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L'ÉQUILIBRE INSTABLE DE LA ZONE BALTIQUE

De
258 pages
Les pays composant la zone baltique ont chacun leurs spécificités propres, mais cette zone connaît des menaces et des atouts comparables. C’est en quelque sorte « l’unité dans la diversité ». Actuellement, la zone baltique cherche ses marques et ses repères. Les leçons du passé ont amené ces pays à se tourner vers l’Ouest pour leur développement et ils restent très vigilants face à un Est toujours inquiétant. L’Europe, dont la zone baltique fait assurément partie, est en veille face aux évolutions des pays de cette région.
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L'équilibre

instable de la zone baltique
au carrefour de l'Europe. . .

Vers un désenclavement

~L'Hannattan,2002 ISBN: 2-7475-2786-7

Viviane du CASTEL

L'équilibre instable de la zone baltique
Vers un désenclavement au carrefour de l'Europe...

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

DU MEME AUTEUR

Chez le même éditeur

De Konigsberg à Kaliningrad: L'Europe face à un nouveau « département d'outre-terre» russe sur la Baltique, 1996. La Biélorussie: Une indépendance à la dérive, 1998. La géoéconomie et les organisations internationales: Les enjeux duXXle siècle, 2000.

SOMMAIRE

Table des cartes et des illustrations Introduction

9

Il

1- Vers une intél!ration rél!ionale ?
1-1 Vers baltique? une stabilité

15

17

1-2 Un recentrage à l'Ouest 1-3 Une nette stabilité économique et sociale II Vers une économie commune?
11-1 Une tutelle nordique? 11-2 Un élargissement pris par les vents du large?

33 67

-

99

101

117

11-3 Vers une moderne» ?

«Hanse

129

111- Vers une commune? III-1 L'OTAN, d'entrée?
III-2 Eviter grIses

défense

151

un

sas

153

les

zones

179

III-3 Des options différentes pour un même but Conclusion

207

225

Biblioeraphie

227

Annexes

237

8

TABLE DES CARTES ET DES ILLUSTRATIONSl

Pays faisant partie des organisations européennes (EEE, AEE, UE)

102

Europe médiane

106

Etapes de l'adhésion à l'UE

108

Minorités dans les pays baltes

142

Pays membres de l'OTAN et de l'UEO

187

L'espace Nord

207

Les cartes utilisées sont extraites de différents volumes de L'état du monde, Paris, ed. La découverte et du site internet de l'IGN.

1

INTRODUCTION
La nouvelle donne géostratégique, issue des bouleversements de 1989-1991, a obligé la communauté internationale à s'adapter, ainsi qu'à changer ses méthodes et ses schémas d'interprétation. Dorénavant, les Etats-Unis apparaissent sur la scène internationale comme le pivot géopolitique incontournable des relations entre États. Ce processus est toujours perceptible, même si l'Europe tient de plus en plus un rôle de leadership2. Trouver en son sein un développement équilibré, tel pourrait être en quelque sorte le défi lancé à l'Europe baltique dans son ensemble. En effet, si l'union fait la force, en ce qui concerne cette région cet adage apparaît plus vrai encore qu'ailleurs. D'une façon générale, les pays de cette zone recherchent leur avenir dans un cadre commun qui leur laisserait toutefois mener un développement correspondant à leur rythme. La Baltique, prise dans un sens géostratégique, est une zone passionnante à de nombreux titres: sa géopolitique, son passé commun et distant mais jamais ignoré, son européanité,... La zone baltique est une région aux contrastes géographiques variant selon les normes et les références des pays concernés.

