Harry Bernard, Une autre année sera meilleure

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308 pages
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Harry Bernard (1898-1980) a été, pendant plusieurs décennies, une figure importante du milieu littéraire québécois. Rédacteur en chef pendant 47 ans du Courrier de Saint-Hyacinthe, il a touché à presque tous les genres littéraires : poésie, nouvelles, contes, romans, essais, critiques, récits de voyages, sans compter ses innombrables articles journalistiques.
Après s’être penchés sur sa correspondance avec Alfred DesRochers puis avec Simone Routier, Guy Gaudreau et Micheline Tremblay se sont intéressés à l’un de ses derniers romans, Une autre année sera meilleure, publié seulement sous forme de feuilleton dans le Photo-Journal (de février à juin 1952). Soixante ans plus tard, ils tentent, d’une certaine façon, de réhabiliter cet ouvrage. Soulignant la description précise et détaillée que Bernard y fait de la région de la Haute-Mauricie, ils y voient un documentaire très riche sur l’industrie de l’exploitation forestière, à une période charnière de son histoire, avec, en prime, un héros bien de son époque.

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Date de parution 23 octobre 2013
Nombre de visites sur la page 4
EAN13 9782895974147
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0142 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Guy Gaudreau et Micheline Tremblay, professeurs retraités de l’Université Laurentienne, travaillent depuis plus de dix ans sur Harry Bernard. Parallèlement à ces recherches, l’un et l’autre poursuivent d’autres projets d’écriture. Lui, en tant qu’historien, s’intéresse à l’histoire culturelle et aux mineurs du Nord ontarien et québécois. Elle, à titre de romancière, a publié aux Éditions David un premier ouvrage de fiction en 2008,La fille du concierge,qui fut bien accueilli par les critiques.
HARRY BERNARD
UNE AUTRE ANNÉE SERA MEILLEURE
COLLECTION « VOIX RETROUVÉES »
Collection fondée par Roger Le Moine †
Harry Bernard
UNE AUTRE ANNÉE SERA MEILLEURE
Édition préparée par Micheline Tremblay et Guy Gaudreau
Les Éditions David remercient le Conseil des Arts du Canada, le Secteur franco-ontarien du Conseil des arts de l’Ontario, la Ville d’Ottawa et le gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
Bernard, Harry, 1898-1979, auteur  Une autre année sera meilleure / Harry Bernard ; direction, Micheline Tremblay, Guy Gaudreau.
(Voix retrouvées) Comprend des références bibliographiques. Publié en formats imprimé(s) et électronique(s). ISBN 978-2-89597-383-6.--ISBN 978-2-89597-414-7 (pdf)
 I. Gaudreau, Guy, 1953-, éditeur intellectuel II. Tremblay, Micheline, 1947-, éditeur intellectuel III. Titre. IV. Collection : Collection Voix retrouvées
PS8503.E784A88 2013 C843’.52 C2013-906399-4  C2013-906400-1
Les Éditions David 335-B, rue Cumberland Ottawa (Ontario) K1N 7J3 www.editionsdavid.com
Téléphone : 613-830-3336 Télécopieur : 613-830-2819 info@editionsdavid.com
Tous droits réservés. Imprimé au Canada. e Dépôt légal (Québec et Ottawa), 4 trimestre 2013
PRÉSENTATION
Tout au long de sa carrière d’écrivain, Harry Bernard (1898-1980) a touché à presque tous les genres littéraires : poésie, nouvelles, contes, romans, essais, critiques, récits de voyages, sans compter ses innombrables articles jour-nalistiques, ainsi que la rédaction d’une thèse de doctorat. Naturaliste notoire, il écrira plusieurs textes de vulgarisa-tion scientifique touchant la faune et la flore du Québec. D’où son combat pour le régionalisme littéraire afin que nos écrivains décrivent la nature d’ici ; il les incite même à se familiariser avec l’histoire naturelle pour qu’ils soient 1 mieux en mesure de décrire leur milieu .
