La survie des Juifs en France 1940-1944
381 pages
Français

La survie des Juifs en France 1940-1944

-

Description

Comment et pourquoi 75 % des juifs ont-ils échappé à la mort en France sous l'Occupation, en dépit du plan d'extermination nazi et de la collaboration du régime de Vichy ? Comment expliquer ce taux de survie inédit en Europe, dont les Français ont encore peu conscience ?

Comment et pourquoi 75 % des juifs ont-ils échappé à la mort en France sous l'Occupation, en dépit du plan d'extermination nazi et de la collaboration du régime de Vichy ? Comment expliquer ce taux de survie inédit en Europe, dont les Français ont encore peu conscience ?

Jacques Semelin porte un regard neuf et à hauteur d'hommes sur les tactiques et les ruses du quotidien qui ont permis aux persécutés d'échapper aux rafles et déportations. Au-delà du contexte international et des facteurs géographiques, politiques, culturels, il montre que les juifs ont trouvé en France un tissu social complice pour les aider, surtout à partir de l'été 1942, malgré l'antisémitisme et la délation.

Entre arrestations et déportations d'une part, gestes d'entraide et pratiques de solidarité d'autre part, ce livre est tout sauf une histoire édulcorée des quelque 220 000 juifs toujours en vie en France à la fin de l'Occupation. C'est une histoire au plus près des réalités quotidiennes des persécutés juifs, français et étrangers, illustrée par les trajectoires d'individus ou de familles, dont le lecteur suit l'évolution de l'avant-guerre aux années noires.



" Ce livre que j'aurais tant voulu écrire, c'est Jacques Semelin qui l'a écrit et c'est une remarquable réussite. "

