Jean Zay

Jean Zay

Livres
190 pages

Description

Il y a 80 ans, le Front populaire. 1936, un jeune ministre radical incarne deux des plus grandes ambitions de la gauche au pouvoir : démocratiser l’Éducation nationale, donner accès à tous à la culture, sous toutes ses formes. Détesté par Pétain, condamné à la « mort civile » comme Dreyfus, assassiné à 40 ans par la milice de l’État français après le Débarquement, Jean Zay entre au Panthéon en 2015, tardive reconnaissance de son œuvre innovante et de son parcours républicain exceptionnel. À côté d’ouvrages biographiques et d’histoire politique, ce livre offre un regard nouveau et complémentaire sur l’apport de Jean Zay à la culture de son temps. L’originalité du parcours du fondateur de la Phonothèque nationale, du Musée des arts et traditions populaires, du CNRS, de l’ENA et du Festival de Cannes est ici restituée par les regards croisés des sciences humaines. Jean Zay, homme d’État, ministre novateur de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, a su réinventer les relations des acteurs de la culture et des arts au pouvoir politique. À l’opposé des censures et de l’art officiel, il a œuvré afin que la nation s’approprie de manière nouvelle son patrimoine et ses réalisations, en respectant la liberté de création et l’indépendance de la fonction publique. Pour la première fois, les sources familiales et les traces locales de ce « Résistant de la veille » sont revisitées grâce au témoignage inédit de ses deux filles, Catherine et Hélène.