Dès l’âge de 18 ans, il fait ses premières armes auCour-rier de Saint-Hyacintheet, quelques années plus tard (1919-1923), il devient journaliste auDroitd’Ottawa. Il devient ensuite rédacteur en chef auCourrier, poste qu’il occupera pendant 47 ans (1923-1970). En tant que journaliste, il signera presque à chaque semaine l’éditorial ainsi qu’une chronique d’actualités diverses intitulée « En marge des
1. Au sujet du régionalisme littéraire, voir : Micheline Tremblay et Guy Gaudreau, « Le régionalisme littéraire au Canada français. Le point de vue de Harry Bernard »,Globe. Revue internationale d’étu-o des québécoises1, 2002, p. 159-178. « [P]lus ils sont familiers, vol. 5, n avec le décor qui les entoure, plus ils ont de bonheur à l’interpréter. […] Il ne s’agit pas seulement de voir, mais de nommer, décrire, dire un mot de l’habitat, des mœurs. » (Harry Bernard, « Histoire naturelle o et littérature »,L’Action nationale, vol. 1, n 1, janvier 1933, p. 22.)
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événements ». En tant que critique littéraire, sous le nom 2 de plume de l’Illettré, il publiera plus de mille chroniques . Ses deux passions, lire et écrire, lui valurent, au fil des ans, 3 notoriété et récompenses .
Ce penchant à multiplier ses champs d’intérêt se retrouve également dans son œuvre romanesque puisque chacun de ses ouvrages s’enracine dans un cadre différent et met en scène des personnages issus de divers milieux sociaux.L’Homme tombé se situe dans la petite ville de Saint-Hyacinthe et présente les aléas d’un mariage dont les époux, un médecin et une ouvrière, proviennent de milieux différents.La Maison videle milieu mondain et la décrit vie politique d’Ottawa et s’intéresse, entre autres, aux luttes linguistiques.La Ferme des pinsprésente un agriculteur anglo-canadien de l’Estrie qui choisira de retourner vivre en Ontario afin d’éviter à son fils l’assimilation : point de vue aux antipodes de la réalité généralement décrite où ce sont les Canadiens français qui craignent l’assimilation. Au cours deLa Terrevivante, ce n’est pas sans peine que Simon Beaudry, agriculteur, réussit à transmettre « sa » terre à ses descendants. Si, dans ses quatre premiers romans, Bernard s’acharne à démontrer une thèse, il n’en est pas de même pour les trois suivants.Juana, mon aimée, qui se déroule au Manitoba, est une stricte histoire d’amour entre le journa-liste Raymond Chatel et Juana ; l’échec de la relation repose sur un malentendu. AvecDolorès, Bernard adopte un autre type de narration, le journal intime dont la temporalité de
2. Pour plus d’informations sur la vie et la carrière de Harry Bernard,voirnotresiteInternetLes écrits de Har r y Bernard à l’adresse suivante : <www.harry-bernard.com/plan_bio.html>. 3. Les sept premiers romans de Bernard, publiés entre 1924 et 1933, le font vite connaître comme romancier. À notre connaissance, il est le seul auteur à avoir remporté trois prix David ; en outre, il a décroché six prix d’Action intellectuelle et, pourLes Jours sont longs, le prix des lecteurs du Cercle du livre de France, en 1951. À titre de journaliste et de rédacteur en chef duCourrier de Saint-Hyacinthe, il remporta aussi plusieurs prix.
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PRÉSENTATION
l’histoire se situe postérieurement au récit ; écrit au « je », cette tragique intrigue amoureuse, avec un arrière-fond d’enquête policière, prend place dans les Laurentides avec des allées et venues à Montréal. En 1951, après une pause de dix-huit ans, c’est la publication des Jours sont longsdans lequel le personnage principal quitte la ville, à la suite d’une rupture, et cherche à retrouver la sérénité en s’ins-tallant en pleine forêt pas très loin de la ferme d’Amédée Cardinal dont il deviendra amoureux de sa fille, Adèle. Bernard y récidive avec une narration ultérieure et un récit mené au « je ».
