Histoire et Géographie de Madagascar - Depuis la découverte de l

Histoire et Géographie de Madagascar - Depuis la découverte de l'île en 1506 jusqu'au récit des derniers événements de Tamatave

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470 pages

Description

SOMMAIRE. — Découverte de l’île de Madagascar par les Portugais, en 1506. — Fernan Suarez. Dom Ruy Pereira. Tristan d’Acunha. Diégo Lopez de Siqueyra. — Les Arabes, les Portugais, les Français. — Premiers établissements français fondés en 1642. — Formation de la Société de l’Orient. — Pronis et Fouquembourg. — Fondation du fort Dauphin. — M. de Flacourt. — Formation de la Compagnie Orientale. — L’île prend le nom d’île Dauphine. — Edits constitutifs de 1664 et 1665.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Ajouté le 24 novembre 2016
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EAN13 9782346127108
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Langue Français
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Henri Descamps, Macé Descartes
Histoire et Géographie de Madagascar
Depuis la découverte de l'île en 1506 jusqu'au récit des derniers événements de Tamatave
* * *
PRÉFACE
L’auteur de l’Histoirede la et Géographie de Madagascar s’occupait depuis longtemps de réunir les matériaux du livre qu’il of fre aujourd’hui au public, lorsque les derniers événements de Tamatave sont venus ajouter un nouveau degré d’intérêt à la question de Madagascar. L’auteur n’en a pas moins continué son œuvre ainsi qu’il l’avait commencée, comme une étude purement scientifique, et sans aucune pré occupation de parti,sine irâ aut studio,iens. Il a essayé sansla belle expression du plus grand des histor  selon espérance d’un succès complet, il le déclare ici, d e donner à la science géographique un ouvrage utile qui lui a manqué jusqu’à ce jour. En effet, il n’existait en Europe aucune histoire, aucune géographie de la grande île africaine, lorsque, par suite de l’inévitable encha înement des faits politiques qui se sont succédé dans cette contrée, l’attention publiq ue s’est fixée, brusquement et pour ainsi dire malgré elle, sur l’île de Madagascar, su r ce beau fleuron de l’ancienne couronne coloniale de la France. L’absence des docu ments principaux, qui n’étaient présentés nulle part avec ensemble et méthode sur c ette importante matière, explique l’ignorance presque complète dans laquelle se sont trouvées les Chambres, lorsque cette question si neuve a surgi tout à coup dans le Parlement. Dans cette situation étrange, si l’on excepte les p ublicistes et les hommes d’État qui s’occupent habituellement de la politique extérieur e de la France, il est arrivé que le Gouvernement seul savait la question, parce que seu l il l’avait étudiée. En effet, depuis 1830 surtout, le Gouvernement du Roi n’a cessé de réunir, avec une bonne foi qu’on ne saurait trop louer, les plus pré cieux documents sur la grande île africaine, si l’on en juge du moins par les publica tions qu’il a éditées à ce sujet. En 1836, M. l’amiral Duperré a initié les Chambres et le pays à toutes les dépêches ministérielles, à tous les actes diplomatiques dont Madagascar a été l’objet depuis 1642 jusqu’à nos jours, et particulièrement pendant la période de la Restauration. Ce curieux et instructif travail, qui a paru en brochu re sous le titre :Précis historique sur les Etablissements français de Madagascar, peut être regardé comme le dossier général de la question, au point de vue de cette ép oque. En 1841, M. le capitaine de corvette Jehenne, commandantla Prévoyante, a visité le groupe des Comores et a publié à son retour dans lesAnnales Maritimes, recueil officiel, d’intéressantes observations nautiques et géographiques sur les île s du canal de Mozambique. Enfin en 1843, M. le capitaine de corvette Guillain a acc ompli, à bord de la corvettela Dordogne, une mission analogue, avec ordre d’étudier, dans t oute son étendue et dans tous ses détails, la côte occidentale de Madag ascar. Les résultats de l’exploration de M. Guillain ont été consignés par lui dans un remarquable volume récemment publié par l’Imprimerie royale. C’est à ces excellentes et consciencieuses publicat ions que l’auteur doit les éléments les plus nombreux de son livre. Il a compl été son travail en puisant, mais avec réserve et circonspection, dans l’ouvrage angl ais où William Ellis a retracé l’histoire ndes tentatives infructueuses faites à M adagascar par les Missionnaires de Londres. L’auteur a enfin consulté, dans ses minuti euses investigations, tous les livres
