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Le Président Hénault (1685-1770)

De
176 pages
En un siècle voué au libertinage, le destin de Charles-Jean-François Hénault est essentiellement lié à celui de trois femmes : son épouse légitime, la baronne de Castelmoron qui fut sa dame de coeur et la célèbre marquise du Deffand dont il faut souligner la communauté de pensée avec Voltaire. Hénault, dit "le Président" tout court à la mort de Montesquieu (parlementaire comme lui), brillait par la conversation et sa table participait à sa renommée. Il a laissé une correspondance et des oeuvres d'un grand intérêt historique et littéraire.
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SîmOé Gougeaud-Arnaudeau
LE PRÉSIDENT HÉNAULT (1685-1770) ou les Amours d’un magistrat mondain
Le Président Hénault (1685-1770) ou lesAmours d’un magistrat mondain
Simone GOUGEAUD-ARNAUDEAULEPRÉSIDENTHÉNAULT(1685-1770)
ou lesAmours d’un magistrat mondain L’Harmattan
Du même auteur : e – Entre gouvernants et gouvernés : le pédagogue au XVIII siècle, Presses Universitaires du Septentrion, 2000.– La vie du chevalier de Bonnard (1744-1784) ou Le bonheur de la raison,Préface par Dominique Julia, L’Harmattan, coll. « Logiqueshistoriques », 2005. La Mettrie (1709-1751), le matérialisme clinique, Préface par Jocelyn Bézecourt, L’Harmattan, coll. « Hippocrate et Platon. Études de philosophie de la médecine », 2008. – Le comte de Caylus (1692-1765), pour l’amour des arts,L’Harmattan, coll. Historiques, 2010. e – Les chats de noble compagnie, anthologie littéraire du XVIII siècle,La Tour verte, coll. Plumes de chats, Préface par Robert de Laroche, 2012. – Crébillon le Tragique (1674-1762),coll. L’Harmattan, Espaces littéraires, 2013. – Le Chat d’Émile Zola,La Tour verte, coll. Plumes de chats, 2015.Le site de l’auteur : http://sga12.pagesperso-orange.fr © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12317-2 EAN : 9782343123172
On commence par tout croire ; c’est l’effet de l’éducation ; on passe de là à ne rien croire, et c’est la suite du libertinage ; on revient ensuite à examiner, et c’est le fruit de la réflexion. Le Président Hénault Préparons-nous de bonne heure à la vieillesse : que les lettres consolatrices, les arts, la gaieté, l'amitié embellissent l'hiver de notre vie. Louis-Sébastien Mercier
PRÉFACE La pérégrination à laquelle nous sommes conviés par Simone Gougeaud-Arnaudeau dans son ouvrage dédié à l’une des figures les plus spirituelles et les plus empressées de son temps ressemble à une traversée inédite, traversée qui parcourt le cœur et l’esprit des gens du dix-huitième siècle. L’aventure débute ce 8 février 1685, lorsque naît à Paris Charles Jean-François Hénault que l’on nommera plus tard simplement « Le Président ». La plume alerte et minutieuse de Simone Gougeaud-Arnaudeau nous entraîne dans les tourbillons intellectuel et mondain de cet homme aimable, proche de Montesquieu, ami de Fontenelle et de Voltaire. Avec son caractère empli de bonté et de courtoisie, Charles Jean-François plaît infini-ment aux dames qui reconnaissent en lui un homme distin-gué, érudit et fort galant. L’auteur nous livre une fine exploration des cercles mondains que fréquenta le Président Hénault et cette peinture, toujours vibrante d’authenticité, fixe une toile polyphonique et polychrome dans laquelle des hommes illustres et d’autres, bien moins célèbres, révèlent l’atmosphère effervescente des conversations, lectures, fêtes, concerts, réunions, échanges et agapes des salons intellec-tuels les plus prestigieux du dix-huitième siècle. Le lecteur est conduit au plus près des existences de ces êtres du passé, métamorphosés en protagonistes des Lu-mières dont il partage les plus infimes, les plus intimes, les
