PARCOURS D'UNE INTELLE'CTUELLE EN ALGÉRIE

Nationalisme et anticolonialisme dans les sciences .sociales

Collection "Histoire et perspectives méditerranéennes" dirigée par Jean-Paul Chagnollaud
Dans le cadre de cette collection, créée en 1985, les éditions L'Hannattan se proposent de publier un ensemble de travaux concernant le monde méditerranéen des origines à nos jours.

Derniers ouvrages parus:
Paul Sebag, Histoire des Juifs de Tunisie, des origines à nosjours. Jean-Claude Zeltner, Tripoli carrefour de l'Europe et des pays du Tchad. Rachid Tridi, L'Algérie en quelques maux, autopsie d'une anomie. SamyaElmechat, Tunisie, les chemins vers l'indépendance( 19451956). Abderrahim Lamchichi, L'islamisme en Algérie. Jacques Canteau, Lefeu et lapluie de l'Atlas, vie quotidienne d'une famille de colons français. Roland Mattera, Retour en Tunisie après trente ans d'absence. Marc Baroli, L'Algérie terre d'espérances, colons et immigrants (1830-1914). Andrée Ghillet, Dieu aime celui qui aime les dattes, dialogue judéo-is lamo-c hrétien. Jean-François Martin, Histoire de la Tunisie contemporaine, de Ferry à Bourguiba (1881-1956). Serge Paulthé, Lettres aux parents, correspondance d'un appelé. en Algérie. Nicolas Beranger, Introduction et notes de Paul Sebag, La régence de Tunis à lafin du XVIIe siècle. Joseph Katz, L'honneur d'un général, Oran 1962. Monique Gadant, Parcours d'une intellectuelle en Algérie.

@ L'Harmattan, 1995 ISBN: 2-7384-3422-3

Monique

GADANT

PARCOURS
D'UNE INTELLECTUELLE EN ALGÉRIE

Nationalisme et anticolonialisme dans les sciences sociales

Éditions L'Harmattan 5-7, roe de l'École-Polytechnique 75005 Paris

Du même auteur aux éditions L'Harmattan
Islam et nationalisme en Algérie, d'après El Moudjahid, organe central du FLN de 1956 à 1962 (1988). Le nationalisme algérien et lesfemmes, 1995.

Dessin de Mohammed KHADDA.

A Said Chikhi, à l'ami, à l'universitaire et intellectuel critique, fondateur de la revue NAQD (1991)

nA considérer, à la lumière de ces entreprises vigoureuses, la brocante de mes propres articles, je me laisserais volontiers gagner, outre le sentiment d'intimidation, par une fois n'est pas coutume - une hypothèse féministe: le travail intellectuel des femmes ne parait jamais à leurs propres yeux, doté d'une impérieuse nécessité. Elles sont peu à avoir, études achevées, élu leurs sujets, tracé leurs domaines et édifié autour d'eux les indispensables barrières de protection. Leurs itinéraires ressemblent à la vie ménagère: trois rangs à l'endroit, trois rangs à l'envers, le temps public mal séparé du temps privé, une confiance vacillante dans leurs propres entreprises. Sans compter la certitude, pas une ne l'a vraiment reniée- que les vrais accomplissement sont ailleurs"... Mona Ozoufl

1. Mona Ozouf, L#Ecole de la France, Essais sur le Révolution, l'utopie et l'enseignement, cd. nrf, Gallimard, 1984. Présentation, L#/mage dans le tapis. M. Ozouf fait allusion ici à l'oeuvre de ses collègues Jacques Le Goff, Emmanuel Leroy Ladurie et François Furet.

