//img.uscri.be/pth/1f2440331ade971f8d415c9d4cdf3534550ebec5
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Les Palestiniens face à la conquête sioniste (1917-1948)

De
199 pages
L'auteur explore, au jour le jour, région par région, famille par famille, les motifs qui ont conduit certains Arabes de Palestine à coopérer avec les institutions sionistes, dans le contexte colonial du mandat britannique. Il éclaire les méthodes de recrutement des collaborateurs, leur utilisation en vue de miner la société palestinienne de l'intérieur. Loin de tout jugement moral ou politique, il offre aussi une description vivante de la formation de l'identité palestinienne.
Voir plus Voir moins
Comprendre le Moyen-Orient Collection dirigée par Jean-Paul Chagnollaud Pierre JAQUET,L’Etat palestinien face à l’impuissance internationale, 2013. Firouzeh NAHAVANDI, L’Iran dans le monde, 2013. Aline KORBAN,L’évolution idéologique du Hezbollah, 2013. Samy DORLIAN,La mouvance zaydite dans le Yémen contemporain, 2013. Gamâl AL-BANNA,L’islam, la liberté, la laïcité et le crime de la Tribu des « Il nous a été rapporté », 2013. Daniel CLAIRVAUX,Iran : la contre-révolution islamique,2013. Naïm STIFAN ATEEK,Le cri d’un chrétien palestinien pour la réconciliation. Pour une théologie palestinienne de la libération, 2013. Céline LEBRUN, Julien SALINGUE (dir.),Israël, un État d’apartheid ? Enjeux juridiques et politiques, 2013. Pierre GUILLOSSOU,La Palestine contemporaine, des Ottomans aux Israéliens, 2013. Mohammad AL SUBAIE,L’idéologie de l’islamisme radical.La nouvelle génération des intellectuels islamistes,2012. Didier LEROY,Hezbollah, la résilience islamique au Liban, 2012. Hassan Diab EL HARAKÉ,République islamique d’Iran : quel pouvoir pour le peuple ?, 2012. Alice POULLEAU,À Damas sous les bombes, Journal d’une Française pendant la révolte syrienne (1924-1926),2012. Malkom KASP,La République islamique et les heures sombres de l’Iran, 2012. Simon VALADOU,La Jordanie et la paix avec Israël, 2012. Dominique LE NEN,De Gaza à Jénine, Au cœur de la Palestine, 2012. Estelle BRACK,Systèmes bancaires et financiers des pays arabes. Vers un modèle commun ?, 2012. Philippe CONTE,Afghanistan, guerre lointaine ?, 2011. Samson N’Tadadjèl KAGMATCHE,Etudes comparatives entre les lamassu et les chérubins bibliques, 2011. e Ali AOUATTAH,Pensée et idéologie arabes. Figures, courants et thèmes au XXsiècle, 2011. Vivi KEFALA,L’évolution du Liban, les facteurs déterminants, 2011. R. PORTEILLA, J. FONTAINE, P. ICARD, A. LARCENEUX (dir.),Quel État pour quelle Palestine ?, 2011. Guillaume VAREILLES,Les frontières de la Palestine. 1914-1947, 2010. Aline BALDINGER,Israéliens – Palestiniens. Libres paroles au-dessus du mur, 2010. Mohamed EL BATTIUI,La Gestion de l’eau au Moyen-Orient, 2010. François SARINDAR,Lawrence d’Arabie. Thomas Edward, cet inconnu, 2010.
