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LE MANIFESTE DE LA MEDIATION THERAPEUTIQUE

De
122 pages
La Médiation thérapeutique porte avant tout un regard différent sur " la personne ". Elle considère avant tout les ressources dont elle dispose pour accéder à un équilibre perdu. Au nombre des déficits à combler pour la personne, les deuils non accomplis dont l'auteur nous dit qu'ils " constituent sans aucun doute le mal contemporain le plus répandu " et les charges fantômes héritées de la lignée qui inaugurent un concept souvent entrevu mais jamais abordé au plan concret, celui de la préhistoire de la personne. La médiation thérapeutique est à l'écoute des ressources de la personne, lui permet de les percevoir, de les utiliser.
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LE MANIFESTE DE LA MÉDIATION THÉRAPEUTIQUE

@ L'Harmattan, 2000 ISBN: 2-7384-9529-X

Jean AMBROSI

LE MANIFESTE DE LA MÉDIATION THÉRAPEUTIQUE

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

Dans la même collection:

Mireille AÏN : « Le lâcher prise en Médiation Thérapeutique» (Le Savoir Intelligent: désordres, inquiétudes et grandeur) 2000.

-

Jean AMBROSI : - « La Médiation Thérapeutique» 1996.
- « Le Désir de Changement» 1997. - « Transfert et Relation de Sympathie»

1998.

Danielle LACOMBE:
- « Le deuil non-accompli, une approche particulière Médiation Thérapeutique» en

2000.

La M.T. porte un autre regard sur la personne et induit une approche différente de la santé. J'évoque volontiers le principe qui la fonde: « La personne possède en elle-même le savoir de son mieux-être, de ses équilibres, ... et tout ce que l'on peut faire de l'extérieur n'est que rappel de ce savoir ». En d'autres termes, la M.T. s'appuie sur ce qui est vivant en la personne, sur ses ressources propres. Elle donne une place essentielle à ce « vivant », à ces « ressources ». Nous cherchons, nous innovons parfois. Nous en sommes aujourd'hui à une façon effective de travailler, à la fois éthique et pragmatique, en devenir constant, qui tient essentiellement aux ressources propres de la personne. « Nous refusons d'être encore pour 107 ans, des névrosés qui décrivent de façon de plus en plus précise les névroses des autres à travers les leurs propre ... ... nous tirons patiemment le fil du vivant à travers la personne et l'aidons à se laisser guider par ce qu'il lui en advient à travers le symptôme. » (M-C. Beaudoux: « Dialogue dans le train », mars 2000. Communication privée.) La Médiation Thérapeutique existe maintenant pour un public élargi et les milieux professionnels en font souvent cas. A ses débuts, elle fait figure de recours pour des approches plus classiquement établies qui éprouvent leurs limites.

Les personnes que les premiers médiateurs rencontrent sont alors «recommandées» par des médecins ou collègues. Certains médiateurs exercent, sous diverses étiquettes, en institutions psychiatriques, des lieux où l'on travaille sans tapage, où l'on ne fait pas grand état des «réussites» thérapeutiques, tant on réalise, lorsqu'elles adviennent, que le soignant ne peut guère s'en attribuer le mérite. La M.T. s'est ainsi, en catimini, forgé« une sorte de réputation» face aux phénomènes dépressifs, et plus tard, en rapport aux deuils non accomplis. Puis, il lui a été attribué la qualité «d'une certaine efficacité », toutes pathologies quelque peu confondues. Amorcée depuis dix ans, cette tendance semble se confIrmer. Marie-Christiane Beaudoux, la plupart de nos collègues médiateurs et moi-même, provenons de disciplines classiques. L'avènement progressif de la M.T. correspond sans doute au besoin que nous avons éprouvé de dépasser certains obstacles. Nous sommes animés d'un réel pragmatisme et notre intention a toujours été fondamentalement éthique. Il s'est sans cesse agi de rechercher entre le soignant et le soigné le mode relationnel le plus respectueux possible. L'émergence de la M.T. tient sans doute à cette attitude. C'est ce respect qui a permis «un autre regard », de nouvelles observations, la «découverte du savoir de la personne », véritable clé de voûte de cette approche, puis l'utilisation que nous en faisons. Il a fallu prendre notre temps pour que ce « savoir» se fasse jour, pour que les chemins de son application soient soigneusement précisés. Nous avons hésité, remis en question, évolué avec la plus grande prudence. .. Le volume proposé ici répond à un besoin de présentation sans équivoque possible. Quelques publications, conférences, émissions radiophoniques et débats ont été consacrés à la 6

