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La Judée contre Rome - Tome 3

De
410 pages

Vespasien, le général en chef de la guerre de Judée, part pour Rome afin de se faire couronner et laisse à son fils Titus le soin de terminer la guerre. Le temple de Jérusalem est incendié et la population subit le joug implacable de l'empire. Titus est tombé amoureux de la reine juive Bérénice mais le sénat refuse qu'il l'épouse. Son frère Domitien prend alors le pouvoir. Il déteste les philosophes et sénateurs qui lui font obstruction et les traîne à d'interminables procès, mais l'empereur hait davantage la secte des Nazaréens qui refusent de l'adorer et se réclament d'un dieu crucifié sous Tibère. Il demande au tribun Marcius de ramener ces croyants qui sèment le trouble dans l'empire, notamment l'apôtre Yohanan d’Ephese (St Jean). Rome sombre alors dans le chaos.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre
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Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-334-16141-1
© Edilivre, 2016
« Le prétentieux est comme le païen qui vénère de faux dieux. » Rabbi Ben Yohai
« Le jour où le corps aura été donné pour le plaisir, il sera aussi dominé par la douleur » Sénèque
« Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? » Le Christ à Pierre à propos de Jean 21, 22
« Ne pensez pas que je suis venu mettre la paix sur terre, mais l’épée » Mathieu 34, 35
« Aujourd’hui nous souffrons des maux d’une longue paix, plus cruelle que les armes ; la luxure nous a assaillis pour la revanche de l’univers vaincu. » Juvénal satire VII
« Vous êtes empereur, seigneur et vous pleurez… Racine Bérénice
« Les dieux indifférents à notre sauvegarde n’ont souci que de notre châtiment. » Tacite
« De sa bouche sortait une épée aigüe à deux tranchants. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. » Apocalypse de Jean 1-9-20 « Vetus proverbium est gladiatorem in arena capere consilium. » Sénèque Lettres à 1 Lucillius XXII
« La mort est terrible pour ceux dont tout s’éteint avec la vie, mais non pour ceux dont la renommée ne peut périr. » Cicéron (Paradoxe des stoïciens)
1. C’est un vieux proverbe que celui-ci : un gladiateur se décide dans l’arène
Avant-propos
À la fin de la RéDublique, les héritiers de César fondent une dynastie : les Julio-Claudiens. Une Daix relative règne alors sur Rome. La Dériode s’achève avec Néron, un emDereur tourmenté en Droie à des crises de folie qui ne Darviendra Das à éviter une consDiration visant à l’écarter du Douvoir. Une nouvelle menace Dlane sur la cité, elle est d’ordre sDirituel et Drovient de la lointaine Judée où deux mouvancess’affrontent : celle des Zélotes qui veulent chasser les Romains de leurs terres et la secte des Nazaréens qui se réclame d’un homme crucifié sous Tibère : Yeshoua, l’homme de Nazareth. ADrès le suicide de Néron, une guerre civile s’abat sur la vieille cité et amorce l’année des quatre emDereurs : Galba, Othon et Vitellius se succèdent jusqu’à la venue de VesDasien qui inaugure l’ère des Flaviens. Sous Néron, VesDasien a été nommé général en chef des armées d’orient Dour mater la rébellion des Zélotes. Son fils Titus met fin à la révolte en brûlant le temDle de Jérusalem. Juifs Dharisiens et nazaréens se séDarent, car leur doctrine diffère et de nouvelles tensions naissent entre les deux religions. Avec omitien une nouvelle forme de tyrannie s’installe, les Nazaréens sont Dersécutés et les aces de écébale menacent l’emDire. Celui que Juvénal aDDellera le « Néron chauve » va affronter les sénateurs et les DhilosoDhes qui le haïssent, un terrible cycle de Dersécutions va se mettre en Dlace. Il se terminera dans un bain de sang.
