Les archers préhistoriques de la grande forêt européenne
273 pages
Français

Les archers préhistoriques de la grande forêt européenne

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Description

Pendant les sept millénaires qui ont suivi la dernière déglaciation, les petites communautés de chasseurs-cueilleurs cantonnées au sud de l'Europe ont progressivement occupé tout le continent. Les récentes fouilles d'archéologie préventive de pleine nature ont levé le voile sur la réalité de ces groupes familiaux spécialisés dans la chasse à l'arc. Qui étaient-ils ? Comment vivaient-ils ? De quoi se nourrissaient-ils ? Grâce aux données scientifiques disponibles à ce jour, l'auteur nous plonge dans le monde de ces « hommes des bois » experts dans l'art d'utiliser les ressources de leur milieu sans les surexploiter ni les polluer. Leur adaptabilité associée à leur solidarité leur ont permis non seulement de survivre, mais de voir leur population augmenter jusqu'à ce que, au début du Néolithique, les agro-pasteurs venus de l'est bouleversent leurs pratiques et finissent par les assimiler.

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Date de parution 08 juin 2020
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EAN13 9782140151156
Langue Français
Poids de l'ouvrage 8 Mo

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Bernard Bachasson
LES ARCHERS PRÉHISTORIQUES DE LA GRANDE FORÊT EUROPÉENNE
DE LA GRANDE FORÊT EUROPÉENNE
Les archers préhistoriques de la grande forêt européenne
Bernard Bachasson Les archers préhistoriques de la grande forêt européenne
© L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-19886-6 EAN : 9782343198866
À mon épouse Françoise, passionnée comme moi par la découverte de la vie de ces archers, pour son soutien tout au long de la rédaction de cet ouvrage qu’elle a relu avec soin et assiduité.
AVANT-PROPOS
Cet ouvrage n’a pas l’ambition d’être un travail d’archéologue. Mais il s’appuie sur suffisamment de résultats de fouilles et de témoignages scientifiques pour entraîner le lecteur dans une véritable découverte d’un monde disparu où les hommes occupaient, dans toute l’Europe, du Paléolithique final au terme du Mésolithique, une place discrète au sein d’un écosystème forestier omniprésent.Ces « fourrageurs » ont su s’adapter à des espaces très diversifiés de façon extraordinaire en modifiant leurs stratégies de chasse, de cueillette et de déplacements dans des sous-bois parfois clairièrés où les rencontres avec la grande faune n’étaient pas dépourvues de danger. D’où venaient-ils ? Qui étaient-ils ? Où vivaient-ils ? Quel était leur quotidien ?… et leurs pratiques ?… Quels impacts ont-ils laissés sur leur environnement ? Si, malgré quelques coups de froid, le climat qu’ils ont connu n’a cessé de s’améliorer, ils ont sans doute été obligés de batailler ferme pour collecter assez de nourriture et assurer ainsi la survie de leur famille dans ces milieux à la fois riches et hostiles. Comment ont-ils pu se maintenir dans cet « enfer vert » pendant les sept millénaires qui séparent l’Azilien, - 12 000 ans avant notre ère, de la colonisation néolithique, - 5 000 ans environ avant Jésus-Christ ? Autant de questions que se posent les chercheurs et tous ceux qui s’intéressent à cette période où le couvert boisé s’est installé en maître de l’océan Atlantique aux marges de la Russie. Si les fouilles anciennes, les découvertes récentes de sites de plein air et les nouvelles techniques d’investigation ont déjà apporté de multiples réponses, il reste de vastes lacunes sur le mode de vie de cesSapiensles vestiges restent rares et car limités aux objets que le temps a bien voulu conserver. Dans les années qui viennent, les travaux de l’archéologie préventive (INRAP) feront certainement avancer très substantiellement les connaissances. À défaut de pouvoir connaître un jour leurs visages, leurs langages et bien sûr leurs pensées, attachons-nous à approcher leur intimité avec ce que nous savons d’eux aujourd’hui… car ce sont, pour bon nombre d’entre nous, nos « ancêtres locaux directs » parfaitement intégrés aux forêts primaires dont il ne reste que quelques lambeaux épargnés par l’avancée inexorable du pâturage, de l’agriculture, de la sylviculture et de l’urbanisation.
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Réussir à survivre dans des conditions aussi délicates ne peut que forcer l’admiration et il n’est pas dit que notre humanité actuelle, embarquée dans un développement effréné à la durabilité incertaine, puisse résister pendant autant de millénaires ! Ils ont donc, sans doute, quelques leçons à nous transmettre. Nous, les « civilisés » qui, à quelques exceptions près, avons quitté les grands espaces sauvages pour nous réfugier dans nos maisons bien chauffées et nous agglutiner dans les villes, lieux privilégiés de confinement, de promiscuité et de pollution ! La découverte de cette vie sauvage magnifie une forme de liberté, de sobriété et de beauté qui fait souffler un grand bol d’air pur sur cette période encore entourée de bien des mystères !
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