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La Peau du nègre

De
102 pages

Lorsque la tenancière du saloon de la ville dans laquelle séjournent Dylan Stark et Kija est retrouvée morte, les deux compagnons sont loin de se douter de l’histoire dans laquelle ils viennent d’être jetés... Car un Noir s’est enfui du lieu du crime, et tandis que Dylan et Kija ne cherchent qu’à lever le voile sur cette affaire, une milice se met en place pour pratiquer une véritable « chasse au Nègre », dans une Amérique où si les Noirs ont enfin obtenu la liberté, ils sont en réalité loin de pouvoir mener une vie tranquille...


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couverture

 

 

 

Pierre Pelot

La Peau du nègre

Dylan Stark – 12

 

 

Bragelonne

 

 

 

 

Le couard, c’est celui qui, dans une si­tuation périlleuse, pense avec ses jambes.

 

Ambrose Bierce

 

 

 

 

Quand

je serai au bout

de ma vie

vous sellerez

mon vieux cheval

vous attacherez

ma carcasse

sur son dos

et

vous nous placerez

face à l’ouest

alors

nous galoperons

éternellement

à travers la prairie

que nous aimons

 

(CHANSON ANONYME)

Prologue

J’avais peur. Je ne me souviens plus comment c’est venu, ni à quel moment exact. Lorsque je me suis retrouvé devant le saloon, quand j’ai vu la faible lueur de la lanterne qui brillait faiblement, accrochée près de la porte, quand j’ai vu cela, et puis les portières battantes closes, avec le grand panneau refermé derrière elles, alors je me suis aperçu que j’avais peur. Sûrement, la Bête était là depuis un fameux moment, déjà. Je ne me souviens pas avoir jamais autant transpiré.

Rien de plus désagréable, ni de plus impressionnant, je le jure, que cette sueur fraîche qui coulait le long de mon dos, au creux de mes reins, comme une glace plaquée sur ma peau. Au moindre mouvement, le tissu de ma chemise se décollait de moi, avec un chatouillement affreux.

Sûr que le diable était là, quelque part dans la nuit ; sûr qu’il me voyait, caché derrière une de ces ombres tranchantes qui simulaient les maisons rangées de chaque côté de la rue, et qu’il m’espionnait en ricanant.

J’ai pensé à cela, en essuyant la sueur qui me coulait dans les yeux, et voilà qu’en plus de la peur, je me suis mis à guetter le diable et ses yeux rouges.

Pourtant, la rue était calme, vide, sans une seule tache de lune pour y glisser un ou deux pas de valse. C’était une fin de nuit comme je l’avais souhaitée, comme je l’espérais depuis longtemps. Rien que les maisons silencieuses, les maisons de bois et de briques, comme des coffrets posés là pour cacher les secrets des hommes. Rien sur les trottoirs déserts, sous les vérandas. Pas même un chien de nuit, un de ces fantômes au pas cliquetant sur la planche. Juste la nuit, comme un autre monde, avec les nuages qui se délayaient là-haut, sur la tête des maisons. Comme un autre monde, oui…

Après tout, peut-être le diable terré dans un coin était-il là pour moi… avec moi ? Peut-être… N’empêche ! j’aurais souhaité qu’un chien…

J’ai fait un pas en avant qui m’a amené juste au bas du perron. J’ai hésité encore. Je suais à grosses gouttes – je les sentais rouler sur ma figure – et j’avais froid en même temps. Une nausée qui se préparait, qui allait monter à ma gorge serrée. Rien que d’y penser, je me suis senti plus froid encore et ma transpiration a redoublé.

Le visage de Leine m’est revenu en tête. Mentalement, je l’ai revue pareille à tous ces soirs où je la guettais, caché dans l’ombre ; je l’ai revue, avec ses yeux trop grands qui ne savaient plus rire, tandis qu’elle servait la boisson des hommes dans les guirlandes musicales du piano ferraillant.

C’était ce qu’il fallait pour que j’oublie la nausée – pour que je la repousse au plus profond de moi. C’était exactement ce qu’il fallait pour que je me décide enfin à escalader les trois marches du perron, pour que je me dirige sans hésiter davantage vers la porte close et pour que l’œil clignotant de la lampe se pose franchement sur moi.

Je n’avais plus peur. C’était fini – ou envolé pour un moment. Tant que je reverrais le visage triste de Leine, je savais ne pas trembler… bien que pensant toujours au diable.

