Les Archives secrètes de la Wilhelmstrasse, Tome 4

Les Archives secrètes de la Wilhelmstrasse, Tome 4

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Livres
526 pages

Description

Vouées à la destruction selon les ordres d'Hitler, les archives de la Wilhelmstrasse, le ministère des Affaires étrangères du IIIe Reich, échappent de peu à l'embrasement de Berlin à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour tomber dans leur grande majorité aux mains des Alliés.Un immense travail d'analyse de ces archives fut mené, de 1946 à 1948, par les gouvernements américains, anglais et français. Ses résultats sont regroupés dans ces neuf tomes, qui contiennent l'ensemble des documents diplomatiques de l'Allemagne nazie de septembre 1937 à juin 1940. Sources inestimables sur la politique étrangère du IIIe Reich, ils nous font entrer dans les coulisses de la diplomatie allemande et apportent un éclairage fondamental sur la préparation de la guerre, le jeu des alliances et la stratégie du Führer.

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Date de parution 01 janvier 2014
Nombre de lectures 32
EAN13 9782365835701
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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LES ARCHIVES SECRÈTES
DE LA
WILHELMSTRASSE
CHEZ LE MÊME ÉDITEUR :
Les Archives secrètes de la Wilhelmstrasse.
I.De Neurath à Ribbentrop(septembre 1937-septembre 1938).
II.L’Allemagne et la Tchécoslovaquie(1937-1938).
III.L’Allemagne et la guerre civile espagnole(1936-1939).
LES ARCHIVES SECRÈTES
DE LA WILHELMSTRASSE
-IV-
LES SUITES DE MUNICH
(Octobre 1938-Mars 1939)
DOCUMENTS TRADUITS DE L’ALLEMAND PAR
MICHEL TOURNIER
Ouvrage publié avec le soutien du CNL © Nouveau Monde éditions, 2013 ISBN : 9782365835701
INTRODUCTION
A L’ÉDITION FRANÇAISE
Pour des raisons d’ordre pratique, l’édition française n’a pas retenu une série de documents d’importance relativement secondaire qui figurent dans les éditions en allemand et en anglais. Outre les références des documents imprimés aux numéros de série de photocopie des microfilms, les éditions en allemand et en anglais comportent :
l’Introduction générale qu’on trouve en tête du tome I,De Neurath à Ribbentrop (septembre 1937-septembre 1938) ; la liste analytique des documents publiés ; 4 annexes : organisation et personnel du ministère des Affaires étrangères en février 1939 ; la liste des dossiers allemands utilisés ; 83 indications biographiques ; glossaire des termes administratifs et des abréviations employés dans les documents allemands publiés.
ONT ÉTÉ CHARGÉS DE LA PUBLICATION GÉNÉRALE (1) DES DOCUMENTS ALLEMANDS
Pourla Grande-Bretagne :
Général sir James Marshall-Cornwall, directeur de publication, MM. E. K. Bramsted, K. H. M. Duke, Peter Ericsson, M. H. Fisher, W. H. C. Frend.
Pour les États-Unis :
Bernadotte E. Schmitt, directeur de publication, Paul Sweet, James Stuart Beddie, John Huizenga, Joachim Remak, Arthur Kogan, Norman Rich, Jean Brownell Dulaney.
Pour la France :
Professeur Maurice Baumont, directeur de publication, MM. Léon de Groër, Georges Bonnin, Jean Estienne.
(1) Cette liste mentionne les personnes chargées de la publication des documents au moment de la composition du présent volume, à l’automne de 1950.
(1)
LES ARCHIVES SECRÈTES DE LA WILHELMSTRASSE
CHAPITRE PREMIER
L’ALLEMAGNE ET LA TCHÉCOSLOVAQUIE
(30 septembre 1938-16 mars 1939)
Le chargé d’affaires à Prague au ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie(1).
Prague, le 30 septembre 1938.
Excellence, Au nom de mon gouvernement, j’ai l’honneur de vous communiquer ci-joint le texte d’un accord, avec protocole additionnel, qui a été conclu le 29 septembre 1938 à Munich entre le Chancelier du Reich, le Premier Ministre britannique, le chef du gouvernement italien et le président du Conseil français. Je me permets en même temps d’informer Votre Excellence que le gouvernement du Reich invite le gouvernement tchécoslovaque à déléguer un représentant plénipotentiaire et un expert militaire à une conférence de la Commission internationale prévue à l’article 3 de l’accord ci-joint, qui aura lieu le 30 septembre 1938, à 17 heures, au ministère des Affaires étrangères à Berlin, sous la présidence du baron von Weizsäcker, secrétaire d’État aux Affaires étrangères (2). Je saisis cette occasion pour assurer Votre Excellence de ma considération très distinguée (3).
