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Moy Guillaume, William 1er d'Angleterre

De
182 pages

William de Jumièges dans le septième manuscrit de la « Normannorum Gesta » écrit dans ce texte, qui couvre la période de la mort d’Edouard le Confesseur au couronnement de Guillaume dans l’Abbaye de Westminster, les détails de la flotte normande d’invasion, soit 3000 navires.

« Il a donc construit à la hâte une flotte de trois mille navires et en traversant la mer, il débarqua à Pevensey où il a immédiatement construit un château avec un rempart inexpugnable. Il laissa en place quelques troupes, et avec d’autres il se précipita vers Hasting où il érigea une autre forteresse similaire »


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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-60246-6

 

© Edilivre, 2013

Avant-propos

« Odon amena à l’embouchure de la Dives sur mer cent drakkars vikings le même jour avec la marée, parti de Port en Bessin il avait profité du beau temps pour arriver. Quant à mon bateau personnel c’était un des plus grands drakkars de l’époque, un skeid fait à la façon norvégienne avec ses 40 rameurs et autant de boucliers colorés à mes armes. Blanc et rouge vif avec une tête de léopard à la proue prête à mordre dans toute sa splendeur menaçante. La tête du mât principal était restée nue car elle devait accueillir non pas la girouette des navires de guerre vikings mais la bannière du Pape surmontée de la croix chrétienne et bien tendue entre des lattes de bois pour que chacun puisse voir le symbole. La voile colorée resplendissait de ses lés de soie rouge vif et or aux couleurs du duché de Normandie. Le bateau qu’avait fait construire Mathilde, fut baptisé la “Mora” en souvenir de la pierre du même nom qui supporte le trône de Suède. Ainsi les croyances scandinaves s’unissent aux croyances chrétiennes pour le succès de mon opération et cela me réjouit pleinement. Si Guillaume est un monarque chrétien, il reste avant tout un viking comme ses ancêtres.

Alors les préparatifs du débarquement en Angleterre se firent durant plus de neuf mois et trois mille bateaux furent construits, la plupart ayant entre vingt et trente rameurs en dehors des drakkars de reconnaissance. Le bois des bateaux n’a pas eu le temps de sécher, les charpentiers Normands se sont donné à fond pour servir leur Duc, de plus tous les Barons ont fournis eux aussi des bateaux par allégeance et surtout par cupidité avec en ligne de mire les terres et les richesses Anglo-Saxonnes qui ne manqueraient pas de tomber dans leurs escarcelles lors de la conquête. »

C’est ainsi que William de Jumièges dans le septième manuscrit de la « Normannorum Gesta » écrit dans ce texte, qui couvre la période de la mort d’Edouard le Confesseur au couronnement de Guillaume dans l’Abbaye de Westminster, les détails de la flotte normande d’invasion, soit 3000 navires.

(« Il a donc construit à la hâte une flotte de trois mille navires………….et en traversant la mer, il débarqua à Pevensey où il a immédiatement construit un château avec un rempart inexpugnable. Il laissa en place quelques troupes, et avec d’autres il se précipita vers Hasting où il érigea une autre forteresse similaire »)

(“He therefore hastily built a fleet of three thousand ships… and continues… And crossing the sea he landed at Pevensey where he immediately built a castle with a strong rampart. He left this in charge of some troops, and with others he hurried to Hastings where he erected another similar fortress”)

En réalité, personne ne peut affirmer combien il y avait exactement de navires. Ainsi que le nombre de navires qui furent perdus durant le trajet compris entre l’embouchure de la Dives en Normandie et le point de départ de l’invasion à Saint Valery, et ensuite durant la traversée et le débarquement dans la baie de Pevensey. Tous les historiens sont d’accord pour considérer que Guillaume a été accompagné par à peu près 9000 ou 10000 hommes d’armes et serviteurs, écuyers et autres. La traversée est estimée à environ une douzaine d’heures. Mais en règle générale tous les historiens s’accordent sur le nombre d’environ 7000 à 9000 hommes, toutes spécialités confondues dont une cavalerie de 2000 à 2500 cavaliers, le reste étant des fantassins puis les serviteurs et corps de métiers ; et quelques balistes ou trébuchets de siège en pièces détachées. Parmi tous ces gens, beaucoup étaient venus des colonies normandes de l’Italie, de Calabre, d’Espagne, et il y avait des volontaires venant de Flandres, de Bourgogne et de Bretagne.

