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LA FORMATION DES OFFICIERS de l'armée de terre de 1802 à nos jours

De
179 pages
Depuis 1802, L'Ecole Spéciale Militaire forme de jeunes officiers destinés à l'encadrement dans les unités de l'Armée de Terre. L'étude de l'histoire de cette formation éclairent les questions qui se posent à la pédagogie militaire. Comment est-on fait officier ? Depuis 1802, comment ont évolué les différentes composantes de la formation ? Peut-on en déduire des " facteurs de la formation militaire " ? Une réflexion sur la formation militaire sous de nouvelles perspectives.
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LA FORMATION DES OFFICIERS
de l'armée de terre de 1802 à nos jours@ L'Harmattan, 2001
ISBN: 2-7475-1329-7Jean-François DELBOS
LA FORMATION DES OFFICIERS
de l'armée de terre de 1802 à nos jours
Préface de Bernard Boëne
L'Harmattan Hongrie L'Harmattan ItaUaL'Harmattan
Hargita u. 3 Via Bava, 375-7, rue de l'École-Polytechnique
FRANCE 1026 Budapest HONGRIE 10214 Torino - ITALIE75005 Paris - -Interrogeons l'histoire de la formation.
Sommaire
PRÉFACE 7
AVANT-PROPOS 11
INTRODUCTION 15
CHAPITRE 1.
LES PRÉMICES ET L'AVÈNEMENT D'UNE
INSTITUTIONSOUS LE CONSULAT. 27
29. Les tentatives de l'ancien régime.
. L'avènement d'un système de recrutement et de
formation avec l'Ecole spéciale militaire en 1802. 40
CHAPITRE 2.
lOGIQUES DE POUVOIR ET lOGIQUES DE
FORMATION ENTRE 1815 ET lA PÉRIODE
CONTEMPORAINE. 55
. De 1818 à 1870, logique de sélection et de
rationalisation administrative. 57
. 1870 : La recherche d'un renouveau dans la
formation des officiers dans la perspective de la
revanche. 66
XXème. La fin du XIXèmese confond avec le début du
dans un immobilisme patent dans le domaine de la
formation des officiers. 79
. Recrutement et formation pendant la période de
1918-1940. 82
. La construction de pratiques autonomes et les
84reprises en mains successives.
5CHAPITRE 3.
LA PERIODE CONTEMPORAINE, LE
DEVELOPPEMENT D'UNE FORMATION
COMPLEXE ET TECHNIQUE. 97
. Plus complexe et plus technique. 99
110. Le modèle se cherche.
CHAPITRE 4.
L'ÉMERGENCE D'UNE PROBLÉMATISATION AU
REGARD DE l'HISTOIRE. 119
. Entre éducation sociale et didactique,
l'apprentissage des actes de combat et de
129commandement.
. Formation académique; entre didactique et
développement personnel. 135
. Initiation militaire; entre éducation sociale et
développement psychologique individuel. 140
CONCLUSION 151
Le modèle français et l'intégration des
connaissances. 153
156Pouvoir politique et formation.
Discipline et capacité d'autonomie du chef militaire.
158
SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES 161
165CHRONOLOGIE
171INDEX
175TABLE DES MATIÈRES.
6Interrogeons I'histoire de la formation.
PREFACE
L'ouvrage qui suit, issu d'un mémoire de DEA en
sciences de l'éducation, applique les grilles de lecture de cette
jeune discipline à l'histoire de la formation initiale des officiers.
Plus précisément: de ceux qui se destinent à faire carrière dans
les armes de l'armée de terre. Si les écoles de recrutement
interne ne sont pas entièrement négligées, il y est pour
l'essentiel question de Saint-Cyr (ce que laisse présager la date
de 1802, année de sa création par Bonaparte, évoquée dans le
sous-titre) et à titre subsidiaire, de Polytechnique, c'est-à-dire
des écoles de recrutement externe. Ce choix peut se justifier: ce
sont elles qui longtemps ont donné le ton dans le milieu
militaire, et c'est en leur sein que les tensions inhérentes à ce
type si particulier de formation se manifestent le plus
clairement; le privilège accordé à Saint-Cyr tient à ce que
Polytechnique - dont le statut militaire fut parfois remis en
cause - a formé plus d'ingénieurs que d'officiers, devenus fort
rares parmi ses anciens élèves depuis un demi-siècle et plus.
