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Histoire de la troisième invasion - Siége de Paris (1870-1871)

De
379 pages

« Il faut qu’ils sachent que derrière notre vaillante armée est la nation tout entière frémissante, s’appuyant l’une contre l’autre avec une égale et réciproque confiance.

Menacée par les forteresses qui devraient la défendre, la France ne saurait supporter plus longtemps d’avoir pour geôlière la Prusse s’étant emparée du commandement militaire de trente-huit millions de population.

Cordialités,

Emile DE GIRARDIN. »

Les causes de la guerre sont très-simples : Guillaume Ier en prenant la couronne était le légitime espoir du parti féodal et militaire.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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AVIS
On trouvera la Table générale des Matières — et la Table des Gravures à la fin de I’Histoire de Ia Commune de Paris en 1871, par M. DE LA BRUGÈRE (voir la dernière page de cet ouvrage).
Arthème Fayard
Histoire de la troisième invasion
Siége de Paris (1870-1871)
HISTOIRE DE LA TROISIÈME INVASION
« Il faut qu’ils sachent que derrière notre vaillante armée est la nation tout entière frémissante, s’appuyant l’une contre l’autre avec une égale et réciproque confiance. Menacée par les forteresses qui devraient la défendre, la France ne saurait supporter plus longtemps d’avoir pour geôlière la Prusse s’étant emparée du commandement militaire de trente-huit millions de population. Cordialités, Emile DE GIRARDIN. »
Les Causes de la Guerre er Les causes de la guerre sont très-simples : Guillau me I en prenant la couronne était le légitime espoir du parti féodal et militai re. Rappelons quelques faits principaux. er Sous le règne de son père, Guillaume I avait montré pour l’armée une prédilection remarquée. Un de ses premiers actes en arrivant au trône, fut une réforme militaire qui exigea de l’argent. Cette réforme rencontra une opp osition compacte au Parlement ; la résistance du Parlement fut brisée. Ce fut alors qu’apparut et laissa pressentir sa fut ure influence le comte Othon de Bismarck. S’appuyant sur la Chambre des seigneurs, passant pa r-dessus la volonté du Parlement, le roi opéra sa réforme militaire. Il y a dix ans de cela Dès lors, — les faits l’ont démontré depuis, — entr e le roi et son ministre s’élaboraient déjà les plans réalisés en partie en 1866. Ces plans peuvent se résumer en un mot : — L’unité germanique, des mers du nord aux Alpes et à l’Adriatique. C’est grandiose. Tout servit à souhait les desseins du roi et de son ministre : La guerre d’Italie qui affaiblit l’Autriche, diminu a son prestige, et qui par la générosité française, prépara l’ingratitude italienne. La naïveté du parti républicain français qui applau dit aux idées d’unité allemande. Enfin l’aveuglement de a Russie dont la marche vers l’Occident ne peut redouter d’obstacle plus sérieux que l’Allemagne unifiée, et l’égoïsme de l’Angleterre, qui garde jalousement Gibraltar et laissa arracher au loyal D anemark les clefs de la Baltique. er Ainsi la politique de Guillaume I ne compta ses années que par des succès. La campagne de 1866 ! fut le plus grand... sera-t-i l le dernier ? Nous y comptons ! Nous aurions à rappeler bien es fautes du gouvernem ent français, mais à cette heure ce ne serait pas généreux. Il ne comprit pas la gravité de la guerre du Danemark ; il se laissa leurrer par des promesses.. . Mais taisons-nous... nous parlons à l’heure où il expie et rachète ses fautes. Après la victoire nous lui dirons la vérité.
* * *
On se rappelle les principales dispositions du trai té de Prague ?... En fermant à la Prusse l’ère des annexions au nord et au midi, elle s rendaient incomplètes et presque inutiles les immenses résultats obtenus jusqu’alors . Ce traité n’était qu’une trève nécessaire à l’organisation rapide des conquêtes fa ites à Sadowa, personne ne comptait qu’il serait longtemps respecté par la Pru sse.
