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Les Halles centrales de Paris - Autrefois et aujourd'hui

De
166 pages

Sous les premiers rois de France, Paris ne comprenait que la Cité. Il n’y avait qu’un seul marché, le marché Palu. L’emplacement contigu à ce marché, situé sur la rive de la Seine, était marécageux.

Plus tard, une Halle, dite Halle de Beauce, ou marché au blé, fut établie rue de la Juiverie, près du Petit-Pont.

Louis VI, dit le Gros, acheta en 1137 le terrain dit « des Champeaux » ou Petits-Champs, pour y établir un marché, autour duquel plusieurs autres furent construits.

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Jules Vigneau
Les Halles centrales de Paris
Autrefois et aujourd'hui
LES Halles Anciennes
* * *
Sous les premiers rois de France, Paris ne comprena it que la Cité. Il n’y avait qu’un seul marché, le marché Palu. L’emplacement contigu à ce marché, situé sur la rive de la Seine, était marécageux. Plus tard, une Halle, dite Halle de Beauce, ou marc hé au blé, fut établie rue de la Juiverie, près du Petit-Pont. Louis VI, dit le Gros, acheta en 1137 le terrain di t « des Champeaux » ou Petits-Champs, pour y établir un marché, autour duquel plu sieurs autres furent construits. Philippe-Auguste l’entoura de murs percés de portes qu’on fermait pendant la nuit. Des appentis furent construits de 1180 à 1183, pour garantir les marchandises des injures du temps. Philippe-Auguste ordonna qu’un marché serait tenu s ur cet emplacement pour y vendre toutes sortes de marchandises et les mettre en sûreté. Ce marché fut désigné sous le nom de « Halles de Paris », parce que chacu n y allait. e Au milieu du Carreau des Halles était le pilori du roi. Il datait du XII siècle. Reconstruit en 1542, il ne fut supprimé que sous le règne de Louis XVI, en 1789. C’était une tour circulaire en bois, mobile et tour nant sur un pivot. Cette tour était percée d’ouvertures assez larges pour que le condam né y passât la tête et les mains. Saint-Louis fonda deux Halles pour les drapiers et une pour les corroyeurs. e Déjà, au XIII siècle, les Halles s’étaient si considérablement a grandies que les marchands et artisans de toutes les communautés y a vaient chacun leur Halle à part. Toutes ces boutiques formaient des rues où les gens du même métier étaient rassemblés ; de là les noms des rues de la Tixander ie, de la Ferronnerie, de la Chanvrerie, de la Haumerie, de la Cordonnerie, de l a Lingerie, de la Triperie, de la Poterie, de la Friperie, des Potiers-d’Étain, des F ourreurs, etc., etc., qui sont venus jusqu’à notre époque. On y voyait une place aux œufs, une à la fromagerie , à la poissonnerie, aux pois, au blé, à la graisse, au poisson frais, au poisson de mer, aux fruits, au vin, etc. Les marchands de Saint-Denis, de Gonesse, de Lagny, de Pontoise, de Beauvais, de Chaumont, de Corbie, d’Amiens, d’Aumale, d’Avesn es, de Douai, de Louvain, etc., y avaient aussi leur Halle à part. La Halle à la Viande de Beauvais était située vis-à -vis de la rue au Lard, entre la rue Saint-Honoré et la rue de la Poterie. Elle fut tran sportée sur la place qui servait autrefois de Halle au Blé. er François I commença la reconstruction des Halles qui furent a chevées par Henri II ; c’est ce que l’on appelle la rénovation des Ha lles. Cette opération, commencée en 1543, ne fut terminée qu’en 1572. e Depuis ce temps jusqu’à la fin du siècle dernier, e t même jusqu’au milieu du XIX siècle, les emplacements réservés aux denrées dans les Halles nouvelles furent conservés presque sans modification. Les Halles étaient entourées d’une galerie couverte formant de grands hangars, dont une partie a subsisté jusqu’au milieu du siècl e dernier sous le nom de Piliers des Halles ou rue de la Tonnellerie. C’est là que se te naient les fripiers. On distinguait les grands piliers qui allaient de l a rue Saint-Honoré à la pointe Saint-Eustache, et les petits piliers de la rue Pirouette à la rue de la Cossonnerie.
A côté des Halles, s’étendait un vaste cimetière di t « le Charnier des Innocents ». Il y avait deux sortes de Halles, les Halles couvertes et les Halles découvertes. Les Halles couvertes, au nombre de sept, étaient la Halle aux Draps, et les Halles aux Toiles, aux Cuirs, à la Saline ou fief d’Alby, à la Marée fraîche, le parquet de la Marée et la Halle aux Vins. Les Halles découvertes étaient la grande Halle contenant :
A).La Halle aux Blés et aux Grains.
— à la Farine. — aux Beurres. — à la Chandelle,
La Halle aux Chanvres, Filasses et Cordes à puits.
