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Les chemins sahraouis de l'espérance

De
200 pages
Au Sahara occidental se mène depuis 1976 une guerre oubliée, ramenée régulièrement aux feux de l'actualité : celle des Sahraouis pour la libération de leur territoire occupé par le Maroc, en dépit de toutes les résolutions des organismes internationaux... Ce livre d'histoire et d'actualité est écrit par un Sahraoui. Il en appelle à nos propres principes d'indépendance, de liberté, de solidarité, à notre propre sens de la dignité. De là sans doute l'émotion qui naît de ces pages.
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LES CHEMINS SAHRAOUIS DE L'ESPÉRANCELE SAHARA OCCIDENT AL
À L'HARMATTAN
BARBIERMaurice: Trois Français au Sahara Occiden-
tal (1784-1786), 215 p.
- Le conflit du Sahara Occidental, 420 p.
- Voyages et explorations au Sahara Occidental au
XIX siècle, 371 p.
BESLAY François: Les Reguibats - de la paix
française au..Front Polisario (Collee. Alternatives
paysannes), 200 p.
Sahara Occidental: Un peuple et ses droits, 200 p.
- Un peuple et ses droits (version arabe), 112 p.
FARÈSNabile : Peuple sahraoui, chants d'histoire et de
vie pour des roses de sable (en français-espagnol),
poésie, 172 p.
@ L'Harmattan, 1987
ISBN: 2-85802-883-4ZEÏN SAAD
LES CHEMINS SAHRAOUIS
DE L'ESPÉRANCE
Introduction de
Jeau Ziegler
Editions L'Harmattan
5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique
75005 - Parisv
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LA RÉPUBLIQUE
ARABE SAHRAOUIE
DÉMOCRATIQUE
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t\A nos mères sahraouies
Qui bannissent de leurs rêves
L'exil et le désespoirCHANSON D'ADIEU
POUR EL OUALI*
Je t'inventerai une rose
de pétales noires
un drapeau rouge
de sang
brûlant
Je t'inventerai un chemin
qui croise les mers,
une terre
de myrte
et d'eau
Je t'inventerai un vent
de lumières et de ponts
un rêve
d'épis
et d'ailes
Je t'inventerai une ombre
de colombes libres
un ombrage
de brises
et de palmiers
Antonio LEYVA
Poète mexicain
Traduit de l'espagnol*
par LISA PIERRE.LALlA ET SES RÊVES
«Je t'offrirai une rose des sables. » Lalia, dix ans,
me l'a promis. A Smara. En attendant, Lalia vit dans
un camp de réfugiés où s'entassent plus de cent
soixante-cinq mille Sahraouis. Sous la kheïma (tente),
à la lueur d'une lampe à gaz, pendant que d'une main
preste sa mère prépare le thé, et que l'«âadjaj», ce
terrible vent de sable qui souffle depuis le matin,
oblige tout le monde à se tenir, Lalia raconte Smara.
D'abord, tient-elle à me rassurer, «Chez nous c'est
très beau. Il n'y a pas de vent comme ça /» C'est
l'Eden! Un paradis comme seuls les enfants savent en
créer, utilisant pour palette l'arc-en-ciel. Pourtant, de
son pays d'origine, elle ne connaît rien. Elle est
arrivée une nuit d'hiver, après le bombardement de
Smara par l'aviation marocaine, il y a de cela... dix
ans justement. Lalia vit dans le moukhaîem (campe-
ment) où elle a vu le jour. Elle grandit à l'ombre de la
tente familiale. Ses yeux dans la pénombre ressem-
blent à deux taches noires sur une peau mate et lisse
que rien ne semble altérer. Au point que l'on finit par
se demander si la capacité de résistance des adultes
n'est pas tout simplement héréditaire.
10Pour le moment, Lalia observe la broderie réalisée
par sa mère et des voisines, contribution hautement
artistique à l'écriture de l'histoire de sa patrie, de son
peuple.
Sur son cahier de dessins, Lalia trace un soleil, des
silhouettes en armes, un drapeau sahraoui.
Lalia est une enfant du vent, elle a commencé à lire
et à écrire dans une école en plein air; pour ardoise,
elle avait sa «portion» de sable, pour craie son doigt
et comme tous les bambins du monde pour écrire en
s'appliquant, Lalia pointe le bout de sa langue au coin
de sa bouche...