Ce livre est précieux, moins par des analyses
achevées (qui se feront attendre quelque temps encore) que par
les pistes qu'il ouvre. Il distingue formation, sélection et
recrutement, et postule que, sauf exception, la première influe
plus que ne le font les deux autres sur le résultat (le jeune
officier tout juste sorti d'école) produit par le système et le
processus. Ceci ne va pas entièrement de soi: la littérature de
sciences sociales « militaires» hésite sur ce point. Les études
empiriques observent bien des cas où l'autosélection et la
présocialisation, puis les diverses expériences professionnelles,
façonnent l' ethos des officiers de façon plus déterminante que
l'éducation formelle ou implicite reçue en école. Mais on
7pardonnera aux sciences de l'éducation de poser en axiome
l'importance de leur objet, qu'au demeurant on ne saurait nier.
Une telle approche peut n'être pas exempte
d'angles morts. Le sociologue ou le politiste pourrait regretter
qu'on n'ait pas eu recours à des outils d'analyse tels que
bureaucratisation et projessionnalisation, dont l'armée et le
corps des officiers furent parmi les plus puissants vecteurs, et
qui auraient plus fortement caractérisé l'évolution du système
sur le temps long. Cependant, on aurait mauvaise grâce à le
faire car le propos est pour l'essentiel ailleurs.
Il s'agit de montrer, période par période, au moyen
des textes fixant les intentions, que le changement a toujours
pour moteur le désir du politique de s'assurer le loyalisme et
l'efficacité de l'instrument militaire. Le système politique étant
longtemps demeuré instable, le système de formation le sera
aussi. Mais le contexte (sociopolitique, stratégique,
technologique), la complexité montante qui résulte de ses
évolutions, induisent tout au long du XIXemesiècle le passage
laborieux d'une logique de sélection sociale à une logique de
compétence professionnelle. Dans la dialectique entre tradition
(souvent synonyme d'autocélébration mondaine) et
rationalisation, si la seconde finit par devenir dominante dans
l'intention (mais il y faut parfois l'aiguillon de la défaite ou de
la menace), la première reste toujours vivace. Entre les trois
axes de la formation, instruction intellectuelle (savoirs
théoriques), apprentiss~ge (savoir- faire, savoir-être), éducation
morale (tension entre forte adhésion communautaire et
autonomie de jugement), l'équilibre se déplace d'une période à
l'autre, mais l'on observe une constante opposition des élèves-
officiers au pôle didactique (qu'on ne retrouve guère dans les
écoles de recrutement interne, et donc sans doute justiciable
d'une interprétation simple en termes de «syndrome des
grandes écoles»: impatience de l'action et rejet de
8Interrogeons I'histoire de la formation.
l'enseignement académique après les épreuves paroxystiques du
concours d'entrée). Le malheur veut que, comme l'affirment la
plupart des grands auteurs militaires, le succès des armes ait
partie liée avec l'agilité intellectuelle, laquelle ne saurait se
développer dans le vide, ni au dernier moment. ..
