Le peuple Kissi (Guinée, Libéria, Sierra Leone) face aux colonisations

Le peuple Kissi (Guinée, Libéria, Sierra Leone) face aux colonisations

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337 pages
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Voici reconstituée l'histoire du partage colonial du pays kissi entre Anglais, Français et Libériens à partir des clauses de la Conférence de Berlin en 1885. L'ouvrage traite ainsi de l'ère coloniale à la croisée de trois colonisations concurrentes. On y retrouve la manifestation multiforme de la toute puissance du pouvoir colonial et ses tentatives d'arrimage de la société kissi à l'économie de marché.

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Ajouté le 01 août 2010
Nombre de lectures 532
EAN13 9782296255623
Langue Français
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© L'HARMATTAN, 2010 57, rue de l'ÉcolePolytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296117976 EAN : 9782296117976
À ma mère Wandja Kamano qui a tout fait pour moi et à laquelle je dois tout.
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A tous mes maîtres d’école primaire qui m’ont tant appris et auxquels je dois tout, je dédie ce livre. Ma pensée affectueuse va notamment à :  DOUNO BALLAfraîchement sorti de l’Ecole Normale Primaire de qui, Macenta, fit avec brio ses premières armes dans la classe de première année du cours élémentaire que nous fréquentions. Excellent choriste, compositeur doué et brillant metteur en scène, Douno nous initia très tôt aux arts scéniques. Il fera valoir plus tard ses talents d’artiste consommé au sein de la célèbre troupe artistique de Gueckédou dont plusieurs grands prix au niveau des festivals culturels et artistiques nationaux ont porté sa marque. Aujourd’hui à la retraite, Douno est fondateur de l’une des toutes premières écoles privées de la Guinée, le Complexe Scolaire et Universitaire Nelson Mandela, un des meilleurs établissements d’enseignement de la République de Guinée.  FIATYAMENOUVOR KWASSI, un des trente instituteurs togolais qui, au nom de l’honneur et la dignité des peuples africains qu’inspirait l’indépendance guinéenne, venus au secours de l’enseignement guinéen dès la rentrée scolaire de 1959. Ces nationalistes togolais, en panafricanistes convaincus, allaient ainsi combler le vide créé par le retrait brutal par la France de ses cadres et techniciens, en représailles au NON historique de Sékou Touré au Général de Gaulle. Arrivé tout droit de Lomé, il nous retrouva à Ouendé Kènèma, aux confins du Libéria et de la Sierra Léone, à plus de 800 km au sud de Conakry. C’est lui qui, patiemment, méthodiquement, bref en pédagogue chevronné, nous ouvrit les portes du secondaire. Si Douno Balla a assuré notre initiation à l’art, Fiaty, quant à lui, nous a appris à jouer techniquement au ballon. Grand athlète et excellent footballeur, il a été régulièrement sollicité par le sélectionneur régional pour renforcer la grande équipe de football de Gueckédou, plusieurs fois finaliste de la coupe nationale. Aujourd’hui à la retraite, Fiaty a fondé à Tsévié une école privée qui compte parmi les meilleures au Togo. Que tous en soient vivement remerciés.
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L’auteur de ce livre ne devrait pas, normalement, être présenté aux lecteurs. Je dis « normalement », parce que, dans d’autres conditions que celles qui entourent le travail des intellectuels en Afrique et la diffusion de leurs travaux, il serait aujourd’hui l’un des chercheurs guinéens les plus en vue. Car Gilbert Aly Iffono n’est pas seulement un historien. C’est, d’abord, un pur produit de l’université guinéenne. Cette université est née, on le sait, dans les conditions les plus difficiles et, en même temps, les plus exaltantes. Elle a vu le jour à partir de 1958, à la suite du fameux « NON » de l’écrasante majorité des Guinéens au referendum proposé le 28 septembre par le général de Gaulle aux électeurs de France et d’« Outre Mer ». Quoi qu’on ait dit, par la suite et souvent à juste titre, des dérives du régime instauré par le P.D.G. (le Parti démocratique de Guinée) d’Ahmed Sékou Touré, ce non, aussitôt érigé en « événement » et en moment historique, fut bel et bien l’un des « événements fondateurs » des indépendances africaines. On a trop souvent réduit ces indépendances à leur seule dimension politique, voire politicienne. C’est oublier, minorer, occulter ou masquer le fait que la plupart des « Pères de l’Indépendance », voire leurs ancêtres dans la longue lignée des patriotes africains, avaient inscrit dans leur projet des dimensions et des ambitions politiques, bien sûr, mais aussi de puissantes ouvertures économiques, sociales, culturelles et intellectuelles. Fautil rappeler ici les noms et les projets éducatifs d’Africanus Horton (18351883) et d’Edward Wilmot Blyden (18321912) ? On nous rétorquera peutêtre qu’ils appartiennent, si l’on peut dire, à la « préhistoire » de la modernité africaine ! Soit, mais peuton récuser les Nnamdi Azikiwe et les Kwame Nkrumah, tous instruits par les féconds débats et riches expériences des Noirs américains et, plus largement, des EtatsUnis d’Amérique, une jeune nation qui s’est voulue si active à poser à l’échelle internationale son dynamisme intellectuel et sa personnalité
culturelle dans le monde en mutation de la première moitié du XXe siècle ? Il y eut, dans la Guinée des années 1950 et 1960, des débats et des innovations qui, à l’examen, révèlent une tension, une qualité et un engagement qui n’avaient rien à envier à l’intensité, aux exigences ou aux soucis du concret de la décennie précédant les indépendances. Aly Gilbert Iffono a été, comme toute sa génération, le produit de ces débats passionnés et des institutions, programmes et pratiques pour le moins prosaïques qui en son issus. L’un des problèmes cruciaux de la Guinée sékoutourienne et post sékoutourienne, dans la mise en place et dans la gestion de l’Etat postcolonial, a cependant été et reste la juxtaposition et, pire encore, l’affrontement à fleuret moucheté ou à couteaux ouverts entre plusieurs « élites » : d’un côté, l’« élite » produite localement par le système scolaire et universitaire d’Etat, je veux dire de l’Etat indépendant, et, de l’autre, l’élite multiforme venue des innombrables horizons de formation universitaire des années de « Guerre froide », c.àd. de l’ancienne « métropole » coloniale, la France, mais aussi des Démocraties Populaires et des Etats occidentaux, les EtatsUnis d’Amérique en tête. Un flot de rumeurs incontrôlées, venues d’on ne sait où, s’est échiné à distiller, à doses persistantes, l’idée selon laquelle les « élites » universitaires produites localement en Guinée n’avaient aucune « qualification » et, certainement, ne possédaient pas le niveau d’excellence requis dans les brillantes universités françaises, européennes et américaines, à « la réputation mondiale » bien établie… ! Ayant fréquenté beaucoup de ces « Guinéens de la Diaspora », je suis en mesure aujourd’hui, d’avouer n’avoir jamais vu ma conviction emportée par ce flot de rumeurs. Car, enfin, la Guinée indépendante n’atelle pas bénéficié de l’élan de solidarité formidable des talents aussi affirmés et aussi divers que ceux d’un Joseph KiZerbo, d’un Jean SuretCanale ou d’un Yves Bénot, pour ne citer que certains des noms parmi les plus connus et les plus proche de ma discipline de tous ceux qui se sont précipités ou sont restés en Guinée après le départ des fonctionnaires coloniaux ? Dès lors, il n’était plus question, pour la
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