Une autre année sera meilleures’inscrit dans la même veine queLes Jours sont longs. Le cadre est le même : la forêt. Cette fois-ci, toutefois, le personnage principal, Gabriel Lesage qu’on appelle Bébé, est un véritable tra-vailleur de la forêt. Ses histoires d’amour ne sont, en fait, que le prétexte à décrire la vie des ouvriers de la forêt. Mal-gré l’omniscience du narrateur, les nombreux dialogues, adaptés au niveau social des différents protagonistes, per-mettent d’avoir une vision réaliste de leur vie quotidienne dans les moindres détails.
L’histoire et le récit
L’histoire raconte quelque deux années de la vie de Gabriel Lesage. Originaire de Mékinac, il réside le plus souvent au Gros-Rocher, son port d’attache, situé quelque part au nord d’un camp plus connu, celui du Chapeau-de-Paille. Au début de la trentaine et encore célibataire, Lesage com-mence à envisager positivement la vie conjugale. Toutefois, Laure, son idylle du moment, le boude parce qu’il a dansé avec une autre femme. Pendant la période morte de l’été, Deblois, un riche industriel de Montréal, lui demande d’être son guide pour des excursions de pêche et de chasse au lac Clair. Il y fait la connaissance de Gisèle, la fille de Deblois, qui le séduit. Comme elle doit revenir plus tard
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pour une excursion de chasse, Lesage l’attend. Vainement ! Durant l’hiver, il rencontre Mariette, la fille de la nouvelle cuisinière au Gros-Rocher. Invité à des noces à la Rivière-aux-Rats, Lesage s’offre à l’amener ainsi que sa mère. Lors de cette soirée, il danse avec elle et, s’isolant sur la galerie, il l’embrasse. Laure, Gisèle, Mariette ? Il ne sait plus très bien où il en est. Au printemps suivant, Deblois lui offre de construire un nouveau chalet et, éventuellement, d’en devenir le gardien. Une perspective intéressante qui aurait l’avantage de le sédentariser. Après quelques hésitations, il accepte. Il suggère le lac Francœur, proposition acceptée par Deblois, et se met à construire la route et à bâtir le chalet. Durant l’été, Gisèle revient et ils deviennent amants. Toutefois, quand il lui propose le mariage, elle se rit de lui. Comment une femme riche et instruite pourrait-elle s’abaisser à épouser un rustre ouvrier de la forêt ? Déçu, il abandonne son travail au lac Francœur, se rend à La Tuque où il s’enivre, puis il prend un taxi pour suivre la course en canot de La Tuque à Mékinac. À l’hôtel, il tente d’interve-nir dans une bagarre et on l’assomme ; conduit à l’hôpital, Mariette viendra l’y retrouver. Commentant ses erreurs de la dernière année, celle-ci lui répond qu’« Une autre année sera meilleure…»
Somme toute, une histoire plutôt banale où la psycho-logie des personnages reste superficielle. En fait, la trame narrative trace le portrait de la région de la Haute-Mauricie et, surtout, du travail des hommes durant la saison active, celle de la coupe et de la drave, mais aussi durant la saison morte pendant laquelle les camps se vident. Si plusieurs retournent en ville ou dans leur patelin, d’autres restent au camp afin de préparer la forêt pour la saison prochaine. Beaucoup de travail à accomplir : inventorier les essences disponibles, déterminer les lieux de coupe, « marcher » le bois pour plaquer les arbres et tracer les chemins, déga-ger les sentiers, construire les camps, etc. Il importe aussi de surveiller les barrages et de prévenir les incendies en assurant le guet du haut des tours des gardes-feu. Certains
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