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Histoire de la guerre du Mexique

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184 pages

La France est peut-être la seule nation qui n’hésite jamais lorsqu’il s’agit de venger son honneur outragé ou d’obtenir les réparations qui lui sont dues ; elle s’était concertée avec l’Angleterre et l’Espagne, afin de régler une ancienne dette avec le Mexique ; les difficultés qui sont survenues ont rompu cette alliance ; mais pendant que nos auxiliaires s’éloignaient, nos soldats restaient à leur poste et ils arboraient d’une main ferme le drapeau de la France dans ces lointaines contrées, où ils ont à combattre non-seulement une population belliqueuse, mais encore un climat terrible et des épidémies permanentes.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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HISTOIRE POPULAIRE ILLUSTRÉE DE LA GUERRE DU MEXIQUE
* * *
Paris, 5 Octobre 1862.
 Monsieur, La guerre du Mexique entrant dans une nouvelle phas e ? nous avons cru être agréables au public, en lui offrant un ouvrage retr açant les principaux faits accomplis et ceux à accomplir. Cet ouvrage, destiné à la masse de lecteurs patriot iques, contiendra le récit exact et complet de tout ce qui s’est passe, à partir des dé bats qui ont eu lieu aux Chambres, et embrassera l’ensemble des négociations, faits d’ armes et événements qui doivent surgir. Rédigé, sous notre direction, par une réunion d’écr ivains distingués de la presse, il sera apporté à cette œuvre, digne pendant de l’Histoire de l’Armée d’Italie, tous les soins qu’elle réclame, tant sous le rapport de la r édaction, que celui du texte et des gravures. L’abonnement pour la province sera de 6 fr. pour un e année, 3 fr. pour six mois. er L’ouvrage paraîtra par livraison hebdomadaire, à pa rtir du 1 Novembre prochain ; chaque livraison aura 8 pages grand in-4° jésus, te xte à 2 colonnes, et sera ornée d’une belle gravure appropriée à l’œuvre, avec papi er satiné, imprimé en beaux caractères. Les personnes qui s’abonneront d’ici au 25 courant recevront immédiatement, à titre de prime, une jolie carte du Mexique qui permettra de suivre les opérations de la guerre. Dans ces circonstances, nous venons vous prier, Mon sieur, de vouloir bien nous prêter votre bienveillant concours en reproduisant, dans votre estimable journal, deux fois de suite, et une troisième, si c’est un effet de votre obligeance, l’annonce ci-contre. Pour vous rémunérer de cette obligeance, nous vous adresserons, aussitôt l’envoi des numéros justificatifs, laCarte du Mexique,vous aurez, en outre, droit à deux et
volumes brochés de l’ouvrage, qui vous seront adres sés à la fin de la première année, ou vous pourrez, à votre choix, recevoir les livrai sons au fur et à mesure qu’elles paraîtront. Nous n’hésitons pas à croire que vous n’accueillez favorablement notre demande et, en retour, vous pouvez compter sur notre exactitude à remplir nos engagements.  Recevez, Monsieur, l’assurance de notre parfaite considération, IE PICETC.
PARIS. — TYP. WALDER, RUE BONAPARTE. 44.
Émile de La Bédollière
Histoire de la guerre du Mexique
ÉMILE DE LA BÉDOLLIÈRE HISTOIRE DE LA GUERRE DU MEXIQUE
Le général Forey.
CHAPITRE PREMIER
Souvenirs historiques. — Le père Olmedo. — Les Trois Garanties. — L’empereur Iturbide. — Dissensions intestines. — Gouvernement de Juarez. — Violences faites aux étrangers. — Indemnités dues
La France est peut-être la seule nation qui n’hésit e jamais lorsqu’il s’agit de venger son honneur outragé ou d’obtenir les réparations qu i lui sont dues ; elle s’était concertée avec l’Angleterre et l’Espagne, afin de r égler une ancienne dette avec le Mexique ; les difficultés qui sont survenues ont ro mpu cette alliance ; mais pendant que nos auxiliaires s’éloignaient, nos soldats rest aient à leur poste et ils arboraient d’une main ferme le drapeau de la France dans ces l ointaines contrées, où ils ont à combattre non-seulement une population belliqueuse, mais encore un climat terrible et des épidémies permanentes. Avant de suivre des yeux cette expédition si aventu reuse et si glorieuse à la fois, nous n’avons pas besoin d’entrer dans des détails h istoriques et géographiques ; car, sous ce rapport, le travail de Malte-Brun ne laisse rien à désirer. Nous devons seulement indiquer rapidement les origines de la si tuation actuelle, que la France est appelée à dénouer par les armes. A la conquête du Mexique accomplie en 1522 se ratta che le nom immortel de Fernand Cortez qui se vantait avec raison d’avoir d onné à Charles-Quint plus d’États que les empereurs n’en avaient jamais possédé. L’il lustre aventurier, au milieu d’un peuple immense et auquel il eût été facile d’écrase r l’armée d’invasion, put avoir recours à la terreur ; mais, malgré quelques actes de barbarie dénoncés à la postérité par le vertueux évêque de Chiappa, Barthélemy de La s Casas, il est certain que les Indiens, Aztèques, Tlascalans, Mixtèques, furent tr aités avec assez de douceur pour accepter patiemment leur joug ; on ne chercha pas m ême d’abord à les convertir, et l’on vit même des ecclésiastiques modérer sagement le zèle des vainqueurs. En entrant à Jalapa, le 16 août 1519, Cortez voulait p lanter des croix sur son passage ; le père Olmédo et le licencié Diaz s’y opposèrent