Le Siège de Strasbourg en 1870 - Publié d

Le Siège de Strasbourg en 1870 - Publié d'après des documents officiels et d'après les meilleurs auteurs qui ont traité ce sujet

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Français
196 pages

Description

(Voir la Carte.)

La ville de Strasbourg, située sur la rive gauche du Rhin, et comprenant une population de 85,000 habitants, forme un grand triangle traversé par III, du Sud au Nord, et allongé vers le Rhin, de l’Ouest à l’Est. Le lit irrégulier de ce fleuve est endigué suivant une largeur de 250 mètres. En hiver, à l’étiage le plus bas, sa profondeur et la vitesse de son courant par seconde, sont de 1m,50 ; cette profondeur augmente généralement du mois de Juillet au mois de Septembre, et atteint quelquefois 3 mètres.

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Date de parution 17 novembre 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782346126736
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Georges Bodenhorst
Le Siège de Strasbourg en 1870
Publié d'après des documents officiels et d'après les meilleurs auteurs qui ont traité ce sujet
PRÉFACE
En publiant l’histoire du siége de Strasbourg, en 1 870, nous ne nous sommes pas borné à l’étude exclusive des rapports fournis par la défense ; nous avons consulté ceux de l’assiégeant et nous avons puisé dans des d ocuments émanant d’hommes compétents qui n’ont pas été engagés dans la lutte et qu’on doit supposer y être restés désintéressés. Nous avons fait ressortir ce qu’il en a coûté à la France d’avoir négligé d’appliquer à ses places fortes les améliorations que les progrès de la fortification avaient depuis longtemps signalées, et nous avons montré l’infério rité du matériel de la défense comparé à celui de l’attaque et les mesures incompl ètes et difficiles qui furent prises dans les places fortes, pour passer de l’état de pa ix à l’état de défense. Nous avons donné également une idée des rôles nouve aux dévolus à l’artillerie, tant dans l’attaque que dans la défense et, à cet effet, nous avons parlé spécialement de la construction des batteries et de la question du tir indirect en brèche, dont la première application de guerre eut lieu devant Strasbourg. Enfin, nous avons passé en revue les différentes ph ases du siége, depuis l’investissement jusqu’à la capitulation. Quant à cette dernière, nous ne nous sommes pas occ upé de la discussion des motifs qui l’ont déterminée ; nous préférons abando nner ce soin à des hommes plus compétents, afin de pouvoir leur laisser l’entière responsabilité de leurs appréciations. En publiant ce travail, nous n’avons été poussé que par le seul désir d’être utile à l’armée, et nous espérons qu’au point de vue de la guerre de siége et de la défense des places fortes, l’on pourra tirer de ce récit qu elques bons enseignements. G. BODENHORST.
er Anvers, 1 avril 1876.
I. Description succincte de la place de Strasbourg et de ses environs
(Voir la Carte.) La ville de Strasbourg, située sur la rive gauche d u Rhin, et comprenant une population de 85,000 habitants, forme un grand tria ngle traversé par III, du Sud au Nord, et allongé vers le Rhin, de l’Ouest à l’Est. Le lit irrégulier de ce fleuve est endigué suivant une largeur de 250 mètres. En hiver , à l’étiage le plus bas, sa m profondeur et la vitesse de son courant par seconde , sont de 1 ,50 ; cette profondeur augmente généralement du mois de Juillet au mois de Septembre, et atteint quelquefois 3 mètres. Quant à la vitesse du fleuve, elle varie jusqu’à 2 mètres. Dans ces dernières conditions, les communications entre les deux rives deviennent excessivement difficiles : souvent elles deviennent impossibles, si les eaux s’élèvent outre mesure et si la vitesse du courant dépasse 3 mètres. Au moment du siége, le pont de bateaux, construit e n amont du fleuve, avait été enlevé, et le pont du chemin de fer, qui ne mesure pas moins de 309 mètres de longueur et qui formait la seule communication soli de entre Bâle et Manuheim, avait été détruit sur la rive Badoise. Des deux côtés de ce pont se trouvaient des batteries casematées, prêtes à démolir les parties qui avaien t résisté à l’élément destructeur. A gauche du pont se