Serge Klarsfeld






Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 18 octobre 2018
Nombre de lectures 3
EAN13 9782271121066
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Comment et pourquoi 75 % des juifs ont-ils échappé à la mort en France sous l’Occupation, en dépit du plan d’extermination nazi et de la collaboration du régime de Vichy ? Comment expliquer ce taux de survie inédit en Europe, dont les Français ont encore peu conscience ? Jacques Semelin porte un regard neuf et à hauteur d’hommes sur les tactiques et les ruses du quotidien qui ont permis aux persécutés d’échapper aux rafles et déportations. Au-delà du contexte international et des facteurs géographiques, politiques, culturels, il montre que les juifs ont trouvé en France un tissu social complice pour les aider, surtout à partir de l’été 1942, malgré l’antisémitisme et la délation. Entre arrestations et déportations d’une part, gestes d’entraide et pratiques de solidarité d’autre part, ce livre est tout sauf une histoire édulcorée des quelque 220 000 juifs toujours en vie en France à la fin de l’Occupation. C’est une histoire au plus près des réalités quotidiennes des persécutés juifs, français et étrangers, illustrée par les trajectoires d’individus ou de familles, dont le lecteur suit l’évolution de l’avant-guerre aux années noires. « Ce livre que j’aurais tant voulu écrire, c’est Jacques Semelin qui l’a écrit et c’est une remarquable réussite. » Serge Klarsfeld Historien et psychologue de formation, politologue, Jacques Semelin est directeur de recherche émérite au CNRS (Centre de Recherches internationales, CERI-Sciences Po). Depuis vingt ans, il donne à Sciences Po un cours pluridisciplinaire sur les génocides et les violences extrêmes.
Jacques Semelin
La survie des juifs en France
1940-1944
Préface de Serge Klarsfeld
Titres déjà publiés :
Collection « Seconde Guerre mondiale » dirigée par Laurent Joly
Tal Bruttmann, Laurent Joly, Annette Wieviorka (dir.),Qu’est-ce qu’un déporté ? Histoire et mémoires des déportations de la Seconde Guerre mondiale, 2009. Louis Sadosky, brigadier-chef aux RG, présenté par Laurent Joly,Berlin 1942. Chronique d’une détention par la Gestapo, 2009, Édition poche, revue et augmentée, 2014. Patrice Arnaud,Les STO. Histoire des Français requis en Allemagne nazie, 1942-1945, 2010, Édition poche, revue et augmentée, 2014. Sylvie Bernay,L’Église de France face à la persécution des Juifs, 1940-1944, préface de Catherine Nicault, 2012. Emmanuel Debono,Aux origines de l’antiracisme. La LICA (1927-1940), préface de Serge Berstein, 2012. Bernard Costagliola,Darlan, préface de Georges-Henri Soutou, 2015. Karine LeBail,La Musique au pas. Être musicien sous l’Occupation, 2016. Patrice Arnaud, Fabien Théofilakis (dir.),Gestapo et polices allemandes. France, Europe de l’Ouest, 1939-1945, 2017. Laurent Joly,Dénoncer les juifs sous l’Occupation. Paris, 1940-1944, 2017.
Forme abrégée, révisée et actualisée dePersécutions et entraides dans la France occupée. Comment 75 % des juifs en France ont échap pé à la mort. © Les Arènes/Le Seuil, Paris, 2013 © CNRS Éditions, Paris, 2018 pour la présente édition ISBN : 978-2-271-12106-6
Préface
Avertissement
Introduction
Sommaire
Chapitre 1. La dispersion Français israélites et immigrés juifs Des citoyens à part entière La France, terre d’asile 1933 : Adolf Hitler au pouvoir Antisémitisme et xénophobie De la peur des bombardements à la panique de l’Exode Les évacués et expulsés d’Alsace-Lorraine et du Bade-Palatinat Le démembrement du territoire français et la naissa nce d’un antisémitisme d’État La catastrophe de la défaite Le régime de Vichy : collaboration et « Révolution nationale » De la « zone occupée » vers la « zone libre » Des conditions de vie différentes Causes et évaluation des flux Nord/Sud L’attraction de la « zone italienne » et l’éparpill ement en milieu rural Le havre italien ? La « présence juive » en zone sud Atteindre la Suisse ou l’Espagne Rester chez soi ou à proximité
Chapitre 2. Face à la persécution : se débrouiller pour survivre Obéissance à la loi et recours légaux Ceux qui gardent confiance... Des rabbins invitent au respect de la loi Affiliation identitaire Qui est juif ? Nationalitévsjudéité Conversions, exemptions, recours à la loi Complicité des institutions judiciaires et arbitrai re des autorités allemandes La survie financière et alimentaire Aryanisation des biens, statut des juifs, et ruses pour contourner la loi Continuer à vivre de son métier Fonction publique : pensions, exemptions et petits boulots Le domaine médical Les besoins en main-d’œuvre Travailler dans une organisation juive Travailler pour l’occupant Reconversions professionnelles