Durant des mois, Guillaume dépêcha des espions à la manière viking, par bateaux de pêche comme le « Vinland » d’Einar de Port en Bessin, pour étudier les reliefs des côtes anglaises et voir le meilleur point de débarquement. Pour jauger aussi l’escadre de défense d’Harold croisant en Manche et étudier les places fortes côtières possibles. Les services secrets normands ont été la colonne vertébrale du corps d’invasion et la base de toutes les décisions. Pevensey Bay n’a pas été choisi au hasard, de même que le point de départ situé à saint Valery sur Sommes non plus.

Les études normandes tactiques menées à l’époque se sont portées essentiellement sur la plus courte distance en ligne droite pour franchir la distance maritime entre la côte et Londres. Avec Harald Hardrada, le Roi Norvégien, Guillaume a entretenu d’étroites relations diplomatiques tout en sachant très bien qu’un autre débarquement ferait diversion et favoriserait l’effet de surprise lors de son invasion normande. Aussi il s’entendit sur une action commune avec les Norvégiens en faisant miroiter à ces derniers, un partage de l’Angleterre conquise. La décision fut prise qu’Harald débarquera au nord-est de l’Angleterre sur la ville de York à Gate Fulford, tandis que Guillaume lui, agira au Sud, ce qui aura pour effet de diviser les forces anglo-saxonnes en deux. Ce que ne savait pas Harald de Norvège, c’était que Guillaume allait débarquer bien après l’attaque norvégienne, car en bon stratège, Guillaume espérait bien que le partage de l’Angleterre ne serait pas nécessaire, et c’est ce qui est arrivé avec la mort d’Harald Hardrada et de Tostïg.

Guillaume pris la sage décision d’attaquer après le débarquement des Norvégiens, fort du soutien du Pape Alexandre II (1061-1073 – originaire de Milan et formé à l’Abbaye de Cluny aux côtés du Cardinal Hildebrand celui qui allait devenir entre autre Grégoire VII, élu pape ;1080-1085) et certain de la neutralité négociée du cousin d’Harold, Sven Estrithsen ; Tout en sachant par ses services de renseignements que l’armée d’Harold était très importante dans le Sud et qu’un débarquement dans ces conditions serait probablement un échec. Il patienta un temps, d’autant que la météo n’était pas clémente, et attendit qu’Harold, pensant que le Duc de Normandie n’était pas prêt à la guerre, licencie une partie de ses gens d’armes avant l’arrivée de l’hiver et rappelle ses navires sur Londres.

Lorsqu’Einar revint avec le « Vinland » pour rendre compte de l’attaque norvégienne, Guillaume pu prendre alors la décision de traverser la Manche et de débarquer dans le sud faiblement défendu, pour implanter deux têtes de pont d’invasion solides et amovibles à Pevensey et à Hasting. Le 25 septembre 1066 le retour des observations normandes et anglaises lui confirmèrent également que les forces armées anglo-saxonnes étaient maintenant divisées entre le Sud et le Nord, soit entre la côte de la Manche et York (environ 300 Milles terrestres). Et surtout que l’issue de la bataille d’York n’obligeait plus Guillaume à partager les terres qui allaient être conquises, car Harald venait de se faire assassiner par Harold après la bataille à Stamford Bridge.

Pevensey Bay fut considéré comme le meilleur point d’accostage principal et de débarquement pour les Normands ; cela se comprend très bien dans la tactique d’invasion du Duc de Normandie. En effet Pevensey est une place forte depuis l’époque romaine, soit depuis le 4ème siècle et à peu près 600 ans avant l’action normande. Pevensey comporte en 1066 les vestiges d’une forteresse, aux murs épais et connue sous l’appellation d’Andereida (Anderitum). Ce fort a été construit par les troupes romaines pour être un verrou militaire face aux incursions des Jutes et des Saxons, qui mettaient en péril le « Litus Saxonicum », et à cette époque lors de l’occupation de l’Angleterre par les légions romaines d’Adrien la province se nommait Britania. La garnison sous les romains était composée de Brittons encadrés par des centurions romains. Et il est à noter que durant la fin du Vème siècle ce fort et sa garnison vont résister héroïquement aux Saxons avant de céder, ce qui provoquera un exode massif des locaux vers l’actuelle Bretagne en France, nous sommes en 491. Cette région deviendra le Sussex. Plusieurs noms furent donnés tour à tour au lieu, « Adredceaster », « Andredsweald » et « forêt d’Andred » entre autre.