On n'ira pas plus loin, de peur de déflorer des
développements à venir qui méritent qu'on s'y arrête. Mais on
peut souligner que ce livre vient à point, puisque se prépare une
réforme d'envergure voulue par le politique, appelée de ses
vœux par le commandement, et qui approfondit la précédente
réforme des études à Saint-Cyr (1982-1983) tout en l'adaptant
au contexte externe et interne présent. L'avènement (pour la
première fois depuis qu'existe en France une armée nationale)
de forces militaires intégralement professionnelles - et les
craintes qu'elles peuvent susciter quant à l'avenir du lien
armée-nation -, la fréquence des opérations multinationales,
l'ambition européenne de la France, la montée simultanée de la
complexité et de l'incertitude des lendemains, imposent d'aller
plus loin dans l'adaptabilité intellectuelle des officiers, de
donner à leur formation une dimension internationale, et d'en
diversifier le recrutement. De là viennent les modes opératoires
retenus: les admissions parallèles, les stages d'un semestre à
l'étranger, les liens renforcés avec les universités et la société
civile, l'intégration plus étroite des facettes «académique» et
« militaire» de la formation, et l'accent mis sur l'autonomie, le
discernement et la responsabilisation des élèves-officiers.
Nul doute que, même s'il n'en traite pas, cet
ouvrage ne nous aide à penser les changements en préparation,
et les équilibres nouveaux qu'il faut en attendre.
Bernard Boëne
Professeur de sociologie à l'Université de Toulouse-II,
Directeur général de l'enseignement et de la recherche
aux écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan.
9Interrogeons l'histoire de la fonnation .
AVANT- PROPOS
Travailler sur un sujet tel que celui de la fonnation
initiale des officiersl requiert tout à la fois respect du sujet et
distance vis-à-vis de l'institution; indépendance de jugement
mais aussi cohérence et proximité avec la réalité des faits et des
forces qui s'exercent sur l'objet d'étude.
Nous avons choisi d'aborder le sujet avec une
méthode qui soit propre à donner toute sa pertinence à l'étude.
TIs'agit de s'appuyer sur l'histoire, ainsi que sur les faits qu'elle
pennet de mettre en perspective, pour dégager et éclairer les
problématiques principales de la fonnation des officiers.
Nous nous situons ainsi dans le champ des sciences
de l'éducation et de la fonnation qui, pour Georges Vigarello,
1 L'appellation d'officier est utilisée, étymologiquement, pour toute
personne à qui est confiée un office. C'était déjà le cas pour les
compagnons d'Henry IVqui étaient à son service. Cette appellation est
attribuée, sous l'ancien régime à toute personne qui détient une
charge publique, civile ou militaire. Nous nous intéressons bien sûr à
l'officier qui détient une charge militaire, sous l'ancien régime, ou un
grade lui donnant une fonction de commandement, après la
Révolution.
Ilfédèrent les disciplines avec lesquelles il est possible d'aborder
les questions concernant la pratique éducative2.
Concernant la formation des officiers, il est apparu
essentiel, pour comprendre la construction de l'édifice dans sa
perspective pédagogique, d'interroger l'histoire de l'institution.
Nous avons cherché à détacher et à éclairer les
traits descriptifs de la formation. Cette dernière n'est pas
indépendante des systèmes de valeur, ni des influences
politiques. Bien au contraire, elle apparaît parfois comme un
enjeu de pouvoir.
Nous avons donc voulu « chosifier» la formation
des officiers pour tenter de faire apparaître les phénomènes qui
interviennent et interagissent, les différents facteurs intervenant
dans les évolutions observées, en sommes, au-delà de la
contingence, nous avons tenté de dégager les facteurs
permanents de la formation. Cette approche n'a pas une valeur
absolue puisque le sujet n'est traité que sur une période donnée
et dans un contexte national. Elle permet cependant d'observer
comment s'est présentée la formation à différentes époques et des réponses ont été apportées à des questions
diverses et formulées en fonction du contexte historique,
laissant transparaître certaines constantes que nous ne pouvons
simplifier à outrance, sous peine de caricature.
Nous tendons ainsi à faire de notre recherche un
objet de cette « science de l'éducation» que le sociologue
Emile Durkheim appelait de ses vœux.
Dès lors, la question qui se pose est celle de
l'organisation de l'étude et du choix des critères que nous avons
2
Georges VIGARELLO, Discipline et sous-discipline en sciences de
l'éducation. 25 ans de Sciences de l'Education - Bordeaux 1967-1992.
AECSE-INRP, 1994, p. 77-88.