en général, anciens ou modernes, anglais, espagnols et portugais, qui ont traité de la géographie ou de l’histoire de l’île de Madagascar. Il a cru devoir se conformer pour l’orthographe malegache, tout en les contrôlant les unes parles autres, aux opinions des hommes compétents qui, en petit nombre, et tels que MM. Vincent Noël, Freeman, etc., paraissent avoir approfondi cette matière. La Carte qui accompagne l’Histoireet laGéographie de Madagascara été construite avec un soin tout particulier et dans le but spécia l d’établir une parfaite conformité entre ses indications linéaires et le contenu du li vre. Elle a été dressée d’après la grande Carte officielle du Dépôt général des cartes et plans de la marine, sur laquelle ont été ajoutés les résultats de toutes les reconna issances et explorations contemporaines dont Madagascar a été l’objet. Le profil des côtes par Owen et Bérard, la position de Tananarive, le tracé des routes qui conduisent à celte capitale par le Nord et par l’Est, font partie des données qui appa rtiennent aujourd’hui à la géographie positive. L’auteur ne terminera pas cette préface sans adress er des remerciements à M. MAC-CARTHY, fils de l’illustre géographe de ce nom, et géographe distingué lui-même, qui a bien voulu l’aider dans ses recherches relatives à la partie géographique de cet ouvrage. Il le prie de recevoir ici le témoi gnage affectueux de sa gratitude, pour l’excellente assistance qu’il en a reçue en cette o ccasion. Puisse l’auteur de ce livre recueillir le fruit de ses travaux, en voyant les Chambres et le pays étudier, comme elle mérite de l’être, la question de Madagascar, et reconnaître un jour avec impartialité toutes les re ssources de premier ordre que présenterait à la France, comme point militaire et comme débouché commercial, cette grande et belle île, que les écrivains anglais ont nommée avec raison, à cause de son étendue, de son importance et de sa situation, la G rande-Bretagne de l’Afrique,the Great Britain of Africa !
Paris, 15 février 1846.
LIVRE PREMIER
HISTOIRE POLITIQUE DE MADAGASCAR
er. CHAPITRE I
SOMMAIRE. — Découverte de l’île de Madagascar par les Portugais, en 1506. — Fernan Suarez. Dom Ruy Pereira. Tristan d’Acunha. Diégo Lopez de Siqueyra. — Les Arabes, les Portugais, les Français. — Premiers établissements français fondés en 1642. — Formation de laSociété de l’Orient. — Pronis et Fouquembourg. — Fondation du fort Dauphin. — M. de Flacourt. — Formation de laCompagnie Orientale. — L’île prend le nom d’île Dauphine. — Edits constitutifs de 1664 et 1665. — M. de Beausse. — M. de Champmargou. — M. de Mondevergue. — Ruine de laCompagnie Orientale.Causes de cette — ruine. — L’île de Madagascar est réunie au domaine de la couronne de France par un arrêt du conseil d’État de juin 1686 et par des édits de mai 1719, juillet 1720 et juin 1725. — L’amiral de La Haye. — Son départ pour Surate. — M. de La Bretesche. — Explorations de M. de Cossigny et de M. de La Bourdonnais. — Cession de l’île Sainte-Marie à la France. — Gouvernement du comte de Maudave. — Il rétablit le fort Dauphin. — Son départ en 1769.
Dans les premières années du seizième siècle, en 15 06, une flotte portugaise, composée de huit vaisseaux et revenant des Indes à Lisbonne, sous la conduite de Fernan Suarez, fut jetée brusquement par la tempête « sur une terre de grande étendue, habitée par une population nombreuse, de m œurs très-douces et qui n’avait 1 point encore entendu prêcher la religion du Christ » Cette terre inconnue était l’île de Madagascar. Les commentateurs des géographes anciens ont succes sivement reconnu Madagascar dans toutes les îles de la mer Érythrée, sans qu’il y ait lieu de déterminer si elle fut, en effet, laCernePline ou la de MenuthiasPtolémée. Il est plus que de probable que les notions très-bornées des anciens s ur les îles occidentales de la mer Erythrée ne leur ont pas permis de connaître d’une manière bien positive la géographie et même l’existence de la grande île Mal egache. On peut dire qu’il n’en est pas ainsi des Arabes do nt la proximité explique facilement la science relative, en ce qui touche les îles de l ’océan Indien. Leurs ouvrages géographiques attestent d’une manière certaine qu’i ls faisaient un commerce considérable sur la côte orientale d’Afrique et dan s les îles qui l’avoisinent. Ce fut vers le septième siècle qu’ils s’établirent dans les île s Comores et sur la côte nord-ouest de Madagascar. Le géographe Edrisi, qui vivait au trei zième siècle, a donné une description de la grande île et de son archipel, so us le nom de Zaledj. Il rapporte « que, lorsque