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Le Secret du Chêne

De
476 pages

1967, entre une petite ville calme des USA dans l’état de Washington et les jungles de la guerre du Vietnam. Jamie Donnelly, à peine sortie de l’adolescence, se marie. Le lendemain, les deux hommes qu’elle aime plus que tout au monde, son frère Tony et son mari Nick, annoncent qu’ils se sont engagés volontairement pour défendre leur patrie. Jamie va sombrer peu à peu dans une inexorable dépression avant de devenir alcoolique...


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Cet ouvrage a été composér Edilivre
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Mail : client@edilivre.com
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Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-85588-6
© Edilivre, 2015
Citation
« Que toute nation sache, qu’elle nous veuille du bien ou du mal, que nous paierons n’importe quel prix, que nous supporterons n’importe quel fardeau, que nous accepterons n’importe quelle épreuve, que nous soutiendrons n’importe quel ami et nous opposerons à n’importe quel ennemi pour assurer la survie et le succès de la liberté. » John Fitzgerald Kennedy (1920-1963)
Dédicace
À mes trois filles, Germaine, Delphine et Victoria.
Première partie
1
Au-delà d’une élégante rangée de platanes centenaires reliant une vieille bastide à la route autant qu’elle la dissimulait, se situait un vignoble, lui aussi séculaire, dont les petites grappes encore vertes venaient à peine de surgir cette année. Dans la partie la plus éloignée du domaine appartenant à ses cousins, à l’endroit même où les racines de vieux arbres se mêlaient aux hautes herbes sauvages, Jamie Donnelly s’assit sur le sol sous un chêne solitaire ; elle cherchait à croiser le regard d’un jeune homme. Celui qui approchait était aussi, et surtout, celui avec qui, un jour, elle se marierait. Depuis quatre ans, il n’était plus son compagnon de jeux mais son petit ami et venait d’atteindre ses vingt ans. Il l’avait embrassée pour la première fois d’un baiser maladroit, sérieux et sincère. Avec sa main droite, elle avait caressé sa longue chevelure brune et ondulée qui tombait sur ses épaules, laissant ses doigts se reposer sur ses favoris. Il lui avait souri avec malice. C’était ce sourire présomptueux qui avait attendri le cœur des jeunes filles du lycée de Port Townsend, cette petite ville de l’État de Washington où il avait terminé ses études secondaires deux ans auparavant. Mais ici, loin de leurs foyers et des regards envieux de ses copines de classe et des visages condescendants des copains, son sourire paraissait aussi authentique qu’artificiel. Était-il aussi sûr que sa démarche arrogante l’indiquait, ou bien avait-il peur aussi ? – Nick, lui murmura-t-elle quand il l’eut rejointe, tu trembles. – Je sais, dit-il en riant nerveusement. – De quoi as-tu peur ? – De rien. Il caressa tendrement la joue de Jamie puis regarda brièvement dans le vide : – Je n’ai jamais fait cela avant… Elle aida, une à une, chaque bretelle de sa robe « bain de soleil » à tomber sur ses coudes et glissa doucement la main du jeune homme entre le haut de son bikini et sa peau, contre son cœur : – Peux-tu sentir ceci… ? La main de Nick, blottie autour du sein de Jamie, transportait une douce chaleur. Il regarda là où elle avait placé sa main et fronça les sourcils en se concentrant : – Ton cœur bat assez fort pour nous deux. Juste au-dessus d’eux, le bruissement des feuilles dans la ramure précédait en l’annonçant une brise douce et parfumée. Elle regarda la voûte oscillante des feuilles tachetées de