Le Combat naval de Port-Saïd en 1886 - Entre les flottes alliées de France et de Turquie contre celle d
142 pages
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Le Combat naval de Port-Saïd en 1886 - Entre les flottes alliées de France et de Turquie contre celle d'Angleterre

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Description

Le 2 juin 1886. — C’est le jour ou fut livrée la bataille de Port-Saïd. Vous vous souvenez que dans le courant de l’été de 1882, les affaires d’Egypte occupaient beaucoup les esprits ; on pensa généralement que notre gouvernement s’y était mal engagé, et en sortirait difficilement. Cependant les affaires furent raccommodées, arrangées à peu près, mais on pressentait que cet arrangement ne durerait pas longtemps. Vous vous souvenez aussi comment l’orage, qui couvait depuis si longtemps, éclata à la fin, et comment peu de temps avant la date de mon récit, nous nous trouvâmes soudainement engagés dans la guerre européenne actuelle.

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Date de parution 17 novembre 2016
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EAN13 9782346126620
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Langue Français

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À propos deCollection XIX
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Augustin Garçon
Le Combat naval de Port-Saïd en 1886
Entre les flottes alliées de France et de Turquie contre celle d'Angleterre
PRÉFACE
On sait quelle est l’importance de la marine anglai se, et avec quelle vigilance la nation en surveille la direction. Ceci donnera la r aison pour laquelle l’histoire de la bataille de Port-Saïd publiée il y a quelque temps par l’important journal spécial 1 Engineering, a causé une émotion profonde dans toute l’étendue du Royaume Uni. Ce combat naval a lieu en 1886 ; les flottes engagé es sont celles de France et de Turquie contre la flotte anglaise, et quoique les b elligérants subissent tous de grandes pertes, la journée du 2 juin 1886 est plutôt favora ble à la flotte franco-turque qu’à celle d’Angleterre, qui se réfugie à Alexandrie. Cet aperçu montre suffisamment que l’auteur anonyme a voulu faire la description d’un combat naval imaginaire, sorte de Dorking mari time. En Angleterre, beaucoup de journaux, et entre autre sl’Army and Navy Gazette, ont vivement discuté au sujet des opinions émises par l ’auteur, lequel est, dit-on, un officier général de la marine royale. En France, il a été question de cette publication d ans plusieurs journaux spéciaux. Le but de l’écrivain, comme du reste il l’annonce p ar une Note avant-propos, est de faire connaître à ses concitoyens les vices qu’il t rouve dans la construction des vaisseaux anglais et dans l’instruction des officie rs et de l’équipage ; et afin de mieux faire ressortir tous ces défauts, il a imaginé la b ataille de Port-Saïd, où il montre qu’en cas de danger on ne peut armer assez vivement, que machines et mécaniciens laissent fort à désirer, et que, la préparation de l’ennemi étant plus complète, la flotte anglaise est presque anéantie par suite de son infé riorité de nombre et d’armement. La torpille et les torpilleurs jouent un grand rôle dans ce combat ; le torpilleur éclaireur français, imaginé par l’auteur, et auquel il donne le nom deMerveille,un fait immense ravage dans l’escadre légère. Le 2 juin 1886, l’Angleterre perd pour longtemps l’ empire des mers, dit l’auteur, et cette hypothèse, qui a dû être très sensible aux le cteurs anglais, est la cause de l’intérêt attaché à la publication de ce combat nav al imaginaire. Comme dans les préliminaires de la bataille de Dorking, ce sont le s torpilles, et encore les torpilles, qui paraissent occuper le plus le narrateur ; mais, con trairement à ce qui a été relaté dans l’ouvrage du colonel Chesney, ou de M. Disraeli, ce tte fois l’Angleterre est alliée avec l’Allemagne et les deux nations soulèvent l’Egypte contre la Turquie, tandis que la France fait alliance avec la Russie. Les belligéran ts se disputent la possession du canal de Suez. M. de Lesseps a pu faire reconnaître la neutralité du canal de Suez et les évènements de 1870-78-82, ont montré que cette neut ralité était observée. Mais ici l’auteur n’en a pas tenu compte. Les critiques de l’écrivain paraissent sérieuses au point de vue du matériel et des détails du service ; et il est probable qu’elles po urraient être adressées aussi à beaucoup d’autres marines. Eu égard à cela et au rô le que nous fait jouer l’auteur, nous avons pensé qu’une traduction de cet ouvrage s erait lue avec fruit. L’importance prise en France par les questions de t orpilles et de torpilleurs donne de l’intérêt à la tactique spéciale indiquée dans l e récit de la bataille de Port-Saïd. Sir Thomas Brassey, dans son ouvrage sur laBritish Navy,le désir que les exprime mécaniciens des navires de guerre fassent un stage à bord des steamers transatlantiques de Liverpool à New-York, qui filen t 16 nœuds à l’heure sans accidents et sans arrêt.