l’état des affaires de la Chine fut troublé par les rébellions et que la tyrannie et la confusion devinrent excessives dans l’Inde, les habitants de la Chine transportèrent leur commerce à Zaledj et dans les a utres îles qui en dépendent, entrèrent en relations et se familiarisèrent complé tement avec les habitants de ces pays. » Les relations des Arabes et des Chinois avec Madaga scar sont confirmées par les récits du célèbre Marco Polo qui recueillit de leur bouche des détails curieux publiés depuis par lui, à son retour de Chine, en 1298. Il est le premier géographe qui ait donné à la grande île le nom deMadeigascar,sous lequel elle est connue aujourd’hui. Ce fut donc seulement quelques années après que Vas co de Gama eut, en 1497, doublé le cap de Bonne-Espérance, que les Portugais , dont les flottes se rendaient pourtant chaque année dans l’Inde, rencontrèrent la grande île de Madagascar, par le seul effet d’une tempête qui les détourna de leur route ordinaire. Quelques mois après cette découverte, Dom Ruy Perei ra, capitaine de l’un des vaisseaux qui composaient la flotte de Tristan d’Ac unha, fut, lui aussi, poussé à son tour par la tempête sur les côtes de Madagascar où il aborda, comme l’avait fait avant
lui Fernan Suarez. La fertilité de l’île de Madagas car fit une telle impression sur Dom Ruy Pereira, qu’il se dirigea immédiatement vers Mo zambique où il espérait retrouver Tristan d’Acunha, pour engager l’amiral portugais à aller visiter cette terre nouvelle dont il vantait avec enthousiasme les riches produc tions. L’amiral s’y rendit en effet, parcourut la côte occidentale, l’étudia dans tous s es détails avec le plus grand soin, et dessina lui-même la carte de ses découvertes. La cô te orientale avait déjà été l’objet d’une exploration semblable de la part de Fernan Su arez, de telle sorte qu’on put avoir, dès cette époque, une esquisse hydrographiqu e à peu près complète de la grande île. L’amiral Tristan d’Acunha, ainsi que no us l’avons dit, avait fait une étude approfondie de la contrée, sous le rapport de ses p roductions et des mœurs de ses habitants. Cette circonstance lui valut l’honneur d e la découverte même de l’île qui lui fut attribuée par quelques historiens, et l’éloge d ’un grand poète, le Camoëns. L’auteur de laLusiadearoles suivantes, au dixième chant de son poème, met en effet les p dans la bouche d’une de sesnymphes :« Mais quelle clarté extraordinaire resplendit, là, sur la mer de Mélinde teinte du sang des peuple s de Lamos, d’Oja, de Brava ? C’est Cunha, dont le nom vivra éternellement sur to ute cette partie de l’Océan qui baigne les îles du midi, sur les rivages que le sud éclaire de ses feux et auxquels saint Laurent a donné son nom. » Antonio Galvao dit en pa rlant de Tristan d’Acunha « qu’il 2 fut le premier qui découvrit l’île de Madagascar . » Le roi Emmanuel de Portugal, ayant reçu de ses offi ciers des rapports merveilleux sur l’île de Madagascar, y envoya, en 1509, Diégo L opez de Siqueyra, afin de vérifier la réalité de ces récits et d’y rechercher, notamme nt, les mines d’argent qu’on y supposait en abondance. Il se fit, l’année suivante , une nouvelle expédition pour Madagascar. Le commandement de cette flotte fut con fié à Juan Serrano. Ce navigateur fut chargé de prendre une connaissance e xacte du pays, des avantages que le commerce pouvait en retirer et d’y organiser un établissement de traite. Les opérations engagées à cette époque par les Port ugais se développèrent lentement et ne prirent même jamais une grande impo rtance commerciale ou maritime. Ces opérations se bornaient à l’exportati on d’un petit nombre d’esclaves qu’ils achetaient des Arabes. Quelques prêtres vinr ent plus tard s’établir dans ses comptoirs. Ils essayèrent de civiliser les indigène s ; mais ils n’eurent aucun succès dans leurs tentatives et furent massacrés par ceux qu’ils voulaient convertir. Il était réservé à la France de fonder à Madagascar des établissements sérieux, et des postes importants, des colonies à la fois comme rciales et militaires, destinées à durer près de deux siècles, malgré les difficultés de toute nature contre lesquelles ces établissements devaient avoir à lutter par la suite . Cette île si considérable par son étendue, par la s ûreté et la beauté de ses ports, et surtout par sa situation politique et maritime, dev ait naturellement attirer l’attention de l’Europe. Les avantages d’une telle position passèr ent cependant longtemps inaperçus. Les Anglais et les Hollandais se disputa ient alors la possession du commerce de l’Inde, et ne prêtèrent qu’une attentio n distraite à la découverte fortuite de Fernan Suarez. Ce ne fut qu’en 1642 que la France y créa ses premi ers établissements et qu’une compagnie industrielle,la Société de l’Orient, à la tête de laquelle se trouvait le capitaine de marine Rigault, se forma dans ce but, sous le patronage du cardinal Richelieu,on et commerce dechef et surintendant général de la marine, navigati France.s patentes qui lui furentcompagnie obtint le 24 juin 1642, des lettre  Cette confirmées par Louis XIV, le 20 septembre de l’anné e suivante, et enregistrées au greffe de son conseil d’État. Ces actes accordaient à la société la concession de l’île