lumière. La chaleur de cette fin d’après-midi était palpable même à l’ombre. C’était une chaleur sèche et rassurante, une chaleur qu’elle ne l’avait jamais ressentie auparavant. À Port Townsend, là où elle vivait depuis sa naissance, l’air marin et salé amenait d’autres sensations ; les températures moyennes avoisinaient les degrés en hiver contre 23 en été. Ici, en Provence, dans la maison ancestrale où son arrière-grand-père avait vécu pour, ensuite, transmettre à sa famille les fruits de ses nombreuses années de travail ardu et une fortune assez importante, Jamie éprouvait une étrange sorte de convoitise mêlée d’un sentiment de solitude : elle se sentait être à la fois au centre de l’univers et en harmonie avec ses objectifs. Le soleil provençal, toujours flamboyant, était un ami fidèle et chaleureux. Il donnait ce goût unique aux tomates savoureuses qui éclataient sous ses dents et dans sa bouche, il parfumait le thym sauvage et le romarin qui embaumaient l’air et il aidait les vins des côtes du Rhône à s’épanouir. Elle les goûtait depuis l’âge de 12 ans, âge où elle avait déclaré à son père qu’elle était assez grande pour tremper ses lèvres dans le rouge profond, presque noir, du vin issu des caves de son aïeul. Son père, en souriant, l’avait prévenue : il allait lui transmettre quelques-unes des gouttes de la sagesse qui avaient auparavant étés remises à tous ceux et à toutes celles qui l’avaient précédée dans cette famille. – On ne boit pas d’une petite gorgée, ma petite, mais d’un trait…
Sa mémoire venait de faire resurgir ce lointain souvenir au moment même où elle aidait Nick à détacher le haut de son bikini. – Nick, lui murmura-t-elle en se donnant à lui pour la première fois, je t’aime. – Moi aussi. Elle n’avait pas prémédité ce moment mais il lui semblait inévitable dès le début. Il était le premier : le premier baiser, le premier petit ami, la première personne qui avait touché le creux de son dos, le premier, et le seul, qui s’éclipsait discrètement de sa chambre du premier étage tard dans la nuit sans que ses parents ne s’en aperçoivent puisqu’il habitait la maison voisine. C’était le premier garçon qu’elle avait aimé et le premier qui l’aimait. Au commencement, il s’agissait du meilleur ami de son frère aîné, le garçon au sourire charmant et espiègle qui venait lancer des cerceaux avec son frère et ses copains sur l’allée. Mais, elle fut vite acceptée dans le cercle d’amis comme compagne de jeux et, ensuite, rapidement, comme confidente et amie. Tony, son frère aîné, commença à lui reprocher de passer davantage de temps avec Nick qu’avec lui : « Merci de me voler mon meilleur ami » avait-il ronchonné à plusieurs occasions devant sa jeune sœur. Mais, lorsque Nick et Jamie firent la transition de l’amitié affectueuse à l’amour tant désiré, l’harmonie sembla être revenue. Tony avait récupéré son meilleur ami et Jamie avait trouvé son premier amour. Maintenant, sous un chêne près des lisières sauvages du domaine de ses cousins d’où l’on entendait à peine les cris de son frère et de sa sœur plongeant et riant dans la piscine, elle se donnait corps et âme à Nick pour la première fois de sa vie. Elle essaya de se concentrer sur la beauté éphémère du moment, sur la respiration de son amant, sur la tendre expression habituelle et enjouée de son visage, mais elle constata, surprise, que son esprit semblait ailleurs. Elle avait entendu relater des histoires horribles par plusieurs de ses amies sur « la première fois » : expérience douloureuse, parfois humiliante. Mais, par ailleurs, elle avait retenu dans ses lectures de romans d’amour