2 Ici, il est aussi fait allusion aux rôles joués par l'Allemagne et par la France.

La région balte, étudiée dans cet ouvrage, comprend les pays ci-après indiqués, qui peuvent être répartis sur trois zones géographiques distinctes: La Scandinavie: Danemark (43.092 krn2; 5,3 millions d'habitants), la Suède (449.964 km2; 8,8 millions d'habitants), la Finlande (338.100 krn2; 5,1 millions d'habitants), la Norvège (324.220 km2; 4,4 millions d'habitants), l'Islande (103.000 krn2 ; 279000 habitants). Les pays de l'Europe de Nord ont établi une coordination, qui n'en est encore qu'à ses débuts3, dans le domaine de la politique de défense, afin que leurs intérêts nationaux, et d'abord leur indépendance recouvrée, ne soient pas outre mesure affectés par les soubresauts violents d'une Russie qui n'a pas encore su trouver les voies d'un développement équilibré4. La Fédération de Russie: Kaliningrad dont la situation géographique en fait une région pivot. En effet, cette région est séparée actuellement, pour ne pas dire isolée, du reste de la Russie par au moins deux «nouveaux Etats indépendants» (N.E.I.), à savoir, la Lituanie et la Biélorussie.

3 Conseil nordique, villes jumelées, Conseil baltique, initiative conj ointe du conseil nordique et du conseil baltique, force navale permanente de la mer baltique, zone de sécurité baltico-nordique, Balbalt... 4 Rapport de l' UEO, n014194, du 16.11.1995 : «La coopération dans les domaines militaires et de sécurité dans la région de la mer baltique» et V. du Castel: «La mer baltique: de la confrontation à la coopération », Rapport Ramsès 1998, Dunod, Paris 1997

12

De plus, cette «exclaves» ou encore cette «ville encerclée» se trouve placée de telle sorte qu'aucun événement ne peut y survenir sans affecter l'équilibre politique et stratégique dans son ensemble. SaintPétersbourg possède, pour sa part, un statut particulier et est considérée comme un sujet de la Fédération. Les pays baltes: l'Estonie (47.549 km2; 1,5 million d'habitants dont 64,2% d'Estoniens, 29% de Russes, 2,7% d'Ukrainiens, 1,5% de Biélorusses, 1% de Finlandais...), la Lettonie (64.600 km2 en comptant le territoire d'Abrene/Pitalowo, dans la région russe de Pskov; 2,7 millions d'habitants dont 57% de Lettons, 30,2% de Russes, 4,2% de Biélorusses, 3% d'Ukrainiens, 2,5% de Polonais, 1,4% de Lituaniens, 0,6% de Juifs, 1,3% autres), la Lituanie (65.000 km2 ; 3,8 millions d'habitants dont 81,3% de Lituaniens, 8,4% de Russes, 7% de Polonais, 1,5% de Biélorusses, 1% d'Ukrainiens, 1% de Juifs, Tatars, Allemands. . .). Ils sont souvent perçus comme tournant le dos à la Russie; ils regardent toujours vers la mer et vers l'Occident. La Pologne et l'Allemagne ne seront pas étudiées ici en tant que tels, mais de façon accessoire, afin d'expliquer leur rôle par rapport aux acteurs de la Baltique énumérés ci-dessus.

5

Pour reprendre la terminologie

allemande beaucoup plus explicite.

13

L'espace baltique, recherchant toujours davantage de coopération s'intègre, de plus en plus à l'espace économique international en étant un carrefour de l'Europe6. Actuellement, cette zone stratégique ne subit aucune menace directe immédiate. Cependant, les pays riverains de la Baltique restent vigilants face aux événements dans les pays membres de la Communauté des Etats Indépendants (C.E.I.)7, surtout face aux récents événements survenus en Biélorussie. Dans ce but, ils ont établi entre eux des relations politiques et économiques, dûment régulées en vue de leur intégration au sein de l'Union européenne (U.E.). Dans ces conditions, l'ouvrage s'articulera autour des trois axes primordiaux de recherche pour l'avenir de ces pays: Vers une intégration régionale? Vers une économie commune? Vers une défense commune?

* * *

6 Voir« Espace baltique, problématique et enjeux », M. Cabouret et B.

Kostrubic, in Revue française de géoéconomie, nOll, automne 1999,
Paris. 7 Créée le 21.12.1991

14

I - Vers une intéeration réeionale ?

1-1 Vers une stabilité baltiaue ?