Le texte que je propose ici à la lecture a été écrit au cours de l'hiver 1991-1992 en vue d'une soutenance d'habilitation qui a eu lieu le 26 octobre 1992 à l'Université de Paris 7 (Jussieu). Je tiens à donner ces précisions aux lecteurs pour plusieurs raisons: tout d'abord pour justifier les références constantes à d'autres textes dont je suis l'auteur puisque le genre universitaire de l'habilitation consiste à soutenir un parcours de recherche. Ensuite parce que l'Algérie traverse actuellement des évènements tragiques dont je pourrais ici sembler détachée tant les choses se sont accélérées et aggravées depuis trç,is ans. De ces évènements on ne trouvera dans ce livre aucun commentaire car je ne souhaite pas modifier en quoi que ce soit, en fonction de l'actualité, ce que j'avais écrit alors. Les quelques retouches apportées au texte initial ne concernent pas cette actualité mais ont visé à le rendre plus clair. Par ailleurs je voudrais dire que malgré le sacrifice fait aux exigences universitaires j'ai néanmoins quelques réticences à parler d'un "parcours de recherche", de "terrain", d' "objet". Tout ceci suppose détachement et sérénité. Ce fut loin d'être toujours le cas mais précisément mon propos a été de réfléchir sur les conditions du travail intellectuel et de la réflexion sur (et dans) une société vers laquelle des sympathies politiques m'avaient attirées mais où les conditions particulières où je me trouvai ensuite me condamnaient au silence. Ces conditions particulières, comme j'ai cherché à le montrer, tenaient essentiellement au fait que j'étais une femme, étrangère de surcroît, ayant épousé un homme engagé dans la vie politique alors que la distinction entre vie privée et vie publique n'existe pas et n'est guère pertinente dans la circonstance. Observer et comprendre a moins été un choix que la conséquence d'une exclusion. et la sérénité qu'on pense nécessaire au travail scientifique a été parfois absente.

Qu'est-ce donc pour une femme que le travail scientifique dans le domaine des sciences sociales, aux frontières de la politique, dans ces conditions particulières? J'ai voulu m'expliquer là-dessus, sur ma prétention, malgré tout à la validité d'une réflexion qui ne renie ni ses engagements ni les liens profonds qui se sont tissés au cours du temps, malgré vents et marées, et parce que je pense qu'il est du devoir de l'intellectuel(le) de s'exprimer quoi qu'il lui en coûte. On trouvera donc ici le parcours d'une intellectuelle pour qui la guerre d'Algérie et l'Algérie indépendante ensuite ont été au coeur de l'expérience et de l'éducation politique. L'Algérie m'a beaucoup appris, beaucoup donné, le meilleur et le pire peut-être, on comprendra à la lecture de quoi je veux parler. Mais toute expérience suppose dialogue et confrontation, mise en question de soi-même et attachement. Aucun attachement n'est sans problème. Ce texte s'intitulait d'abord: "Tu ne connaîtras jamais bien les Mayas"2, Nationalisme et anticolonialisme dans les sciences sociales en Algérie. On trouvera en dernière page la liste des travaux auxquels il renvoie.

2. G.Apollinaire, Lettre-Océan, Calligrammes& cité par J.P. Charnay, Les Contre-Orients ou Comment penser l'Autre selon soi, ed. Sindbad, 1980, p.16.

AVANT-PROPOS

L'ensemble des travaux présentés couvre une période de treize ans (1978-1991). Ils portent tous sur l'Algériel, pays qui, comme chacun sait, a subi une longue domination coloniale (1830-1962), laquelle a provoqué des bouleversements considérables dans la société et dans la culture. Cette domination, comme toutes les dominations de même type, a eu également pour effet, en retour, de provoquer une interrogation sur la validité des savoirs produits dans le contexte colonial par les intellectuels de la société dominante. On a interrogé les sciences sociales occidentales (histoire, sociologie, ethnologie, anthropologie) qui ont, lors de ces débats, remis en question leur rapport à l'objet, leurs méthodes. Elles ont tenté de prendre la mesure de leur rapport au politique, de reconsidérer les problèmes posés par l'étude de sociétés dont rapproche économiste (privilégiée par les projets de développement) ne suffisait pas à rendre compte. "L'Occident de la modernité, de la. sociologie, a du mal à penser les configurations qui lui sont extérieures. Alors que
1. Excepté: Monique Gadant, Alexandrie, Le voyage de l'Occident d'après Le Quatuor d'Alexandrie de Lawrence Durrell, Peuples Méditerranéens, Villes tourmentées, n° 37, oct-déc. 1986. 9

