L'Arme ultime

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292 pages
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Description

Les pérégrinations de Jaffar le poussaient quelques fois à aller à Baïdou où il comptait depuis des amis qui l'invitaient à partager des soirées de fêtes dans les tavernes du bourg. Il glanait à travers leur conversation des échos et des indications utiles pour mieux situer une confidence ou pour mieux cerner un personnage. C'était au cours de l'un de ces moments de distraction qu'il découvrait que le fils d'Ali Beg s'était épris d'une captive destinée à être vendue comme esclave au marchand arabe. "L'Arme ultime" est le parfait exemple de ce que l'on pourrait appeler un roman pluridisciplinaire. À la fois étude historique et sociale, romance et roman d'espionnage, ce livre plonge le lecteur dans l'univers d'une caravane de commerçants arabes, au temps où ceux-ci propageaient la culture et les innovations techniques, de l'extrémité ouest de l'Asie à la partie nord de l'Afrique. Un monde de couleurs, de senteurs et de sensations explose ainsi devant nos yeux, sous la plume adroite de Raouf Klibi, et imprègne durablement nos sens, et ce bien après la lecture du mot "fin".

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Date de parution 25 octobre 2012
Nombre de lectures 30
EAN13 9782748394900
Langue Français

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L’Arme ultime
Raouf Klibi L’Arme ultime
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0117729.000.R.P.2012.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2012
Première partie Le vent qui s’était levé depuis deux jours, ne cessait de souf-fler, redoublant de violence et balayant tout sur son passage. Des feuilles mortes et de maigres herbes déracinées étaient bal-lottées comme des fétus de paille. Elles tournoyaient et volaient dans tous les sens à travers la montagne, et finissaient par se blottir au pied d’un arbre ou dans l’encoignure d’un amas de pierres. Les hurlements du vent emplissaient l’atmosphère d’un étrange sentiment de désolation. Le froid s’intensifiait et la neige qui s’amoncelait, ralentis-saient la progression de la caravane. Malgré leurs efforts conjugués, les hommes et les bêtes avançaient péniblement. Il leur fallait à la fois s’assurer de l’endroit où ils allaient évoluer et venir à bout de la neige qui les fouettait et qui réduisait leur vision. Leurs pieds s’enfonçaient dans l’épaisse couche de neige qui les empêchait de contrôler leurs mouvements et menaçait d’ébranler l’équilibre de leur cargaison. Harassés par de longues journées de marche à travers des régions inhospitalières, as-treints à escalader des pentes abruptes et à emprunter des chemins tortueux, les hommes attendaient impatiemment le moment où ils atteindraient un lieu accueillant pour se reposer. Ils étaient prévenus des difficultés inhérentes à ce périple, et ils avaient accepté sans peine de prendre part à cette aventure, atti-rés par les promesses de gains qu’ils pouvaient obtenir à leur retour au pays. C’était des gens endurants. Ils s’étaient habitués à résister à la faim, à la soif et au sommeil. Ils avaient affronté de dures épreuves et étaient capables de braver les dangers sans trop s’appesantir sur leur destin. De sorte qu’il leur était impen-sable d’abandonner le groupe et de se déclarer vaincus. Ils fulminaient intérieurement contre leur infortune, mais ne rechi-gnaient point à avancer et à guider patiemment les bêtes pour les empêcher de trébucher ou de ruer. Abu Zakaria, le propriétaire de la caravane, emmitouflé dans son épaismishlah, sorte de large manteau tissé en laine de cha-
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melle, molletonné de peau de mouton, le visage et la tête proté-gés par un épais turban savamment enroulé, maudissait la tempête qui grondait et qui obligeait la caravane à réduire sa cadence. Il était soucieux. La tempête menaçait de lui faire per-dre l’avance qu’il était supposé gagner sur ses concurrents. Car si par malheur, il était devancé par les autres marchands, ses prétentions à lever les meilleurs lots seraient ruinées. C’était, entre autres raisons, pour réduire la durée du voyage et devan-cer sur les marchés les autres négociants, qu’il avait décidé d’affronter les routes difficiles qui s’enfonçaient à travers le Zagros, au lieu de suivre l’itinéraire traditionnel emprunté par les caravaniers qui se dirigeaient vers le nord de l’Asie, qui évitait à la fois cette muraille naturelle et celle du Taurus. L’expédition qu’il conduisait le poussait à défier les périls. Les routes qu’il suivait depuis quelques jours étaient peu sûres et il appréhendait à chaque détour de se trouver nez à nez avec des bandits ou de tomber dans une embuscade que les brigands avaient l’habitude de tendre aux marchands pour les spolier de leurs biens et les tuer. Les caravanes suscitaient l’envie de ces prédateurs, attirés par les trésors qu’elles recelaient. Les carava-niers transportaient immanquablement de l’or et de l’argent qui leur permettaient d’acheter des biens, et les paniers de leurs montures cachaient souvent des marchandises rares, faciles à écouler. Jusque là sa témérité semblait heureuse et apparem-ment, pensait-il, las d’attendre le passage des caravanes qui fréquentaient ces chemins ardus et incertains, les brigands changeaient de tactique et décidaient d’opérer leur razzia en d’autres endroits plus propices. Il optait de changer d’itinéraire, pour éviter aussi, de s’acquitter, à certaines étapes sur la route traditionnelle, de la taxe de passage, instaurée par ceux qui pré-tendaient assurer la protection des caravaniers et de leurs gens contre les attaques des bandits. Non pas qu’il était avare ou qu’il n’acceptait pas de payer ces soi-disant protecteurs, qui reconnaissait-il, garantissaient une certaine sécurité, lorsqu’ils n’étaient de connivence avec ceux qui décidaient de détrousser et de massacrer d’innocents marchands, mais en raison de leur rapacité et de leur cupidité devenues insupportables. Abu Zakaria avait secrètement préparé son périple. Il avait consacré de longues semaines pour déterminer avec minutie l’itinéraire qu’il devait suivre et les détours qu’il devait effec-
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