités et Études,2012. Chatti Mounira (dir.) :Masculin/Féminin : Sexe, genre, identité, 2012. Angleviel Frédéric (dir.) :La Mélanésie. Actualités et Études, 2012. Faberon Jean-Yves (dir.) :Pieds-Noirs en Nouvelle-Calédonie. Témoignages et analyses, 2012. Perez Michel, Zimmer René et Barbe Dominique (dir.) :’art et art de l ’objetObjet d , 2013. Le Bourlot Annick Jacky :’Anse VataÁ l , 2013. Berger Corinne et Roques Jean-Luc :L’eau dans le Pacifique Sud, 2013. Ali Abdallah Ahmed :Le statut juridique de Mayotte. Concilier droit interne et droit international, 2014. Abong Marcelin & Angleviel Frédéric (dir.) :La Mélanésie. Actualités et Études,Vol. II, 2014. Manga Jean-Baptiste :’eux-mêmes. Nouvelle-Des pérégrinations du droit des peuples à disposer d Calédonie - Nunavut, 2014. Rosada Alexandre :Mémoires d ’Algérie. Des pieds-noirs de Calédonie racontent,2014. Delathière Jerry :Nouvelle-Calédonie, Chroniques sanglantes. Douze histoires vraies, 2015. Cartacheff Nathalie :Danses et concepts en Océanie, 2015. Lallemant-Moe Hervé Raimana :Assistance environnementale et changements climatiques dans le Pacifique sud, 2016. Rosada Alexandre :Vagabondages initiatiques, 2016. Chardon-Isch Nicole :Histoires de la Tamoa, 2016.
À paraître Inghels Elvina :Le tourisme en Nouvelle-Calédonie. Lechat Mareva :Jeux politiques et processus d ’autonomisation en Polynésie française, 1957-2011.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10430-0 EAN : 9782343104300
Remerciements
Bernard Brou,ancien Président de la Société d’études historiques de Nouvelle-Calédonie, en 1984, me remit plusieurs cahiers des écrits du colon Caillard. Il me dit alors que compte tenu de la récente indépendance du Vanuatu, et des quelques séquelles qui l’accompagnait, il serait nécessaire de laisser passer quelques années avant d’envisager une publication…
Annie Walter,ethno-botaniste de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD ou ancien Orstom), nous a donné quelques clés faisant ici défaut en botanique océanienne. Un regret : qu’elle n’ait pu aussi participer pleinement à cette publication…
LeDr Laurent Frydmande Montpellier, passionné de photographie, a retraité d’anciennes prises de vue avec le même soin dont il entoure ses chers patients.
MonsieurAlain Millet a bien voulu nous communiquer fort aimablement le scannage de cartes postales d’époque devenues rares aujourd’hui.
LeDr Jean-Paul Caillard, pour son intérêt marqué pour la conservation de la mémoire familiale associée intimement à celle des îles, a manifesté dès le début de ce projet tout son soutien à cette publication ; nous l’en remercions vivement ici ainsi que tous les membres de sa grande famille calédonienne.
A titre posthume certes, nos pensées reconnaissantes vont àPatrick O’Reillypour les apports de sa vaste érudition consignés dans ses riches ouvrages sur le Pacifique Sud. Sans les publications, qu’il produisit en tant que chercheur du CNRS, et qui restent toujours indispensables à toute recherche sur le Pacifique francophone, ce livre n’aurait pu bénéficier de ses indispensables éclairages biographiques comme bibliographique.
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Enfin, ce texte a été relu et critiqué parYves Rouvière, Professeur de Lettres, qu’il en soit vivement remercié ici.
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J.C. Roux & M. Shekleton
Situation géographique du Vanuatu
L’archipel du Vanuatu s’étend du Nord-Nord-Ouest au Sud-Sud-Est du Pacifique Sud, entre les îles Salomon et la Nouvelle-Calédonie, sur 1 200 km de long. Il constitue un des échelons insulaires de l’ensemble géographique formé par l’arc mélanésien qui s’étale de la pointe orientale de 1 la Papouasie-Nouvelle-Guinée à l’archipel calédonien . Sa superficie est de 2 12 189 km , mais selon les sources ces chiffres varient légèrement. La structure géologique de l’archipel du Vanuatu est partagée entre îles d’origine volcanique et îles de formation madréporique. Au temps des premiers écrits du colon Caillard trois volcans étaient en état d’éruption soit latente soit périodique, ceux d’Ambrym, de Lopévi et de Tanna. Au Nord de cet archipel, les îles de Torres marquent la limite internationale des eaux du Vanuatu avec celles des îles Salomon qui forment un État devenu indépendant, tandis qu’au Sud, l’île Ni Vanuatu d’Anatom se trouve à seulement 250 km de Maré (une des îles Loyauté qui dépendent de la Nouvelle-Calédonie). Plus globalement, le Vanuatu se trouve situé à 2 000 km des côtes australiennes à l’ouest, et 1 000 km vers l’est le séparent de l’archipel de Fidji situé au cœur géographique du Pacifique central. Si le Vanuatu est constitué par près de 80 îles et îlots, quelques-unes d’entre elles par leur superficie dominent cet ensemble insulaire. - L’île d’Espiritu Santo est la plus importante du groupe avec 2 4 905 km , et possède un système montagneux relativement élevé atteignant 1 200 mètres pour certains sommets. - La seconde île en importance est Malekula (jadis nommée 2 Mallicolo), avec 2 539 km , et disposant des deux bons mouillages fréquentés à l’époque, ceux de Port Stanley et Port Sandwich. L’île était jadis connue pour son magnifique couvert forestier. - Les autres îles sont plus mineures : Erromango ayant une superficie 2 2 de 1 113 km , Vaté, l’île capitale, 1 094 km avec le port de la baie de Mélé, 2 2 2 Pentecôte avec 845 km , Ambrym 644 km , Épi 637 km et Maewo (Aurora) 2 547 km .
