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Guérilla et contre-guérilla en Catalogne (1808-1813)

De
276 pages
Lors de l'épopée napoléonienne, la campagne d'Espagne se singularise par le développement d'une guérilla extrême aux multiples facettes qui joue un rôle essentiel dans le conflit. Ce livre revient sur les particularismes locaux qui inscrivent la révolte catalane parmi les plus violentes, et montre les tentatives de l'armée française à mettre en place une politique de contre-guérilla visant à rattraper les erreurs des premiers mois de 1808.
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 Guérilla et contre-guérilla en Catalogne (1808-1813)  
Recherches et Documents  Espagne Collection dirigée par D. Rolland et J. Chassin  La collection Recherches et DocumentsEspagne publie des travaux de recherche de toutes disciplines scientifiques, des documents et des recueils de documents.  Dernières parutions
 Elisabeth DELRUE, Voyages ou séjours décrivains espagnols en Europe au tournant du siècle (1890-1910) , 2012. FRANÇOIS Marie, Eau et développement en Espagne, Politiques et discours , 2012. GAUTHIER Michel, Federico García Lorca : le  Romancero gitano,  2011 .  BOTTIN Béatrice, José Martín Recuerda aux prises avec lHistoire, 2011. DELAUNAY Jean-Marc, Méfiance cordiale, Les relations économiques franco-espagnoles de la fin du XIX e  siècle à la Première Guerre mondiale, 2010. DELAUNAY Jean-Marc, Méfiance cordiale, Les relations coloniales franco-espagnoles de la fin du XIX e  siècle à la Première Guerre mondiale, 2010. DELAUNAY Jean-Marc, Méfiance cordiale, Les relations métropolitaines franco-espagnoles de la fin du XIX e  siècle à la Première Guerre mondiale, 2010. ANTÓN Carmen, Chemin faisant. Espagne, guerre civile et guerre , 2009. MÉKOUAR-HERTZBERG Nadia (sous la dir.), Nouvelles figures maternelles dans la littérature espagnole contemporaine. Les « mères empêchées » , 2009. MARQUÉS POSTY Pierre, Espagne 1936. Correspondants de guerre , 2008.
 Thierry Gallice    Guérilla et contre-guérilla en Catalogne (1808-1813)     Préface de Jacques-Olivier Boudon                  LH ARMATTAN
 
             
           © L'H ARMATTAN , 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris   http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-96268-2 EAN : 9782296962682
 
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    PREFACE
  « Cette malheureuse guerre d'Espagne a été une véri-table plaie, la cause première des malheurs de la France », con-fie Napoléon à Las Cases alors quil est en exil à Sai nte-Hélène, avant dajouter : « j'embarquai fort mal toute cette affaire, je le confesse ; l'immoralité dut se montrer par trop patente, l'injus-tice par trop cynique, et le tout demeure fort vilain, puisque j'ai succombé ». Etonnant aveu de la part dun homme peu prompt à la repentance qui recon naît ainsi que la guerre dEspagne a été un échec. De fait, de 1808 à 1813, cette guerre représenta une véritable épine dans le dos de Napoléon. Jamais, il ne parvint à vaincre une résistance espagnole dont les premières manifesta-tions furent pourtant un avertissement sur la détermination de ce peuple à préserver sa liberté.   La décision que prend Napoléon dinstaller son frère Joseph en Espagne reste encore aujourdhui mystérieuse. Elle est certes liée à lapplication du blocus continental qui a poussé le mpereur, quelques mois après avoir signé un accord de paix avec la Russie à Tilsit, à accentuer la lutte contre lAngleterre en lui fermant laccès de lEurope par le Portugal. Cest tout lenjeu des négociations engagées avec les représentants esp a-gnols à Fontainebleau. Mais il est alors simplement question dun partage du Portugal. Néanmoins, lenvoi dune armée au Portugal suppose que des troupes françaises soient échelonnées entre la frontière portugaise et la frontière française, donc en territoire esp agnol. Cest lune des raisons qui conduit à la crise du printemps 1808, la population espagnole ressentant de plus en plus difficilement cette présence française. La crise de la monarchie espagnole qui s exprime par le coup de force d Ajanruez accélère le processus de désintégration, effectif dans les semaines suivantes, notamment à lissue de lentrevue de Bayonne et de labdication des souverains espagnols. Napoléon 9  
 
est alors persuadé que le modèle quil a appliqué en Italie et en Allemagne, fonctionnera en Espagne, quil suffira de supprimer lInquisition et daccorder des droits politiques aux Espagnols pour quils accueillent les Français à bras ouverts. Il fait là une erreur de jugement qui montre sa méconnaissance du peuple espagnol, de sa culture et de sa mémoire. Dès le printemps 1808, à lannonce des événements qui se sont déroulés les 2 et 3 mai à Madrid et seront particulièrement bien illustrés par Goya, lEspagne sembrase. La plupart des régions sinsurgent. La période de fêtes religieuses, en ce printemps 1808, aide à une mobilisation populaire qui bénéficie largement du soutien du clergé. La prise de Rome par l'armée française en avril attise le sentiment de réprobation à l'encontre d'une France considérée depuis l'époque de la Terreur comme un agent destructeur de la religion. C'est au son du tocsin que le peuple espagnol part au combat. Cette mobilisation populaire ne sestompe pas dans les mois et les années suivants. LEspagne manifeste ainsi une grande capacité de résistance à larmée fran çaise. Certes, la victoire définitive est largement due au concours de larmée anglaise, mais la guérilla espagnole a joué un rôle essentiel dans le conflit, en harcelant les arrières des Français, en perturbant leur ravitaillement, en faisant peser une menace permanente sur des soldats jamais au repos.   Parmi les régions espagnoles en pointe dans le mouve-ment dinsurrection figure la Catalogne, région frontalière de la France, mais avide de son autonomie, et déjà fière de son avance sur le plan économique. Région côtière, elle bénéficie aussi des possibilités de communication avec lextérieur, grâce aux navires anglais, ce qui est un atout indéniable. Surtout, elle dispose dune culture de la mobilisation militaire spontanée, à travers les somatenes et miquelets. Elle est donc prête à se sou-lever contre les troupes doccupation française. La guérilla y est particulièrement active, ce qui est dautant plus problématique pour la France que la Catalogne est à ses frontières. Cest du reste ce qui conduit Napoléon, en janvier et février 1812, à an-nexer purement et simplement la Catalogne à lEmpire fra n-çaise, en créant quatre départements. Cest un échec, la nouvelle administration devant composer avec une armée toujours omni-présente, sans que celle-ci ait pourtant les moyens suffisants
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