trouve la station ; à droite, l a ville et le village de Kehl, dont le clocher permet de voir la citadelle de Strasbourg à une distance de quatre à cinq mille pas. Les terrains qui avoisinent la rive droite du fleuv e sont coupés par plusieurs anciens affluents du Rhin et par le Kinzig : ils sont dérob és à la vue de Strasbourg par des digues et des buissons. Parmi les localités qui sont situées sur cette rive et à environ une demi-lieue de Kehl, nous devons citer le village de Kork, sur la ligne de Strasbourg à Appenweyer et les villages de Marlen et de Auenheim, situés l’un en amont et l’autre en aval du Rhin ; c’est à proximité de ces derniers que le fleuve pré sente des passages. Sur la rive gauche et à deux mille pas environ en a mont la pont, se détache le Petit-Rhin, qui a une largeur de 50 à 60 mètres et qui es t navigable jusqu’au point où il se rémit de nouveau au grand fleuve, à la même distanc e en aval du pont. Cette rivière forme ainsi, avec le Rhin, l’île des Éperons, dont la largeur maxima est de quinze cents pas, et qui est exposée à être inondée par le s hautes eaux, à cause du mauvais état de la digue. A sa gauche se trouve la citadell e de la place avec ses ouvrages extérieurs, formant le sommet Est d’un triangle à p eu près isocèle, qui embrasse toute l’étendue des fortifications de Strasbourg, et dont la base atteint la vallée de la rive gauche de l’Ill. En amont de la forteresse, cette rivière reste à un e distance de trois quarts de lieue du Rhin : son lit est navigable et possède une larg eur d’environ 50 mètres. Parallèlement au Rhin et à cette dernière rivière, se dirige le canal du Rhône, qui a été achevé en 1834, et qui rencontre l’III à mille pas environ, en amont de la forteresse. L achaussée de Bâle se trouve sur la rive droite du canal et suit une direction parallèle à ce dernier. L aKrafftdétache de l’III près d’Erstein et traverse le  se canal du Rhône à deux lieues et quart en amont de Strasbourg. Elle se dirige vers le Rhin dans la direction du Nord-Est et renvoie plusieurs affluents au Nord de Plobsheim. Ces derniers se
réunissent tous auKrumme Rhein,qui se détache du fleuve à trois quarts de lieue e n amont de Strasbourg, et qui se divise, à hauteur de Meinau (à trois ou quatre mille pas en avant de la forteresse), en deux bras. Le premie r coule dans la direction du Nord-Ouest, sous le nom deKrumme Rhein,se jette plus loin dans III, tandis que le et second prend une direction Nord-Est, sous le nom deZiegelwasser, pour aboutir au petit canal de navigation. La Ziegelwasser réunit l’III auPetit-Rhin,amont de la forteresse et traverse les en fossés des fronts qui sont situés au Sud de la cita delle. D’autres cours d’eau, dont le plus important est laBrunnenwasser, sont endigués et sillonnent les vallées qui avoisinent le grand fleuve. Tout le terrain au Sud, compris entre l’Ill et le R hin, n’a qu’un niveau de 1 mètre au-dessus des hautes eaux : il est dérobé à la vue et facilement inondable. Le terrain qui longe le fleuve et qui descend jusqu ’au Petit-Rhin est boisé : il s’étend au delà deNeuhofjusqu’à mille pas du canal du Rhône et cache plusi eurs fermes. Ce terrain devient plus ouvert à partir de Neuhof et e n descendant les deux rives du Krumme Rhein, tandis que la zône triangulaire compr ise entre ce dernier cours d’eau, la Ziegelwasser et le remblai du chemin de fer, au Sud de Strasbourg, est parsemée d’établissements et de constructions. A l’Est du canal du Rhône, il n’y a que les localit és de Neuhof et de Plobsheim qui présentent quelque importance. A l’Ouest du canal et sur la rive droite de III, se trouvent les villages de l’Illkirsch et de Graffenstaden, qui communiquent avec la chaussée de Bâle et avec la ligne du chemin de fer de Lyon, située sur la rive gauche de l’Ill. Tout le terrain qui s’étend depuis ces deux localit és jusqu’à la Breusche, est généralement uni. Entre les deux rivières dont nous venons de parler se glisse, en forme de coin, un large plateau qui est situé à 10 mètres, en moyenne , au-dessus du fond de la vallée, et qui se dirige au Nord-Est, par Lingolsheim, vers Strasbourg. Ce plateau est limité au sud par l’Altbach, l’Embachle et Schiffbach, qui portent leurs