C’est Harold qui va relever en 1042 les murailles existantes laissées à l’abandon. Il y aura un contingent Anglo-Saxon jusqu’en septembre 1066, et l’armée anglaise le quittera pour remonter vers York où les Norvégiens d’Harald ont attaqués par l’embouchure le bras de mer Humber et remontés la rivière l’Ouse. Cependant la tapisserie de Bayeux relate que Guillaume donna l’ordre de construire un château de bois, ce qui est contradictoire parce que Le fait qu’aucuns vestiges de bois n’ait été découvert en fouilles archéologiques à Pevensey sous-entend qu’une fois le débarquement fini, la force d’invasion prête, les normands ont démontés le fort de bois érigé sur les murs de l’ancienne forteresse romaine. Cela pour l’ériger sur Hasting, lieu choisi pour le vrai départ de l’invasion normande.

Mais rien n’est totalement affirmé et prouvé et cela reste une évaluation historique approximative, malgré ce que les manuscrits indiquent, soit deux emplacements différents de forteresses en bois.

Dés le mois de juillet 1066 le plus gros de la flotte Normande était en mesure d’appareiller. Le mauvais temps aidant, Guillaume attendit. Entre temps Tostig le frère d’Harold Godwinson, se rallia à Harald Hardrada avec ses troupes après quelques années de flibuste. Les 300 drakkars scandinaves étaient pour partie ceux d’Harald qui traversèrent la mer du nord et descendirent des Orcades au Nord de l’actuelle Ecosse et ceux de Tostïg qui remontèrent vers le nord pour faire la jonction avec les navires d’Harald, puis tous remontèrent l’Ouse, par le bras de mer Humber, jusqu’à York au Nord-est de l’Angleterre.

Les troupes scandinaves débarquèrent en désordre, et engagèrent le combat près de York à Gate Fulford, lieu du débarquement des Norvégiens, qui prirent la ville mais sans l’occuper préférant rester en bons vikings près des embarcations après la razzia. Et ce fut une erreur fatale qui coûta cher aux Norvégiens. Harold rassembla une armée puissante et fondit sur le camp viking à Stamford Bridge avec 7000 hommes, et écrasa les 7500 envahisseurs. De 300 bateaux seuls une trentaine de drakkars purent repartir vers la Norvège mais sans leur Roi. Cela donna l’opportunité aux forces d’invasion Normandes, d’appareiller tranquillement fin septembre 1066, et de traverser la Manche en une nuit pour débarquer par surprise sur des côtes affaiblies par le besoin de troupes pour les batailles de Gate Fulford et de Stamford Bridge. York étant à environ 300 milles de Pevensey Bay. Guillaume pu sans problèmes majeurs installer ses têtes de pont d’invasion à Pevensey pour la base arrière normande et à Hasting pour l’avant front. On peut constater la modernité de la stratégie de génie militaire normande, en considérant que pour l’époque se servir de places fortes en bois démontables et transportables représentait une véritable révolution dans l’art de la guerre, cependant procédé déjà utilisé par les Romains entre autre et d’autres peuples anciens.

Cela permis aux Normands de gagner deux semaines avant l’affrontement, soit assez de temps pour s’installer et pour organiser l’intendance de l’invasion. Une fois les forces d’invasions débarquées, certains bateaux repartirent vers la Normandie, un très petit nombre, pour assurer les liaisons nécessaires ultérieurement au niveau des approvisionnements, du transport de passagers d’immigration d’occupation et de la logistique en général. Ce que ne fait pas ressortir la tapisserie de Bayeux.

Ce qui favorisa la victoire des Normands sans que ces derniers le sachent, c’est que le 2 octobre 1066, lorsqu’Harold apprend le débarquement des normands pendant qu’il fête la victoire de Stamford Bridge, il enrôle trop rapidement et sans préparatifs des hommes jusqu’à concurrence de 7000. Grisé par sa victoire Il se presse sans réelle préparation. Il ne tient pas du tout compte des conseils de Gyrth (ou Gurth) le Comte d’Estanglie et Leofwine (ou Lewine) le Comte d’Essex, ses propre frères, qui recommandaient de ne pas attaquer immédiatement mais de couper les approvisionnements normands, pour affaiblir les lignes de ravitaillement maritimes au Sud. Du 3 octobre 1066 au 11 octobre 1066, Harold rassemble à la hâte ses troupes défensives à Londres et en fin de journée part au devant de guillaume pour l’attaquer. L’affrontement aura lieu le 14 octobre 1066 au petit jour vers 08h00 sur la colline de Senlac (Santlache) au Nord d’Hasting sur la route de Londres. Les troupes sont éreintées par une marche forcée de beaucoup de kilomètres, les Saxons sont fatigués des deux dernières batailles et très peu fraîches à leur arrivée à Hasting, sauf pour les derniers enrôlés à Londres.