l'économisme a été longtemps la catégorie centrale, le culturel, le symbolique, n'ont pas fait l'objet dans notre système cognitif d'une réflexion comparable" écrit Michel de Certeau2. Le culturel, le symbolique, ont été, pour l'essentiel, mes préoccupations. Ces travaux constituent une contribution modeste à l'effort que Michel de Certeau souhaitait, dans cette remarque, voir se développer pour penser ces "configurations extérieures". La conquête de l'indépendance de l'Algérie s'est faite par la guelTe. Le refus constant de toutes les revendications a poussé à la violence. Les Algériens pouvaient dire après 1945, comme le Tiers-Etat à la veille de la Révolution: "Toute autre voie était bouchée". Elle s'est accompagnée d'une affirmation de l'identité qui s'est voulue ancrée dans la tradition, effaçant ainsi la période coloniale comme une histoire à mettre entre parenthèse. Il y a dans cette volonté de rupture avec toute influence française/occidentale, le fantasme d'un passé idéalisé, soutenant un projet d'avenir consensuel assumé par un peuple unanime, sans contradictions. D'où l'ambiguïté du terme révolution qui qualifie la lutte de libération algé. ri~oo. Le contenu de cette identité nationale reste encore aujourd'hui un enjeu tant il a à voir avec les relations qu'entretient l'Algérie avec l'ancienne puissance coloniale, avec les liens créés par l'histoire, avec l'usage de la langue française, avec l'émigration, tant enfin cette identité est la cause d'affrontements idéologiques et politiques entre les Algériens eux-mêmes, entre l'Etat et la société (place de la berbérité, rapports du politique et du religieux, place des femmes dans la société civile etc...). En effet, dans les
2. M. de Ceneau, Annales ESe, juin 1986, cité par C.Liauzu, L'étude du Monde arabe: enjeux de connaissance, Maghreb-Machrek, n0122, juil-déc, 1988.

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représentations de la nation la langue arabe et le statut des femmes, renvoyant l'un et l'autre à l'islam, C0':lstituent des référents symboliques essentiels et sont donc, actuellement, des enjeux de lutte entre des interprétations différentes de la nation. Cependant cette identité est moins définie positivement (quel contenu donner par exemple à "national", à "arabo-islamique" 7), que posé négativement comme une différence radicale avec tout ce qui est Autre, spécificité (açala) échappant à l'analyse. Ce qui a retenu mon intérêt au cours de mes recherches, ce fut, initialement, l'élaboration du discours nationaliste pendant la guerre de libération et l'intégration de la religion à la revendication identitaire portée par le Front de Libération National (FLN). Mais j'expliquerai plus loin dans quelles conditions j'ai été amenée à me fixer sur cet aspect particulier du nationalisme. Ensuite, étant donné une définition de la nation qui s'appuyant sur la religion va imposer aux femmes conjointement le rôle de gardiennes des traditions et une émancipation contrôlée, je me suis attachée aux problèmes d'ordre historique et anthropologique qu'ont posés tant les efforts déployés par l'Etat visant à une modernisation autoritaire de la société, que l'échec d'une volonté de transformer la relation entre les sexes (la scolarisation des filles et la mixité scolaire étant censées, à terme, améliorer cette relation afin de favoriser l'entrée des femmes dans le monde du travail et éventuellement dans la vie politique). En effet, la nation se constitue autour d'un ensemble de représentations parmi lesquelles l'image de la femme tient une place importante. C'est une image ambiguë, sinon une multiplicité d'images contradictoires: vouée à la famille et à la nation la femme n'est pas seulement mère et ancêtre3 attachée à la conservation du passé, elle est aussi la combattante (moudjahida ) et la travailleuse. Ces deux dernières qualités
3. Cf. dans les romans d'Assia Djebar et dans son film La Nouba des femmes du MOnl-Chenoua le rôle des grands-mères conteuses cf. aussi Monique Gadant, La permission de dire JE, réflexions sur les femmes et l'écriture à propos d'un roman d'Assia Djebar L'Amour, la fantasia, Peuples Méditerranéens, Femmes et pouvoir, n048-49, juil-dec 1989. Il