Machinalement, ma main a glissé vers ma ceinture, pour y trouver le revolver. Il a glissé doucement contre la peau de mon ventre. Je me suis dit très vite que c’était peut-être lui, le creux à l’estomac…

Il était dans ma main, lourd. Un ancien colt « modèle marine ». Un six-coups. Il n’était pas à moi : je l’avais pris quinze jours plus tôt, sur le muret de pierres devant la baraque du maréchal-ferrant, dans les vilains quartiers de la ville. Un coup avait été tiré. Restaient cinq. J’aimais cette arme et elle me faisait peur en même temps. On aime parfois ce que l’on craint… et le contraire est également vrai. C’est une chose que je sais parfaitement bien.

C’est grâce à cette arme-là que j’allais emporter ce que je venais chercher. Avec ce revolver volé le lendemain du jour où j’avais revu Leine. Peut-être… Ce morceau d’acier bronzé en main, j’allais essayer de rétablir le bon ordre des choses…

Je n’ai pas osé l’armer immédiatement, de peur qu’un geste inconsidéré de ma part fasse partir le coup. Je l’ai laissé pendre au bout de mon bras, le doigt pas même sur la gâchette.

De l’autre main, j’ai tiré un battant, puis je l’ai doucement laissé revenir dans mon dos. J’ai poussé la grande porte, tout en craignant soudain que, pour une fois, contrairement à l’habitude, elle ne soit fermée. Il y eut un petit grincement, puis la porte s’ouvrit sagement. Je n’ai jamais compris pourquoi ils ne la fermaient pas. C’était bon, pour moi. Je n’aurais jamais osé briser une fenêtre pour pénétrer dans ce saloon. Nos actes tiennent à peu de choses : parce qu’une porte n’était jamais bouclée, j’étais bien décidé à tuer s’il le fallait.

Doucement, tandis que j’entrais, j’ai retenu le battant afin qu’il ne vînt pas cogner à la porte, puis j’ai repoussé celle-ci, de la même façon, à la gueule de la nuit. En cet instant, à quelques pas de là, des hommes dormaient paisiblement dans leur lit… L’obscurité la plus parfaite régnait dans le saloon. C’était à peine si, par un sourire timide dans le bois éclaté d’un volet, un mince rai de nuit moins sombre venait glisser sur la vitre de verre dépoli. Mais je n’avais pas besoin de lumière.

Depuis bien longtemps, je connaissais cette salle dans ses moindres détails ; je savais sur le bout de la mémoire la disposition des tables, avec une large allée centrale, comme une travée d’église conduisant à l’autel, jusqu’au bar d’acajou massif ; à gauche, sous les affiches colorées et les trophées tapissant le mur, s’alignaient les tables de jeu ; à droite, dans la même débauche de chefs-d’œuvre muraux, c’était le piano, la petite estrade aux rideaux de velours cramoisi sur laquelle se démenaient les girls ; puis, dans l’angle, l’escalier qui menait à l’étage, avec la statue en plâtre blanc, sur le pilier de la rampe. Je savais tout. C’était là, dans ma tête, bien dessiné, comme si j’avais conçu moi-même les plans de ce décor. Je me rappelais même les trois lustres de verroterie – pour cacher les panses ventrues des réservoirs à pétrole – pendus au plafond de poutres.

J’avais vu si souvent cette salle, quand la musique y rebondissait, quand les buveurs et les joueurs s’y bousculaient, quand les barmen se démenaient comme des démons… quand les filles menaient la danse…

… Quand Leine y servait à boire, ses grands yeux posés sur rien, indifférente aux plaisanteries, aux rires.

À présent, les rires étaient tombés, les cendriers vides. On ne voyait ni le piano, ni l’estrade, dans la pénombre. Rien qu’un reflet fugace, parfois, sur l’imposant miroir trônant derrière le bar, cerné de bouteilles. Seule subsistait l’odeur, comme un rappel de la fête morte, ou comme un regret. Une odeur particulière de sueur, de cuir, de tabac froid et de sciure humide lâchée sur le plancher comme une herbe de saison tuée. Avec par-dessus tout les relents sucrés d’un parfum provocant.

Silencieusement, le plus silencieusement possible, je me suis mis en marche, foulant les baves de sciure de la pointe des pieds. Cette sciure collait. J’ai marché ainsi jusqu’au bar, sans commettre de faute, tandis que mon cœur se démenait follement dans ma poitrine. J’avais soif. La gorge nouée et sèche. Mes lèvres craquantes, salées…

J’ai buté contre la chaise un peu après avoir tourné à droite. Le bruit de la chute éclata comme un cataclysme effroyable dans ma tête. En même temps, je jurais contre celui qui n’avait pas repoussé cette chaise à sa place, contre moi-même, contre tout ! Ça cognait dans ma gorge, à mes tempes. Rude et haut. J’étais là, attendant que se déchaîne l’orage, que le monde bascule, incapable de faire un geste, un pas. Je ne savais pas que mêlée à la sueur, de la salive coulait sur mon menton pendant.