(2)
N° 523 du 30 septembre.
Le chargé d’affaires à Prague au ministère des Affaires étrangères.
TÉLÉGRAMME
HENCKE.
Prague, le 30 septembre 1938, 21 heures. er Reçu : le 1 octobre, 0 h. 20.
Le ministre d’Italie à Prague m’a communiqué ce qui suit au sujet des démarches faites aujourd’hui par les ministres d’Italie (4) d’Angleterre (5), et de France (6) : personnellement, il avait été invité ce matin par son gouvernement à conseiller vivement, soit au président de la République lui-même, soit à une autre haute personnalité tchécoslovaque, d’accepter les accords de Munich et d’éviter tout incident quelconque en évacuant le territoire allemand des Sudètes. Le président étant retenu au Conseil des ministres, il avait été reçu par le chef de la Chancellerie de la présidence, Samakt (7), qui avait promis de transmettre immédiatement la recommandation à Benesch. En même temps, le ministre d’Italie a fait connaître que les ambassadeurs d’Italie, d’Angleterre et de France à Berlin désiraient voir nommer le ministre Mastny (8) comme délégué tchécoslovaque. Samakt (5) était dans un état tel qu’aucune discussion n’a été possible. Samakt a dit en substance : « Nous sommes terrassés aujourd’hui, mais d’autres temps viendront. » A leur demande, les ministres d’Italie, d’Angleterre et de France
ont été reçus ensemble vers midi par le ministre des Affaires étrangères, qui leur a déclaré sans leur laisser prendre la parole : « Le président et le gouvernement se soumettent aux décisions de l’accord de Munich qui a été conclu sans et contre la Tchécoslovaquie. » Le gouvernement tchécoslovaque se réservait de prendre position par écrit. Krofta a également demandé aux ministres d’user de leur influence auprès du gouvernement du Reich pour que cesse la propagande antitchèque, source de difficultés pour la mise en application de l’accord de Munich. Le ministre des Affaires étrangères a coupé court aux tentatives de condoléances du ministre de France en disant : « On nous a mis dans cette situation, tout est maintenant fini, c’est aujourd’hui notre tour, d’autres y viendront. » Le ministre d’Angleterre a pu déclarer non sans mal que Chamberlain avait fait tout son possible ; la même réponse lui a été faite qu’au ministre de France. Le ministre des Affaires étrangères était complètement effondré et n’avait visiblement qu’un désir : que les trois ministres s’en aillent vite.
(3)
N° 525 du 30 septembre.
Le chargé d’affaires à Prague au ministère des Affaires étrangères.
TÉLÉGRAMME
HENCKE.
Prague, le 30 septembre 1938, 23 h. 50. er Reçu : le 1 octobre, 3 h. 15.
Le représentant du ministre des Affaires étrangères (9) a fait une démarche auprès de moi au sujet des arrestations et des mauvais traitements dont nous avions à nous plaindre. Dans l’entretien qui a suivi, il m’a prié de vouloir bien intervenir de mon côté auprès du ministère des Affaires étrangères du Reich afin de faire cesser la propagande contre la Tchécoslovaquie dans la presse et à la radio. L’application des accords de Munich par le gouvernement tchécoslovaque était en soi déjà très difficile ; cette propagande allait la rendre plus difficile encore. Le représentant du ministre des Affaires étrangères a souligné que le gouvernement tchécoslovaque n’avait pas de plus cher désir que de voir s’ouvrir une nouvelle ère des relations germano-tchécoslovaques. Maintenant que tous les points de friction, y compris en fait le pacte russe, se trouvaient écartés par les accords de Munich, le gouvernement de Prague souhaitait que l’hostilité qui avait jusque-là existé entre la grande nation (allemande) et le petit peuple tchèque fît place à des rapports de voisinage basés sur l’estime mutuelle. J’ai répondu que nous-mêmes désirions des rapports de voisinage paisibles, et j’ai recommandé instamment au représentant du ministre des Affaires étrangères d’inaugurer par un geste cette ère nouvelle qu’il désirait, en libérant sans délai, comme je l’avais demandé, les citoyens allemands détenus en prison