eaux, ainsi quel’Andlaubachet leScheerbach,vers l’Ill, en aval d’Erstein. Au Nord de ce plateau se trouve la vallée de la Bre usche. Cette rivière prend sa source dans les montagnes près deMolsheim,se divise en plusieurs bras et se dirige vers l’Ill, parallèlement au canal de même nom, que Vauban fit construire en 1681, pour faciliter le transport des briques qui devaien t servir à la construction de la citadelle. La vallée de la Breusche est importante au point de vue de ses communications avec la Haute-Alsace et à travers les Vosges : sans parler de la chaussée de Lyon, nous citerons comme principales communications la l igne du chemin de fer deBâleet d eBelfort parBenfeld etSchlestadt, ensuite, la chaussée de Lingolsheim qui se bifurque à Entzheim et qui traverse les Vosges pour se diriger, d’un côté, vers Saint-Dié et, de l’autre côté, vers Raon l’Étape. Cette chaussée est escortée jusqu’à Mutzig par une ligne de chemin de fer départementale. Le terrain, en général, uni et découvert, renferme plusieurs localités qui ont leur importance, vu leur position sur des affluents de c ours d’eau, sur des chaussées ou sur des lignes de chemins de fer. Dans la zône qui s’étend au Nord de la Breusche, le s différentes ramifications des Vosges suivent la rive gauche du canal de la Breusc he depuisWolxheim jusqu’à Hangenbieten etAchenheim.ronramifications s’élèvent jusqu’à 60 mètres envi  Ces
au-dessus de la vallée de la Breusche et se prêtent à une bonne défense contre un ennemi venant du Sud. AOberschäffolsheim,se rapprochent jusqu’à neuf mille elles pas de la forteresse, puis reprennent la direction du Nord-Ouest, reviennent sur leurs pas, se rapprochent encore de la forteresse de six à huit mille pas, et continuent enfin leur direction vers le Nord, sous le nom deHausberg. Elles dominent le terrain qui avoisine la ville de Strasbourg, sur une hauteur de plus de 50 mètres. Au Nord de Strasbourg se trouve une élévation, en f orme de plateau, qui est limitée, au Nord, par leSuffelbach,affluent de l’Ill, et qui contourne le village deMundolsheim. Elle est limitée, au Sud, par la vallée de la Breus che et, à l’Est, par l’Ill. Au pied du Hausberg, cette élévation atteint une hauteur de 15 mètres environ au-dessus du fond de la vallée et descend, par de légères ondulations , vers le Sud et vers l’Est. Au Sud, sur le versant de la vallée de la Breusche, existe une nouvelle crête qui est marquée par la chaussée de Paris ; elle est située de 5 à 8 mètres au-dessus du fond de la vallée et domine, dans la même mesure et à qu elques endroits, au Sud-Ouest de Schiltigheim, le glacis en avant du front Nord-Oues t de la forteresse. Enfin au Nord, du côté de Suffelbach, la pente est escarpée : elle atteint une hautenr de 10 mètres et surélève le terrain de plaine situé au delà du ruisseau, du côté de Reichstatt. Les versants du Hausberg sont, en partie, couverts de vignobles, et, en partie, livrés à l’agriculture ; par-ci par-là l’on cultive le hou blon. La vue n’est limitée que par les arbres qui longent les grandes chaussées et par les localités habitées qui forment de ce côté, en avant de la ville, trois grands faubourgs. Au Sud, près de la Breusche, est situé le village d e Königshofen, bâti suivant les deux côtés de la grande chaussée de Paris. Le villa ge s’étend à l’Est, jusqu’à quatre cents pas des travaux de la forteresse et, à l’Oues t, jusqu’à la bifurcation de la chaussée d’Eckbolsheim. Les bâtiments suivent la di rection des rayons jusqu’à 1 kilomètre de la forteresse ; au delà, ils constitue nt des groupes isolés et massifs. A l’Est du point de croisement de la chaussée de Pa ris, avec la ligne du chemin de fer de Bâle et à 1 ½ kilomètre de la forteresse, se trouvent deux grands corps de bâtiments : au Nord, la brasseriedie Zwei Aexten, et au Sud, la brasserie Gruber, qui s’étend jusqu’à la Breusche. Sur le versant de la h auteur, du côté de cette dernière brasserie et au Sud de la chaussée de Paris, nous d evons citer comme postes importants au point de vue militairecimetière de Saint-Gall,de 500 à 600 éloigné mètres de la forteresse, et lecimetière Israélite,à quelques centaines de pas situé plus loin. Mentionnons encore la grande