J’étais toujours ainsi quand la porte a claqué, là-haut, au bout de la galerie. Une lumière, juste au-dessus de l’escalier. Une autre porte s’ouvrit, juste derrière la lumière, et j’eus la vision rapide d’un visage ébouriffé qui pointait, curieux en même temps qu’apeuré.

J’étais là, sans pouvoir bouger. Je crois que j’étais même incapable de maudire. Le revolver pesait lourd à mon poing oublié.

J’ai vu la femme, en haut de l’escalier, en peignoir – une sorte de robe de chambre sombre, avec des dorures du côté de la poitrine. Une grosse femme. La lampe qu’elle tenait éclairait parcimonieusement son visage, par en dessous. J’eus cette vision d’horreur, ce visage inhumain aux méplats rongés par l’ombre et la lueur verticale, une longue seconde. Simultanément, je me suis aperçu qu’elle tenait dans l’autre main quelque chose qui ressemblait beaucoup à un fusil. Elle a dit en levant sa lampe :

— Qui est là ?

Puis, tout de suite après, d’une voix rêche :

— Qui que ce soit, montre-toi avant que je tire !

Je n’ai pas bougé. Je ne savais plus. Mes mains auraient pu être vides.

Là-haut, la grosse femme a fait un pas en avant, sa lampe tendue à bout de bras. La pénombre avait vaguement fondu, dans la salle.

Je n’ai toujours rien dit, rien fait. Je n’ai eu le temps de rien. Pas même un cri. Tout ce que je sais, c’est que dans la nappe douce de lumière soudaine, je me suis senti visible… et j’ai pensé à Leine, là-haut, dans une des chambres. Alors la femme fit encore un pas. Il y eut le coup de feu, l’énorme déflagration qui troua le silence tendu. L’éclair soufré, craché par la gueule du fusil, et l’arc de la lampe. Puis le cri, le visage horrifié dans l’entrebâillement de la porte… Et ce bruit sourd dans l’escalier, suivant les sursauts de la lampe. Celle-ci crachota sa flamme bleue de marche en marche, s’arrêta finalement à mes pieds, s’éteignit. Elle n’était même pas cassée.

J’avais le cri de l’autre fille aux oreilles, aigu comme un coup de couteau, strident. Ce cri me réveilla, me tira de cette paralysie bizarre qui m’avait fait demeurer là, comme un piquet. J’eus conscience, vaguement, que le gros corps de la femme s’était arrêté à mi-escalier, qu’il était là, de travers, inerte, et que ses yeux devaient fixer quelque chose. Alors, la peur est revenue, comme une explosion. Follement.

 

Le revolver était tombé de ma main. Je ne fis rien pour le ramasser. Je courais, dans le noir, butant contre chaises et tables, tandis qu’au-dessus de ma tête les portes claquaient, les pas se déroulaient comme une vague énorme. Tandis que le cri de la fille se multipliait ! Moi, je me répétais : Maintenant, ils vont me pendre ! et je n’ai même pas tiré !

Je me suis jeté comme un fou sur la porte, à ce point éperdu que je gâchais plusieurs précieuses secondes avant de parvenir à l’ouvrir.

Me suis rué dehors en criant, les poumons éclatés, la gueule ouverte au souffle de la nuit. Sans plus rien savoir… Jamais je n’ai couru si vite, je crois.

Chapitre premier

Jim Spoltz se releva, se gratta la tête. Posément, il acheva de passer l’une après l’autre ses bretelles sur ses épaules. Ensuite, il dit :

— Cette dame est absolument morte.

Puis, comme si cette constatation l’eût amusé pour quelque raison obscure, il promena autour de lui un regard voilé dans lequel brillait une étrange lueur. Quelques-unes des filles accoudées au garde-corps de la galerie étouffèrent un cri sur leurs lèvres, d’une main rapide. Seule, Judie demeura prostrée, assise sur la première marche de l’escalier, les coudes aux genoux et les mains pendantes au bout de ses fins poignets. Elle était décoiffée, le visage exsangue et creux, ses yeux énormes fixés sur le corps de Mrs. Hillbee. Elle semblait ne pouvoir détacher ses yeux de la petite marque brune qui salissait les cheveux décolorés.

Jim Spoltz descendit une marche, s’accouda à la rampe, eut un regard navré en direction de Keel, le barman efflanqué, et répéta :

— Elle est morte.

Keel lâcha un juron, puis un soupir. Il dit :

— Dieu ! j’ai entendu le coup de pétard, puis les cris. Je me suis dit…

— On se moque de ce que tu t’es dit, coupa Spoltz, posément.