e Madagascar et des îles adjacentes « pour y ériger colonies et commerce, dit Flacourt, et en prendre possession au nom de Sa Maj esté Très-Chrétienne. » Cette concession octroyait de plus aux sociétaires le dro it exclusif de commercer à Madagascar pendant dix années. Pronis et Fouquembourg, agents de la Compagnie, par tirent de France avec douze personnes seulement et reçurent à peine arrivés à M adagascar, un renfort de soixante-dix hommes. La colonie eut le malheur de s ’établir, dès le début, dans un des endroits les plus malsains de l’île, à Sainte-Luce. Ajoutez à cela que cette première expédition importante arriva dans le pays préciséme nt à la fin de l’hivernage, c’est-à-dire au moment même où les fièvres commencent à sév ir contre les Européens. Pronis avait pris possession à la fin de 1643, au n om du roi, de Sainte-Marie et de la baie d’Antongil. En 1644, il établit des postes à F énériffe et à Manahar, puis, la fièvre lui ayant fait perdre, en peu de temps, le tiers de ses gens, il transporta le siége de la colonie sur la presqu’île de Tholangare, où il bâti t un fort qu’on a successivement agrandi depuis et qui fut nommé le fort Dauphin. Ce fut là que les administrateurs de la colonie nouvelle prodiguèrent inutilement l’or et l e sang de la France, dans des guerres souvent injustes contre les naturels, dans des dissipations odieuses, dans des discordes intérieures. Le chef de la compagnie, Pronis lui-même, ne craign it pas de dissiper, pour ses plaisirs, plus encore que pour ses besoins, les app rovisionnements de l’établissement ; « de telle sorte, dit Flacourt, q ue les Français étaient le plus souvent, tantôt sans riz et ne mangeaient que de la viande, tantôt sans viande et ne mangeaient que du riz. » Une détention cruelle qui ne dura pas moins de six mois et que ses subordonnés lui infligèrent, punit sévèreme nt Pronis de ses dilapidations criminelles. Il fut rendu à la liberté et reçut d’E urope un renfort nouveau en hommes ; mais une seconde sédition ne tarda pas éclater cont re lui. Le résultat fut, cette fois, en faveur de Pronis, qui fit arrêter douze des plus mu tins et les fit déporter à lagrande Mascareigneîle Bourbon, « ne dont Flacourt changea plus tard le nom en celui d’ pouvant, dit-il, trouver un nom qui pût mieux cadre r à sa bonté et fertilité et qui lui convînt mieux que celui-là. » Vingt-deux des autres insurgés, craignant le même sort, se réfugièrent de l’autre côté de l’île, dans la ba ie Saint-Augustin. Le 4 décembre 1648, l’un des directeurs de la compa gnie, M. de Flacourt, arriva au fort Dauphin, en remplacement de Pronis, avec le ti tre de commandant général de l’île de Madagascar. C’était encore le moment de l’hivern age et des fièvres, lahors-saison, comme il le dit lui-même. Tristes auspices sous les quels, comme par une inexplicable fatalité, toutes les expéditions arrivèrent à Madag ascar. En effet aucune de ces opérations, comme on le verr a par la suite, ne fut faite dans la saison favorable. Estienne de Flacourt était un homme énergique et éc lairé. Ses vues générales étaient sages et prudentes. Les exilés de l’île Bou rbon et les réfugiés de la baie de Saint-Augustin furent rappelés par lui, au bout de trois ans d’absence et amnistiés. Il savait, beaucoup mieux que son prédécesseur, faire respecter en lui le représentant de l’autorité du roi. Son système, comme gouverneme nt et comme administration, aurait certainement amené dès le début, la prospéri té dans la colonie, si la compagnie lui avait expédié, avec exactitude, les secours qu’ elle s’était engagée à lui fournir ; mais elle n’en fit rien. Son caractère fut cependan t à la hauteur des circonstances si difficiles qui se présentèrent à lui pendant les se pt années, durant lesquelles il demeura sans communication avec la métropole. Privé de ressources, au milieu d’une population que la triste situation des Français épu isés rendait plus menaçante et plus