seront constamment rappelées par l'Etat indépendant (comme pour rappeler les femmes à leur devoir de dévouement). "La" femme, comme la langue arabe, incarne le lien avec l'histoire; elle est conçue par le nationalisme comme renvoyant à un passé mythique hors des atteintes du temps: elle se doit de ne pas être occidentalisée. On glisse donc toujours, dans l'imaginaire, deJa femme en armes ou de l'infinnière côtoyant et soignant les hommes au maquis, soutenant les combattants (comme ses ancêtres l'avaient fait), à la recluse, mère des croyants, gardienne du foyer, toujours disponible pour le service des hommes de la famille, pour la communauté (telle que la souhaitent ouvertement les mouvements islamistes actuels et plus honteusement, en se cachant, les modernistes démocrates). En tous les cas il s'agit d'une femme dévouée à la communauté familiale et/ou nationale chez qui doit s'effacer toute aspiration à l'autonomie individuelle jugée égoïste et de caractère occidental. Les organisations féminines nées depuis 19894 n'ont pas contesté cette norme (elles ont, le plus souvent exigé pour les femmes le droit d'exister dans l'espace public au nom du combat des moudajhidates et au nom de leur nécessaire participation au développement, au socialisme, à la démocratie). Par le fait même, toute revendication liée à une conscience de genre, induisant une pratique féministe, est condamnée d'avance et considérée par tous comme remettant gravement en cause l'intérêt de la communauté. Elle ne peut que créer le désordre (fitna ). La représentation du féminin est une pièce maîtresse de la résistance qu'on oppose à cet Autre qu'est l'Occident. Peut-être parce que selon ce que dit Jacques Berque : "La morale sexuelle ... constitue non seulement un domaine important des éthiques collectives, mais un bastion de l'identité...Dans ces sociétés menacées par l'invasion de

4. Depuis les manifestations d'octobre 1988, le système du parti unique ayant été remis en cause, les associations et partis politiques ont pu voir le jour. 12

l'extérieur, c'est toujours la famille et de proche en proche la sexualité dont on fait l'ultime critère"s. Dans la mesure où ces représentations se construisent loin des femmes, pour elles, elles les excluent du politique, espace noble par excellence où elles trouvent difficilement leur place car elles n'y entrent qu'en invitées et en mineures. Elles leur dénient la possibilité d'émettre une parole qui soit leur parole, car le lieu du politique et de la parole raisonnable est le lieu du masculin. Elle ne peuvent donc qu'écouter et/ou répéter. Et puisque dans ce lieu on élabore l'archétype de "la" femme algérienne il est normal que le vocabulaire politique n'intègre que ce "singulier"( la femme) qui désigne l'essence au mépris du pluriel des femmes concrètes. Là encore on doit constater que les associations féminines n'ont pas remis en cause ce "singulier" et que le vocabulaire, les expressions utilisées par elles sont le plus souvent les mêmes que les mots et les expressions du vocabulaire politique. Si l'identité nationale est un enjeu de luttes cela induit quelques questions: quels sont les protagonistes de la lutte? Qui parle? Qui parvient à imposer un discours, des représentations légitimes et par quels moyens idéologiques et politiques? Qui conteste ces discours et au nom de quoi? Il faut poser ces questions si l'on veut comprendre le discours sur les femmes combattantes tenu par le pouvoir ou par les femmes, si l'on veut comprendre aussi les stratégies des associations féminines qui ont vu le jour après 1988 avec la légitimation du pluralisme politique. A ces questions j'ai essayé de répondre, ou du moins j'ai commencé à les appréhender. Si nous envisageons la période de la guerre de libération et les trente années qui ont suivi l'indépendance, nous constatons que le discours du pouvoir parle de progrès social, de justice, de socialisme, en rejetant implicitement, puis très explicitement, toute référence au féminisme comme
5. Jacques Berque, L'Islam au défi, Gallimard, 1980, cité par Hocine Benkheira, Machisme, nationalisme et religion, Peuples Méditerranéens, Algérie, vers l'Etat islamique ?, n° 52-53, juil-dec 1990. 13