— aux Pots de grès, à la Boissellerie. — à la chair de Porc frais et salé.
B).erie.La Halle au Poisson d’eau douce, rue de la Cossonn G).La Halle au Pilori. D).’étendant de la rue aux Fers àLa Halle aux Poirées (bouquets, herbes, fruits), s la rue de la Cossonnerie. E).La rue aux Fers réservée aux Jardiniers.
Le Marché en gros du Poisson de mer frais ou Halle de la Marée se tenait dans un lieu nommé fief d’Alby ou d’Hallebick. En 1767, on transféra la Halle aux Blés sur l’empla cement de l’Hôtel de Soissons, qui fut démoli en 1748. La Halle au Blé, dont la co nstruction fut commencée en 1763, fut achevée en 1772. Le Marché des Innocentsfut ouvert le 14 février 1789, sur la place du cim etière des Innocents. Ce cimetière, fermé de murs par Philippe -Auguste en 1186, avait été agrandi en 1218. Il fut démoli sous Louis XVI, en 1 786, et la Fontaine de Jean-Goujon fut transportée au centre de la nouvelle place du M arché. Ce Marché contenait le Marché aux Herbes et aux Lég umes. Il fut cédé à la Ville par décret du 30 janvier 1811. En 1813, on construisit autour des galeries de bois pour abriter les marchands. Ce Marché des Innocents fut supprimé le 17 octobre 1858, et les marchands de détail furent installés dans les p avillons 7 et 8 des Halles actuelles, le 18 du même mois. La vente à la criée des Fruits et Légumes, établie au Marché des Innocents, fut transférée dans la partie sud du pavillon n° 8, le 18 octobre 1858. Cette vente a été transférée au pavillon no 6. le 11 avril 1874. Le Marché du Légat,destiné à la vente des Pommes de terre, fut couver t d’abris en 1810. Il se tenait dans un terrain compris entre le s rues de la Lingerie, de la Grande et Petite-Triperie et Saint-Jean-de-Beauce. Le Marché aux Oignonsfut abrité en 1822 et se tenait rue de la Petite-F riperie. Le Marché des Prouvaires, Marché des Viandes, situé entre les rues des Deux-Écus, du Four, Traînée et des Prouvaires, mesurait 5,616 mètres. Il était formé de plusieurs hangars en bois. Commencé en 1813, il fut inauguré en 1818. Il fut supprimé le 16 juillet 1862. Le Marché en gros des Viandes, rétabli au Marché des Prouvaires le 11 juin 1849, fut transféré dans un pavillon provis oire de la rue Traînée, le 20 mars 1858, puis réinstallé définitivement au pavillon n° 3 des Halles actuelles, le 28 juin 1866.
Le Marché à la Volaille et au Gibier, ou Marché de la Vallée, se trouvait sur l’emplacement de l’Église et du Couvent des Grands-Augustins, situé dans la vallée de er Laas. Commencé le 17 septembre 1809, il fut terminé , le 1 février 1812. Primitivement, cette vente avait lieu sur le quai d e la Mégisserie, près du Châtelet, au lieu dit « Vallée de Misère ». En 1769, elle avait été transférée sur le quai même des Augustins. Le Marché à la Volaille a été installé définitiveme nt au Pavillon n° 4 des Halles Centrales, le 26 décembre 1866. La Halle au Beurre,entre les rues du Marché-aux-Poirées, des P iliers, des située Potiers-d’Étain, des rues de la Cossonnerie et des Prêcheurs, fut construite par l’administration des Hospices, le 21 juin 1823, sur l’emplacement du Marché aux Poirées. On y vendait égalementles Œufs et les Fromages. La vente en gros des Fromagesfut installée au Marché des Prouvaires en 1836. La Halle au Beurre, démolie en 1854, fut transférée , le 25 janvier 1858, dans le pavillon n° 10 des nouvelles Halles. La Halle à la Verdureremplacé, le 23 mars 1819, le Marché aux Poirées et le a Marché du Carreau du Pilori. Les détaillantes, inst allées dans ce Marché, ont été transportées dans les pavillons 11 et 12 des Halles , le 26 octobre 1857. La Halle aux Tripes fut Blé. Elle esttransférée, en 1770, dans l’ancienne Halle au restée installée, rue au Lard, jusqu’au 4 avril 181 8. Le Marché aux Tripes fut remplacé par le Marché à la Triperie qui fut installé au pav illon n° 3 des Halles, affecté à la vente à la criée des Viandes de boucherie. Il fut installé au pavillon n° 5. le 15 février 187 0, et définitivement au pavillon n° 6, dans la partie Nord, le 30 mars 1890. La Halle aux Cuirs, qui était rue de la Lingerie, fut transportée rue Mauconseil, n° 34, et rue Française, n° 5, en 1784, à l’ancien emplacement de l’Hôtel de Bourgogne, où elle resta jusqu’en 15 mars 1866, pou r être installée rue Censier, sur la rive gauche de la Seine. La Halle aux Draps et aux Toiles,élevée rue de la Poterie, en 1786, sous Louis XVI, er avait été supprimée, le 1 avril 1842, faute d’affaires. Un incendie détruisit les combles, le 25 avril 1855 . Ce Marché fut