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Les Chemins gaulois et romains entre la Loire et la Gironde - Les limites des cités - La lieue gauloise

De
116 pages

Entre la Loire et la Gironde les voies romaines formaient un réseau peu compliqué, dont les lignes principales reliaient entre elles les capitales de tous les peuples de l’Ouest. Des embranchements ou des lignes secondaires desservaient les centres de moindre importance.

Ces vieilles chaussées, dont la plupart remplacèrent des chemins gaulois, ont été si solidement établies que dans beaucoup d’endroits elles ont conservé une partie de leur empierrement ou qu’on peut encore les reconnaître aux rangs de pierres debout qui de chaque côté formaient accotement.

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A.-F. Lièvre
Les Chemins gaulois et romains entre la Loire et la Gironde
Les limites des cités - La lieue gauloise
LES CHEMINS GAULOIS ET ROMAINS
ENTRE LA LOIRE ET LA GIRONDE LES LIMITES DES CITÉS. LA LIEUE GAULOISE
Par A.-F. LIÈVRE Entre la Loire et la Gironde les voies romaines for maient un réseau peu compliqué, dont les lignes principales reliaient entre elles l es capitales de tous les peuples de l’Ouest. Des embranchements ou des lignes secondair es desservaient les centres de moindre importance. Ces vieilles chaussées, dont la plupart remplacèren t des chemins gaulois, ont été si solidement établies que dans beaucoup d’endroits el les ont conservé une partie de leur empierrement ou qu’on peut encore les reconnaî tre aux rangs de pierres debout qui de chaque côté formaient accotement. Elles sont d’ailleurs presque toujours rectilignes. Celles de leurs courbes qui n’ont pas été motivées par un accident de terrain s’expliquent par la nécessité de desservir des localités intermédiaires. Quelques-unes ont eu pour but de faire l’économie d ’une seconde chaussée soit en empruntant un tronçon d’une ligne existante, soit e n adoptant entre deux directions peu divergentes une sorte de moyenne pour la premiè re partie du tracé. La Table de Peutinger et l’Itinéraire d’Antonin nou s fournissent des renseignements précis sur quatre ou cinq des grandes artères de no tre région. Presque toutes sont mentionnées, sous divers noms, dans les chartes du moyen âge, dont les indications peuvent, au besoin, aider à en retrouver la directi on. Un autre document à consulter, qui rend pour nous l’étude des anciennes chaussées plus facile et plus sûre qu’elle ne l’était il y a cinquante ans, est la carte de l’éta t-major, où un œil un peu exercé discerne sans peine la plupart de ces grandes ligne s au milieu de l’inextricable lacis des chemins qui ne vont que d’un village à l’autre. Mais si la carte peut aider à les reconnaître sur le terrain, elle ne saurait dispens er de les y rechercher, et il est bien des choses qu’elle laisse ignorer à ceux qui font d e la topographie historique sans sortir de leur cabinet. Les notes que nous allons utiliser, celles du moins qui n’ont été prises ni dans les livres, ni dans les archives, ont été rapportées de courses multipliées, dont quelques-unes datent de près de quarante années. Nous en ajo urnerions peut-être encore la publication si pour les compléter nous pouvions nou rrir l’espoir d’étendre nos investigations aux lignes ou tronçons restés jusqu’ à ce jour en dehors de nos explorations. Je crois apporter ici une assez large contribution à la géographie historique de l’Ouest. J’ai le regret de me trouver sur certains points, notamment pour la valeur de la lieue gauloise, en désaccord avec des savants émine nts. A leur haute autorité j’oppose des faits qu’ils peuvent contrôler et des chiffres que chacun peut vérifier.
I
NANTES à SAINT-PHILBERT-DE-GRAND-LIEU, Deas
De Nantes, ou peut-être de Rezé, partait un chemin ferré qui, traversant l’Oignon, probablement à Pont-Saint-Martin, a laissé son nom au hameau de la Chaussée, dans la paroisse de la Chevrolière, et au moulin à vent de la Chaussée, situé sur la rive droite de la Boulogne, juste en face de Saint-Philb ert-de-Grand-Lieu. Saint-Philbert s’appelait primitivement Deas. Le do cument qui nous l’apprend témoigne en même temps de l’existence de ce chemin et nous révèle, en outre, un détail curieux : l’intervention du pouvoir royal da ns une question de voirie, à une époque où on ne s’occupait plus guère de surveiller et d’entretenir les anciennes chaussées. e Dans les premières années de IX siècle, l’abbé Arnoul, obligé par les incursions des Normands d’abandonner son établissement de l’îl e de Noirmoutier, venait de s’établir à Deas, sur le bord de la Boulogne, à la pointe méridionale du lac de Grand-Lieu. Afin d’amener l’eau de la rivière à son nouve au monastère, il demanda au roi l’autorisation de couper « la route royale, le chem in pavé et chaussé, comme on 1 disait », ce qui lui fut accordé à la condition de faire un pont sur cette tranchée . Il n’est pas probable que cette ligne s’arrêtât à D eas, mais nous ignorons quelle en était ensuite la direction. Il y aurait pourtant in térêt à la connaître, comme celle de toutes les voies qui tendent vers la côte, parce qu e leur aboutissement même serait l’indication d’un port.
