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Guérir par le rêve

De
222 pages
De tous temps, les humains ont demandé au rêve la guérison de leurs maux. Dans l'Antiquité gréco-romaine, cette pratique de l'« onirothérapie » était courante. Plus tard, Freud découvrit la fonction essentielle des rêves, qui était alors de satisfaire dans l'imaginaire un désir resté inassouvi dans la vie réelle. Cet ouvrage revient sur l'histoire de cette pratique, analysant notamment le somnambulisme artificiel, l'hypnose ou encore le rêve éveillé, et ce afin de traiter les troubles psychiques et psychosomatiques.
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LouisCROCQ
Louis CROCQ
GUÉRIR PAR LE RÊVE
L’onîrothérapîe depuîs l’antîquîté jusqu’à nos jours
L’Harmattan
Louis CROCQ GUÉRIR PAR LE RÊVE L'ONIROTHÉRAPIE DEPUIS L'ANTIQUITÉ JUSQU’À NOS JOURS L’Harmattan
Louis CROCQ GUÉRIR PAR LE RÊVE L'ONIROTHÉRAPIE DEPUIS L'ANTIQUITÉ JUSQU’À NOS JOURS L’Harmattan
© L'Harmattan, 2017 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN :978-2-343-12337-0EAN :9782343123370
INTRODUCTION «4u’est-ce donc que la vie ? Un délire. 4u’est-ce donc que la vie ? Une illusion,  Une ombre, une illusion.  Le plus grand bien est peu de chose, &ar toute vie n’est qu’un songe, Et les songes, rien que des songes. »  (Pedro Calderon, La vie est un songe, 1635)  1 - Du rêve.  Tous les habitants de la planète, sans exception, passent le tiers de leur vie, ou presque (sept à huit heures par nuit), à dormir. &’est une loi de la nature : récupérer pendant le sommeil les forces dépensées durantl’activité diurne. Mais, est-ce dire que le sommeil serait absence d’activité" 1on, car il \ a au moins une sorte d’activité commune à tous les dormeurs, qui est le rêve. t mRme, d’après les découvertes des neurobiologistes, le rRve constituerait un état à part, différent du sommeil sans rêve. En fait, on peut distinguer trois états différents l’éveil, le sommeil avec rRve, et le sommeil sans rêve, les deux premiers présentant des analogies à l’électroencéphalogramme, à savoir la présence d’ondes rapides, tandis que l’électroencéphalogramme du sommeil sans rRve n’est composé que d’ondes lentes. 8ne autre caractéristique du sommeil avec rRve est qu’il donne lieu, derrière les paupières closes, à des mouvements oculaires rapides, comme si le rêveur suivait des yeux la scène à laquelle il rêve ; tandis que, dans le sommeil sans rêve, les globes oculaires restent immobiles. Pour toutes ces raisons, Michel Jouvet a proposé (1999) de dénommer le sommeil avec rêve « sommeil paradoxal », par opposition au sommeil sans rêve, dit « sommeil lent ».  Le rêve donne souvent lieu à un oubli immédiat, dès le réveil. Ce qui Iait dire à certains dormeurs qu’ils n’ont pasde rêves. En fait, ils en ont, mais ne s’en souviennent pas; et, si on leur donne la consigne de faire effort dès leréveil pour se souvenir de ce qu’ils viennent de contempler, le souvenir du rêve est présent.