transporté au premier étage de la Halle au Blé (actuellement Bour se du Commerce) et y est resté jusqu’en 1886. Le Marché au Poissonet saen ruines en 1784. On décida sa démolition  tombait reconstruction dans la Cour des Miracles. Le transf ert n’eut pas lieu. En 1822, on construisit une Halle au Poisson sur le Carreau du Pilori. Ce Marché, ouvert le 16 février 1822, était situé entre les rues de la From agerie, des Petits-Piliers, de la Tonnellerie, des Potiers-d’Étain et la Halle au Beu rre. Le 28 décembre 1857, la Halle au Poisson fut instal lée au pavillon n° 9 des Halles actuelles. La Halle aux Huîtrestenait dans la rue Montorgueil, entre la rue Pâ vée-Saint- se Sauveur et la rue Mauconseil. Créée en 1845, celte Halle fut supprimée en 1867. La vente en gros des Huîtres a été établie dans le pavillon n° 12 des Halles Centrales, le 15 octobre 1866. Le 10 juillet 1868, le pavillon n° 12 fut incendié et le Marché fut installé provisoirement au pavillon n° 6, où il resta jusqu’ au 31 janvier 1870, et de là il retourna au pavillon n° 12, dans la partie Sud. Ci-après, on indique lasuperficie des divers Marchés d’approvisionnement groupés
autour des Halles avant laconstruction des nouvelles:
Marché des Innocents (Fruits et Légumes)
Halle
aux Beurres
aux Poissons
Marché des Prouvaires (Viandes)
Carreau de la Verdure, des Beurres, Œufs et Fromage s
Marché du Légat (Pommes de terre).
Total
2.160
1.200
1.500
2.000
1.550
450
8.860
mètres
.
mètres.
Toutes les améliorations réalisées jusqu’en 1850 se bornaient à des installations intérieures en vue de procurer aux marchands un peu plus de commodité, mais on n’avait pas songé à dégager les abords, à faciliter la circulation, à ouvrir un vaste Marché approvisionnant la Capitale. De temps immémorial, les approvisionnements de Pari s se sont groupés sur l’emplacement actuel des Halles. Sur les quais, aux lieux de débarquement, il existait des Marchés pour les marchandises transportées par eau telles que fruits, bois, charbons, fourrages ; mais ces marchés ont décru au fur et à mesure de la construction des lignes de chemins de fer. Plus la Ville s’agrandissait, plus les anciennes Ha lles, affectées à la centralisation des approvisionnements, devenaient insuffisantes. Les espaces vides, les terres labourables, compris dans l’enceinte de Paris, se remplissaient de constructions nouvelles ; la place faisait défaut dans la partie intérieure des murailles, ce qui décidait les gouve rnements à agrandir les enceintes de Paris. La première enceinte date du règne de Louis VI, dit le Gros, vers 1120. Paris était limité dans la partie Nord par la place du Louvre, la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, la rue des Deux-Boules, la rue du Chev alier-du-Gué, du Pain-Molet, de la Tixanderie. Paris n’atteignait pas encore l’emplacement occupé actuellement par la rue de Rivoli. La deuxième enceinte, sous Philippe-Auguste, en 119 0, comprenait, toujours dans la partie Nord de la Capitale, la rue de l’Oratoire , les rues de Grenelle, Coquillière, du Jour, Mauconseil, aux Ours. Cette enceinte, entourée de murailles, comprenait l es Halles. La troisième enceinte, sous Charles V et Charles VI , de 1364 à 1422, allait de la rue des Fossés-Montmartre (rue située avant la rue du M ail) aux rues Neuve Saint-Eustache, du Bourbon-Villeneuve, Porte Saint-Denis, Porte Saint-Martin. Porte du Temple. La quatrième enceinte, sous Louis XIII, comprenait la rue Saint-Honoré, la Porte Gaillon, la Porte Richelieu, la Porte Montmartre, l a Porte Saint-Denis, la Porte Saint-Martin. La cinquième enceinte, sous Louis XIV, allait jusqu ’à la Madeleine, boulevard des
Capucines, boulevard des Italiens, boulevard Montma rtre, boulevard Poissonnière, Bonne-Nouvelle, c’est-à-dire jusqu’aux boulevards i ntérieurs actuels. Les portes de Paris furent changées en arcs de trio mphe ; les fossés comblés, plantés d’arbres, devinrent des promenades, et Pari s n’eut plus d’enceintes. La sixième enceinte, sous Louis XV, en 1728, compre nait la rue de Chaillot, la rue Neuve-de-Berry ; les rues de la Pépinière, Saint-La zare, de la Pépinière-Saint-Lazare, de La Tour-d’Auvergne, de Bellefond, du faubourg Po issonnière, du faubourg Saint-Denis et de la rue Saint-Maur. La septième enceinte, sous Louis XVI, en 1788, comp renait la barrière de Neuilly, le boulevard de Courcelles, le boulevard Monceaux, le boulevard de Clichy ; les barrières Montmartre, des Martyrs, Poissonnière, Saint-Denis. Ce sont les limites des boulevards extérieurs actuels.