Paris brûle !
430 pages
Français

Paris brûle !

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Description

Avant la prise de la Bastille, entre le 10 et le 14 juillet 1789, la population parisienne dévaste et incendie les bureaux de l'octroi, où sont perçues des taxes sur les produits de consommation et qui délimitent le Mur des Fermiers généraux. Les ravages qui se produisent lors de ces attaques soulignent la montée d'une exaspération sociale qui a sa propre autonomie, distincte du mouvement qui se porte sur la Bastille. L'auteur établit que les destructions aux barrières en juillet 1789 s'inscrivent dans le temps long des résistances antifiscales et constituent un soulèvement général aux racines profondes.

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Date de parution 24 juin 2019
Nombre de lectures 3
EAN13 9782140124969
Langue Français
Poids de l'ouvrage 13 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Momcilo M
Paris brûle ! L’IncEndIE dES BàRRIèRES dE ’octRoI En juIEt 1789
Préface de Pîerre Serna et Bruno Coîn
Momcilo M
Chemins de la Mémoire e SérieXVIIIsiècle
Paris brûle ! L’incendie des barrières de l’octroi en juillet 1789
Chemins de la Mémoire Fondée par Alain Forest, cette collection est consacrée à la publication de travaux de recherche, essentiellement universitaires, dans le domaine de l’histoire en général. Relancée en 2011, elle se décline désormais par séries (chronologiques, thématiques en fonction d’approches disciplinaires spécifiques). Depuis 2013, cette collection centrée sur l’espace européen s’ouvre à d’autres aires géographiques. Derniers titres parusSarindar-Fontaine (François),Charles V le sage, dauphin, duc et régent (1338-1358),2019. Foutakis (Patrice),DeLa Dame a la licorneet de « son » désir,2019. e Leroux (Charles-Édouard),La question mémorielle au XXI siècle, Jouer éternellement le passé, 2019. Maury (Serge),Une secte janséniste convulsionnaire sous la Révolution française, Les Fareinistes (1783- 1805),2019.e Laporte (Samy),siècle (1795-1914),La vie quotidienne des Juifs de Pologne au XIX 2018. Giacchetti (Claudine Anne),Les déplacés. La diaspora juive est-européenne dans la France occupée. Témoignages et combats, 2018. Lafage (Franck), Louis III, dernier roi de Bavière, (1913-1918),Un souverain dans la tourmentede la Première Guerre mondiale,2018.Louis (Abel A.),Le livre et ses lecteurs en Martinique de la fin du Directoire à la Monarchie de Juillet (1799-1848). Essai d’histoire sociale et matérielle, 2018. e e Lagardère (Vincent),Commerce fluvial et batellerie sur l’Adour du xvii au xviii siècle. Les ports de Dax, Saubusse, Port-de-Lanne, La Marquèze, 2018. Louis (Abel A.),Le monde du négoce à Saint-Pierre sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), Essai d’histoire sociale et matérielle,2017.Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent.La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.editions-harmattan.fr
Momcilo MARKOVICPARIS BRULE! L’incendie des barrières de l’octroi en juillet 1789 Préface de Pierre Serna et Bruno Collin
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-17683-3 EAN : 9782343176833
Remerciements Je venais de terminer mon DEA sous la direction de Jean-Clément Martin à l’Université de Paris I. J’hésitais encore à prolonger ce long travail qui devait aboutir sur une thèse. Pierre Serna devint, à ce moment, le nouveau directeur de l’IHRF (Institut d’Histoire de la Révolution française). Il m’incita à poursuivre et accepta de diriger mon doctorat d’histoire. Depuis, il n’a cessé de valoriser mon travail, le présentant élogieusement à des conférences et à des colloques. Pierre Sername fait l’immense amitié de rédiger la préface de cet ouvrage. Je le remercie vivement et chaleureusement. Il manquait une publication officielle, destinée à un large public. Les éditionsL’Harmattanont accepté d’éditer mon manuscrit, issu de ma thèse, largement remaniée. J’ai veillé à y intégrer les critiques constructives des membres prestigieux qui composaient le jury lors de ma soutenance : Haïm Burstin, Hervé Drévillon, David Garrioch et Vincent Milliot. Aujourd’hui, ce livre paraît dans la collection « Mémoires des Douanes» avec le soutien de l’AHAD (Association pour l’Histoire de l’Administration