tuilerie nommée laMaison Rouge, située au delà de Kônigshofen, sur la route de séparation qui conduit àWolfisheim, et enfin la Karthause,au Sud-Est, dans un arc de cercle formé par la Bre usche Ces deux points ne se trouvent pas à plus de 2 ½ kilomètres de la forteresse. Un second faubourg, leKronenburg,s’étend en avant du milieu du front Ouest de la forteresse, près de la chaussé qui conduit àOberhausbergen età Zabern. Ce faubourg commence à 500 mètres de la place, s’étend sur une longueur de 1 kilomètre et ne possède qu’une simple ou une double rangée de maisons, le long de la chaussée, mais il s’élargit au Nord jusqu’au che min qui conduit à Mittelhausbergen. Ce faubourg renferme peu d’établissements importants. Plus loin, vers l’Ouest, à la chaussée deZabern et à l’endroit nommé Krimlingsbrunnen, existe une grande fabrique. Elle est éloignée de 2 kilomètres des ouvrages de la place. Entre le faubourgKronenburgle village de et Schiltigheim,bâtiments extérieurs les
de la gare forment une espèce de triangle déterminé par les lignes des chemins de fer de Bâle et de Wissenbourg. L’on y remarque deux gra nds hangars de locomotives et une tour à eau que l’on distingue de très-loin. Les hangars se trouvent à peu près à 500 mètres des ouvrages les plus avancés de la plac e. Non loin de la forteresse, à la bifurcation des cha ussées deWissenbourg et de Bischweiler, par-dessus la crête de la hauteur, se trouve le ci metière de Sainte-Hélène. L’un de ses angles n’est éloigné que de 250 mètres de la forteresse, et on l’aperçoit de loin à cause de l’élévation de son en trée. La clôture est formée de lattis qui s’appuient sur des traverses en maçonnerie. La partie Nord du cimetière est précédée d’un fossé de 4 mètres de profondeur avec escarpe en maçonnerie ; l’on pourrait dire que ces derniers travaux avaient été exécutés en vue de la défense du cimetière. Immédiatement en arrière de ce dernier, commencent les constructions de Schiltigheim.Un peu plus loin et sur la même chaussée deBischweiler,l’on trouve les villages de Bischheim et de Hënheim. La population de la plupart de ces localités est d’environ 10,000 habitants. Le plus grand nombre des bâtiments s’étend à droite de la chaussée, même au delà du versant de la vallée de III, et quelques rues se dirigent à l’Est, vers les passages du canal de la Marne, qui se trouve sur la droite du v illage. Au Nord, les constructions s’étendent jusqu’au poin t de croisement de la chaussée de Lauterburg avec le canal de la Marne, à 5 kilomè tres environ de la forteresse. Le village de Schiltigheim continue à l’Ouest jusqu ’à la chaussée de Wissenbourg. Au Sud et dans le rayon de la forteresse se trouve une zône de 500 mètres de largeur : les bâtiments y sont isolés, entourés de jardins et clôturés en bois. En dehors de ce rayon, les bâtiments forment des groupes mass ifs. Sans parler de plusieurs grandes brasseries avec d’ immenses caves souterraines, nous y trouvons laMairiesa haute tour, et l’établissement appelé la avec Maison Rouge ; ces 0 et à 1500 mètres desdeux derniers sont situés respectivement à 120 travaux de la place. La zône de terrain que nous venons d’esquisser à gr ands traits, tout en étant généralement unie, présente cependant de nombreux c ouverts, entr’autres la ligne du chemin de fer de Bâle. Après son passage au dessus de la chaussée de Zabern, cette ligne est encaissée sur une profondeur de 1 mètre, parallèlement au front de la forteresse. Cette profondeur atteint 5 mètres à pro ximité des brasseries de Kënigshofen, au point où la ligne passe en dessous de la chaussée de Paris. Ce point n’est flanqué par aucun ouvrage de la place. De la tour de la cathédrale, l’on distingue tous les plis de terrain, pour autant que les bâtim ents et les allées ne s’y opposent pas. A cette observation ne sont soustraits que l’e nfoncement de terrain au Nord de Hônheim, l’affaissement qui se produit près duSuffelbach et la zône qui est cachée par leHausberg. A sa sortie de la place, l’III détache, à gauche, u n embranchement nommél’Aar,qui n’est pas navigable et qui forme deux îles : celle deSpitalgartencelle de et Wacken ; cette dernière à l’Ouest et à 1 kilomètre de la for teresse. Au Sud de l’île de Wacken, l’Aar reçoit un canal qui n’est que la continuation d’un bras de la Breusche et qui forme une troisième île, appelée l’île deJars.plusieurs replis tortueux, l’Ill se Après rapproche du Rhin, au delà de l’île de Wacken, et l a rencontre en aval deWanzenau, à deux lieues environ de Strasbourg. Sur tout son p arcours, elle détache une foule d’embranchements qui se rejoignent à elle ou qui se jettent dans le Rhin. L aRobertsau, située entre ces deux cours d’eau, est coupée de l ’Est à l’Ouest par le canal degrande navigation du Rhin et de l’Ill, construit de 1838 à 1842. Ce canal