Sous sa tente, Lalia raconte, émerveillée, son
voyage en France, à l'occasion d'une colonie de
vacances de solidarité. Elle parle des maisons à
étages, «des portes et des fenêtres avec plein de
vitres », et puis, sur un ton où transpire le défi:
«comme à Smara, là-bas». Son doigt minuscule
dessine un horizon arrondi. Elle rit, ne s'arrêtant que
pour dissimuler une quinte de toux qu'elle avait réussi
jusque-là à contenir. Car, malgré son jeune âge, dans
un élan de fierté peut-être, Lalia tente de dissimuler
le mal qui l'affecte, une bronchite à laquelle, sous ce
climat très dur, les femmes et les vieillards n'échap-
pent pas non plus.
Mais refusant de nous laisser nous apitoyer sur son
sort, elle parle, raconte des histoires qu'elle ne finit
jamais. Tant pis. Taquinerie ou galanterie? Il est
difficile en tout cas de taire sa beauté. Et de fil en
aiguille, voici que l'on parle de son mariage. Lalia
rougit mais l'ingénuité de l'enfance prend vite le
dessus: «Je serai enseignante et "lui" médecin. Nous
habiterons une maison avec une autre, dessus, avec des
portes, des miroirs. Beaucoup de drapeaux... » L'ima-
11gination la rend intarissable, mais Lalia s'arrête net
lorsqu'on lui demande des nouvelles de son père.
Sérieuse, elle répond: « Il est parti avec d'autres en
"Landro", il va revenir.» Pudiquement, la mère
baisse les yeux pour verser d'autres verres de thé.
Brûlant.
Les hommes au moukhaîem sont des «passagers en
transit». Tout comme les travailleurs émigrés, ils
n'ont pas la chance de voir leurs enfants grandir. De
périodiques mais brèves permissions leur permettent
de renouer le contact, d'assurer la jonction entre deux
moments que la mère aura conservés à l'écart de
l'oubli.
Devant cette enfant qui observe les visiteurs
comme s'il s'agissait de témoins, soudain comme une
phrase de Saint-Exupéry jaillit sur les lèvres: « Lalia,
dessine-moi ton pays!» Et Lalia, en véritable petite
princesse, tant la solennité empreint son geste à ce
moment précis, esquisse sur le sable les contours d'un
Etat, poussant le luxe jusqu'à ajouter les initiales en
arabe de la R.A.S.D. Et malicieuse, elle pointe son
doigt au milieu de sa carte: « Smara, c'est là. Vous
viendrez nous voir à l'indépendance? » Les rêves de
Lalia sont têtus.
12Vous dont les larmes ont l'amertume
Du sang des peuples poignardés
Kateb YacineA VANT -PROPOS
On peut aborder ce livre avec l'a priori - bien
compréhensible - qu'il s'agit d'un ouvrage apologé-
tique. Qu'on nous fasse l'amitié de croire qu'il n'en
est rien. Notre propos vise à présenter la réalité, les
efforts que nous avons faits, les résultats que nous
avons atteints et ce qui nous reste à accomplir.
Les peuples, les Etats et les amis qui nous ont aidés
pendant ces années de lutte connaissent notre
histoire, nos perspectives, et nos aspirations. Le
contenu de cet ouvrage ne leur apportera rien de
nouveau. Nous espérons cependant qu'il les aidera à
rallier à notre cause de nouveaux amis, à mieux nous
faire comprendre de ceux qui se trouvent encore loin
de nous. C'est donc aux amis de longue date que ce
livre est dédié en premier. Mais nous souhaitons aussi
qu'il touche un vaste public, en Europe, en Asie et en
Amérique.
Notre lutte a une signification universelle. Elle
s'inscrit dans le combat que toute l'humanité livre
pour la paix, le bien-être et le progrès. Nous sommes
persuadés que la connaissance de notre cause aide
objectivement à percevoir quelques-unes des difficul-
14tés que le monde traverse actuellement, à situer les
forces qui s'opposent à tout processus de développe-
ment et de libération des peuples et des individus.
Aussi bien, nous nous adressons au peuple maro-
cain. Il n'est pas notre ennemi mais la victime, au
même titre que nous, d'un régime et d'une politique
voués à l'échec parce qu'injustes, à rebours de
l'histoire et de l'évolution de la civilisation. C'est
particulièrement en son sein que nous espérons
trouver appui et compréhension pour notre lutte. Car
vaincre signifie à nos yeux lui permettre de mieux
conduire son propre combat contre une économie de
guerre qui lui apporte misère et sous-développement.
Pour atteindre le niveau de démocratie d'une société
moderne et juste. Pour que la paix dure dans notre
région, en Méditerranée et sur le continent africain,
tout esprit de domination étant exclu, tant dans le
domaine économique que dans celui des relations
internationales.