II
NANTES à SAINTES
Quelques indices nous portent à croire qu’une voie directe reliait la capitale des Namnètes à celle des Santons, mais aucun n’est suff isant pour nous permettre d’affirmer l’existence de cette chaussée. Notre présomption repose principalement sur ce que, à une demi-lieue du confluent des deux Lay, presque sur une ligne idéale tirée de Nantes à Saintes, se trouve un 2 Ingrande, dont le nom indique d’ordinaire , non seulement une frontière, mais l’endroit où un chemin, soit gaulois soit romain, passait du territoire d’un peuple dans celui d’un autre. Ici cette limite, formée apparemment par le Lay, aurait été celle de l’ancien pays des Ratiates, annexé au Poitou dès avant la conquêt e romaine, et la route, s’il y en avait une, ne pouvait guère être que celle de Nante s à Saintes. Elle se serait détachée, probablement vers Montaigu , de celle de Rom et aurait passé par les marais du bas Poitou, ce qui n’eût pa s été, pour les ingénieurs d’alors, un obstacle plus insurmontable qu’il ne l’a été pou r ceux de nos jours. De tout temps, e d’ailleurs, ou du moins depuis le XVI siècle, deux ou trois chemins, plus ou moins 3 praticables, ont traversé le marais en en suivant l es parties les moins basses . Le plus fréquenté franchissait la Sèvre à Marans. Si une ancienne chaussée a existé par là, la premiè re chose à faire pour en retrouver des restes serait de renoncer à l’idée in soutenable qu’au temps des Romains la mer couvrait encore le Marais. A défaut d’une voie directe entre Nantes et Saintes on devait suivre jusqu’à l’Absie la ligne de Rom, et, à l’Absie, prendre celle d’Ang ers à Saintes, ce qui allongeait le 4 parcours de quelques lieues .
III
NANTES, Condivincum,àPÉRIGUEUX, Vesunna,par Rom
Nantes à Rom,Rauranum.— Partant de Nantes, là chaussée passe aux Soriniè res 5 et près du château de Touffou, au Bignon, au Pâtis- de-Vieillevigne , au sud de Montaigu, à Saint-Georges, anciennementDurinum,Bazoges, aux Herbiers, à l’est à d’Ardelay, à Boisjoly, à la Blinière, tout près de Pouzauges, au Vieux-Pouzauges, à Montournais et à Saint-Pierre-du-Chemin, qui doit à cette circonstance le complément de son nom ; puis elle longe au sud-ouest la forêt de Chantemerle et coupe près de l’Absie la ligne d’Angers à Saintes, dont nous auro ns à nous occuper tout à l’heure. Il est à remarquer que les foires les plus renommée s du Bocage, celles de Montaigu, les Herbiers,Saint-Michel-Mont-Mercure, P ouzauges, Saint-Pierre-du-Chemin, Chantemerle et l’Absie, se tenaient le long de cette route. Après l’Absie, la voie traverse la forêt de Secondi gny, passe au sudd’Alonne, au nord de la Boissière et de Mazières, au sud de Verr uyes et à Saint-Georges-de-Noisné. Ce long tronçon de Nantes à Saint-Georges, reconnu depuis longtemps, a presque toujours été pris pour la ligne de Poitiers. Nous v errons bientôt que celle-ci, suivant une autre direction, était à la fois plus courte et moins accidentée. La chaussée, après s’être longtemps tenue sur la li gne de faîte qui départit les eaux de la Sèvre Nantaise et du Thouet et celles du Lay, de l’Autise et de la Sèvre Niortaise, descend dans la vallée du Ligueure, qu’e lle traverse au pont de Maunay. En remontant la côte sur la rive gauche on peut encore constater l’existence, dans la haie, de hautes dalles, plantées de champ, qui sout iennent le remblai et qui sont les anciens accotements de la chaussée. Elle devait fra nchir la Sèvre à Saint-Maixent,remonter aussitôt sur le plateau, passer près de Souvigné et de Fontfreroux et arriver à Massient, dans la commune d’Exoudun, où n ous la retrouvons et d’où elle se rend presque en ligne droite à Rom. La largeur de l ’empierrement mesurée en un point où ses accotements sont conservés, entre