Dès le 6 mars 1992, à Copenhague, les neuf pays riverains de la Baltique accompagnés de la Norvège ont, en présence de représentants de la CEE, fondé un conseil des Etats de la mer baltique8,également connu sous l'appellation « conférence de la mer baltique ». Le but ainsi recherché est de coordonner, de façon appropriée, la coopération dans les domaines de l'économie, l'environnement, la culture, les transports, les communications et d'aider les pays ex-communistes à réaliser leur mutation vers la démocratie et l'économie de marché. Il est doté de structures beaucoup plus légères que celles du conseil nordique9, avec en plus, à la demande de la Pologne, une structure spéciale, chargée des problèmes posés par les minorités dans cette région et qui tiendra des assises plénières une fois par an. Le conseil des Etats de la mer baltiquelO, grâce aussi à la Suède et à la Finlande, qui ont su être le moteur de la régionalisation, a instauré un système de coopération transbaltique, orienté sur les axes suivants:

8

Il comprend 10 membres: Allemagne, Danemark, Estonie, Finlande,

Lettonie, Lituanie, Norvège, Pologne, Russie et Suède. 9 Créé en 1952 : Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède. But: mise en place d'un marché du travail, commun et libre, suppression du passeport aux frontières et du permis de séjour, harmonisation des législations sociales, développement des échanges culturels, des transports, des communications et des actions en faveur de l'environnement. 10 Depuis 1996, il possède un secrétariat permanent, basé à Stockholm.

17

promouvoir la transition des institutions démocratiques de ses membres, développer une économie durable dans la région, aider les pays candidats dans leurs stratégies de préaccession à l'Union européenne, associer la Russie aux processus de démocratisation sur la scène diplomatique, coopérer dans d'autres secteurs en contribuant à atténuer les tensions entre les Russes et les Baltes, mener des missions d'observation, faire des recommandations à l'Estonie et à la Lettonie concernant les minorités russophones, etc. Le sommet de Kalmar, qui a eu lieu en juin 1996, lança le conseil des Etats de la mer baltique sur trois lignes directrices: l'engagement des Etats à soutenir la participation démocratique des citoyens à la vie politique de la région et l'augmentation des contacts transnationaux entre individus; le développement durable et la protection de l'environnement; abaisser les barrières douanières, écourter le temps d'attente aux frontières, offrir des garanties pour la protection des investissements et faciliter la mobilité géographique des ressortissants des pays riverains de la mer baltique.

18

A l'initiative conjointe du conseil nordique et du conseil de la Baltique, il fut décidé d'élargir cette coopération économique à un sommet politique, lors de la réunion de Visby, les 3 et 4

mai 1996, qui va alors instaurer un « agendapost-transition»
pour le conseil des Etats de la mer baltiquel . Le but était la stabilité politique de la région, ainsi que le processus démocratique en cours, la lutte contre la criminalité et les trafics divers, la création d'une zone de libre-échange entre les Etats baltes ainsi qu'entre ceux-ci et la Pologne, la construction de la «via Baltica »12, ou encore l'entrée en vigueur rapide des accords de coopération entre la Russie et l'Union européenne. Le programme «Baltique 2010: vision prospective et stratégies », adopté dans le cadre du conseil des Etats de la mer baltique, prévoit la réalisation d'un «anneau baltique» des transports et des télécommunications, pour renforcer l'inter-modalité à l'intérieur de la région et ses connections avec le reste de l'Europe.13

11 Celui -ci porte sur de nombreux points, tels que la pollution, les flux illicites, mais aussi en établit des concepts comme celui de «sécurité civile régionale », afin de lutter plus efficacement contre la déstabilisation des pays en transition, dans la sécurité transfrontalière. 12 Autoroute qui reliera Helsinki à Varsovie. 13 Site «session du Conseil des Etats de la mer baltique»: www.cbss.com.