Il n’est pas hors de propos de rappeler que l’oppos ition républicaine française exalta la politique prussienne et déclara la France vaincu e en Bohême. En même temps qu’elle s’opposa aux préparatifs militaires que la patrie devait prendre pour son honneur et son territoire menacés. Le traité de Prague avait déjà reçu plusieurs attei ntes. Le gouvernement impérial se préparait et attendait. Sa longanimité encouragea la Prusse. La maladie de l’empereur et cette inénarrable campa gne politique de 1869, augmenta encore sa confiance. A Berlin comme à Paris — rapprochement singulier, — on s’attendit à la chûte de l’empire et M. de Bismarck se tint prêt à en profiter. Si le plébiscite avait donné la minorité à J’empire , M. de Bismarck — cela est de notoriété publique aujourd’hui, — entrait en campag ne, c’est-à-dire réalisait ses derniers projets. Ne voulant pas déchirer les traités, et se mettre d ans son tort, il inventa ce machiavélique prétexte de la candidature du prince Léopold. Mais le plébiscite raffermit l’empire... Mais le pé tard susdit fit long feu et éclata en un moment où la France était unie, était forte et toute prête. Tel est en quelques mots le long prologue des événe ments actuels qui chaque jour auront ici leur histoire ou tout au moins leur fidè le écho. Nous nous proposons de tracer au jour le jour, en c ompilant nos correspondances particulières et tous les journaux français et étra ngers, les événements politiques et militaires.
II
Communication du Gouvernement
Nous saurons plus tard si réellement le gouvernemen t français ignora jusqu’à la dernière heure les propositions faites par M. de Bi smark à M. Prim. Cette fabuleuse candidature du prince Léopold causa d’abord plus d’étonnement que d’indignation, puis on revint de sa stupéfactio n, l’alarme grandit de jour en jour. LeConstitutionnel,dénonça la gravité des faits. LePaysdans des articles pleins de vigueur sonna l’alarme et en appela à l’épée de la France. Le gouvernement sommé de s’expliquer fit le 14 juil let la communication suivante au Corps législatif : M. de GramontministRe des affaiRes étRangèRes: Voici les informations que je suis en mesure de don ner à la Chambre. L’ambassadeur d’Espagne nous a annoncé officielleme nt hier la renonciation du prince Léopold de Honhenzollern à sa candidature au trône d’Espagne (Mouvement.) Les négociations que nous poursuivons avec la Pruss e, et qui n’ont jamais eu d’autre objet, ne sont pas encore terminées. Il nou s est donc impossible d’en parler et de soumettre aujourd’hui à la Chambre et au pays un exposé général de l’affaire. M. le baron Jérome David. De qui émane la renonciation ?
M. le ministre des affaires étrangères J’ai été informé, je le répète, par l’ambassadeur d ’Espagne que le prince Léopold de Hohenzollern avait renoncé à sa candidature à la co uronne d’Espagne. M. le baron Jérôme David. Hier, le bruit a couru dans la Chambre que la renon ciation venait, non pas du prince de Hohenzollern, mais de son père. (Mouvement.) M. le ministre des affaires étrangères. Je n’ai rien à ajouter aux paroles que j’ai prononc ées. J’ai reçu de l’ambassadeur d’Espagne une communication officielle ; je l’ai tr ansmise à la Chambre comme elle m’a été donnée. Quant aux bruits qui circulent dans les couloirs, je n’ai pas à m’en occuper. (Très-bien ! très-tien !) M. le baron Jérôme David. Je ne saurais accepter la réponse de M. le ministre des affaires étrangères. Cette communication a été faite publiquement dans les cou loirs par M. le garde des sceaux, non-seulement à des députés, mais à des journaliste s, et à tous ceux qui l’entouraient. Il n’est pas possible qu’on refuse à la Chambre de lui faire connaître les termes d’une dépêche communiquée au dehors. (Mouvement.) M. le comte de Kératry. Nous demandons la lecture de la dépêche communiquée par l’ambassade d’Espagne. M. le baron Jérôme David. Elle a été colportée à la Bourse, elle doit être lu e à la tribune. (Mouvements divers.) M. le président Schneider. La Chambre veut-elle passer à l’ordre du jour ? SuR un gRand nombRe de bancs: Non ! non ! M. le Président Schneider. Mon devoir est de ne faire aucune appréciation pers onnelle et de ne me diriger que d’après le sentiment de la Chambre. (Très-bien ! très-bien !) Après le mouvement qui vient de se produire, je doi s donner la parole à M. Duvernois, qui l’a demandée et qui a déposé hier un e interpellation, en se référant aux convenances de la Chambre et du gouvernement pour l a fixation du jour de la discussion. M. Clément Duvernois.