Il se plaint aussi de l’ignorance des mécaniciens a u point de vue du travail manuel et de leur incapacité reconnue de faire eux-mêmes l es réparations urgentes. Il y a aussi trop de machines à bord. On donne trop de tem ps aux manœuvres de parade. Dans la bataille imaginaire, la manœuvre des torpil les est mal faite et, même, un torpilleur lance toutes ses torpilles avec leur arrêt de sûreté en place ; et ce n’est qu’au bout de la journée qu’il s’aperçoit de la raison po ur laquelle ces engins ne produisent aucun effet. Partant de ce principe qu’il faut exagérer les défa uts ou les qualités pour les mieux faire ressortir, l’auteur amis beaucoup de fantaisi e dans son compte rendu dont voici le résumé : En mai 1886, la flotte anglaise de la Méditerranée, composée de 15 cuirassés, est à Larnaca, dans l’île de Chypre. La flotte franco-turque, qui compte 19 cuirassés, e st encore dans la baie de Suda, 2 dans l’île de Crète . Les Egyptiens gardent le canal et ses abords, tandi s que 20,000 hommes de l’armée des Indes sont en route pour venir soutenir le Khédive, et que la flotte de la mer des Indes croise dans la mer Rouge. Le 2 juin 1886, les deux flottes se rencontrent dev ant Port-Saïd qui est l’objectif des alliés et auxquels la flotte anglaise barre le pass age ; le combat dure toute la journée avec des pertes énormes de chaque côté, et le soir la flotte anglaise se retire sur Alexandrie pendant que la flotte franco-turque se p répare à l’attaquer de nouveau le lendemain. A la suite d’une attaque de nuit, et voy ant la flotte anglaise disparue, la flotte franco-turque dont le commandant est l’amira l turc, par suite de la mort de l’amiral français le marquis de Muillaire, se retir e vers Constantinople, poursuivie par l’escadre de la Manche qui est venue renforcer cell e de la Méditerranée. Ces navires anglais ne pouvant franchir l’entrée des Dardanelle s où les vaisseaux français et turcs se sont réfugiés, rallient le restant de leur flotte à Alexandrie. L’escadre du canal a été fortement éprouvée pendant son voyage. Partie de Plymouth pour renforcer l’escadre de la Méditerrané e, à peine est-elle en route, que, sur 6 cuirassés qui la composent, elle est réduite à 5 par suite d’avaries à la machine de l’Achille.A Gibraltar elle est obligée d’y laisser leNorthumberlandpour avaries aux chaudières ; avant d’arriver à Malte, le vaisseau-a miral leMinotaurdésemparé et est l’escadre se trouve alors réduite à trois navires ; elle se renforce du stationnaire le Neptune,l’ancien vaisseau acheté au gouvernement brésilien en 1878. Mais tous ces retards ne lui ont pas permis d’arriver à temps pou r prendre part à la bataille du 2 juin. Pendant ce temps, une escadre française, partie de Cherbourg et à laquelle l’Angleterre ne peut rien opposer, bombarde les por ts militaires anglais, s’en empare et lève des contributions jusqu’à l’arrivée de la flotte allemande qui la force à se retirer. On peut reprocher à l’auteur de ne pas avoir fait l a partie égale en faisant figurer dans son récit des navires présentement en construc tion en Angleterre, tandis qu’il a oublié du côté français certains navires en service . D’autre part et avec raison, il n’a pas fait figurer leCharles-Martella construction ne sera pas terminée avant dont longtemps ; mais pourquoi, de son côté, a t-il oubl ié leConquérantet l’Edinhurg ? Nous avons traduit aussi textuellement que possible et divisé l’ouvrage en plusieurs parties afin de rompre avec la monotonie d’un récit d’une seule haleine, tel qu’il existe dans la publication anglaise. La partie principale qui a trait aux épisodes du co mbat naval est écrite sous la forme d’une lettre, adressée à un ami par le lieutenant F orrest del’Alexandra. Ce qui donne aussi une certaine actualité à cette b ataille imaginaire et aux critiques