19

La coopération avec l'ensemble des pays concernés renforce et s'amplifie, notamment dans le domaine de communauté des Etats de la mer baltique. Par ailleurs, Pologne a «développé une véritable politique orientale direction des pays voisins: la Lituanie, la Biélorussie (...) au-delà la Russie voisine par Kaliningrad ».14

se la la en et

Kaliningrad, ainsi que Saint-Pétersbourg, sont membres de l'Union des villes de la Ba1ti~ue et sont représentées au conseil des Etats de la Baltique 5, et dès que possible, elles seront à même de déléguer leurs représentants à la conférence des parlements de la Baltique. Ainsi, Kaliningrad se trouve bien insérée dans le processus de coopération baltique, sans préjuger de son futur statut politique16. Les pays du Nord de l'Europe, se sont réunis le 15 mai 1999, selon la formule «5+3+1 »17, afin de donner un prolongement à l'initiative lancée en 1998, par le Président russe B. Eltsine, concernant la création au nord de la région

de la Baltique d'une « zone de stabilité et de bon voisinage ».
Par ailleurs, le projet de corridor de transport européen n01, «via Hanseatica », a été examiné en présence de nombreux pays du Nord de l'Europe, de la Russie et de la Commission européenne, le 5 mars 1999, à Kaliningrad.

14

La coopération s'effectue aussi au niveau des universités, des chambres de commerce... 16 Voir également à ce sujet, V. du Castel, Rapport Ramsès 1998, op. Cit. 17 Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède, (5) + Estonie, Lettonie, Lituanie (3) + et Russie (1).

15

Michel Foucher: La République européenne, Belin, Paris, 1998.

20

Tous les riverains de la Baltique se sont retrouvés autour d'un accord concernant cette mer quasi fermée18 et en janvier 1998, le deuxième sommet de la Baltique, qui a mis l'accent sur la coopération économique régionale, la protection de l'environnement et la lutte contre le crime organisé. Les Etats baltes ont, sans doute, grâce à la coopération baltique, un moyen d'atteindre deux buts fondamentaux pour leur avenir, grâce à une identité sub-régionale : adhérer plus facilement à l'Union européenne, enserrer la Russie dans son environnement géopolitique.

Face à la Russie, les pays scandinaves veulent que « l'Union
fasse la force» et qu'il s'agisse d'une force dans l'organisation des Etats de la baltique19. A travers de nombreuses initiatives communes, ils redonnent vie à l'expression « identité baltique» 20.
La coopération transbaltique prend diverses formes:

Thèmes abordés: l'écologie (la dégradation de l'environnement exclut le tourisme vert et balnéaire, envisagé le long de la N ehrung), la lutte contre la pollution ainsi que la mise en relief des intérêts économiques et géopolitiques. Voir les actes du colloque. 19 Regroupement des institutions consulaires, partenariat des villes côtières... 20 Voir à ce sujet «L'annuaire des acteurs autour de la Baltique ».

18

21

coopération sub-régionale des Etats de la mer baltique21 : elle vise la «promotion de la coopération sub-régionale autour de la mer baltique, la formulation d'une politique cohérente au niveau subrégional, ainsi que la représentation des intérêts des collectivités locales à l'égard des gouvernements nationaux et des organisations européennes et internationales» ; sommet de Palanga, en juin 1999 : il visait à relancer la coopération baltique en mettant l'accent sur le rôle qu'elle joue elle-même;
« Baltic 21 - Agenda pour la région de la mer baltique

au XXIe siècle» : il visait la coopération horizontale durable d'une multitude d'acteurs non étatiques. Le Danemark encourage fortement la coopération régionale au niveau des Etats de la Baltique et insiste sur la proposition de son pays d'organiser, au printemps 2000, la troisième rencontre des chefs de gouvernement des Etats de la Baltique. La Russie et la Suède accordent une signification particulière au développement de la coopération dans la région de la baltique, comme cela fut encore souligné lors de la visite du ministre suédois des Mfaires étrangères, Anna Lindh, à Moscou le 19 janvier 1999; le Premier ministre suédois, pour sa part, rappela le 26 avril 1999 les nombreux accords intergouvernementaux portant aussi bien sur les énergies que sur le retour des véhicules volés ou détériorés.

