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Le commerce fluvial à Mont-de-Marsan du XVIIe au XVIIIe siècle

De
278 pages
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, des dynasties de négociants animent le commerce fluvial sur la Douze entre Mont-de-Marsan et Bayonne et font fortune malgré les aléas de la navigation, des péages, du mauvais état du cours d'eau et du chemin de halage. Le dépouillement de milliers de minutes notariales de l'époque a été nécessaire pour reconstituer la vie sociale et économique de ces échanges fluviaux.
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Chemins de la Mémoire
Vincent Lagardère
Le commerce uvial à MontdeMarsan e e du XVIIau XVIIIsiècle
TomeII:Le quartier du port
e e Série XVII/ XVIIIsiècle
Le commerce fluvial à Mont-de-Marsan e e du XVIIau XVIIIsiècle
TOME II:Le quartier du port
Chemins de la Mémoire Fondée par Alain Forest, cette collection est consacrée à la publication de travaux de recherche, essentiellement universitaires, dans le domaine de l’histoire en général. Relancée en 2011, elle se décline désormais par séries (chronologiques, thématiques en fonction d’approches disciplinaires spécifiques). Depuis 2013, cette collection centrée sur l’espace européen s’ouvre à d’autres aires géographiques. Derniers titres parus : BOUYER(Mathias),La principauté barroise (1301-1420). L’émergence d’un État dans l’espace lorrain,2014. BOWD(Gavin),La vie culturelle de la France occupée (1914-1918),2014. WARLIN(Jean-Fred), J. –P.Tercier, l'éminence grise de Louis XV.Un conseiller de l'ombre au siècle des lumières,2014 MARC(Sandra),Les juifs de Lacaune-les-Bains (Tarn) dans l’après-guerre,2014.LOUISA.), (AbelJanvier Littée,Martiniquais premier député de couleur membre d’une assemblée parlementaire française (1752-1820),2013.e MARY (Sylvain),Le gaullisme aux Antilles et en Guyaneau temps de la IV République, 2013. GOASGUEN(Jean),Un médecin de marine au Sénégal(de1882-1884),Souvenirs de Louis Carrade,2013. MARTINI(Louis François),Le crépuscule des levantins de Smyrne,2013. FEUERSTOSS(Isabelle),La Syrie et la France. Enjeux géopolitiques et diplomatiques,2013. MONTBEL (Eric),Les cornemuses à miroirs du Limousin,Essai d’anthropologie musicale historique,2013. Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent.La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages,peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Vincent LAGARDÈRELE COMMERCE FLUVIAL À MONT-DE-MARSAN e e DU XVIIAU XVIIISIÈCLE TOME II:Le quartier du port
L’Harmattan
DU MÊME AUTEUR Le Vendredi de Zallâqa, 23 octobre 1086,L’Harmattan, Paris, 1989. Les Almoravides I,L’Harmattan, Paris 1991. e Campagnes et paysans d’al-Andalus VIIIe – XVsiècle, Maisonneuve et Larose, Paris, 1993. Histoire et société en Occident musulman au Moyen-Âge, Analyse du Mi’yâr d’al-Wansharîsî,Collection da la Casa de Velazquez, tome 53, Madrid, 1995. Les Almoravides, le Djihad andalou (1106-1143),L’Harmatan, ière Paris, 1998, 1édition, 2008, 2ième édition. Madînat Shaltîsh, Une ville islamique dans les marécages de l’Odiel e (Huelva, Andalousie) du IXe au XIIIsiècle,Etudes et documents, Archéologie 14, Namur, 2011, chapitre 1.Le commerce fluvial à Mont-de-Marsan du XVIIe au XVIIIe siècle, tome I, L’Harmattan, 2012, 329 pages. © L’Harmattan, 20145-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03035-7EAN : 9782343030357
Introduction
Au confluent de trois rivières, le Midou, la Douze et la Midouze, le site de Mont-de-Marsan fut choisi par Pierre de Lobanner (Loup Aner) comme étape du commerce fluvial d’un centre de collecte et de rassemblement des grains et des vins de l’Armagnac, descendant la Midouze et l’Adour jusqu’à Bayonne, échangés contre du sel et de nombreuses autres denrées, détaillées dans le premier volume consacré au « Commerce fluvial à Mont-de-Marsan, du XVIIe au XVIIIe siècle ».