Au temDle de Cybèle Simon le magicien La consDiration La colère de Néron L’érudit Yacoov L’arbitre des élégances L’incendie de Rome La DroDhétie Le suicide de Néron Théodora Le temDle d’Hérode Le sac de Jérusalem La fin d’un monde Le triomDhe de VesDasien Massada A nous deux Rome Le Gaulois Sabinus Velléda Flavius JosèDhe Titus emDereur L’éveil du Vésuve Un monde de Dlaisirs Yohanan sous surveillance Titus et le livre du destin Un nouvel emDereur ADollonius de Thyane La fureur de omitien Cornélia Une guerre sur le anube Bellum Germanicum La roue du destin La rébellion La comDarution Les condamnations ans l’arène La cinquième heure
À Charles-Adrian
Le prisonnier Paulus
Le préfet de prétoire, Burrhus se dirigea vers le tribunal. Il était suivi du centurion Julius qu’une longue chaîne retenait au prisonnier. Un homme petit et légèrement courbé gravit lentement les marches. Il avait le front dégarni et les jambes arquées se collaient à la toge. – Incline-toi devant l’empereur, lança Julius. Ils pénétrèrent dans la vaste salle aux dalles froides et rectangulaires en longeant les colonnes de marbre. Le prisonnier s’avança. Un frisson le parcourut un court instant. Il aperçut César qui venait de prendre place, une femme très belle se tenait à sa droite qu’il reconnut être Poppée, sur la gauche un homme ridé s’était assis à côté de l’empereur. 2 – Voici Paulus de la secte des Nazaréens ! Cela fait deux années qu’il est en liberté surveillée à Rome. Il semblerait avoir posé des problèmes aux autres juifs à propos de sa doctrine religieuse qui est différente de celle que l’on enseigne dans le temple, s’exclama Burrhus. Néron se tenait debout, enveloppé de sa toge pourpre et portait une couronne sur le front. Il descendit les quelques marches. – Quelle est ta doctrine religieuse ? Demanda-t-il, l’air curieux. Paulus demeura silencieux puis se risqua. – Celle de mon maître qui est dans les cieux ! Il jeta un regard à la dérobée au personnage qui se tenait à la gauche de Néron. Celui-ci l’observait intensément. – Mais ton dieu entre en conflit avec nos dieux, le sais-tu ? Poppée, ici présente m’a parlé de tes croyances, de ta ferveur et de ta bonté. Tu as beaucoup de chance de la compter parmi tes auditrices. Ne sais-tu pas que tu dois t’incliner devant moi ? Je pourrai te mettre dans les fers de ne pas l’avoir fait en pénétrant ici. Est-ce ton dieu qui t’y oblige ? – César, je ne cherche pas à t’offenser, je ressens une telle vénération pour mon maître qu’elle me fait oublier jusqu’à mon souffle ! Je te demande humblement de me pardonner. Le vieux sénateur se leva lentement. Son corps empreint de rhumatismes le paralysait. Il articula chacun de ses mots. – Qu’est-ce que ton dieu ? S’enquit-il, l’âme de l’univers ? Le rejoins-tu par ta seule pensée ? Siège-t-il dans la nature ? Est-il le grand tout qui régit le monde ?
Le visage de Paulus s’illumina.
– Il est l’âme des mondes : spirituel, temporel, l’alpha et l’oméga. Sénèque fronça les sourcils. – Tu veux parler de ce dénommé Yeshoua qui mourut en croix sous Tibère. On m’a rapporté cet événement. Tu penses réellement que cet homme est un dieu ? 3 – Il est Yeshoua ben Élohim ! . Burrhus prit alors la parole. – C’est à cause de tels propos que le prisonnier soulève la colère des prêtres juifs qui s’agitent et sont scandalisés par la secte des Nazaréens. Ce sont là des querelles religieuses perpétuelles, César ! – Hélas ! Toujours des histoires religieuses, mais pourquoi ton peuple argumente-t-il constamment sur Dieu ? Écoute-moi bien le Cilicien, je t’ordonne de cesser de pénétrer dans les temples pour y professer tes croyances. Je ne supporterai plus de désordres. Retourne en Asie et tiens-toi tranquille. Sénèque poursuivit. – Serais-tu prêt à accepter la mort pour ton dieu ? Paulus rétorqua, fébrile. – Oui je donnerai ma vie pour lui.
Le vieux philosophe arqua les sourcils. Puis souffla lentement, démontrant sa lassitude. Néron afficha son agacement, la conversation le fatiguait. – Qu’on emmène le prisonnier ! Ses propos m’ennuient !