Du mêmeauteur The Present Absentee : Palestinian Refugees in Israel Since 1948 (2000, hébreu, arabe) Good Arabs : The Israeli Security Agencies and the Israeli Arabs, 1948-1967 (2010, University of California Press) The Rise and Fall of Arab Jerusalem 1967-2007 (2011, Routledge, Londres) 1929 : Year Zero of the Jewish-Arab Conflict (2013, Keter Publishing, Jérusalem, hébreu) © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http ://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr EAN Epub : 978-2-336-69108-4
Sommaire
Couverture 4e de couverture Comprendre le Moyen-Orient Titre Copyright Préface REMERCIEMENTS INTRODUCTION Première partie LE CHOC DE DEUX NATIONALISMES 1917 – 1935 1. L’effondrement d’une utopie 2. Qui parle de trahison ? 3. Nous, collaborateurs Deuxième Partie TRAITRES ET REBELLES 1936 – 1939 4. Anciens collaborateurs, nouveaux traîtres 5. La fin de l’unité 6. Les « traîtres » ripostent Troisième partie GUERRE EN EUROPE, GUERRE INTERIEURE 7. Guerre mondiale, calme local 8. Prélude à la guerre 9. Trahisons et défaite : La geurre de 1948 Conclusion Notes – Abréviations Bibliographie Le Proche-Orient aux éditions L'Harmattan Adresse
Préface Dominique Vidal
L’historien israélien Hillel Cohen traite ici d’un sujet rarement (et souvent mal) abordé : les collaborateurs palestiniens d’Israël. Dans le présent livre, il étudie la période du mandat britannique, 1 mais il en a consacré un autre, également passionnant, à l’après-1948. Car il s’agit bien là d’une constante qui traverse toute l’histoire de la colonisation de la Palestine, du temps du Yichouv comme après la naissance d’Israël : l’effort pour morceler les Palestiniens, dont le mouvement sioniste convoite la terre. Et ce dernier ne mène évidemment pas cette entrepriseex nihilo, mais en exploitant habilement les contradictions, nombreuses, qui parcourent la société palestinienne. « Ainsi, écritCohen,tandis que les sionistes établissent et renforcent leurs réseaux d’indicateurs, amplifient les divisions dans la société arabe, édifient leur force militaire, élargissent leur territoire en achetant des terres et en installant des colonies de peuplement, la société palestinienne s’épuise en querelles internes, incapable de s’unifier et de se mobiliser autour d’une autorité reconnue et acceptée par tous. » Ces querelles sont multiples. Les unes, sociales et culturelles, opposent les élites urbaines aux collectivités rurales. D’autres, ethniques, séparent les Druzes et les Arabes. D’autres encore, religieuses, divisent les musulmans et les chrétiens. Et ces affrontements recoupent, sur la longue durée,« les liens familiaux ou de clans(qui), écrit Hillel Cohen,prédominent au plan social comme au plan politiquesur les liens nationaux. »est notamment l’affrontement permanent entre les Husseini et les Emblématique Nashashibi, qui amènera les seconds à se rapprocher des sionistes, en particulier pendant la Grande révolte de 1936-1939. Il faut dire que les premiers se livrent, sous la direction du Grand Mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, à une « chasse aux collaborateurs » qui fera plusieurs centaines de morts… « La coopération institutionnelle, observe Cohen,a donc quatre origines : l’opposition palestinienne fait le constat qu’elle est dans l’impasse et qu’il faut choisir entre se dissoudre ou accepter l’aide des sionistes ; le désir de vengeance de tous ceux dont des parents ont été victimes de meurtres par les rebelles ; les craintes des notables locaux devant les changements de l’ordre social existant ; enfin une vision alternative du nationalisme palestinien et des relations judéo-arabes. » La coopération avec les sionistes revêt diverses formes, du recueil d’informations à la complicité active ou passive dans les face-à-face armés, en passant par la vente de terres. Pour en rendre compte, Hillel Cohen s’est plongé dans les archives afin de multiplier les témoignages, juifs et arabes, qu’il replace dans leur contexte, au plus près de la réalité historique. Evitant les raccourcis, l’auteur montre que, dans nombre de cas, parler de « traîtres » serait simpliste. Ainsi, durant la Grande Révolte de 1936-1939 comme lors de la guerre de 1947-1948,« les sentiments nationaux de la population palestinienne n’ont donc pas généré une unanimité au plan politique ni au plan de l’identité. Les institutions nationales rejettent tout contact avec les sionistes, tandis que le courant des “traîtres” maintient qu’un dialogue et une coopération avec les sionistes représente une alternative patriotique, ou du moins une solution inéluctable