1  Pour la localisation des termes géographiques voir (entre autres) : MOTTELER, Lee S.Pacific Island Names. A Map and Name Guide to the New Pacific, 1986.
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Le climat est du type tropical humide avec deux saisons, l’une sèche et fraîche (ou hiver austral), de mai à octobre, l’autre très chaude et humide, de novembre à avril. Rappelons que Cook estimait la population à 200 000 habitants, fin e du XVIII siècle, mais vers 1880, selon les missions protestantes, elle aurait été comprise entre 60 000 et 100 000 personnes et, en 1920, la mission de délimitation du capitaine Montégu lui accordait de 50 000 à 60 000 habitants. L’origine du peuplement se trouve dans les premières migrations, en provenance probablement de Papouasie-Nouvelle-Guinée par le relais des îles Salomon, et se situe entre 3 500 et 2 700 av. J.-C. marqué avec l’apparition d’une culture fabriquant des poteries dites Lapita. Par la suite, on relève la présence de deux rameaux de peuplement distincts qui se sont superposés, l’un dominant et ancien d’origine mélanésienne ; l’autre, est plus contemporain, attesté par la toponymie et la linguistique, provenant de la Polynésie centrale, avec les îles Fidji, Samoa et Tonga. Il en a résulté de nombreux métissages interethniques. Ce peuplement est aussi caractérisé par l’existence d’une centaine de langues locales, certaines îles en possédant plusieurs, ce qui explique le succès très 2 tôt connu par lebislamalangue véhiculaire interinsulaire et de comme communication avec les Européens. Le statut du Vanuatu resta longtemps en suspens au niveau international, car constituant une pomme de discorde entre la France et l’Angleterre qui revendiquaient contradictoirement leur souveraineté sur l’archipel. Une longue série de péripéties diplomatiques accompagnées d’incidents sur le terrain émailla, de 1878 à 1906, la rivalité entre les colons français et anglo-australiens ainsi que celle des intérêts des deux pays. Néanmoins, Londres comme Paris s’efforcèrent, d’abord par des accords d’une portée limitée tels que la création d’une commission navale conjointe, de parer au plus pressé afin d’établir une ébauche de droit international sur l’archipel en s’efforçant de contrôler les trafics de main-d’œuvre, de ventes d’armes et d’alcool aux autochtones, comme d’assurer un minimum de sécurité à quelques dizaines au plus de leurs citoyens. C’est, finalement, suite à l’Entente Cordiale de 1904, qu’un accord des deux gouvernements décida d’un statut condominial qui fut ratifié le 20 octobre 1906 et approuvé par décret à Paris le 11 janvier 1907.
2 TRYON, Darrell.Bislama. An Introduction to the National Language of Vanuatu, 1987. Pour les non-spécialistes, on peut citer les explications certes simplistes de E Demaitre in : L‘enfer du Pacifique, Grasset, 1935.
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Durant l’époque coloniale du condominium, l’économie de l’archipel reposa sur les cultures d’exportation avec le café, le cacao, le coton, les noix de cocotiers (pour faire le coprah) et l’élevage des bovins. Ces activités virent s’affirmer la prépondérance des colons français, mieux pourvus en terre et en main-d’œuvre asiatique que les colons britanniques. Les deux puissances, après une longue et difficultueuse cohabitation qui ne facilita guère une politique locale de développement, engagèrent à partir de 1970 un processus de laborieuses réformes du statut qui aboutit à la proclamation, en juillet 1980, de l’indépendance de l’archipel qui prit le nom de Vanuatu. Les anciennes Nouvelles-Hébrides présentent des caractéristiques anthropologiques comme socio-ethnologiques qui en font toujours un lieu de prédilection des chercheurs en sciences sociales. Les travaux de nombreux chercheurs, parmi lesquels nous citerons plus particulièrement, notamment pour leur intérêt en géographie sociale, ceux liés à l’occupation et à la mise en valeur de l’espace (avec 3 4 J. Bonnemaison et J-M. Charpentier ) permettent de reconstituer l’originale complexité des terroirs anciens comme l’importance de l’élevage des porcs compte tenu de sa signification dans l’économie et les rapports sociologiques traditionnels insulaires. Du côté des recherches plus anthropologiques, on doit rappeler l’importance des travaux de J. Guiart, entamés à partir de 1946 et portant sur la société mélanésienne de l’archipel. Ajoutons que les universitaires et chercheurs australiens ont engagé aussi depuis longtemps des recherches originales et de qualité sur le Vanuatu.
3 J. Bonnemaison a montré, au cours de ses nombreuses publications géographiques, la diversité et l’originalité des formes de l’agriculture traditionnelle qui témoignent d’une profonde inscription de l’homme dans les terroirs où plongent les racines profondes de son identité. 4  J-M Charpentier signale la relation forte existante entre aires culturelles et topographie insulaire, en soulignant un net clivage territorial établi entre gens du bord de mer – ouman-solwata - et Small Nambas de l’intérieur. Voir CHARPENTIER, J-M. « Occupation du sol et organisation du monde chez les Small Nambas du Sud Malekula ». In : Le voyage inachevé : à Joël Bonnemaison. 297-304. ORSTOM-éditions.- PRODIG. Paris, 1998.
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