Lors de la guerre du sel et des débuts de la Fronde, en 1636, de lourds convois de grains sont acheminés de l’Armagnac au port montois, où ils sont embarqués sur des galupes ou gabares, à destination de Bayonne, chargées en retour de sel. Ce sel, nous en avons détaillé l’origine, les qualités, les lieux de stockage, de vente et les modes de redistribution, les prix du sel blanc du Nord, du sel blanc de Saint-Gilles, du sel commun et du sel noir. Primordial pour l’acquisition de cette denrée, si recherchée pour la conservation des aliments, les vins, puis les eaux-de-vie, acheminés vers Bayonne, très prisés des négociants hollandais ou d’Europe du Nord, servent de monnaie d’échange. L’apprentissage et le développement de la distillation des vins, initiés par des spécialistes hollandais, feront la fortune de grandes dynasties de négociants montois :les Allein, les Dayre, les Lagoanère de Laboge, les Marrast, les Laurans, les Saint-Loubert-Bié, les Péres, les Baylin, les Jumel, les Duvin, dont nous avons décortiqué les carrières commerciales dans l’ouvrage précédent.
Les outils indispensables de ces fructueux échanges, furent l’aménagement du port, la construction de greniers, de magasins, de maisons à sel et de chais, au bord de la Midouze, l’équipement de diverses variétés de bateaux : galupes, gabares, galupats, galupots, demi-galupes, allèges, la formation de maîtres-de-bateaux expérimentés et de bateliers capables de déjouer les écueils de ce genre de navigation.
Si Bayonne devint le port des Landes, au XVIIème et au XVIIIème siècle, le commerce fluvial sur la Douze (Midouze) n’était pas de tout repos. Naviguer sur cette rivière, en période d’eaux hautes, se faisait sans difficultés, à condition d’éviter quelques écueils résultant de trois ou quatre portions de rochers, et d’autant d’îlots de sable, situés sur les bords ou dans le lit de la rivière. Les embarras engendrés par la période d’étiage, l’état désastreux du chemin de
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halage et les mauvais pas qu’occasionnait la traversée des divers ruisseaux qui le coupent, pour joindre la rivière, étaient autant de freins au transport fluvial. À cela s’ajoutait les divers «pague sau» ou péages dont la légitimité sera régulièrement combattue, au cours de ces deux siècles, sans parvenir à les faire tous abolir.
Ce deuxième volume, centré sur l’activité commerciale dans le quartier du port, analysera sa structure urbaine : la position et la transmission des greniers, des magasins et des chais aménagés autour de la place du Commerce ou place du Port, le long des rues du Port, des Calles, de la rue Batelière ou de la rue du Commerce. L’animation de ce quartier est assurée par les transports fluviaux et terrestres qui l’alimentent en denrées d’origine agricole, en laines d’Espagne et en étoffes les plus diverses, à l’origine de la fortune de nombreux marchands-drapiers montois.
Aux grandes familles de négociants de cette ville, déjà mentionnés, nous ajouterons les carrières commerciales des Douat, des Brettes, des de Cist et de Jean Candau, des Lefrancq, des Lesbazeilles et de François Tartas, pour terminer par l’aventure commerciale de Bernard Branzeau.
Cette reconstitution fragmentaire de l’activité économique du quartier du port de Mont-de-Marsan, n’a été possible que par le dépouillement des minutes notariales des notaires royaux montois de cette époque, documentation conservée aux Archives départementales des Landes, documentation souvent perdue pour certains notaires du XVIIème siècle, ou très endommagée et non communicable parfois, pour d’autres.