Les Normands se sont préparés en alerte dés le 13 octobre, car renseignés au jour le jour par les espions Normands et Anglais à la solde des Normands, ce qui sera de même chez Harold avec les espions Saxons. Les troupes belligérantes se positionneront comme suit : pour les normands en bas de la colline de Santlache (aujourd’hui Senlac) et pour les saxons au sommet de cette colline qui est à environ 11 Km du bourg d’Hasting.

Le lendemain de la bataille, Guillaume ordonnera d’ensevelir les morts côté normands, et il laissera les Saxons faire de même. Plus tard il va faire construire une abbaye sur le lieu où Harold est mort, « Battle Abbay » aujourd’hui en ruine, il fera un peu plus tard des obsèques vikings pour les restes de la dépouille d’Harold sur les falaises de la Manche (« Par les ordres du duc, O Harold, vous restez ici en roi, que vous pouvez toujours être gardien de la terre et de la mer ») et qui sera enseveli pour la deuxième fois dans la chapelle de Waltham.

Les Normands se reposeront durant cinq jours après la bataille, pour compter les morts, panser les blessures et refaire leurs armes. Ensuite ils iront dévaster le Kent en représailles, en remontant auparavant vers Romney, puis vers Douvres qu’ils brûleront. Ils passeront à Cantorbéry et à Maidstone, avant d’entrer à Londres pour le couronnement de Guillaume comme Roi à Westminster le jour de Noël 1066. Après avoir sillonné le pays de Bedford à Winchester, de Little Berkhamsted à Hertford, et cela jusqu’en décembre 1066.

Alors le règne de Guillaume, que nomment les Anglo-Saxons William 1er, commencera dans les massacres et le sang. La famine qui s’en suivit durant trois longues années sera le résultat des pillages et des exactions communes faites à cette époque avec la destruction systématique des outils de production. Le butin fut considérable et alla enrichir nombre de grandes familles Normandes et Franco-Flamandes. Une avancée de société vit le jour lors de la signature des traités de libertés de la ville de Londres. Malgré l’asservissement du royaume saxon et les prémices d’une fusion partielle entre la Normandie et l’Angleterre.

Vers la fin du mois de novembre 1066, le Sud-Est de l’Angleterre est soumis, Londres aussi. Les comtés du Nord de Mercia et de Northumbria se rallient et le Duc Guillaume devient Roi d’Angleterre le jour de Noël 1066 à Westminster officiellement, ce qui provoquera entre autre l’exil forcé de certains grands Barons Anglo-Saxons qui préfèrent partir vers l’Irlande, le Danemark ou la Norvège.

Cependant la résistance contre l’appareil d’occupation Normand va s’organiser, et trouver une place privilégiée dans certains monastères. Des actions de résistance vont être déjouées et des réseaux implacablement décimés et effacés purement et simplement par les services secrets Normands. Il est à rappeler que le couronnement a pour effet immédiat de déclarer tout opposant comme rebelle et que le châtiment en est la mort. La résistance Anglaise va user de la propagande et lancer des assassinats contre ceux qui collaborent avec l’Autorité Etatique Normande, mais cela va rester très localisé et aussi connu des services spéciaux de Guillaume. Les représailles officielles n’auront lieu au grand jour que seulement lorsque les faits seront vérifiés et avérés, et qu’il y a certitude d’entreprises subversives contre l’Etat Normand. Certaines régions et villes vont le payer très cher comme Douvres. Mais les hommes de l’ombre du Duc devenu Roi d’Angleterre vont surtout faire du nettoyage de prévention loin de la lumière.

La Duchesse Mathilde sera couronnée Reine d’Angleterre aussi à Westminster au moment de la Pentecôte en 1068. Elle repartira vers la Normandie rapidement au moment des fameuses doléances des épouses éplorées des Barons et chevaliers, pour donner l’exemple.

Le nouveau Roi va imposer une loi commune à l’ensemble des habitants de l’Angleterre. Il va diviser le pays en Comtés pour plus de facilité de gouvernement et placer à la tête de ceux-ci ses proches de confiance. C’est ce que l’on nommera les Officiers Royaux et les justiciers. Pour rentrer dans ses comptes et favoriser la Normandie autant que les caisses de l’état Anglo-normand, il va crée le recensement général des biens, par l’établissement du « Domesday Book » et cela va permettre de lancer des collectes d’impôts à l’échelle nationale. Il va superviser le partage de l’Angleterre conquise et surtout se préoccuper en premier lieu de la Normandie. De plus le Français devient la langue d’affaire et de communication officielle dés le printemps 1067.