part de l’embouchure duPetit-Rhinaboutit à l’île de et Wacken,passant à 1 en kilomètre des ouvrages de la place : des deux côtés de ce canal existe une haute digue praticable. La continuation de ce canal, sous le nom decanal de la Marne (1853), coupe l’île de Wacken en deux parties, pass e près de l’embouchure de l’Aar avec III, longe le versant Nord-Ouest de la vallée de Hônheim et coupe la chaussée et le chemin de fer de Wissenbourg, près deWendenheim. Il nous reste à parler ducanal des Français,traverse la Robertsau du Sud au qui Nord. Ce canal était primitivement la continuation de laZiegelwasser, dont le cours avait été interrompu par la construction de la cita delle. Le lit de ce cours d’eau avait été régularisé, en aval, par l’illustre ingénieur V auban, afin de pouvoir, à volonté, inonder les fossés. Il coupe lecanal du Rhin et de l’Ill à mille pas environ du Rhin et débouche dans l’Ill, à 5 kilomètres de la forteress e. Comme tous ces terrains sont sillonnés de cours d’e au, nous citerons comme principales communications qui les unissent : les t rois ponts sur le canal de la Marne, à hauteur de Hônheim, Bischheim et Schiltigheim, et le pont qui est compris entre les deux secteurs de l’île de Wacken. Il existe également un pont mobile avec deux grands rebords sur le canal de l’Ill et du Rhin, et un pont tournant avec appareil tournant sur chaque rive, à mi chemin entre l’Ill et le Rhin. Deux ponts sur la rive Nord du canal de l’Ill et du Rhin et du canal de la Marne établissent les communications avec l’île de Wacken : l’un au-dessus de l’Aar et à proximité de son embouchure, et l’autre au-dessus d e l’Ill, en aval du canal. D’autres petits ponts font communiquer la partie Su d de l’île de Wacken avec les îles deSpitalgartenet deJars,et avec le terrain situé en avant de Schiltigheim. Enfin, il existe un pont au-dessus de III, dans l’î le de Wacken, mais seulement à hauteur deWanzenau. Tout le terrain compris entre l’Ill et le Rhin, se trouve à moins d’un mètre au-dessus des hautes eaux. Le sol n’a qu’une faible partie de terre végétale ; le reste est du sable ou du gravier. Le terrain est couvert et l’observation est très-di fficile. Cette remarque s’applique déjà à la partie du terrain située au Sud du canal de l’Ill et du Rhin, tout en étant située dans le rayon des ouvrages de la place. Les constru ctions y sont rares et très-isolées, mais les jardins, les parcs et les allées empêchent la vue. L’Orangerie,située entre l’Ill et lecanal des Françaisles deux grandes et tanneries, dans l’île de Wacken, l’une au Sud-Ouest et l’autre au Nord-Ouest, sont les seuls établissements qui offrent quelqu’importance. Le terrain qui se trouve au Nord ducanal de l’Ill et du Rhin est couvert et parsemé de plantations. Une foule d’établissements entourés de jardins occupent, dans la Robertsau, toute la largeur de l’île de Wacken jusq u’aucanal des Français, et s’étendent au Nord, à plus de 3 kilomètres, jusqu’à l’embouchure de ce canal dans l’Ill. Sur la rive droite et tout à fait isolées, se trouv ent unebriqueterie et, à un demi-kilomètre plus loin, laCour Anglaise. Au Nord et à l’Est, jusqu’au Rhin, tout le pays est couvert de bois et de plantations. Après la description que nous venons de faire, l’on aura pu juger de l’importance militaire de la place de Strasbourg. Elle est résum ée d’ailleurs dans les lignes suivantes, extraites du rapport d’une Commission d’ officiers supérieurs, qui fut instituée par M. le ministre de la guerre, en vue d ’examiner quelles étaient les mesures à prendre à Strasbourg, par suite de l’introduction des canons rayés :