en d isant qu’il était téméraire de confier la croix à des barbares mal instruits qui pourraien t la traiter avec indignité ou peut-être la mettre au rang de leurs idoles, s’ils avaient po ur elle une vénération superstitieuse, sans savoir le mystère qu’elle représentait. Plus t ard, à Tlascala, Cortez forma le projet de détruire les idoles, et le père Olmédo lu i dit encore : Cette violence ne s’accorde pas avec les maximes de l’Évangile. Qu’im porte d’ailleurs d’abattre les autels, si on laisse les idoles dans les cœurs ? Le temps et la mansuétude sont nécessaires à la conversion des infidèles ; le moye n de leur faire connaître leurs erreurs n’est pas de déconsidérer la vérité en l’em ployant comme prétexte à des persécutions. Avant d’introduire le culte du vrai D ieu, il faut chasser le démon, et cette guerre doit se faire avec d’autres armes et de tout autre manière. Ces idées de tolérance conquirent au clergé espagno l les Indiens du Mexique. Exploités et rançonnés par des maîtres avides qui l es faisaient travailler aux mines, ils cherchèrent un refuge au pied de cette croix qu’ils avaient volontairement embrassée. En vertu de la fraternité chrétienne, il s’opéra au Mexique une fusion de race qui n’a sa pareille dans aucun pays ; la majorité de la popula tion est indienne, mais on y compte par millions les métis d’indigènes et d’Espagnols, sans parler des Zambos issus des
nègres et des Indiens. Ce fut pendant la guerre de la France et de l’Espag ne, en 1808, que la grande colonie espagnole manifesta les premières velléités d’indépendance. Les quelques lignes qui précèdent expliquent suffisamment qu’auc un mouvement n’était possible, sans la participation du clergé. Son influence et s es richesses avaient éveillé la jalousie et la cupidité de la métropole ; ses immun ités, ses privilèges étaient menacés, et il se mit résolûment à la tête de l’insurrection . Un de ses premiers martyrs fut le curé Morélos qui, le 19 août 1811, dirigeait les forces mexicaines à la bataille de Rixtala. Assiégé par le vice-roi Colléga, dans la ville de Q uantla, il fut obligé de l’évacuer ; mais après sa retraite, il brûla le magasin royal d es tabacs, à Orizaba, s’empara d’Antéquéra et soutint la guerre jusqu’au mois d’oc tobre 1815. Fait prisonnier dans une escarmouche, entre Jalapa et la Vera-Cruz, il f ut accusé devant le tribunal de l’Inquisition d’avoir quitté le sacerdoce pour la p rofession des armes ; et chose remarquable, le Saint Office l’acquitta sur ce chef . Toutefois, plusieurs témoins l’ayant accusé de s’être marié, Morélos fut condamné à la d égradation, et après l’avoir dépouillé des habits sacerdotaux, l’archevêque de M exico le livra au bras séculier. Les autorités espagnoles n’osèrent faire exécuter dans la capitale un homme aussi populaire, on le fusilla presque clandestinement su r la grande place du village de San-Cristoval ; mais sa mort excita chez les insurgés u ne irritation qui rendit leurs efforts presque irrésistibles. Le 24 février 1821, les chefs du mouvement, réunis à Iguala, arrêtèrent un plan qui stipulait trois garanties : l’Indépendance, la Reli gion, l’Union ; il contenait vingt-quatre articles dont les douze derniers étaient réglementa ires et transitoires. Voici quels étaient les douze premiers : ART.I. La nation mexicaine est indépendante de la n ation espagnole et de toute autre, même sur ce continent. — ART. II. La religio n sera la religion catholique, qui est celle que tous les habitants professent. — ART. III . La Nation sera une, sans aucune distinction entre les Américains et les Européens. — ART. IV. Le gouvernement sera une monarchie constitutionnelle. — ART.V. Il sera n ommé une junte composée de personnes jouissant de la plus haute réputation dan s les partis qui se sont montrés. — ART. VI. Cette junte se réunira sous la présidence de S.E. le comte del Venadito, vice-roi actuel du Mexique. — ART. VII. E lle gouvernera au nom de la Nation, d’après les lois actuellement en vigueur, e t sa principale affaire sera de convoquer, en suivant telles dispositions qu’elle j ugera à propos de régler, un congrès pour former une constitution Convenable au pays. — ART. VIII.S.M. Ferdinand VII sera invitée à monter sur le trône de cet empire, et en cas de refus de sa part, on invitera successivement les infants D. Carlos et D. Francisc o de Paula. — ART. IX. Si S.M. Ferdinand VII et ses augustes frères n’acceptent po int cette invitation, la Nation sera libre d’appeler au trône impérial tel membre des fa milles régnantes qu’il lui plaira de choisir. — ART.X. La confection de la Constitution et le serment de l’Empereur de l’observer fidèlement doivent précéder son entrée d ans le pays. — ART. XI. La distinction des castes établie par les lois espagno les et qui en privait quelques-unes des droits de citoyen, est abolie. Tous les habitan ts du pays sont citoyens et égaux, et les voies de l’avancement sont ouvertes à la vertu et au mérite. — ART. XII. Il sera organisé une armée pour la défense de la Religion, de l’Indépendance et de l’Union : chargée de garantir ces trois intérêts, elle sera e n conséquence appelée l’Armée des Trois Garanties. Le rédacteur de cette constitution était Augustin I turbide, né à Valladolid de Mechoacan, et ancien lieutenant dans le régiment pr ovincial de sa ville natale. Il avait,