Vançais et Rom, est de trois mètres trente centimètres. A la Roche-Goupilleau le souterrain qu ia donné son nom au village avait été creusé en partie sous la voie et, depuis, un ef fondrement de la voûte a fait dévier le chemin au sud. Un peu plus loin, sur le revers o ccidental de la vallée de Charentour, la chaussée s’est changée en ravin et les longues p ierres qui formaient autrefois l’accotement saillent maintenant, à demi-déracinées , en haut du talus. La voie arrivait au pont de Rom, au sommet du coude de la Dive, où e lle rencontrait celle de Poitiers. Depuis La Roche-Goupilleau, c’est-à-dire depuis deu x ou troiskilomètres, il y avait un 6 autre chemin plus direct, qui devait servir habitue llement lorsque la Dive était à sec . Rom à Périgueuxe vers Ruffec. — De Rom, la chaussée se dirigeait en ligne droit et on continue à la suivre facilement, soit sur le terrain, soit sur la carte. A la fin du moyen âge, les villages de la Girardière et du Breu il ont été bâtis sur la voie même ; mais dans les champs et les jardins du Breuil on en a retrouvé l’empierrement avec ses bordures de pierres plates, et la ligne qu’elle suivait, aujourd’hui purement idéale, sert toujours de limite aux paroisses de Messé et d e Brux. Plus loin, à partir de Tagné, la chaussée a été sup primée depuis la création de la grande route de Paris à Bordeaux, dont elle était t rès rapprochée ; mais on en suit encore facilement la direction au milieu des champs , où se trouvent maintenant les limites de plusieurs paroisses et celles de beaucou p d’héritages, qui étaient autrefois formées par le chemin. Les haies qui la bordaient s ont restées çà et là, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre et parfois des deux. On la reconnaît même dans la plaine cultivée, soit à la couleur, soit à la forme bombée du terrain. Dans deux ou trois bouquets de bois elle a conservé une partie de son empierrement avec ses bordures.
Les anciens titres la désignent sous le nom de Chem in-Chaussé. Se rapprochant de plus en plus de la route national e, elle finit par la couper à angle très aigu aux Maisons-Blanches. De l’autre côté du village et jusqu’à la forêt de R uffec, elle a été presque partout supprimée, parce qu’elle ne s’éloignait pas de plus de deux cents mètres de la nouvelle route ; mais son tracé est toujours reconn aissable. De Rom à la forêt de Ruffec, c’est-à-dire sur un pa rcours de vingt-cinq kilomètres, la voie était tirée au cordeau. Dans la forêt son assiette a été empruntée par la n ouvelle route. Elles traversent ensemble la ville et passent au village de la Chaus sée. Aux Nègres et à Touchimbert, elles s’écartent un peu, mais se rejoignent bientôt. e e Cette portion de la ligne est mentionnée dans plusi eurs titres des XIV et XV 7 siècles, cités par D. Fonteneau :Via publica de la Chassaude,enet 1396 ; 1390 Via publica de la Chaussade,en 1428 ;Via publica de la Chaussade,en 1459 ;Chemin de la Chaussée, en ur la direction de la1498 ; mais le savant bénédictin s’est trompé s voie, d’abord entre Vivonne et les Maisons-Blanches , et ensuite au delà de Mansle, d’où il la conduit à Angoulême.
1 Obsecrans... ut transitum ei per viam regiam, quam stratam sive calciatam dicunt, ejusdem aquæ concederemus. — D. Bouquet,Rec. des histor. des Gaules,VI, 516.
2V. ci-après, pp. 15, 24, 27, 45.
3 Ch. Estienne,la Guide des chemins de France1552, pp. 201 et Paris, 202 ; — Masse,Mémoires sur l’Aunis et le Bas-Poitou,copie dans D. manusc., Fonteneau, t. XXXIV. — Voir ci-après, p. 97.
4V. ci-après, pp. 8, 9.
5 Bizeul,Nantes.De quelques voies rom. du Poitou se dirigeant vers  Nantes, 1844, p. 73.
6A. -F. Lièvre,Notes sur Co che et ses environs,p. 164.
7Mémoires de la Société des antiquaires de l’ouest,II, 101.