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Chapitre 1. Le quartier du port du XVIIème au XVIIIème siècle
Né du développement du commerce fluvial, le quartier du port s’agence autour de la place du Port ou du Commerce (place Pancaut), des cales ou calles conduisant aux berges de la Douze (Midouze), de la rue Batelière et du quartier de Rigole, à Saint-Pierre-du-Mont, peuplé des petites maisons construites par les familles des portefaix et des bateliers.
Le quartier du port
Aménagé hors les murs de fortification de la ville de Mont-de-Marsan, le quartier du port constitue un faubourg où des familles de marchands et grands négociants, s’adonnent au commerce fluvial sur la Douze (Midouze), en direction de Bayonne. À cet effet, ils y ont construit leurs maisons, leurs magasins, leurs greniers, leurs chais et leurs maisons à sel, en bordure de la Douze (Midouze), le long de la place du Commerce, des rues du Commerce, de la Marine ou de la Grande Calle, des Sagues ou Batelière.
Les calles ou cales. Entreles murailles de fortification de la ville qui s’ouvrent sur la place du Commerce, par la porte du Port, et le moulin du Port, cette portion des berges de la Douze, permet aux gabares et autres galupes de décharger les sacs de sel et autres marchandises, en provenance de Bayonne, pour les mener, par des ruelles appelées calles ou cales, vers la place du Commerce, et les magasins et greniers, et d’embarquer les futailles de vin, d’eau-de-vie et les sacs de céréales destinés à l’exportation. Le mot gascon cale désigne ces rampes d’accès à la rivière.
A la veille de la Révolution de 1789, le port est accessible grâce à cinq cales : celle de Marrast et de Bié, celle de Marrast et Cadillon, la Grande Cale, la cale de Sourbets et celle de Laburthe.
La plus ancienne, la cale de l’Abreuvoir ou du Lavoir, certainement de l’époque du Moyen-Âge, est le prolongement direct de la place du Port ou du Commerce, vers la berge de la Douze (Midouze). En 1787, elle est en mauvais
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état, et les négociants de la ville adressèrent une supplique à Mr. de Boucheporn, intendant de Pau et Bayonne. Les pierres de taille des côtés et des angles de la cale ont été déplacées et renversées, au point que «le moindre effort, lors du roulage des futailles, suffisait pour les précipiter dans un égout profond, où elles seraient fracassées sans ressource ». De plus, il existe dans le milieu de la cale, «des excavations considérables, qui exposent ces mêmes futailles, à s’entrouvrir, quelque solides qu’elles puissent être». L’entretien de cette cale, sans doute construite au Moyen-Âge, était à la charge de la Communauté de la ville. C’est elle qui permet de relier la cale de l’Abreuvoir à la place du Port ou de Commerce (place Pancaut). Sur le plan cadastral de 1811, le site est vierge. «Le Midou jouxte les murailles de la seconde enceinte, et des bancs de sable prolongent la rue de l’Abreuvoir (actuelle rue Henri Thiébaud). Le site était donc déjà utilisé pour faire boire le bétail. La cale fut construite en remblayant les lieux, vers 1816, avec des matériaux provenant de la démolition de l’ancien pont du Bourg» (A. Lafourcade).A l’extrémité sud de ce pont, s’élevait la porte de Saint-Sever, et au Moyen-Âge, jusqu’au 10 janvier 1702, l’hôpital du bout du pont du Bourg, qui devenu insalubre, fut vendu par l’évêque d’Aire et reconstruit sur un terrain cédé par Jacques Lefrancq, bourgeois et marchand montois, moyennant 3000 livres. «Notre cale est formée de deux rampes aboutissant au lavoir. Au cours des deux derniers siècles, elles ont porté diverses appellations. Pour la rampe est, descendant du pont Gisèle Halimi : cale Roussoulet en 1836, cale du Pont du Midou en 1844, cale ou quai Ritter en 1863» (A. Lafourcade). Pour la rampe ouest, cale de l’Abreuvoir en 1827, cale de Gorce en 1844.