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Date de parution 17 octobre 2018
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EAN13 9782869065758
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Jean Zay Invention, Reconnaissance, Postérité
Pierre Allorant, Gabriel Bergounioux et Pascal Cordereix (dir.)
DOI : 10.4000/books.pufr.11450 Éditeur : Presses universitaires François-Rabelais Année d'édition : 2016 Date de mise en ligne : 17 octobre 2018 Collection : Perspectives Historiques ISBN électronique : 9782869065758
http://books.openedition.org
Édition imprimée ISBN : 9782869064201 Nombre de pages : 190-[12]
Référence électronique ALLORANT, Pierre (dir.) ; BERGOUNIOUX, Gabriel (dir.) ; et CORDEREIX, Pascal (dir.). Jean Zay : Invention, Reconnaissance, Postérité.Nouvelle édition [en ligne]. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2016 (généré le 05 novembre 2018). Disponible sur Internet : . ISBN : 9782869065758. DOI : 10.4000/books.pufr.11450.
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© Presses universitaires François-Rabelais, 2016 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
Il y a 80 ans, le Front populaire. 1936, un jeune m inistre radical incarne deux des plus g randes am bitions de la g auche au pouvoir : dém ocra tiser l’Éducation nationale, donner accès à tous à la culture, sous toutes ses form es. Détesté par Pétain, condam né à la « m ort civile » com m e Dreyfus, assassiné à 40 ans par la m ilice de l’État français après le Débarquem ent, Je an Zay entre au Panthéon en 2015, tardive reconnaissance de son œuvre innovante et de son parcours républicain exceptionnel. À côté d’ouvrag es biog raphiques et d’ histoire politique, ce livre offre un reg ard nouveau et com plém entaire sur l’apport de Je an Zay à la culture de son tem ps. L’orig inalité du parcours du fondateur de la Phonothèque nationale, du Musée des arts et traditions populaires, du CNRS, de l’ENA et du Festival de Cannes est ici restituée par les reg ards croisés des sciences hum aines. Jean Zay, hom m e d’État, m inistre novateur de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, a su réinventer les relations des acteurs de la culture et des arts au pouvoir politique. À l’opposé des censures et de l’art officiel, il a œuvré afin que la nation s’approprie de m anière nouvelle son patrim oine et ses réalisations, en res pectant la liberté de création et l’indépendance de la fonction publique. Pour la prem ière fois, les sources fam iliales et le s traces locales de ce « Résistant de la veille » sont revisitées g râce au tém oig nag e inédit de ses deux filles, Catherine et Hélène.
PIERRE ALLORANT
Professeur d’histoire du droit à l’université d’Orléans (POLEN) et secrétaire g énéral du Com ité d’histoire parlem entaire et politique.
GABRIEL BERGOUNIOUX
Professeur de ling uistique à l’université d’Orléans et directeur du laboratoire lig érien de ling uistique (UMR 7270 – Université d’Orléans/Université de Tours/BnF/CNRS).
PASCAL CORDEREIX
Conservateur en chef des bibliothèques, chef du service des docum ents sonores au départem ent de l’audiovisuel à la Bibliothèque nationale de France et directeur adjoint du LLL (laboratoire lig érien de ling uistique).
SOMMAIRE
Préface Pascal Ory
Introduction Invention, Reconnaissance. Postérité Gabriel Bergounioux, Pierre Allorant et Pascal Cordereix
I. Le parcours
Lemoment Jean Zayou la conjugaison française de laRépublique seconde Olivier Loubes
Traces locales d’un homme d’État : Jean Zay l’Orléanais Pierre Allorant Une terre d’élection reconnue, facteur ag g ravant de la détestation Reconnaissance : traces d’un g rand élu républicain orléanais d’autrefois Un député emblématique : le jeune ténor radical face à la haine L’exil et le royaume d’Ubu : l’obsession des nouvelles d’Orléans, cité martyr Le temps retrouvé : la petite patrie reconnaissante au g rand homme d’État
II. La culture
La difficile naissance du dépôt légal du « disque » en France (1925-1938) Pascal Cordereix Introduction Eug ène Morel et le dépôt lég al La loi de 1925 sur le dépôt lég al des phonog rammes De la loi de 1925 au décret de 1938 : treize ans d’attente L’« offensive menée par des fonctionnaires » La loi de 1925 comme rupture épistémolog ique et comme « modèle bibliothécaire de la démocratie » Jean Zay et Paul Grunebaum-Ballin
Le Théâtre en partage. Contribution à une histoire de l’intervention et du soutien de l’État aux entreprises culturelles Léonor Delaunay Introduction Culture et syndicalisme Passag e d’un théâtre ouvrier à un théâtre populaire Théâtre et relig ion : Les théâtres catholiques sur les routes Théâtre et syndicalisme Divertissement : les palais de la CGT
Histoire d’une rencontre autour du conte. Jean Zay et Célestin Freinet Catherine Velay-Vallantin 1938 : Les instructions du ministère de l’Éducation nationale Écritures enfantines La collecte des contes à l’école La méthode Freinet : une volonté idéolog ique ? En lutte contre la g rammaire « Au Front Populaire doit répondre partout le front de l’enfance »
La linguistique saisie par la politique : le peuple et sa langue Gabriel Bergounioux La lang ue et la nation : la francisation jacobine Jean Zay et les lang ues : lang ues vivantes et lang ues rég ionales Du côté des ling uistes : l’étude scientifique des lang ues et la philolog ie Émerg ence d’une norme de l’oral L’enseig nement de l’oral Conclusion
III. Lire et entendre
Écrire et lire en prison Claude Mouchard
Jean Zay et la mémoire orale. Du politique au scientifique, de l’État à la ville, d’hier à aujourd’hui Olivier Baude, Céline Dugua et Gabriel Bergounioux Introduction (Il) lég itimité de la mémoire orale Une étude ling uistique d’un discours de Jean Zay De Jean Zay à ESLO Conclusion
IV. Témoignages
Catherine Martin-Zay et Hélène Mouchard-Zay Gabriel Bergounioux
Témoignage de Pierre-Louis Émery, président du Cercle Jean Zay Pierre-Louis Émery
Le fonds Jean Zay (667Ap) aux Archives nationales Zenaïde Romaneix