que ce moment était le plus romantique d’une vie. Soit les deux hypothèses étaient fausses, soit elles se vérifiaient. Ce n’était ni douloureux, ni inconfortable. Alors qu’elle tentait de retirer un caillou qui la gênait derrière sa tête, elle se cogna le front contre celui de Nick. Elle ne pouvait nier que tous les deux étaient maladroits. Mais, parmi ses amies, laquelle pourrait prétendre avoir perdu sa virginité dans les bras de l’amour de sa vie, sous un chêne majestueux, au milieu des vignes, dans un domaine du Sud de la France ? À ce moment de la fin de l’après-midi, alors que le soleil baignait la nature toute entière d’un or brillant, Jamie ne pouvait rêver d’un moment plus magique. Lorsque leurs souffles se calmèrent, ils s’étendirent côte à côte. Ils regardèrent ensemble le chêne qui abritait avec affection leurs corps et leur amour. – Jamie, dit-il à peine sa respiration retrouvée, on se marie ?… Elle sentit un frisson d’excitation affleurer sa peau malgré la chaleur. Elle y avait songé à maintes reprises, spécialement depuis la fin de ses études secondaires deux mois auparavant, mais, pour Nick, l’idée du mariage semblait plus grande, plus importante. Cela semblait… possible. Depuis qu’il fréquentait l’université de Washington, elle le voyait seulement en fin de semaine, les jours fériés et pendant les vacances. Il dormait au campus de Seattle et ils communiquaient grâce à de longs et interminables appels téléphoniques et à une multitude de lettres. C’est ainsi qu’ils nourrissaient leur amour malgré la distance. Depuis le début de la terminale de Jamie, ils avaient pris l’habitude de parler de l’avenir, un avenir qu’ils construiraient ensemble, mais jusque-là ils n’évoquaient que leurs études et leurs vies professionnelles. Nick semblait voué à l’architecture tandis que Jamie, en jeune femme volontaire et obstinée, était prête à affronter de longues études de médecine à l’université de Washington. Mais ils n’avaient encore jamais abordé le sujet « mariage ». – Tu parles sérieusement… ? demanda-t-elle. Il acquiesça gravement, ses yeux ne pouvaient se détacher des siens.
Les parents de Jamie l’avaient élevée pour devenir responsable, indépendante, et réussir à construire une existence équilibrée. Tout d’abord, elle devrait se concentrer sur ses études et, ensuite, envisager sa carrière active, l’idée de mariage étant hors de question. C’était un sujet qui intéressait les gens plus âgés. On était en 1967, et la contre culture américaine se construisait chaque jour un peu plus sur un bloc d’énergie frénétique, d’extase, de drogues et d’amour libre. Tous ces éléments arrivaient progressivement à Port Townsend, une petite ville où les jeunes, comme ailleurs, défiaient les anciennes générations ainsi que leurs structures sociales. On entendait parler sans cesse davantage de jeunes, femmes et hommes, qui bousculaient tous les tabous, y compris ceux des races, qui partaient de chez eux pour tenter l’impossible : aller à bicyclette jusqu’à la côte Est sans un sou, faire de l’auto-stop jusqu’en Amérique Centrale, mais le mariage… Peut-être des jeunes gens sans avenir se ruaient-ils vers le mariage pour devenir des grands-parents à 40 ans… Jamie frissonna désagréablement à cette idée. Elle fixa les yeux bleu foncé de Nick, ces yeux qui scintillaient avec intensité, espièglerie, sincérité, et quelque chose de plus sombre. Elle éprouva une drôle de sensation, comme si elle flottait sur la mer. Tenter de lutter contre les courants, ou bien se laisser aller là où on la menait ? Cela semblait, dorénavant, la seule chose sensée qu’elle pouvait faire.