des Douanes). Je remercie donc les membres de l’AHAD et, plus particulièrement son actuel président Bruno Collin qui me fait l’honneur d’y écrire une deuxième préface.Laurence, mon épouse, m’a inlassablement accompagné durant ce périple, devenant ma première lectrice ; avec son esprit critique, sa ténacité et son franc-parler, elle a toujours su insuffler une dynamique qui, parfois, me manquait. Durant de longues années, Tania, Vladimir et Matt m’ont vu consacrer de nombreuses heures à compulser les archives, à interroger mon objet d’histoire,à confronter les sources, à prendre des notes et à écrire. Ils ont, à leur manière, participé à cette tâche de longue haleine, me sollicitant à maintes reprises ; ils ont, peu à peu, à ma grande joie, investi la période révolutionnaire. Je ne veux pas oublier Zvonko et Jean-François, mes deux amis, fidèles de toujours. Nous nous sommes construits ensemble, malgré les écueils sociaux dus à nos origines étrangères et modestes. Nous avons compris qu’à force de volonté, le monde pouvait s’ouvrir à nous. Ma dernière pensée se tourne vers Émile Ducoudray. Il fut, pour moi, lorsque j’étais un jeune étudiant, une figure centrale et emblématique de l’IHRF. Son approche bienveillante et paternelle favorisait les
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échanges. Il m’a fait découvrir toute la richesse de la Révolution française. Enfin, cet ouvrage n’aurait jamais vu le jour sans tous ces hommes et femmes, enfermés, puis découverts dans les cartons d’archives. Ils m’ont fait comprendre une chose inestimable et tellement précieuse: les dominés de l’Histoire doivent égalementavoir leur mot à dire !
À ma mère Gordana, à mon pèreDušan.
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Préface Vous croyez connaître le 14 juillet ? Alors fermez les yeux ! Que voyez-vous dans votre paysage de connaissances ou de souvenirs historiques ?Une forteresse prise d’assaut par la foule de Paris, des canons au bas, un pont-levis qui s’abaisse, uneen colère, un foule marquis avec la tête coupée et mise sur une pique. C’est une image que vous voyez, celle de vos manuels, devos livres scolaires ou des livres édités à profusion au moment du bicentenaire. C’est une construction visuelle, plus ou moins juste, que vous vous représentez, qui raconte la geste du peuple parisien, construite en mythographie par toute une histoire, vieille aujourd’hui de 230 ans. Certes,l’événement a bien eulieu et il représente un acte de bravoure assez unique en son genre, une centaine de Parisiens y laissant la vie, 98 exactement, sans oublier les 73 blessés graves, le marquis de Launay y perdant sa tête, inaugurant une série tragique de têtes coupées et mises sur des piques pour exprimer la colère du peuple et sa souveraineté exécutrice s’il le faut, selon le jugement collectif de la foule, exacerbée ce jour-là par une défense inutile et meurtrière du gouverneur de la prison de 9 détenus seulement, mais symbole d’une monarchie arbitraire. Tout le monde connaît le nom de Launay et la violence du sort qu’il subit,mais connaissez-vous le nom d’une seule victime de la Bastille? Qu’en concluez-vous sur la victimisation des uns et la mort anonyme des autres ? Et sur la façon dont s’écrit l’histoire? Refermez les yeux. Comment vous apparaît l’événement de la prise de la Bastille dans ses origines et ses conséquences. Sûrement comme l’événement fondateur de la Révolution française et l’entrée en scène du peuple dans cette année 1789, à nulle autre pareille. Le peuple par la prise de la forteresse vide fait SA révolution. Il vient d’affirmer son pouvoir souverain et l’histoire a décidé que de ce jour la Révolution commençait vraiment, quitte à prendre de vitesse tout le monde, les législateurs et le roi à Versailles pour commencer. Celui-ci semble étonné en apprenant le fait, demandant si c’était une révolte, alors que le duc de La Rochefoucauld lui aurait fait remarquer, selon la fameuse réplique, que c’était bien plus : une Révolution. De là, naquit un monde nouveau et la fête de la Fédération, célébrée un an plus tard, jour pour jour, devenue cent ans plus tard, en 1889, la fête nationale, qui l’est encore aujourd’hui,etmarquait l’importance
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