à la lutte de classes ( ou même à l'existence de classes), qu'on parle d'émancipation des femmes comme d'un effet automatique de leur participation à la lutte de libération, éloignant ainsi toute justification d'une revendication féminine, l'ombre du féminisme. On oppose en effet à la lutte de classes comme au féminisme (on n'en parle que pour les rejeter) un déni de validité en tant qu'il s'agit de concepts et de pratiques occidentales qui ne correspondent pas à la spécificité de la société algérienne. Cette spécificité de la société et des mœurs se définit par leur irréductible ignorance du conflit. Plus encore que les luttes sociales, les luttes des femmes devront tenir compte de ces interdits. Cette vision consensuelle du social qui est celle du nationalisme reste dominante aujourd'hui. Elle a été profondément mise en crise depuis octobre 1988 sans qu'une représentation d'une société démocratique intégrant et dominant le conflit s'y soit substituée. La contestation islamiste ne la remet pas en cause mais, bien au contraire, accuse l'Etat et les classes dominantes de s'être coupés de la communauté. TIne peut échapper que ce qui est en question dans cette vision consensuelle du social concerne aussi, par delà les enjeux politiques, le statut des sciences sociales puisqu'une telle spécijicitéexigerait alors, pour être saisie, l'édification d'outils intellectuels adaptés à la spécificité de leur objet et récuserait toute approche extérieure: soit rapproche d'un étranger à la communauté, soit celle d'un membre de cette communauté dont la méthode et les références conceptuelles le situeraient en un lieu extérieur à cette communauté définie par le consensus (l'arabité et l'islamité étant le plus souvent confondues6). N'y a-t-il place dans un pays arabe que pour des sciences sociales arabes, ou mieux, si l'on suit les propos de Ismail Farouqi7, faut-il considérer que les sciences
sociales doivent faire place aux "sciences ummatiques"

. De

6. Il faut noter que les berbéristes ne sont pas tous exempts de ce mode de pensée nationaliste. 7. Ismaïl Farouqi est un intellectuel égyptien, cité par Alain Rousillon, cf. infra note Il. 14

tels concepts, fondant de telles sciences, favoriseraient la constitution de savoirs immédiats sur le social, au détriment de toute distance critique, celle-ci étant vouée à la stérilité et à l'erreur. Ces sciences seraient de droit le terrain des nationaux qui ne pactiseraient pas avec les savoirs étrangers voués à l'inauthenticité. Quelle est donc la validité des savoirs occidentaux, si toutefois ils en ont une. Le débat sur l'orientalisme qu'inaugure Anouar Abdel Malek en 19638 pose, dans la période de la décolonisation, le problème des conditions scientifiques du savoir sur autrui, sur cet Autre colonisé:
"L'essentiel du débat sur l'orientalisme aura consisté (à poser une) interrogation indissolublement épistémologique et politique qui est au fondement même des sciences sociales. En fait.,on peut voir la réémergence de la vieille question quelque

peu rituelle de l'ethnologie-anthropologie se demandant comment la consttuction d'un savoir sur autrui est tout simplement possible et quel type d'objectivité on peut
attendre d'un tel savoir".9

Si "connaissance rime avec appartenance"lO qu'est-ce qu"un observateur étranger? Qu'est-ce qu'une observatrice
étrangère 111

Comment, arrivée en Algérie en 1962, non pour observer, mais participer (selon les modalités diverses du militantisme) à la transformation d'une société, me croyant, de plus, en possession des moyens propres à la connaissance empirique de mon environnement (schémas d'analyse politique et sociale inspirés du marxisme et de la lecture de Sartre, connaissances socio-anthropologiques livresques),
8. Anouar Abdel Malek, L'Orientalisme 1963. 9. Alain Roussillon, Le débat sur l'Orientalisme dans le champ intellectuel arabe : l'aporie des sciences sociales, Peuples Méditerranéens, L'Orientalisme, interrogations, janv-mars 90, n050. 10. Id. Il. Monique Gadant, "Tu ne connaîtras jamais bien les Mayas", Journal des Anthropologues, dossier Anthropologie des sexes, sexe des anthropologues, n045, septembre 1991. en crise, Diogène, 44,

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