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L'Épopée sibérienne

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832 pages

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L’ouvrage est consacré à l’exploration de la Sibérie et du continent eurasien du XVIe au XXe siècle, la spectaculaire « conquête de l’Est ». Premier ouvrage complet écrit et publié en français sur le sujet.

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Date de parution 15 mars 2018
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EAN13 9782940523764
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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L’ÉPOPÉE SIBÉRIENNE La Russie à la conquête de la Sibérie et du Grand Nord
Eric Hoesli
L’ÉPOPÉE SIBÉRIENNE
La Russie à la conquête de la Sibérie et du Grand Nord
Avantpropos Erik Orsenna de l’Académie française
DU MÊME AUTEUR AUX ÉDITIONS DES SYRTES :
À la conquête du Caucase. Épopée géopolitique et guerres d’inLuence(2006).
Ouvrage publié avec le soutien de la République et canton de Genève.
© Cartographie originale : Léonie Schlosser.
© Éditions des Syrtes, Genève, Suisse, 2018. © Éditions Paulsen, Paris, 2018. Les éditions Paulsen sont une société du groupe Paulsen Media.
Éditions des Syrtes 14, quai BezansonHugues 1204 Genève – Suisse www.editionssyrtes.com
Éditions Paulsen 216, boulevard SaintGermain 75007 Paris – France www.editionspaulsen.com
ISBN : 9782940523771
À la mémoire de ma grande amie, Emmy Goldacker-Attinger (1919-2017) qui a, là-bas, connu le pire mais n’en est revenue qu’avec le meilleur.
À Arthur, Émile, celles et ceux qui vont suivre avec tout mon amour
RUEZVOUS VERS L’EST !
Loin de moi l’idée de brûler mes passions enfantines. Vive Buffalo Bill, vive Sitting Bull ! Salut aux saloons, hommage aux chasseurs de primes. Et gardons notre tendresse à Lucky Luke et à Jolly Jumper. En d’autres termes, westerns, je vous aime. Mais sans dénigrer cette fascination pour l’Ouest, pourquoi avoir tant dédai gné l’Est ? Et je ne parle pas de l’Orient, qui a toujours su vendre sa magie. Je pense aux immensités qui, à partir de l’Europe centrale, s’étendent jusqu’au Pacifique. Oui, pourquoi encore et toujours l’Ouest ? Et pourquoi presque jamais l’Est, ou si peu ? Étrange injustice parmi les points cardinaux. Trou incompréhensible dans notre curiosité. D’autant que, croyezmoi, la découverte de la Sibérie vaut mille fois en romanesque les chevauchées des diligences. Coiffez votre chapka, fermez bien votre manteau, n’oubliez pas de l’alcool fort, sautez dans le traîneau, et fouette cocher, les chevaux s’élancent au son joyeux de leurs grelots. Au loin, une balalaïka espère vous revoir un jour : rien n’est moins sûr. Vous voilà parti pour des aventures dont vous me direz des nouvelles ! e Bienvenue, dès le milieu du XVI siècle, dans une ruée qui, celleci, n’a pas l’or pour carotte. Les pépites sont des fourrures. Les trappeurs, financés par des marchands, explorent pour mieux chasser. Une fois vidé un territoire de ses zibelines et autres bêtes à semblables douceurs de poils, on va plus loin. Suivez, fasciné, le parcours d’invraisemblables personnages, tel cet Anika Fiodorovich Stroganov, quasitsar à son époque. Il règne sur des millions d’hec tares, il lève des armées pour soumettre les Tatars. Devenez cosaque, oubliez foi et lois pour avancer, toujours avancer, par moins trente, moins quarante.
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L’ÉPOPÉE SIBÉRIENNE
Embarquez sur unkotch, un bateau rond à fond plat : il vous permettra peut être d’ouvrir la route maritime du nordest, celle qui passe audessus de la Russie pour rejoindre la Chine. Je vous présente Semion Dejnev, le premier, sans doute à s’aventurer jusqu’au Pacifique, attaqué par les populations locales tchouktches. Voici Vitus Béring, bien sûr, et son invraisemblable épopée, mais découvrez le fabuleux savant qui l’accompagne, Georg Wilhelm Steller. C’est au tour d’Evgueni Vassilievitch Bogdanovitch : avouez que vous ignoriez, comme moi, que cet ancien pompier est le père du Transsibérien ! Les années passent. Les tsars deviennent rouges. La Russie devient soviétique. Le paradis sur terre se doit d’annexer les glaces. Une immense administration se met en place. Un géant va la diriger des décennies durant : voici Otto Schmidt, un autoritaire comme on n’en a jamais connu mais aussi un habile de génie pour naviguer entre les icebergs de la dictature ; voici l’un de ses adjoints, Ivan Papanine, capitaine d’une station scientifique, je veux parler d’un morceau, dérivant et trop vite fondant, de banquise. Je vous le répète, croyez un fou de feuilletons, un addictif aux séries. Ce livre va vous enchanter d’aventures. Audelà, il va vous vous donner quelques leçons utiles sur le monde russe d’hier et d’aujourd’hui. Vous n’y découvrirez pas quel dément criminel était Staline. À moins d’aveuglement, ou de cynisme, vous le saviez déjà. Mais vous verrez sa terrible inventivité de la domination, sa manière, par exemple, de mettre en scène les plus grandes avancées de ses scientifiques pour détourner l’attention des vagues de purges lancées en même temps ! Vous comprendrez, enfin, que le Goulag servit moins souvent à enfermer des opposants (qui osait « s’opposer » ?) qu’à fournir aux grands projets industriels des travailleurs gratuits et innombrables. Et vous vous déciderez, peutêtre, à vous intéresser à la Russie, cette immensité passionnante, même si (ou peutêtre parce que) dépourvue de toute culture démocratique. Merci, Eric !
Erik Orsenna