2
– Il était temps que vous arriviez vous deux ! bougonna Paul Devon en regardant son fils alors que Jamie et Nick revenaient de leur promenade, nous allions commencer sans vous. – Toutes nos excuses, nous nous sommes un peu égarés… dit Nick, souriant, en prenant place face à ses parents autour de la longue table rectangulaire du jardin que la mère de Jamie venait juste de décorer de tiges de lavande fraîchement cueillie. Jamie prit place à côté de Nick et elle se sentit rougir à ce moment précis. Elle jeta un coup d’œil rapide à Maggie, sa meilleure amie, qui était assise à côté des Devon. Maggie, en règle générale, avait toujours le nez dans des livres et était parfaitement inconsciente de sa beauté. Pour le moment, elle riait, tout comme la sœur de Jamie, Susie, une petite fille potelée avec des tresses blondes et des yeux azur comme ceux de son père. Tout le monde savait-il ce qu’il venait de se passer sous le gros chêne ?… Était-ce si évident ?… Le père de Jamie, Chris Donnelly, contrairement à Paul Devon qui continuait de lancer des regards noirs de reproches à son fils, était amène ; le vignoble avait tendance à le mettre dans cet état. C’était un bel homme à la chevelure poivre et sel aux reflets peu ordinaires et dont les yeux bleu ciel brillaient d’un éclat singulier. Ses choix professionnels en avaient fait un passionné de travail, un avocat très respecté à Port Townsend au nord-ouest des USA, qui plaidait sans relâche pour ses clients quarante-neuf semaines par an. Il passait les trois semaines restantes ici, en Provence. Anne, la mère de Jamie, s’affairait autour du vase de brins de lavande posé devant elle. Elle était radieuse comme toujours mais, à ce moment-là, Jamie se sentit tout particulièrement plus proche d’elle : elles partageaient à présent une réelle féminité. Pour l’instant, Jamie avait décidé de garder ce secret au plus profond de son cœur. Les cousins d’Anne, Gaston et Henriette Fournier, les propriétaires et gardiens du vignoble, leurs hôtes toujours gais, semblaient inconscients de la tension qui régnait autour de la table. Gaston, un homme doux avec des mains rugueuses et un sens de l’humour agréable, était assis en bout de table. Bien qu’il eût l’âge de sa mère, il paraissait beaucoup plus âgé, du moins c’était ce que pensait Jamie, peut-être à cause des poils blancs sur son menton et de sa peau tannée. En tant que cousin d’Anne, c’était le membre de la famille qui reliait Jamie à cette terre. Mais elle ressentait un lien bien plus fort avec sa femme, Henriette, qui, lorsqu’elle n’était pas en train de faire la navette entre la cuisine et la table, était assise en face de Gaston. Avec son tout petit gabarit, mais en apparence débordante d’énergie, elle était une source intarissable d’optimisme, toujours avenante, toujours en train de rire. Elle adorait Jamie, ses frères et sœurs et ses amis, et veillait à ce que tout le monde se sentît chez soi dès son arrivée. Elle venait de s’asseoir quand le père de Jamie proposa de trinquer. Anne leva les yeux vers son mari juste à temps pour porter un toast avec lui. – À notre dernier soir au paradis ! dit Chris en levant son verre, maintenant… Tout le monde, sauf Susie, but une bonne gorgée de vin et tous les invités et membres de la famille s’attaquèrent au festin provençal : salade niçoise, daube accompagnée d’un plat de pommes de terre et d’asperges, le tout relevé par le parfum chantant de l’huile d’olive et les chaleureuses saveurs du côtes-du-rhône du domaine. De la petite parcelle de pelouse derrière la maison principale où ils étaient installés, ils surplombaient une grande partie du domaine et pouvaient admirer les touches de couleur mauve de la lavande fleurie qui ponctuaient les vastes terres irrégulières. Dans l’émotion de sa toute récente vie de femme, Jamie en avait presque oublié que cette soirée marquait la fin d’un autre été passé dans le vignoble de la famille. Il ne lui restait plus qu’un mois avant de s’inscrire à l’université de Washington. Désormais, l’avenir ne paraissait plus aussi lointain, plus aussi irréel. Le prochain chapitre de sa vie, l’université, allait s’ouvrir. – J’ai une annonce à faire, dit Nick en même temps qu’il se levait. Jamie sourit à son petit ami puis, dès qu’elle reconnut sur son visage la même expression