L’autre eut un coup d’œil qui en disait long sur ce qu’il pensait de cette muflerie, mais se le tint pour dit. Haussant les épaules, il s’occupa à boutonner sa chemise de nuit fourrée à la hâte dans un pantalon aux allures glissantes, passa devant Spoltz en le gratifiant d’un de ses regards les plus torves, puis se mit à claquer des mains pour repousser dans leur chambre les filles et les voyageurs qui avaient eu la malheureuse idée de passer la nuit en ce lieu. Un couple se fit quelque peu prier, l’homme prétextant qu’il avait le droit de savoir ce qui se passait sous un toit momentanément sien, ergotant qu’il trouvait des plus louches que la patronne de l’établissement meure en pleine nuit, dans un escalier, après qu’un coup de feu eut été tiré. Il en aurait certainement dit davantage si Keel, qui parfois savait faire preuve de civilité, ne l’avait au bon moment menacé de l’envoyer au lit à coups de pied aux fesses. Le bonhomme ne crut pas nécessaire d’insister : plus rouge et rageur qu’un dindon des forêts, il regagna sa chambre, entraînant derrière lui son épouse somnolente.

Les filles avaient obéi promptement. Elles étaient huit, très exactement. L’une d’elles, une grande Noire aux cheveux crépus, n’avait manifesté aucune trace d’émotion en apercevant le corps inerte de Mrs. Hillbee…

Keel se retourna, aperçut Judie toujours assise en haut de l’escalier.

— Toi ! dit-il.

Judie ne bougea point.

— Hé ! Toi ! répéta Keel.

Il allait secouer l’épaule maigre quand claqua sèchement la voix de Jim Spoltz.

— Non.

C’en était trop. Keel se sentit devenir rouge, se redressa lentement. Il serrait les poings, ses petits yeux comme des braises sur la silhouette de l’homme accoudé à la rampe. S’il l’avait osé, Keel aurait volontiers tenté de jeter à terre ce grand échalas rouge de poil. Il avait souvent de semblables désirs, de ces envies brûlantes vite éteintes au fond de lui, au plus profond de sa petite carcasse fragile. Il grogna :

— De quel droit ? Hé ? de quel…

— Celui du simple bon sens, coupa encore Spoltz, sans même un regard pour le petit homme hérissé.

Keel bouscula la fille effondrée, descendit une marche. Il était plus haut que Spoltz et cela lui donnait la force de parler net.

— Vous n’avez rien à dire, ici ! Ce n’est pas vous le patron !

Spoltz leva un œil amusé.

— Qui est le patron ? ricana-t-il doucement, après un coup de menton vers la femme couchée sur les marches.

Toute trace de gaieté quitta ses yeux. Il dit, très sérieux cette fois :

— Je regrette de te contredire, l’homme. Ou de paraître me mêler de ce qui ne me regarde pas. Seulement, la femme qui tenait cet établissement vient de mourir, tuée ici, après qu’un coup de fusil ait été entendu. Cette fille-là (il désigna Judie), a vu l’homme dans la salle. Elle a entendu les paroles de sa patronne. Il n’y a pas deux choses à faire.

La rougeur avait quitté les joues creuses de Keel. Il se sentait petit et abattu, soudain, après la colère ; il lui fallait toujours beaucoup de temps pour se rendre vraiment compte des choses.

— Alors ?

Spoltz haussa une épaule.

— Je ne suis peut-être qu’un simple voyageur, dit-il, seulement, m’est avis qu’il y aurait de quoi prévenir le sheriff… non ?

Keel hocha la tête, les yeux aussi vagues que ceux de Judie.

— Peut-être bien que oui, souffla-t-il.

À l’instant même, à l’autre bout de la ville, là où commencent les brousses et les marécages, un calamiteux, qui répondait (ou ne répondait pas, suivant son humeur) au surnom suggestif de « Six-Gallons », se trouvait tiré brutalement d’un épais sommeil qui, un peu avant, lui avait plié les genoux au terme d’une marche évasive, juste dans un fossé. Il grogna, rua, se démena, pour finalement ouvrir les yeux lorsqu’il fut certain qu’il ne rêvait pas et que quelqu’un était bel et bien occupé à le secouer.

Six-Gallons était un de ces bougres pour qui l’ivresse est un état plus ou moins perpétuel. Il avait donc les réflexes assez lents. Il perdit plusieurs secondes à essayer de se souvenir où il se trouvait, et aussi à découvrir quel était cet individu qui s’obstinait à vouloir lui arracher sa ceinture. Il sursauta enfin, secoué d’un dégoût instinctif lorsqu’il s’aperçut que l’homme était un Noir. Jura. Il ne distingua point ses traits, tout empli de sommeil et d’alcool qu’il était, mais il put voir la peau sombre et suante de l’homme, ses yeux blancs et fous. Il tenta de se dresser sur un coude,...