Ces objectifs communs aux peuples de la région
peuvent-ils être atteints par le fait de notre seule
lutte? Evidemment non. C'est pourquoi nous atten-
dons, aujourd'hui plus que par le passé, que l'Europe
attachée à la démocratie, intéressée au plus haut point
par la paix dans notre région et la possibilité
d'entretenir avec le Maghreb et l'Afrique des rela-
tions de coopérations à tous les niveaux, apporte sa
contribution pour aboutir à une solution négociée du
conflit entre notre peuple et le gouvernement maro-
cain. Cela a toujours été notre objectif prioritaire.
Cet ouvrage expose les éléments essentiels de notre
histoire. Il démontre, d'une part, qu'il n'y a jamais eu
sur notre territoire de quelconque souveraineté
marocaine, et d'autre part, que notre peuple a acquis
15dans la lutte la conscience de son identité, de ses
droits et de ses liens avec son patrimoine historique.
Pour nous, la guerre n'est pas un choix délibéré,
elle nous a été imposée. Notre préférence - faut-il le
souligner? - va à cette société civile à laquelle nous
aspirons et que nous établirons après la libération de
notre patrie. Nous nous y préparons déjà, comme en
témoignent nos expériences en matière d'administra-
tion, d'agriculture, d'artisanat, de santé et nos efforts
dans les domaines de l'éducation et de la formation.
Notre volonté et notre certitude d'atteindre cet
objectif sont aussi fortes que notre disposition à
établir des relations nouvelles, économiques et politi-
ques, avec tous les pays et les peuples de la région afin
de vaincre notre seul ennemi commun: le sous-
développement. Plus encore, nous sommes prêts à
étudier avec nos voisins toute formule garantissant la
meilleure exploitation possible des ressources dont
dispose notre pays, afin de mettre en place un projet
global intéressant les peuples de notre région.
Le cadre politique qui détermine aujourd'hui la
situation du Maghreb (et donc de notre lutte), n'est
pas des plus favorables: ceux qui s'opposent à la paix
ne semblent pas prêts à renoncer. Leur attitude
consiste à radicaliser les positions, à rompre le
dialogue, à tenter d'internationaliser un conflit déjà
coûteux et dramatique, par une fuite en avant. Fuite
d'autant plus manifeste, pour nous que notre résis-
tance est plus déterminée et chaque jour davantage
soutenue par notre peuple et par la solidarité et la
reconnaissance de plus en plus larges dont nous
bénéficions sur la scène internationale. Cela soutient
notre bras et aiguise notre esprit pour conduire
jusqu'à son terme logique notre lutte militaire,
politique et diplomatique: le Sahara libre.
16LE PARADIGME SAHRAOUI
par Jean ZIEGLER
Avril 1987 : dans la grande salle de conférence de
l'hôtel Shératon de Rome, transformée en forteresse,
surveillée par des centaines de carabiniers, de
policiers aux gilets pare-balles et de gardes de corps
provenant de toutes les nations d'Europe, le Conseil
exécutif de l'Internationale socialiste tenait son
Congrès sur «la paix et la coopération en Méditer-
ranée ». Devant la presse mondiale, les membres du
Conseil et des dizaines d'observateurs, Willy Brandt,
président de l'Internationale, suivi du Premier mi-
nistre italien Bettino Craxi et du Vice-Premier
ministre d'Espagne, Alfonso Guerran, présenta les
subtiles analyses sur les guerres, conflits et tensions
qui de la Mésopotamie jusqu'au Tchad ravagent
aujourd'hui les pays riverains ou voisins de la
Méditerranée. Tout au fond de l'immense salle, parmi
les interprètes, journalistes et agents secrets, un
homme au teint brûlé par le soleil, aux grands yeux
noirs et tristes: Mohamed Sidati, délégué en Europe
du Front Polisarid',
Après d'autres intervenants, Lionel Jospin appela à
la mobilisation contre Kadafi et au soutien du
gouvernement tchadien de Hissène Habré. Bruno
17Kreisky prit la parole, puis le Premier ministre de
Norvège, Madame Brundtland... appels, analyses,
condamnations, annonces de négociations, projets de
résolution se succédèrent. Pendant trois jours et deux
nuits. Sur la guerre du Sahara occidental, peu de
choses.
Or, sur le front central, entre Farsia et Mahbès, une
des batailles les plus meurtrières de toute la longue
guerre venait tout juste de s'achever. Les combattants
de l'Armée de Libération Populaire Sahraouie étaient
montés à l'attaque du Mur marocain à travers les
barbelés, les champs de mines. Dans des combats de
corps à corps, à la grenade, à la kalachnikov, ils
avaient détruit des dizaines d'avant-postes des camps
de base, des colonnes de secours blindées, des dépôts
de munition, des bunkers de commandements maro-
cains. Des centaines de jeunes soldats, sous-officiers,
officiers marocains avaient été tués, brûlés, mutilés.