21

Elle regroupe 186 sous-régions de la mer baltique.

des pays membres du Conseil des Etats

22

Il existe de nombreux accords Russie-Finlande sur le maintien de la coopération frontalière. Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Tari Halonen, précisa que l'objectif poursuivi dans la zone baltique était de parvenir à y créer une
« atmosphère de confiance et de coopération». Par la même

occasion, il s'est félicité de la diminution de la tension dans cette région, depuis que la Russie a réduit de 50% ses effectifs militaires déployés dans l'axe Nord-Ouest. Les projets écologiques font également partie des axes de coopération entre ces deux pays, afin que la Baltique ne deviennentpas une « poubelle ». La Finlande insiste beaucoup sur la «dimension nordique» de l'Union européenne (UE) : il s'agit d'un concept qui doit permettre d'intégrer à l'Europe une Russie démocratique convertie à l'économie de marché. Les lignes-forces de ce concept qui vise à renforcer les coopérations politique, économique et écologique entre l'UE, la Russie et les pays riverains de la mer baltique ont été acceptées début juin 1999 par le sommet européen de Cologne.

La « dimension nordique ou dimension septentrionale », a été proposée par la Finlande en mars 1998. Le but alors recherché était de développer une politique extérieure et de sécurité commune ainsi qu'une action économique pragmatique en direction des Etats baltes et de la Russie. L'exemple concret le plus intéressant est d'observer l'évolution des sociétés comme Ericsson et Nokia qui s'engagent à développer une «société de l'information proprement baltique ».

23

La Finlande considère en outre qu'il est dans l'intérêt de l'Union d'attirer les investisseurs internationaux en Russie avec laquelle elle réalise 40% de ses échanges. Le voisinage avec la Russie (1.300 km de frontière) constitue cependant un sujet sensible comme l'ont montré, en juillet 1998, les réactions qui réclamaient la rétrocession de la Carélie orientale à la Finlande. La Carélie, qui a une superficie de 172.400 km2 pour une population de 780.000 habitants dont Il % sont Caréliens et 71% Russes, a connu une histoire agitée depuis 1809, date à laquelle elle a été annexée à la Russie. En 1917, elle est membre de l'URSS et le 8 juin 1920, elle est fondée en tant que «commune de travail ». Le 25 juillet 1923, elle est devenue république autonome puis République socialiste de Carélie-Finlande, le 31 mars 1940. Cependant, en 1956, elle a obtenu le statut de République autonome. Actuellement et depuis le 10 août 1990, la Carélie a proclamé sa souveraineté et est devenue République de Carélie en novembre 1991. Son Président est, depuis le 5 juillet 1998, Sergueï Katanandov, en remplacement de Victor Stepanov, qui avait été élu le 17 avril 1994. La Carélie va permettre à la Finlande d'y jouer un grand rôle dans un futur proche. En effet, K. Ohmae n'a eu de cesse, ces derniers temps, de mettre en exergue l'importance des économies régionales dans le système géopolitique actuel.

24

La dimension nordique peut devenir un modèle de coopération entre l'Europe et la Russie, mais ce concept pourrait trouver une adaptation spécifique pour les Etats baltes. Les Etats baltes avaient fondé dans les années 1930 une Entente baltique qui ne fonctionne en fait que depuis 1994, avec ses propres structures22. Les pays baltes ont, très tôt, voulu affirmer leur indépendance qui a été proclamée en 1990. Dès lors, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie sont passées de la tutelle russe à un rapprochement avec l'Occident. Les pays baltes ont été fortement encouragés par l'Allemagne, dès 1988, à reprendre leur indépendance. Ainsi, il convient de souligner ici que la Russie se trouve alors recentrée sur l'intérieur du continent eurasiatique. Les Etats-Unis jouent un rôle d'arbitre prépondérant en Eurasie23. Les théories développées par Halford J. Mackinder concernant les deux zones pivots que sont l'Eurasie et « l'heartland» sont ici toujours d'actualité. Toute situation prépondérante en Eurasie pour un Etat, quel qu'il soit, risque d'entraîner une domination globale où les Etats-Unis se révéleront être une puissance extérieure.
22 Une assemblée d'une vingtaine de parlementaires représentant chaque pays, un conseil des ministres et un secrétariat permanent. Le bataillon balte s'insère dans cette coopération. Les chefs d'Etat se réunissent au moins deux fois par an. 23 La doctrine eurasianiste est apparue au XIXe siècle et s'est diffusée au XXe siècle, comme la réplique du communisme soviétique, mais aussi comme une alternative à la décadence supposée de l'Occident.

25