12Interrogeons l'histoire de la formation.
utilisés pour analyser la formation des officiers sur les deux
siècles qui nous concernent.
Nous nous sommes concentré sur l'étude du
système de formation, ne développant que de manière
secondaire les aspects qui relèvent de l'institution politique.
L'objectif n'est pas tant de raconter l'histoire de la formation
que de mettre en évidence les traits saillants de logiques, de
dégager les éléments rationalisés permettant de comprendre les
enjeux de cette formation sur la période étudiée.
Pour ce faire, la recherche d'une problématisation
(au sens de Robert CasteI3), c'est à dire le fait d'envisager la
manière dont un faisceau de questions est apparu et s'est
transformé, aux différentes époques, autour de la formation
initiale durant la période à laquelle nous nous sommes consacré,
nous a semblé être la meilleure approche. Elle nous a demandé
d'une part de rechercher les éléments historiques qui
caractérisent les constantes et les logiques qui peuvent être
dégagées, d'autre part de mettre en évidence les éléments plus
abstraits de théories, de questionnements propres à une époque,
et qui peuvent nous éclairer dans notre réflexion.
3
Voir Robert CASTEL, La métamorphose de la question sociale, p17:
« Par problématisation, j'entends l'existence d'un faisceau unifié de
questions (dont il faut définir les caractéristiques communes), qui ont
émergé à un moment donné (qu'il faut dater), qui se sont plusieurs fois
reformulées à travers des crises et en intégrant des données nouvelles
(et il faut périodiciser ces transformations), et qui sont encore vivantes
aujourd'hui. C'est parce que ce questionnement est vivant qu'il impose
le retour sur sa propre histoire afin de constituer l'histoire du présent. »
13Des textes ont déjà été écrits sur la formation, des
études de plus en plus nombreuses sont menées, principalement
sur l'Ecole spéciale militaire; mais nous n'avons trouvé aucun
travail scientifique centré sur la formation initiale des officiers
dans sa plus large acception4 et traitant de ce sujet en tant que
tel, c'est à dire sous l'angle de l'analyse d'une pédagogie. C'est
pourquoi nous avons voulu apporter notre pierre à l'édifice.
Nous proposerons une définition de la formation initiale qui
puisse avoir un sens sur l'ensemble de la période et chercherons
à préciser, autant que faire se peut, les critères d'analyse qui
seront les nôtres au cours de l'étude.
Ce travail n'est pas un récit historique, mais une
interrogation de I'histoire.
4
L'école spéciale militaire qui est restée la seule école de formation
des officiers jusqu'à la Troisième République a perdu ce monopole et
les questions concernant la formation initiale des officiers sortent du
cadre restreint réservé à l'élite de ce corps.
14Interrogeons l'histoire de la formation.
INTRODUCTION
La formation des officiers, longtemps laissée à
l'initiative des familles et des différents chefs de guerre sous la
forme d'un « apprentissage militaire5 », a fait l'objet d'une
attention nouvelle au XVIIIemesiècle. Après diverses tentatives,
une Ecole royale militaire est fondée par Louis XV en 1751.
Art où science, la chose militaire devient donc, à
partir de cette époque, objet de connaissance. Bien sûr, le
XVIIIemesiècle, siècle des Lumières, voit se développer les
sciences et les connaissances théoriques, les techniques et
l'esprit encyclopédique. Mais plus encore, la mise en place
d'une institution propre à la formation des officiers peut être
considérée comme un événement qui participe d'un vaste
mouvement dans lequel se modifie le rapport de l'homme à son
environnement et donc le rapport de l'homme à lui-même.
Jacques ELLUL souligne, dans son ouvrage La
technique ou l'enjeu du siècle6, qu'à partir du XVIIIemesiècle, le
rapport de l'homme à l'environnement se modifie et « prend un
caractère nouveau ». La technique, se développant dans tous les
domaines, modifie lui-même dans le sens
d'une « rationalité» et d'une « artificialité » toujours
croissantes et moins naturelles. Pour cet auteur, c'est la
«double intervention» de la conscience et de la raison qui
5
André CORVISIER (publié sous la direction de), Dictionnaire d'art et
d'histoire militaire, PUF, 1988, p313 à 322 (Formation des militaires
bArmée de terre]).