De révoltes en révoltes, et de répressions en répressions, la main de fer des Normands trouvera une compensation financière dés l’apparition de ce « Domesday Book » nommé « le livre du jugement dernier », et qui va servir à l’impôt agraire et sur les biens mobiliers et immobiliers entre 1085 et 1086. Grand registre cadastral qui sert encore aujourd’hui dans les successions et les recherches généalogiques familiales dans le Royaume Uni du XXIème siècle. C’est le Nord de l’Angleterre qui va payer cher la rébellion, et la résistance, la région sera dévastée par les troupes normandes et une famine qui va durer trois années va toucher durement les habitants, conséquence directe de la destruction systématique des outils de travail agraires.

Vers 1072 le Roi d’Ecosse Malcolm Canmore décide de ravager la région au Nord-est de Durham.

Guillaume va remettre les choses en ordre et construire le château de Durham après l’accord de paix signé entre Malcolm Canmore et lui. Et en 1075 ce sera la révolte du Norfolk qui sera matée dans le sang.

L’Ecosse devra s’incliner avec son Roi Malcolm III Mac Duncan à nouveau suite, à une expédition militaire fin 1081 conduite en représailles contre les Ecossais par le fils de Guillaume, Robert Courteheuse, et le château de Newcastle verra le jour à cette occasion.

Des intelligences seront aussi mises en œuvre entre les anglo-saxons et certains pays scandinaves comme le Danemark. Guillaume en roi très bien informé prendra des mesures pour éviter qu’il se forme une coalition contre lui. Des alliances seront conclues notamment entre la Norvège et le Danemark. L’expédition scandinave sera annulée suite à la mort du Roi du Danemark lors du soulèvement du Jutland du nord le 19 juillet 1086.

Guillaume ne séjournera en Angleterre que quatre fois entre 1072 et sa mort.

 

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Ci-dessous : casque avec camail, et broigne (côte de mailles de fer)

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L’Abbaye aux Dames / Abbaye de la Sainte Trinité à Caen

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Je suis seul maintenant, face à l’Etat et face à moi-même. C’est là que je mesure combien Mathilde me manque. Je sais que notre amour est éternel et que je vais la retrouver un jour prochain, loin de toutes ces tumultueuses agressions de la vie et que mon destin me donne régulièrement. Je m’enfonce dans le travail législatif de plus en plus car je sens bien que le temps est compté sur cette terre.

Je suis en Normandie depuis la disparition de mon épouse Mathilde. Je suis occupé à gérer les affaires du Duché, et à plancher sur les nouvelles lois que je veux mettre en place en Angleterre. Cette année 1084 est terrible pour moi, et très triste. Les informations reviennent encore mauvaises du Danemark. Knut, le fils de Sven, vient d’affréter une flotte d’invasion et compte revendiquer le trône d’Angleterre. Décidément dans cette famille cela devient une habitude.

Nous sommes en 1085 et j’approche de la soixantaine. Mes espions me rapportent des informations vérifiées et sûres. Je prends tout cela très au sérieux. Je sais maintenant que le Roi Knut est soutenu par Robert le Frison son beau-père qui est le Comte des Flandres. Dans son action il est également soutenu par Olaf Kyrre le Roi de Norvège. Ils ont rassemblés tous les Saxons exilés pour constituer l’ost. La flotte d’invasion est en train de se constituer à Limfjord. C’est un bras de mer long de 99 miles. C’est un endroit idéal pour rejoindre la mer du nord. Face à cette nouvelle prochaine attaque je rentre immédiatement en Angleterre pour agir.

Arrivé à Londres, d’autres informations m’arrivent et qui sont beaucoup plus heureuses pour moi et pour l’Angleterre. Une révolte interne au Danemark éclate, le Roi Knut y laisse la vie le 19 juillet 1086. Le projet d’invasion est laissé par la Norvège et les Saxons exilés et tout rentre dans l’ordre pour nous. Cependant je laisse des consignes en Angleterre pour que la vigilance soit de mise. Le quadrillage militaire du royaume est en place maintenant et le moment d’appliquer d’autres lois est venu. Je travaille sur la réforme des impôts concernant les biens et les propriétés. J’en profite pour assurer mes arrières encore une fois et je prends la décision politique d’envoyer l’Aetheling Edgar avec deux cents hommes en Apulie, pour renforcer la colonie normande d’Italie. Double effet, un bien pour l’Italie qui a besoin de renforts et un bien pour moi en l’éloignant de l’Angleterre.

Avant de continuer à vous conter mon histoire, je vais revenir sur le Pays de Galles.

Déjà avant notre arrivée en 1066, les Gallois luttaient contre les Saxons depuis 1039. C’est l’année où Gruffyd ap Llewelyn devient le Roi du Gwyned et...