Le Président Hénault (1685-1770) plus secrets détails des jours ordinaires. Alors que trop sou-vent sont négligés ces fragments insignifiants de vie privée, Simone Gougeaud-Arnaudeau nous confie des péripéties d’émotion, de sentiment, de complicité, d’affection, d’estime grâce auxquelles se tissent des liens d’amour, d’amitié, de déférence ou d’animosité par lesquels l’autre se fait écho de soi et miroir du monde. En cela, elle analyse au plus près différents témoignages individuels et points de vue sur le monde d’alors et traduit « indissolublement l’expression d’une conscience et l’image 1 e de la société » au point que le « réalisme » du XVIII siècle paraît relever « moins d’un système de représentation qu’il ne consiste en un réseau d’allusions ». Le discernement de l’auteur et son excellente connais-sance de la période littéraire lui permettent, avec quelques mots très justement élus, de suggérer cet univers, d’en reconstituer les atmosphères, de nous plonger dans le quotidien vécu du Président, une existence intime qu’elle sait parfaitement mettre en perspective. De la sorte sont cités lettres et mémoires, ces écrits de « la première personne du singulier qui expriment la relation fondamentale de l’individu à la société » et interrogent indéfiniment l’accomplissement de soi. En cela, l’ouvrage desAmours signale l’importance tacite du mot qui « désigne le bien-être humain sur cette terre : 2 c’estbonheurIl montre comment et pourquoi « sa quête» . devient légitime » et de quelle manière « l’être humain devient l’horizon de notre activité, le point focal vers lequel tout converge » De fait, cette étude nous raconte des 1 Jean Ehrard et René Pomeau,Histoire de la littérature française. De Fénelon à Voltaire,en huit volumes, Paris, Garnier Flammarion, 2007, vol. 4, p. 200. 2 Todorov (Tzvetan),L’Esprit des Lumières, Paris, Livre de Poche, 2007, p. 96.
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Préface histoires d’hommes, des expériences individuelles, « et parmi celles-ci, la première place est tenue par les affections qui lient chacun d’eux aux êtres qui l’entourent ». En partant à la découverte desAmours d’un magistrat mon-dain,lecteur attentif rencontre la marquise du Deffand, le amie très chère du Président, femme pétillante, perspicace et brillante, adversaire farouche de toute duplicité et toute hypocrisie. Il n’oublie pas cette figure marquante, épistolière infatigable, dont les lettres, dont les vocables, commentent avec une acuité psychologique profonde les perceptions, les affects, les valses et soubresauts de l’âme humaine. Cette femme charmante, enfermée dans la pénombre d’une cécité précoce, porte en elle la lumière d’une lucidité sans pareille. L’auteur éclaire la poétique épistolaire de la femme de lettres, dont elle souligne les sollicitations permanentes d’autonomie et d’excellence. Marie de Vichy-Chamrond fut conquise par le Président Hénault avec qui elle mena une existence pseudo-conjugale. Vingt-sept lettres écrites durant une vingtaine de jours de l’été 1742 témoignent de la force sentimentale éprouvée par la marquise pour le magistrat. En lui, elle ne lit qu’amabilité, prévenance et aménité, au point qu’elle se délecte autant de ses défauts que de ses qualités. Certes, elle saura également trouver la répartie appropriée pour faire savoir au galantin combien elle put parfois être blessée par certains de ses abandons,par certains de sesgoûts d’ailleurs. L’auteur saisit le cœur de Marie du Deffand au plus proche de ses tourments tout en respectant l’immense pudeur d’une femme, toujours dans la retenue de se dévoiler pleinement. Cette forme de réserve, plus ou moins sous-entendue, touche la sensibilité du lecteur et le séduit. La passion littéraire et historique de Simone Gougeaud-Arnaudeau nous fait goûter à des instants insolites où le Président Hénault, Voltaire, Madame du Deffand, Horace
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