J’ai déposé hier une interpellation adressée au cab inet et relative aux négociations pendantes entre la France et la Prusse. Je m’en suis rapporté aux convenances du gouverneme nt, dont je ne veux pas gêner les négociations, et à celles de la Chambre p our la fixation, du jour de la discussion. Je crois qu’il n’y aurait pas d’inconvé nients et qu’il y aurait des avantages à ce que ce jour fut très-prochain. (Approbation). Les résolutions de la Chambre pourront exercer sur la conduite même du cabinet une influence considérable. Prêt à discuter, je m’en remets donc de nouveau aux convenances du gouvernement, qui est seul dans le secret des négoc iations, et de la Chambre pour la fixation du jour de la discussion. (Très-bien !) M. le baron Jérôme David. Après la réponse qui a été faite par M. le ministre des affaires étrangères, je dépose la demande d’interpellation suivante : « Considérant que les déclarations fermes, nettes, patriotiques du ministère à la séance du 6 juillet ont été accueillies avec faveur par la Chambre et le pays ; Considérant que ces déclarations du ministère sont en opposition avec la lenteur des négociations avec la Prusse ; Je demande à interpeller le ministère sur les cause s de sa conduite à l’extérieur, qui non-seulement jette une perturbation dans les branc hes diverses de la richesse publique, mais aussi risque de porter atteinte à la dignité nationale. » M. le ministre des affaires étrangères. Le gouvernement propose à la Chambre de remettre à vendredi la discussion de l’interpellation de M. Duvernois. Quant à celle de M. le baron David, tout en protestant contre les paroles par lesquelles il l’a motivée, l e gouvernement propose de la discuter en même temps. (Très-bien ! très-bien !) M. de Kératry. Il me semble impossible, dans les circonstances act uelles, et malgré le désir de M. le ministre, de renvoyer à après-demain la discussi on de ces interpellations. Vous avez semé une émotion profonde en France et dans to ute l’Europe. Vous avez fait, en dehors de toutes les voies diplomatiques, une décla ration qui n’était qu’un véritable ultimatum, il fallait, avant, en peser les conséque nces. Vous avez adressé un ultimatum au roi de Prusse, en lui donnant trois jours pour répondre. Ces trois jours sont expirés depuis avant -hier. Si vous ajournez à vendredi, vous faites le jeu de M. Bismark, qui se joue de vo us. Comme Français, je proteste au nom du pays. (Vive approbation sur divers bancs.) M. le président Schneider. Je consulte la Chambre. La discussion des interpellations est fixée à vendredi. (Mouvement prolongé.) Le vendredi, la déclaration que le Sénat et le Corp s législatif attendaient n’a pas eu lieu.
Mais en revanche Paris a répondu par laMaRseillaise au nouveau défi de M. de Bismark. Des mouvements de troupes avaient lieu, et la guerre était moralement déclarée. De son côté la Prusse pressait ses armements. M. de Bismark, avait, dit-on, prié M. de Werther so n ambassadeur, de traîner l’affaire jusqu’au 20 ! Nos ministres avec leur intempestif amour de la pai x convenaient parfaitement aux vues du ministre prussien. Il fallait qu’on leur mit les points sur les i et q ue M. Benedetti fut presque insulté par le roi Guillaume pour qu’ils consentissent à voir c lair. A Ems, àLa PRomenade,M. Benedetti des papiers à la main, s’étant avancé vers le roi, celui-ci le congédie d’un geste. Mais les événements nous pressent. Nous ne pouvons accorder que peu de lignes à des faits qui eurent un retentissement profond. Jamais nous n’avons vu l’esprit de la population pa risienne se monter si vite et à pareil degré. L evénéRableréparatifs de guerre congrès qui jusqu’alors avait présidé à tous les p fut écarté dès le premier jour, et déjà une armée é tait à la frontière de l’est quand M. de Gramont lut au Sénat le mémorandum suivant :