Survivre à la campagne Exercer son métier en zone rurale L’assignation à résidence et le péril de l’oisiveté Des trajectoires infiniment variées Une situation toujours plus précaire L’état misérable des internés
Chapitre 3. Face aux arrestations : se fondre dans la population L’étoile jaune ou comment défier le port d’un stigm ate « J’ai porté la tête haute » La force de l’habitude Détacher son étoile ponctuellement Un « sac de billes » Du refus à la transgression assumée S’échapper Mettre ses enfants à l’abri Se préparer à fuir, se cacher, se faire prendre Après l’arrestation, tenter l’évasion Basculer dans l’illégalité Se procurer de faux papiers Devenir double S’adapter à la vie rurale Se faire catholique Aller à l’école, poursuivre ses études, s’émanciper Aimer et faire des enfants Prier et pratiquer le culte Prendre conscience de sa judéité
Chapitre 4. L’entraide spontanée envers les persécu tés Antisémitisme, indifférence et compassion De la propagande et de ses limites L’appât du gain Un phénomène urbain ? Pétainisme et antisémitisme Un frémissement d’opposition Compassion et solidarité Délation et intérêt Assistance publique et protection sociale De l’Assistance publique au Secours national Une forme de schizophrénie administrative ? L’aide sociale dans les camps Les figures individuelles de l’aide et la notion de « Juste » Les réseaux de sociabilité L’ange gardien, l’hôte, le faussaire, le passeur L’ange gardien L’hôte Le « faussaire » Le « passeur » de frontières Des mille et une manières d’aider et de protéger L’importance des « petits gestes » Intéressés et désintéressés
Réactivité sociale et résistance civile « Ils savaient qu’on était juifs mais ils n’ont rie n dit »
Conclusion. La survie des juifs en France : une app roche multifactorielle 1. L’étendue du territoire 2. Antisémitisme, réactivité sociale et intérêt 3. L’aide et la question du risque 4. Une résistance civile de sauvetage 5. Les facteurs culturels 6. Les facteurs structurels 7. L’évolution des rapports entre les Allemands et Vichy 8. La vie, la mort, la chance
Liste des sigles et abréviations les plus usités
Table des cartes
Sources et documents 1. Archives du Centre de documentation juive contem poraine (CDJC) 2. Archives nationales (AN) 3. Archives départementales 4. Autres archives 5. Témoignages et documents d’époque 6. Mémoires et témoignages d’après-guerre Écrits Audiovisuels. Fonds d’entretiens de la série « Mémo ires de la Shoah » FMS/INA, en particulier les témoignages de : Entretiens réalisés par l’auteur dans le cadre de l ’élaboration du présent ouvrage : Autres témoignages :
Bibliographie indicative
Remerciements
Notes
Index des noms
Conclusion La survie des juifs en France : une approche multifactorielle
Notre enquête a consisté à décrire les tactiques et ruses du quotidien, initiées par les juifs eux-mêmes, pour échapper en France aux pe rsécutions et arrestations. On a aussi montré comment ils ont pu bénéficier de compl icités au sein de la population. Mais pour comprendre le taux élevé de survie des ju ifs en France, il faut cependant aller plus loin : passer du comment au pourquoi et prendre en compte une multiplicité de facteurs. Tel est l’objet de cette conclusion.
1. ’étendue du territoire
Le premier facteur est celui de la géographie : le territoire français étant plus vaste que celui de la Belgique ou de la Hollande, nombre de juifs fuient dès 1940 la zone occupée pour la zone libre et, de là, un petit nomb re réussit à passer en Suisse ou en Espagne. L’écrasante majorité demeure en France. Ta ndis que certains restent chez eux (ou pas très loin), beaucoup se dispersent dans des zones rurales jusqu’à atteindre des coins perdus. J’ai décrit la diversit é de ces migrations intérieures entre 1940 et 1944, illustrées par deux cartes inédites d e leur éparpillement en zone sud (sur la base des archives de Vichy). Cette variable de la géographie doit cependant pren dre en compte l’attitude des habitants dans les régions où arrivent les juifs. À la campagne, tout finit par se savoir : des « étrangers » au pays ne peuvent passe r inaperçus. Si la population française avait été très antisémite, comme le souti ent un courant historiographique, le pire aurait été à craindre : des dizaines de millie rs de juifs auraient pu être dénoncés. Mais cette délation de masse ne s’est pas produite.