Médiation Thérapeutique depuis la parution, en 1995, du premier volume la concernant. Cet écrit vise à préciser davantage, à gommer les effets d'un « bouche à oreille» déformant par nature, et, en appui des premiers textes fondateurs, à présenter cette «approche différente» avec la concision que seul un recul véritablement critique autorise. Le titre a été choisi sans détour: « manifeste », « exposé au grand jour». Il est toujours périlleux d'annoncer sa différence dans un contexte accroché à des valeurs tenant lieu «d'idéologie dominante », surtout, et c'est précisément le cas, lorsque cette différence opère «un virage épistémologique» dont nous avons conscience. « Virage épistémologique », est une expression précieuse pour dire ici: « une autre façon de considérer », de « penser la personne », d'entrer en relation avec elle, de l'aider. Je n'ai pas aujourd'hui l'impression de bousculer ni de faire preuve d'un quelconque courage « intellectuel» à exposer ainsi notre approche. Ce «manifeste» n'avait pas lieu d'être plus tôt. Il prend appui sur une expérience accumulée et sans cesse renouvelée. Il advient « tout naturellement », ... Il s'adresse à la fois à un large public, aux professionnels, et aux médiateurs euxmêmes. Mon option est celle d'un discours « ouvert », sans qu'aucun «domaine réservé », aucune «gnose» ne soit l'apanage de « la classe soignante ». Le public y trouvera un exposé qui lui est destiné. Je souhaite qu'il en retire des bénéfices privés, qu'il sache, en tout état de cause, qu'il peut en appeler à cette approche s'il en éprouve le besoin ou, plus simplement, qu'il considère le regard différent porté sur la personne, sur la réalité du savoir dont elle dispose et sur la condition humaine. 7

Certains professionnels découvriront la M.T. en cette circonstance. Certains se réjouiront, comme j'ai pu le faire, que des idées caressées dans une sorte d'absolu, «les ressources de la personne!», puissent aboutir à une application éthique et pragmatique. Ces « idées» sont ici, en quelque sorte, mises à leur disposition. Pour les médiateurs en exercice et les médiateurs en formation, je ne cache pas mon intention: voici une sorte de « mémoire - synthèse» dont ils pourront peut-être tirer profit. Je souhaite qu'ils continuent d'apporter leurs critiques, et qu'ils persistent à s'exprimer à la première personne à travers leurs propres écrits.

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PRESENTATION

Ce volume comporte deux parties: La première traite avant tout de «la personne », terme préféré de longue date à celui de « sujet» ou de « patient », voire de « client ». A propos de la personne, nous ferons état: de son histoire et de sa « préhistoire », de son appartenance à ses «lignées », maternelle et paternelle de ses constituants, «savoir intelligent et femme ou homme sauvage», du regard particulier porté sur son système nerveux, « mosaïque mal jointe », des conditionnements hérités de sa vie intra utérine et de sa naissance, « habitude première et quête infmie du paradis perdu », des « charges» qui lui adviennent de ses lignées, - d'une problématique répandue advenant des deuils non accomplis.

... autant d'évocations utiles à dégager « une autre réalité» de la personne, à mettre en exergue « les ressources» qui lui sont propres, à engager la M.T..
... autant de notions particulières qui résonnent sans doute étrangement en première écoute, découragent à coup sûr le lecteur qui tend à retrouver des marques connues, stimulent aussi, je l'espère, celui qui «entre dans l'histoire» comme s'il s'agissait d'une «histoire» et c'est bien d'une « histoire» dont il s'agit, ... (toute « théorie» n'est-elle pas « histoire fabuleuse» ?) ... Nous usons en M.T. d'une « histoire véridique », de celles qui permettent de percevoir - ou de se bercer de l'illusion de percevoir - une réalité qui échappe sans cesse. L'histoire véridique répond à un besoin très partagé, elle rassure momentanément La « thématique» de la M.T. se fait donc rassurante face à l'étrangeté des ressources de la personne, quand elles surgissent en dehors de toute logique immédiate, de toute grille préétablie, ... Sans doute instruits par les expériences de nos grands prédécesseurs, nous ne prétendons à aucune «vérité », à aucune «scientificité », à aucun discours péremptoire inspiré des médecins de Molière: «et voilà pourquoi, Monsieur, votre fille est muette... », ... . .. nous poursuivons, on le verra, une fmalité pragmatique sans cesse alimentée d'une éthique rigoureuse. L'un sans l'autre - pragmatisme sans éthique- n'aboutit qu'à substituer un conditionnement à un autre. Et l'autre sans l'un - éthique coupée du pragmatisme induit au mieux un angélisme inutile, et au pire un discours qu'il n'a de cesse qu'il ne se referme sur lui-même, « qu'il ne coupe du monde ». Cette première partie inclut aussi l'énoncé à proprement parler de la M.T. : de la considération qu'elle accorde au 10