(4)
Très urgent. er N° 527 du 1 octobre.
Le chargé d’affaires à Prague au ministère des Affaires étrangères.
TÉLÉGRAMME
HENCKE.
er Prague, le 1 octobre 1938, 11 h. 30. Le ministre des Affaires étrangères Krofta vient de me téléphoner à 9 h. 35 pour me
communiquer ce qui suit : Le gouvernement polonais a remis aujourd’hui à minuit une note, dans laquelle il exige la cession immédiate des territoires de Teschen et de Freistadt (10). La Pologne demande que la cession ait lieu avant le 2 octobre à midi. Se référant au point 2 du protocole additionnel du 29 septembre (11), le ministre des Affaires étrangères prie le gouvernement du Reich d’intervenir auprès de la Pologne pour éviter qu’une exigence en forme d’ultimatum ne rende impossible la réalisation d’une solution pacifique dans les délais convenus entre les quatre grandes puissances. Le gouvernement tchécoslovaque a déjà déclaré à la Pologne qu’il était prêt en principe à céder les territoires de population principalement polonaise. Une cession immédiate effectuée sans aucune préparation est impossible. Le ministre des Affaires étrangères a ajouté qu’à son avis, les procédés de la Pologne ne répondaient pas à l’esprit de l’accord de Munich et qu’il croyait le Reich moralement obligé de faire respecter par la Pologne les décisions prises à Munich. Je me suis borné à promettre au ministre que je transmettrais son désir au ministère des Affaires étrangères du Reich.
(5)
Note de l’attaché Federer (Division politique).
HENCKE.
er Berlin, le 1 octobre 1938.
L’ambassadeur de France m’a téléphoné à 10 h. 30 et m’a prié de communiquer immédiatement ce qui suit au secrétaire d’État, dès son retour, bien qu’il doive le rencontrer personnellement sous peu : Une grave difficulté venait de surgir, du fait que la Pologne avait adressé à la Tchécoslovaquie un ultimatum expirant aujourd’hui à midi, alors pourtant qu’il était convenu dans l’accord de Munich que le problème des minorités polonaises serait réglé dans un délai de trois mois par la voie diplomatique normale (12). Les Polonais avaient évidemment mal lu l’accord, et il était nécessaire de le leur rappeler. Le gouvernement français avait entrepris des démarches dans toutes les capitales et désirait que le gouvernement allemand se joignît à ces démarches et fît comprendre aux Polonais qu’il fallait laisser à la Tchécoslovaquie une plus grande liberté de mouvement pour le règlement de cette question litigieuse.
(6)
FEDERER.
Note verbale de l’ambassade de Grande-Bretagne(13).
Ultimatum polonais.
er Berlin, le 1 octobre 1938.
Le Foreign Office a été informé que le gouvernement polonais avait adressé un ultimatum au gouvernement tchécoslovaque exigeant que satisfaction immédiate soit donnée à ses revendications territoriales. Si une réponse satisfaisante n’est pas parvenue aujourd’hui à midi, la Pologne a l’intention d’envahir demain la Tchécoslovaquie. M. Chamberlain considère que ce procédé est tout à fait contraire à l’esprit de l’accord conclu à Munich, prévoyant que le règlement des problèmes territoriaux en Tchécoslovaquie serait obtenu par voie de négociation et non par la force. De larges dispositions figurent dans l’accord pour le règlement des revendications polonaises. Le gouvernement britannique fait immédiatement des représentations dans ce sens à Varsovie. M. Chamberlain serait reconnaissant au gouvernement allemand de vouloir bien user de son influence pour amener le gouvernement polonais à différer son action et de chercher à