2. Antisémitisme, réactivité sociale et intérêt
La thèse d’un antisémitisme virulent en France, déf endue par Marrus et Paxton, est à relativiser, du fait même que les trois quarts de s juifs ont pu y survivre. Nul doute pourtant que l’antisémitisme soit une réalité dans ce pays, au moins depuis le XIXe siècle. Mais il est difficile de le différencier d e la xénophobie, en particulier dans les années 1930 où la France connaît le taux d’immi gration le plus élevé au monde. Après la défaite militaire de 1940, le régime de Vi chy promeut un antisémitisme d’État au pire moment : sous le regard des nazis. Cette id éologie officielle est-elle largement partagée par la population ? Marrus et Paxton en so nt convaincus, décrivant un antisémitisme populaire en 1941. Mais d’autres hist oriens comme Pierre Laborie ont récusé cette vision, qu’ils estiment excessive et b iaisée. Quoi qu’il en soit de cette évaluation du poids de l’antisémitisme, l’essentiel n’est-il
pas d’abord d’observer ce que les individus font ou ne font pas dans une situation historique donnée ? Or, à l’été 1942, quand vient l e temps des arrestations de masse, des Français non-juifs tentent d’aider les victimes à y échapper, même s’ils peuvent avoir des préjugés antisémites. Qu’ils croient alor s ou non en l’existence d’un « problème juif », la brutalité d’un régime qui n’h ésite pas à arrêter femmes et enfants choque les esprits. C’est un tournant dans l’opinio n, consigné par des rapports de Vichy. C’est dans ce contexte que des « petits gestes » d’ entraide se développent envers les persécutés. La compassion tend alors à l’emport er sur la stigmatisation. J’ai décrit les personnages clés de cette entraide éphémère à t ravers les figures de l’ange gardien, de l’hôtesse, du faussaire et du passeur. Cette entraide n’est pas toujours désintéressée : qui a de l’argent a plus de chances de s’en sortir. Dans l’édition révisée de leur livre, Marrus et Paxton ont netteme nt réécrit leur conclusion en tenant compte de cette approche. Ces petits gestes ne peuv ent être assimilés à des actes de résistance, y compris le silence de la non-dénon ciation. La notion deréactivité sociale permet de qualifier la diversité de cette entraide spontanée, apparue surtout dans ces années critique s 1942-1944. Au moment même où l’on déportait les juifs pour les exterminer. La France a alors connu un important mouvement de réactivité sociale, au sens où des ind ividus, sans nécessairement se connaître entre eux, et sans instruction préalable, portent spontanément assistance à d’autres individus que, le plus souvent, ils ne con naissent pas davantage, mais dont ils perçoivent la situation de détresse – du moins de grande vulnérabilité. Ces individus sont desaidants, non des résistants. La réactivité sociale n’est p as une notion totalisante : elle ne suppose aucune unanimi té du corps social dont d’autres éléments restent indifférents au sort des juifs, vo ire approuvent ce qui leur arrive. Je ne soutiens aucunement que tel est le comportement du « Français moyen » dans cette période. Cette entraide envers les juifs coha bitera jusqu’à la fin de la guerre avec d’autres conduites à leur égard : l’indifféren ce, l’intérêt voire la délation. Dans cette France très appauvrie par l’Occupation, où chacun tente de survivre au mieux, l’arrivée de réfugiés, juifs ou pas, dans te lle ou telle région, est en effet une source possible de tensions mais aussi de profits p otentiels. Pour nombre de Français non-juifs, en situation de proposer à des réfugiés en cavale des produits alimentaires (voir le développement du marché noir) ou des services (location d’un logement, garde d’enfants, etc.), peu importe la « race » ou la religion des demandeurs, pourvu qu’ils aient les moyens de... pa yer. Cette question cruciale de l’argent détermine la façon dont ils sont traités b ien davantage que le fait qu’ils soient juifs ou pas ; il arrive d’ailleurs qu’on ignore le ur origine. La logique de l’intérêt peut dissuader de la délation, tant il est clair que l’o n ne tire aucun avantage à dénoncer celui dont on profite déjà.