Papiers personnels, 1904-1944 (667AP/1-12) Jean Zay avocat. 1928-1936 (667AP/13-21) Jean Zay député du Loiret. 1928-1942 (667AP/22-47) Jean Zay sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil. 1933-1965 (667AP/48-55) Jean Zay ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-arts. 1933-1939 (667AP/56-114) Jean Zay aux Armées. 1939-1940 (667AP/115-117) DuMassiliaà la captivité de Jean Zay. 1940-1944 (667AP/118-123) Après Jean Zay. 1944-2004 (667AP/124-129) Documentation constituée par Jean Zay, puis par Madeleine Zay ; photog raphies ; nég atifs, disques, films et cassettes vidéo ; documents de g rand format. 1889-1993 (667AP/130-150)
Postface. Jean Zay au Panthéon Pierre Allorant
Pour aller plus loin, bibliographie et filmographie indicatives de et sur Jean Zay Écrits de Jean Zay Ouvrag es sur Jean Zay et son action Films
Cahier d’illustrations
Préface
Pascal Ory
Il est sig nificatif qu’il n’ait pas fallu attendre une année anniversaire com m e peut l’être 2016 pour que Jean Zay soit devenu un objet d’étude , de com m ém oration et m êm e de célébration officielle.et solitude, Souvenirs le titre double définit bien la nature très dont orig inale et sans doute unique – les m ém oires d’un hom m e politique trentenaire, tressés d’une m éditation sur la condition carcérale, dans la lig ne des g rands classiques du g enre, de Pellico à Dostoïevski – n’a jam ais été autant lu, et a m êm e été m onté en spectacle ; pour sa partie Solitude,oins de dixubliés en m ouvrag es  quatre raphique ont été p à caractère biog ans ; la panthéonisation, enfin, a conduit les m édias et, à travers eux, une partie du public à s’intéresser au « m inistre assassiné ». Ce livre pe rm et d’affiner ce portrait désorm ais sorti de la pénom bre où toute une tradition historiog raphique l’avait m aintenu. C’est qu’au fond, pour aller vite à l’essentiel, Je an Zay aura long tem ps souffert d’un déficit m ém oriel dont il n’est pas difficile de livrer le secret : il n’appartenait pas à la bonne fam ille politique. Radical de g auche, il ne pouvait pas êtr e rattaché à la g rande tradition du m ouvem ent ouvrier ; m inistre réform iste, il ne pouv ait pas être auréolé du prestig e de l’opposant perpétuel, et ses assassins de 1944 lui avaient définitivem ent retiré la possibilité de tenir dans la France de l’après-g uerre le rôle d u dirig eant de g auche m ythique qu’a assuré à sa place son ancien cam arade de parti et d e com bat, Pierre Mendès France. Le travail des historiens et celui des citoyens, l’historiog raphie du Front populaire et la chute du Mur de Berlin ont sing ulièrem ent lesté les trois années de ce g rand m inistère, précédées des trente années de form ation d’un enfant typique de la culture républicaine à la française, tenté par le pacifism e m ais résolum ent antifasciste, laïque m ais tolérant, volontariste m ais prag m atique. Oublié par ses contem porains au lendem ain de sa m ort, Zay a abordé le nouveau siècle en fig ure m ajeure. Ce livre se situe assez précisém ent dans les interstices de la recherche antérieure. Il m et en lum ière à la fois la cohérence idéolog ique d’un dém ocrate soucieux de justice scolaire et de popularisation de la culture, et l’actualité m aintenue de lig nes de réform e dont la France du e xxi siècle ne peut toujours pas faire l’économ ie. Deux décryptag es m éticuleux donnent à l’orateur et à l’écrivain, pur produit de l’école r épublicaine, de la profondeur dans son rapport à la lang ue – qualité appréciable chez un m inistre de l’Éducation doublé d’un m inistre de la Culture – en m êm e tem ps que l’hom m e d’État se retrouve confirm é com m e le m inistre qui n’a pas raté son rendez-vous avec l’hi stoire, identifiée ici à une conjoncture exceptionnelle. Le Front populaire est en effet incom préhensible sans le choix fait par le Parti com m uniste d’une stratég ie privilég iant l’union antifasciste, m oyennant un virag e à cent quatre-ving ts deg rés de son discours (réconciliation du drapeau roug e et du drapeau tricolore) et de sa pratique (« m ain tendue »). Sans ce virag e, un sim ple Cartel des g auches. Sans ce virag e, rien du dynam ism e conféré aux réfor m ateurs com m e Zay par l’élan d’un m ouvem ent social d’une am pleur et d’une profondeur sans précédent – et, quatre-ving ts
ans plus tard, toujours sans successeur – dans l’histoire de ce pays. Les conditions furent donc réunies pour que le m inistre et son équipe puissent eng ag er des prog ram m es à la fois m odernistes (ici la Phonothèque nationale), popular isateurs (ici le soutien aux « jeunes com pag nies » théâtrales) et – plus rare encore dans ce pays dont la souplesse n’est pas la prem ière qualité – expérim entaux (ici Célestin Freinet). L’un des fils roug es de cet ouvrag e est celui de la « trace ». Certaines institutions com m e le CNRS savent encore ce qu’elles doivent au m inistre, m ais sans doute beaucoup m oins les scènes nationales, les m édiathèques ou l’ENA. Le travail des historiens peut servir à rétablir certains des fils de cette m ém oire corporative – sans se faire trop d’illusion sur leur solidité sur le long term e : tôt ou tard le m ythe s’y substituera ; du m oins peut-on penser qu’il sera positif. Mais ce volum e a aussi – et peut-être d’ab ord – le m érite de rappeler qu’une com m ém oration, travail de rem ém oration pris en char g e par un g roupe social, n’a de sens que si la société, en effet, en est le vecteur prin cipal. Dans la ville d’Orléans dont Zay fut l’élu, c’est, par exem ple, tout le rôle joué après sa m ort – on est tenté d’écrire : au-delà de sa m ort – par le cercle qui porte son nom . Et on perm e ttra au président de l’Association des Am is de Jean Zay d’accorder, pour finir, une g rande im portance au tém oig nag e croisé – ce point aussi est à rem arquer – de Catherine et d’Hél ène, filles de Jean. Plus encore qu’au souvenir direct de leur père c’est ce qu’elles dise nt de la transm ission de ce souvenir qui donne à l’historien m atière à réflexion – et, avouons-le, à ém otion.
AUTEUR
PASCAL ORY Président des Amis de Jean Zay Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris I Panthéon Sorbonne