La quatrième cale, ou la troisième en partant de la place du Port ou du Commerce (place Joseph-Pancaut), c’est la «Grande Calle», anciennement appelée « calle du Rey », cale du Roi. Elle est le débouché de la rue Marine ou de la Grande Calle, vers les berges de la Douze (Midouze). C’est la plus large des cinq cales qui font communiquer l’actuelle rue du Maréchal Bosquet et le quai de la Midouze. Elle a une longueur de trente-cinq mètres. «Elle est devenue la «cale des Chalands», le 16 juin 1972, rappelant le souvenir de ces bateaux à fond plat, non pontés, appelés dans la région, galupes ou gabares qui, de Mont-de-Marsan à Bayonne, transportaient les grains et les eaux-de-vie de l’Armagnac » (A. Lafourcade).
La dernière cale offrait un débouché vers la rivière, à la rue des Sagues ou Batelière. Cette voie étroite où la circulation se fait en sens unique, débute actuellement, à la jonction des rues Maréchal Bosquet et Charles-Despiau, et s’achève rue du Général-Lasserre. Avant la Révolution de 1789, elle portait le nom de rue des Sagues. « Les sagues étaient des garçons meuniers, allant dans les campagnes, avec un mulet, chercher dans les métairies les sacs de blé ou de
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seigle qu’ils faisaient moudre; par extension, les Sagues étaient également les porteurs de sacs du Port » (A. Lafourcade). Cette rue, par ailleurs, donnait accès au moulin du Port. Sous la Révolution, cette rue portait le nom de rue Patriote. Le Conseil Municipal montois, le 5 mai 1806, la dénomma rue Batelière, rappelant qu’elle était habitée par les maîtres-de-bateaux, les bateliers et les portefaix employés au port fluvial, situé sur les quais tout proches. En 1813, elle fut dénommée rue Marine.
Les rues du quartier du Port. La rue du Port qui s’ouvre sur la place du Port ou du Commerce, fut dénommée, au cours du XIXème siècle, rue du Commerce. Au XVIIème et au XVIIIème siècle, elle était bordée par les maisons des négociants tirant leurs revenus de la batellerie et du commerce fluvial entre l’Armagnac, le Languedoc et Bayonne. Ils accédaient au port, aujourd’hui quai de la Midouze, par les cinq cales dont nous avons parlé précédemment, et qui existent toujours. La rue du Port, encombrée les jours de marché, « au point que les citoyens ne pouvaient passer sans être exposés à se faire écraser, et que même le courrier de la Malle fut plusieurs fois arrêté des heures entières par les bouviers, était limitée au XVIIème siècle et au XVIIIème siècle (côté place Joseph-Pancaut), par la Porte du Port, dont la démolition fut décidée en 1777. Sous la Révolution, baptisée rue du Serment Civique, elle s’appela successivement: rue Marchande, rue Bastiat, et en 1884, enfin rue Frédéric-Bastiat en 1899.
Les magasins, greniers, chais et maisons à sel du quartier du port Dès leur installation dans le commerce des céréales, des eaux-de-vie, du sel et autres denrées, les négociants affluant tant du Gers, du Languedoc, que du Nord de la France, devaient se doter de magasins, de greniers, de chais, de maisons à sel, nécessaires au stockage temporel de leurs marchandises en transit, à destination ou en provenance du port de Bayonne.
Ces lieux de stockage et de vente sont des entrepôts échelonnés le long de la Douze (Midouze), ou construits derrière les maisons des marchands du port. En 1647, Jean Banos détient un grenier situé au port; en 1654, le marchand Burriot en fait construire un ; en 1684, Jean Candau en est pourvu. Toutes les grandes familles de négociants montois pratiquant le commerce fluvial, en possédaient un ou plusieurs, selon la densité de leurs activités de négoce. Greniers, chais, maisons à sel sont avec les galupes, galupots, demi-galupes ou allèges, les investissements primordiaux de tout commerçant désirant s’installer au port de Mont-de-Marsan.
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