Des dizaines de jeunes gens et adolescents sahraouis
avaient sauté sur des mines, étaient morts sous les
bombardements des Mirages français, avaient agonisé
dans les barbelés.
De cette effroyable tragédie peu d'écho parvenait à
la salle climatisée du Shératon. Ici étaient réunies les
figures les plus prestigieuses, les principaux dirigeants
du socialisme démocratique. Tous ignoraient super-
bement cette guerre de plus de 12 ans qui si
visiblement n'a pas d'issue militaire et qui mois après
mois accumule dans les champs de mines, derrière le
Mur et dans les barbelés les cadavres de gens qui
pourtant sont des voisins. Depuis 1975, l'armée
d'occupation marocaine bombarde, torture, tue,
brûle, massacre le peuple martyre des Sahraouis.
Depuis toujours, les Sahraouis résistent à l'occupant:
espagnol d'abord, puis maroco-mauritanien et enfin
18marocain. Dans la salle du Shératon, le représentant
du peuple agressé venu en observateur n'avait pas la
parole.
Ce qui se passait à Rome en avril 1987 est
symbolique pour la plupart des luttes actuelles de
libération que mènent sur les trois continents tant de
peuples contre leurs oppresseurs: les peuples d'Afri-
que-du-Sud, de Namibie, d'Amérique latine et
d'autres peuples ailleurs dans le monde qui apparais-
sent sur les téléscripteurs une ou deux fois par an
lorsque leurs combattants réussissent une attaque
particulièrement audacieuse ou subissent une défaite
spectaculaire. Le reste du temps, les gouvernements
démocratiques, l'opinion publique du monde indus-
triel réagissent comme de coutume: par le silence,
l'indifférence, l'indolence du cœur et de l'esprit.
Sur les champs de bataille du désert, dans les
cachots des territoires occupés, les hommes, femmes
et adolescents sahraouis sont, malgré le secours qu'ils
reçoivent d'Algérie, de Suède et d'organisations
humanitaires, ou de solidarité en Europe, désespéré-
ment seuls. Réfugiée sur la Hammada de Tindouf,
balayée par les vents glacés en hiver, brûlants en été,
la majorité de la population civile vit sous tente,
déplacée depuis 12 ans. Sur le front, les hommes au
fusil, en Land-Rover avec un courage indomptable.
En face d'eux, une des coalitions les plus agressives,
réactionnaires, cyniques et brutales que l'Afrique
moderne ait connue: dans les salles de tortures des
casernes et commissariats marocains des territoires
occupés, des «experts» nord-américains et israéliens
assistent les bourreaux chérifiens. La France, l'Afri-
que-du-Sud, l'Arabie Saoudite livrent des quantités
19inépuisables de blindés, d'avions, de fusées, de
munitions. Ils délèguent sur le Mur en tant que
«conseillers» leurs officiers et coopérants. Les
Sahraouis, peuple nomade, à la culture, la langue, la
cosmogonie millénaires vivent sur ces étendues
brûlées, dans les vallées verdoyantes et les oasis, sur
les côtes poissonneuses et le long des oueds du Sahara
occidental depuis le XIVesiècle. Colonie espagnole par
décision de la Conférence de Berlin depuis 1885, les
Sahraouis - ceux du Reg (désert de pierre) et ceux
du Erg (étendue de sable) - ont toujours été unis,
souverains, intraitables dans leur volonté d'indépen-
dance, intransigeants quant à leur désir d'être libres.
En plus de 100 ans, leur résistance n'a jamais cessé
entre le fleuve Drâa au nord, la Hammada de Tindouf
à l'est, l'Atlantique à l'ouest et les oueds mauritaniens
au sud. Leurs revendications sont toujours les
mêmes: souveraineté populaire, respect de l'identité
singulière, indépendance politique, liberté des per-
sonnes, bonheur pour tous. Ces revendications sont
justes: personne de sensé n'en doute. Pourtant,
depuis plus d'un siècle elles sont niées, noyées dans le
sang.
Chose étonnante: le peuple sahraoui avec son
extraordinaire sens de l'analyse, du contact humain,
de la pédagogie accumule les victoires diplomatiques.
Vingt-huit Etats africains et des dizaines d'Etats
non-africains parmi lesquels la puissante Inde recon-
naissent aujourd'hui formellement la R.A.S.D. -
République Arabe Sahraouie Démocratique. La
R.A.S.D. est membre de plein droit de l'O.U.A. A
l'Assemblée Générale des Nations Unies, année
après année, une écrasante majorité - amenée par
les gouvernements progressistes du Tiers Monde -
vote régulièrement en faveur des revendications
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