de l’auteur, c’est la mesure que l’on annonce comme ayant été prise par le chef de l’Amirauté allemande, le général Caprivi, qui s’occ upe de la mobilisation de la flotte dans le but d’arriver à la mettre sur pied de guerr e plus rapidement que n’importe quelle autre nation. Ceci nous porte naturellement à voir ce qui a lieu chez nous, et nous remarquons non sans peine que l’organisation d e la réserve des navires est défectueuse en France comme en Angleterre ; cela ne répond plus aux besoins actuels. Nous avons aussi beaucoup de navires encom brant nos ports et qui ne 3 pourraient être utilisés efficacement en cas de gue rre . Réglementairement, les navires de réserve de la pre mière catégorie doivent être en état de prendre la mer peu de jours après l’ordre d e mobilisation ; mais, comme le personnel qui les occupe est insuffisant comme nomb re pour encadrer les effectifs arrivant et que le côté matériel laisse presque tou jours à désirer, il arrive — ce qui s’est produit lors de la formation d’une escadre de réserve dans la Manche, — qu’au lieu de quelques jours il faut un mois pour que tou s les navires se trouvent en état de prendre la mer dans de bonnes conditions. Il y a autant de machines et de mécaniciens particu liers qu’il y a de vaisseaux. Notre plus fort cuirassé actuel, l’Amiral-Duperré, porte, à lui seul, un grand nombre de machines différentes ; il est donc nécessaire que c e soient des mécaniciens parfaitement exercés qui les manœuvrent. Il faut donc, si nous ne voulons pas être surpris e t désarmés, augmenter la portion disponible de la réserve et nous organiser de telle manière que la mobilisation de la première catégorie se fasse véritablement en quelqu es jours, et non en un mois. En prenant pour hypothèse la guerre de 1886 et le comb at de Port-Saïd, on voit que si on n’était prêt qu’au bout d’un mois cela serait trop tard. Déjà, en novembre 1883, et plus récemment en mai 18 84, l’amiral Peyron, ministre de la marine, a fait prendre les dispositions et do nné les ordres nécessaires pour que re nos bâtiments de réserve de 1 catégorie soient mis en état de prendre la mer dan s un délai de quinze à vingt jours, et que l’appel de la marine réunisse en quelques jours 100,000 marins et 20,000 soldats d’infanterie et d’ artillerie de marine supplémentaires ; on a pris aussi des mesures pour qu’une escadre de rade soit toujours prête, et facilite la formation d’escadres supplémentaires. Nous pensons que M. l’amiral Aube qui a déjà opéré d’importantes réf ormes dans la marine, mettra aussi bientôt en pratique ses excellentes idées sur la dé fense de nos ports et arsenaux. On sait que les dernières manœuvres de la flotte. a nglaise sur les côtes d’Irlande n’ont pas été entièrement satisfaisantes. Les expér iences et les manœuvres qui viennent d’avoir lieu à Cherbourg et à Toulon, et q ui pour la première fois ont mis en pratique une nouvelle tactique navale à l’aide des torpilleurs, auront sans doute des résultats plus favorables, pour l’instruction prati que des marins et l’expérimentation du nouveau matériel. D’autre part, si en Extrême-Orien t, nous avons pu applaudir aux exploits de nos vaillants marins, si bien conduits par le regretté amiral Courbet, il a été remarqué aussi qu’il était nécessaire de nous pourv oir de navires de combat ayant une plus grande vitesse. Ceci étant dit, nous quitterons notre rôle d’appréc iateur, pour prendre celui de traducteur, et nous commencerons l’intéressant réci t du combat naval de Port-Saïd.
1The Story of the battle of Port-Said. A chapter in the history of the future, FromThe Engineering.
L’histoire de la bataille de Port-Saïd. Un chapitre de l’histoire de l’avenir, extrait de l’Engineering. Messieurs Maw et Dredge, directeurs de l’Engineering,35, 36, Bedfort street Strand (Londres).
2Point de réunion de la flotte européenne chargée d u blocus des côtes de la Grèce.
3 Un récent arrêt du Ministre de la Marine a rayé de la liste de la flotte un certain nombre de ces vaisseaux destinés à servir aux expér iences ou qui seront vendus ou démolis.