Lorsque Paulus eut quitté les lieux, l’empereur se tourna vers Sénèque, perplexe. – Cet homme est un fou qui admire un homme crucifié, un paria et je suis las d’entendre professer de telles folies. Quant à toi ma douce Poppée, cesse d’écouter leurs histoires ! Ces gens sèment la sédition dans toutes les villes de l’empire. En Judée, ils se révoltent contre Rome. Nos légions stationnées là-bas doivent constamment rétablir l’ordre. Il quitta brusquement la pièce.
Sénèque demeura seul. Il prit place sur un siège d’ivoire. Les propos courageux qu’avait prononcés le prisonnier l’avaient impressionné car il ne semblait pas craindre de quitter ce monde, en revanche l’amour démesuré qu’il éprouvait pour son maitre l’avait déçu. Mourir avec passion était antinomique. La mort se mêlait à la vie et n’était pas un aboutissement, une fin en soi. Elle appartenait à la réalité quotidienne à laquelle elle était associée car on mourait chaque nuit en dormant. Hier appartenait bel et bien au passé et ne reviendrait plus. Qu’est ce que la passion pouvait avoir à faire avec le fait de mourir ? Durant toute son existence, il avait lutté contre ses émotions qui tentaient de faire ployer son esprit si préoccupé d’atteindre l’ataraxie.
Il se remémora sa lettre à Lucilius où il faisait part de sa pensée touchant à une quelconque déité.
– Dans le sein de tout homme vertueux, j’ignore quel est ce Dieu, mais il habite un Dieu. L’homme sage est lui-même un dieu. Il avait écrit dans son traité sur la Providence que le sage ne diffère de Dieu que par la durée. Il eut un léger soubresaut. Il pensa subitement à Agrippine et à son assassinat commandité par son fils Néron. La mère de l’empereur était devenue trop gênante et intriguait sans cesse ; il ne s’était pas opposé à son meurtre. À cette époque, son seul souci avait été de préserver l’empire. À présent, il déplorait son attitude. L’âge avait apporté son lot de regrets et son caractère s’était adouci ; l’empereur lui donnait des inquiétudes. Son comportement violent et changeant le paralysait et son goût pour la débauche effrénée le révulsait.
Sa vision du monde était devenue moins sévère. Il s’en confiait à son ami Lucilius. Il était venu à considérer ses esclaves comme des frères humains et pensait que toutes les philosophies venues d’orient et qui s’illustraient par le salut de l’âme après la mort faisaient subir à Rome leurs influences néfastes.
À tous ces courants obscurs de pensée venait s’ajouter à présent une religion nouvelle, colportée par Paulus de Tarse qui avait sillonné l’Empire en parlant d’un dieu immortel, ressuscité après le supplice de la croix. – Un flot continu de croyances excessives venues d’orient, et contre lesquelles l’empire doit continuellement lutter ! S’exclama-t-il car elles égarent le peuple en le détourant de la vérité.
Il avait de plus en plus conscience de la brièveté de la vie. Avait-il perdu son temps à des choses puériles ? Sans doute parfois s’était-il égaré à apprécier les plaisirs terrestres. On lui avait reproché son immense richesse acquise grâce aux largesses du prince dont il était le précepteur.
Certes, il appréciait l’aisance, mais il avait su en faire profiter les autres et n’en était pas demeuré prisonnier. Il ne se reconnaissait pas comme un véritable sage et astreignait son
esprit à tendre vers le bien suprême que l’on nomme vertu. – Durant toute ma vie, je me suis entraîné à la mort comme je l’ai fait pour ma liberté, fidèle à mon maître Zénon. Le sage est sans passion ! Prononça-t-il en pensant au prisonnier Paulus.
Il sortit de l’édifice et admira le soleil mauve qui entamait sa chute derrière les superbes demeures du Palatin. Il vit le ciel se strier d’un rose ardent où dansaient des arabesques aux reflets d’or. Il s’émerveilla devant cette fresque insolite dont les couleurs vives invitaient à l’exaltation. Il respira profondément et prit la décision de se retirer à la campagne pour écrire car la ville tumultueuse l’empêchait de réfléchir et l’empereur le déroutait par son comportement inquiétant.
2. St Paul 3. Jésus fils de Dieu