pour le bien et l’avenir du pays. Ils ajoutent que la politique extrémiste des Husseini nepeut que conduire l’ensemble de la société arabe de Palestine à la catastrophe. » Et de citer le fils d’un de ces « traîtres » qui s’exclame :« Mais dites moi, si un homme qui vend 400 2 dunamsaux Juifs est un traître, que dire d’un homme dont les décisions politiques ont conduit à la perte de la totalité de la Palestine ? N’est-ce pas lui le plus grand des traîtres ? » Les questions suggérées par la stratégie du Mufti à la fin des années 1930 se posent encore plus tragiquement durant la guerre israélo-palestinienne, puis israélo-arabe de 1947-1949. Si, durant ces dernières, l’opposition n’est politiquement guère audible, elle s’exprime par le faible nombre – quelques milliers, sur 1 200 000 Palestiniens – de combattants mobilisés par le Haut Comité arabe et l’Armée du salut de Fawzi al-Qawuqji. À l’issue du conflit, l’État arabe est mort né, partagé entre la Transjordanie, l’Égypte et l’État juif, qui a augmenté d’un tiers le territoire prévu par les Nations unies. Et quelque 800 000 réfugiés ont perdu leur foyer et leurs terres. C’est la Nakba, la catastrophe… Bref, comme l’écrit Cohen,« l’existence même de ce genre de débat indique qu’il n’y a pas de définition univoque, pas de références universelles pour différencier les traîtres des patriotes. La trahison est en somme une construction sociale. La définition de la trahison varie selon le contexte, elle dépend du point de vue de celui qui impose cette définition, qui analyse et interprète la situation politique, cela naturellement en fonction de sa propre échelle de valeurs. »
On aurait tort, cela dit, d’exagérer l’ampleur de cette collaboration : si on en mesure l’importance par la vente de terres, comment ne pas souligner qu’à la fin du mandat britannique, les Juifs n’ont acquis que 7 % de la Palestine ? Dominique Vidal
1.Good Arabs : The Israeli Security Agencies and the Israeli Arabs 1948-1967 2.un dunam correspond à 1000 m2
Remerciements
En tout premier je tiens à remercier Abu-’Atiyyah et ses amis pour m’avoir invité, alors adolescent, à écouter leurs conversations, et je remercie tous les Palestiniens, militants nationalistes, « collaborateurs » ou islamistes qui m’ont fait part de leur vision et de leur expérience. Ma recherche est fondée sur un travail d’archives, pourtant j’ai la certitude que ce sont les longues, très longues journées passées parmi les Palestiniens depuis mon enfance qui m’ont permis de comprendre ce qui se cache sous l’écrit. Je remercie Moshe Maoz pour ses conseils au cours de cette recherche, Salim Tamari qui m’a éclairé sur la genèse du nationalisme palestinien, Avraham Sela qui m’a fait profiter de son immense savoir, Alon Kadish, Saleh ‘Abd al-Jawwad pour ses commentaires précieux, Neve Gordon, que j’ai eu la chance de compter parmi mes amis, et Dror Yinon, dont les questions m’ont permis de comprendre ce que je recherchais. Aucun d’entre eux ne porte une responsabilité pour le contenu de cet ouvrage, et de fait, en majorité, ils ne partagent pas mon analyse des motifs des collaborateurs. Mais j’ai une dette de reconnaissance envers eux, comme envers de nombreux collègues et amis avec lesquels j’ai de longues heures durant discuté de ce sujet. Ma reconnaissance va au département d’Histoire orale de l’Institut Avraham Harman d’Histoire juive contemporaine, qui m’a permis d’utiliser les témoignages d’acquéreurs fonciers de l’époque du mandat britannique jusqu’à présent inaccessibles, et je remercie les instituts dont les subventions m’ont permis de poursuivre mon projet : Harry Truman Institute for the Advancement of Peace ; Cherick Center for Study of Zionism, le Yishuv, et l’État d’Israël ; je remercie également le Yad Ora Memorial Fund, l’Université hébraïque de Jérusalem, le Chaïm Herzog Center for Middle East Studies & Diplomacy de l’Université Ben Gourion du Néguev ; et Yad Ben Zvi à Jérusalem. Un don du Yitzhak Rabin Center for Israel Studies en 2001 m’a permis de démarrer cette recherche, et le Consulat de Grande-Bretagne m’a octroyé une bourse Chevening Scholarship en 2003, grâce à laquelle j’ai été assistant de recherche au Department of War Studies du Kings College de Londres où j’ai pu achever le premier projet de ce livre. Enfin je veux remercier le Emory University Institute for the Study of Modern Israël et son directeur le Professeur Kenneth W. Stein pour son soutien généreux, et pour la subvention qui a permis la traduction du manuscrit. Aucun d’entre eux n’a de responsabilité pour le contenu de cet ouvrage.