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 Le psychanalyste Angel Garma disait (1970) que le rêve est une hallucination pendant le sommeil. Cette hallucination est surtout visuelle et colorée ; mais elle peut être en outre auditive, olfactive, gustative et sensitive. t il ne s’agit pas d’une image statique, mais d’une scène qui se déroule devant le regard du rêveur et à laquelle, le cas échéant, il participe. Les rêveurs sont souvent intrigués par le contenu de leur rêve. Ce contenu peut porter sur une situation réelle qui les a préoccupés pendant la journée, et on conçoit que cette situation se reproduise en rêve, parfois sous forme déguisée et parfois même débouchant sur une amorce de solution. Le contenu peut aussi mettre en scène un monde merveilleux, inconnu du rêveur même si on y retrouve les marques de son inconscient (dont les archétypes jungiens). Le contenu peut enfin imposer au dormeur la reviviscence d’une scène tragique qu’il a vécue dans la vie réelle, impliquant une confrontation avec la mort ; cette scène, qui se déroule « comme un film », reproduit avec réalisme les décors, les personnages, les cris et les bruits elle reproduit aussi le vécu d’horreur et de détresse du sujet, qui se réveille en sursaut et en sueur, halluciné et mettant de longues minutes à revenir à la réalité. &’est le cauchemar de répétition de la névrose traumatique, véritable malédiction qui lie le sujet à son trauma, et ce pour la vie.  Mais il peut arriver que le cauchemar de répétition évolue, et qu’on \ voit apparaVtre des éléments nouveau[, en rapport s\mbolique avec les éléments de la scène traumatique, laquelle va perdre, dans l’esprit du suet, son caractère absurde. Ainsi dépouillée de son aspect « non-sens », cette scène ne va plus faire corps étranger dans le subconscient du sujet, et pourra être réinsérée dans la continuité fluide des souvenirs, bons ou mauvais, de la vie. &ette introduction du s\mbolique dans l’incohérence du rRve peut s’eIIectuer aussi pour mettre Iin à des soucis, inquiétudes, douleurs et chagrins de la vie courante : le rêve va apporter au dormeur le message qui peut résoudre sa situation de crise, ou même apaiser sa souffrance. Et il peut même demander à son rêve de lui procurer cette solution : c’est l’©onirothérapie ». 8
 2±De l¶RQLURWKpUDSLH/’©onirothérapie » est la thérapeutique par le rêve (oneiros en grec). On la dénomme aussi « incubation thérapeutique »,puisqu'elle consiste pour le patient à se coucher et s'endormir dans le dortoir sacré (abaton) du temple, puis attendre qu'un dieu protecteur accorde un rêve contenant un message qui indique le traitement à suivre pour obtenir la guérison. 'éà pratiquée dans l’Antiquité g\ptienne, l’onirothérapiel’était encore plus dans le monde gréco-romain ; et cet aspect de la médecine antique encore mal connu de nos joursgarde toute son actualité si l’on sait que Sigmund Freud avait entre les mains leTraité d’onirocritique(ou art d’interpréter les rRves) d’Artémidore d’phèse (IIème siècle après J.-C.)lorsqu’il rédigea en  saTraumdeutung (ouInterprétation des rêves), et que certains des principes d’interprétation des rêves édictés par Artémidore relèvent du mode de pensée par analogie et jeux de mots cher à Lacan.  La comédiePloutos, d’Aristophane, ouée à Athènes en avant J.-C., prend pour cible la pratique de l’onirothérapie au siècle de Périclès. Ploutos, dieu de la richesse, est aveugle. Comment pourrait-il en Rtre autrement, lorsqu’on voit les crapules s’enrichir tandis que les gens honnRtes sont réduits au dénuement. /’Athénien &hrémyle, vieillard vertueux et pauvre, pense changer l’ordre des choses en conduisant3loutos dormir au temple d’Asclépios pourle guérir de sa cécité. Carion, esclave de Chrémyle, assiste à la cure, dissimulé sous son manteau : le dieu Asclépios en personne vient visiter Ploutos endormi et lui fait lécher les yeux par deux serpents sacrés. Ploutos se réveille voyant, cesse de fréquenter les méchants et distribue ses richesses au[ gens de bien. Mais le résultat n’est pas celui qu’on attendait : la population, repue, ne veut plus travailler et la société est désorganisée Aristophane, tout au long de la pièce, s’est gaussé des m°urs athéniennes de son temps: la fortune des sycophantes (délateurs) et des faux témoins, la prévarication généralisée, les vieilles femmes décrépies qui entretiennent de jeunes amants et l’astuce des prRtres du temple d’Asclépios qui proIitent de la crédulité du peuple et raflent les offrandes.  Xénophon rapporte dansL’Anabaseav. J.-C.) un songe (380 salvateur que Zeus lui a adressé alors que, lors de l’e[pédition des di[ 9