de gravité qu’il avait eue pour s’adresser à elle sous le gros chêne, elle sentit son cœur bondir de façon incontrôlée. – Oh, mon Dieu ! murmura-t-elle. – Vous savez tous ce que Jamie représente pour moi… dit-il en saisissant à la hâte son verre et en avalant une gorgée de vin, voilà… je lui ai demandé de m’épouser… et elle a accepté. Anne porta sa main à sa bouche et faillit s’étouffer. Jamie, la regardant dans les yeux, eut l’impression que sa mère, dans un bref et intense éclair de conscience, avait tout deviné : le chêne, la proposition soudaine, l’abandon de la raison et l’adhésion totale à un espoir irréaliste et imprudent ; le conte de fée n’avait duré que vingt minutes. – Mais qu’est-ce que tu racontes ? rugit Paul Devon en crachant pratiquement ses mots au visage de son fils. Paul, dont les parents avaient déménagé aux États-Unis quand il avait 10 ans, parlait un américain pratiquement parfait avec une légère trace de ses racines anglaises. Mais, lorsqu’il était en colère ou fatigué ou encore les deux, on aurait dit qu’il venait d’arriver de Londres. Ses courts cheveux gris se hérissèrent avec fureur ! Vivian, la mère de Nick, saisit son mari par le bras avant qu’il ne pût se lever : – Attends une seconde, dit-elle de sa voix la plus douce. Puis, se tournant vers son fils de l’autre côté de la table : – Nick, mon chéri, Jamie n’a que 18 ans. Tu n’as que 20 ans, pour l’amour de Dieu ! Vous prévoyez une longue période de fiançailles ? Je veux dire, cela va durer plusieurs années, bien assez longtemps pour que vous finissiez tous les deux vos études, n’est-ce pas ? C’était une question à laquelle Jamie et Nick n’avaient pas vraiment réfléchi. Mais, maintenant que tout le monde était au courant, c’était comme si un torrent d’essence dévalait droit vers le feu que Nick venait d’allumer. Jamie sentit son cœur battre encore plus fort quand elle le vit se mordre la lèvre inférieure : – Non, dit-il sur un ton de défi, nous allons nous marier cet été ! – Seigneur tout-puissant ! cria Paul en se levant brusquement et en se libérant du bras de 1 Vivian. Tu peux aussi t’engager chez ces fichus Marines , mon fils, et t’embarquer pour le Viêt Nam ! De toute façon, ta vie est finie ! Chris leva la main en signe de désapprobation. Jamie espérait que ce geste signifierait que son père allait prendre sa défense. – Attends, Paul, dit-il à son cher ami et voisin, ne réagis pas de façon si excessive. Son regard se posa sur Nick puis sur Jamie. – Les enfants, je sais que vous vous aimez profondément et que vous êtes impatients de passer à l’étape suivante mais, croyez-moi, vous n’êtes pas prêts, vous n’avez aucune idée de ce qui vous attend. – Exactement ! grogna Paul. Nick porta encore une fois son verre à sa bouche pour, cette fois-ci, le vider d’un trait. – Chris, je respecte votre opinion. Je sais que vous êtes sacrément plus brillant que moi. Vous avez voyagé à travers le monde. Vous vous êtes battu pendant la Seconde Guerre mondiale, comme mon père. Vous avez élevé une famille magnifique. Votre carrière est un succès, vous avez tout réussi. Mais je connais mon cœur et je connais celui de votre fille. Nous sommes faits l’un pour l’autre. Nous pourrions rester à attendre cinq ans, et puis quoi ? Rien ne changerait. Nous sommes depuis toujours amoureux, toujours faits pour être toujours ensemble. Il jeta un coup d’œil à Jamie et revint sur Chris : – Je sais que vous savez ce que c’est, Chris, parce que vous êtes tombé amoureux d’Anne le jour où vous l’avez rencontrée. Je vous ai entendu raconter cette histoire des milliers de fois. Vous savez ce qu’est être conforté, au plus profond de vous, à l’idée de passer le reste de votre vie avec elle. Que la fille que vous aimez vous complète en tout, que, sans elle, votre vie