Jacques ELLUL, La technique ou l'enjeu du siècle, ECONOMICA,
Classiques des sciences sociales, 1960, 1990, 407p.
15Les prémices et l'avènement d'une institution.
produit le «phénomène technique» dont il veut parler. Cette
double intervention «fait passer dans le domaine des idées
claires, volontaires et raisonnées ce qui était du domaine
expérimental, inconscient et spontané7 ». En fait, l'ajustement
des moyens à des fin exprimées se fait de manière toujours plus
technique et devient objet de science8 : « Il y a donc ainsi toute
une science des moyens, une science des techniques qui
s'élabore progressivement. »
Cette science des moyens se développe, selon
l'auteur, dans les «trois grands secteurs d'action de la
technique moderne », que sont la « technique économique », la
« de l'organisation» et la « de I'homme».
Il apparaît dès lors nécessaire de considérer le
progrès technique selon deux niveaux distincts. Il y a tout
d'abord le progrès technique matériel qui permet l'usage de
matériels toujours plus performants en matière militaire; mais il
est également important de mesurer le progrès qui peut être fait
dans les techniques qui relèvent du domaine des sciences de
l'homme, dans le sens développé par J. ELLUL. Nous pouvons
ainsi faire l'hypothèse d'une instrumentalisation croissante des
connaissances, instrumentalisation qui vise à répondre, dans le
cas qui nous concerne, aux questions et aux besoins de la
formation militaire.
A la lumière de ce qui précède, nous pouvons
essayer de rechercher quels sont les fondements, les
présupposés, les logiques, qui ont présidé à la mise en place du
système de formation. Il doit être possible de montrer comment
a été reformulé, à chaque époque de la période considérée, un
ensemble de questions autour de la sélection et de la formation
des chefs militaires, et comment sont structurées les réponses
institutionnelles à ces questions.
7
idem p17.
8
idem p18.
16Interrogeons l'histoire de la formation.
Il s'agit là d'un travail d'éclaircissement sur les
tenants et les aboutissants de la mise en place d'un système qui
vise à répondre de manière toujours plus efficace aux
interrogations et aux besoins en matière de formation initiale
des officiers.
La formation des officiers est un sujet qui nous
apparaît vaste aujourd'hui. S'il en est ainsi, c'est notamment
parce que la question de la formation a trouvé des
développements nombreux au cours de 1'histoire et que les
réponses apportées visent à traiter des sujets toujours plus
spécifiques. La formation des officiers n'échappe pas au
développement général décrit par J. Ellul. Accompagnant
l'évolution des techniques qui se rapportent aux moyens
humains, la formation s'est différenciée, au fil du temps, se
diversifiant et se complétant de formations complémentaires, de
formations d'application et de spécialisations à des niveaux
divers.
Nous avons choisi de nous concentrer sur la
formation initiale pour en dégager les grandes périodes qui
semblent marquer l'évolution de la formation des officiers, en
liaison avec I'histoire militaire9 et I'histoire institutionnelle et
politique de la France.
Plus encore, nous avons focalisé notre travail sur la
formation initiale des officiers des armes. C'est à dire que nous
avons observé la façon dont ont été progressivement spécifiées
certaines notions, tant dans la fonction pour en arriver au statut
d'« officier des armes », qu'en matière de formation avec les
différentes filières possibles aujourd'hui pour acquérir ce statut.
Nous avons dû, dans cet ordre d'idées, rechercher comment
s'est développée, au fil de l'histoire, la notion de formation
initiale, sous-ensemble d'une formation militaire dont la place
ne cesse de croître, en qualité comme en quantité, dans la
carrière de l'officier, et qui s'est complexifiée.
9
Par histoire militaire, nous entendons ici histoire des guerres en
Europe et de la théorie de la guerre.
17