3. ’aide et la question du risque
Ces formes d’aide envers les juifs, intéressées ou pas, ont existé dans tous les pays de l’Europe nazie, à plus ou moins grande éche lle. Il est impossible de prouver objectivement leur plus grande étendue en France. D es études comparatives seraient nécessaires. Certains indices laissent pourtant sup poser que cela a pu être le cas, du fait des conditions particulières de l’Occupation d ans ce pays et de l’histoire culturelle de la société française. Considérons d’abord la question du risque : ceux qu i protègent les juifs en France
se mettent-ils en danger de mort, comme l’affirme l a définition du Juste ? Assurément, un passeur prend des risques quand il a ccompagne une personne ou une famille pour traverser la ligne de démarcation ou une frontière. Mais il faut le souligner, le fait d’aider des juifs en France est peu, voire pas du tout sanctionné par les polices française ou allemande. Cette réalité e st fort peu connue, y compris de Marrus et Paxton, qui croient que les plus courageu x prenaient le risque de se faire tuer en cachant des juifs dans leur maison {597}. À cet égard, la situation de la France occupée n’a rien à voir avec celle de la Pologne pa r exemple : dans ce pays, qui est pris à cacher un juif est exécuté sur-le-champ avec sa famille. Rien de tel en France et dans les autres pays de l’Europe occidentale, bi en qu’en Belgique et surtout aux Pays-Bas, des non-juifs ayant aidé des juifs ont pu être sanctionnés{598}. En revanche, la répression allemande est impitoyabl e contre ceux qui secourent un aviateur allié, comportement considéré comme un act e de guerre, puni en général de déportation. Aux yeux des Allemands, il n’est pas é quivalent de protéger un juif et de secourir un militaire anglo-américain (ou le membre d’un réseau de renseignement allié) ; la personne qui aide ne subit donc pas les mêmes sanctions {599}. Pour sa part, Vichy a certes décrété en 1942 des mesures ré pressives contre ceux qui viendraient à aider des juifs {600}. Mais elles n’ont pas ou fort peu été appliquées. En France, tout « non-juif » qui aide un juif n’est donc sanctionné, ni par Vichy ni par l’occupant (sauf exceptions). Bien entendu, cel a n’enlève rien à la valeur du geste ou de l’acte de celui qui aide. Celui-ci a souvent le sentiment de faire quelque chose d’interdit et peut être habité par la peur des repr ésailles. Mais il n’y en a pas eu – à l’exception des opérations punitives des derniers m ois de la guerre, visant indistinctement les civils, entre autres les juifs et ceux qui les hébergeaient.
4. Une résistance civile de sauvetage
S’agissant du bilan de la Shoah, deux chiffres sont frappants : 90 % des juifs français y ont survécu et presque 60 % des juifs ét rangers. Rien de tel qu’une approche quantitative pour jeter un autre regard su r une période. Comment expliquer ce taux très élevé de la survie des juifs français qui, notons-le, ne se définissent pas comme tels à l’époque mais comme des Français israé lites (et encore pas toujours) ? Le recul historique est indispensable. La France est le premier pays en Europe à émanciper les juifs en 1791 lors de la Révolution française. Durant le XIXe siècle, ils se sont peu à peu assimilés à la natio n et certains ont réussi à faire partie de ses élites . C’est pourquoi ils ont perçu le statut des juifs du 3 octobre 1940 comme une trahison {601}. Néanmoins, pour contourner leur persécution, ces Fr ançais stigmatisés comme juifs disposent de diverses ressources sociales, co mme le fait de faire appel à des proches en zone libre ou, au moins, d’y envoyer leu rs enfants. Des amis ou collègues peuvent encore les aider. Bref, ils usent de plusie urs tactiques de « débrouille » pour s’en sortir, facilitées par leur intégration sécula ire à la nation. Par contraste, la situation des juifs nationaux aux Pays-Bas est fort différente. Bob Moore y souligne que les juifs hollandais étaient certes aussi intég rés mais selon un autre modèle propre à la société néerlandaise : celui dit de la pilarisation. Avant-guerre, les juifs hollandais disposaient des mêmes droits que les aut res citoyens les reliant de manière verticale à l’État. Mais ils avaient tendan ce à vivre entre eux, pour ainsi dire en vase clos. À l’heure de la persécution et des dé portations, ce peu de relations avec les non-juifs leur a été très préjudiciable {602}.