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Paris sous la menace Viking (845-886)

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Livres

Description

Dès la fin du VIIe siècle, les régions côtières d’Europe occidentale sont durement frappées par des incursions meurtrières. Ceux que l’on appelle alors vulgairement « pirates », au même titre que les pirates maures de Méditerranée, acquièrent peu à peu un nom qui convient mieux à leurs origines. Ce sont les « Northmen », « Normands » ou encore Vikings. La menace, concentrée sur les îles britanniques au début du IXe siècle, se déporte peu à peu vers les rives de la Manche et s'abat impitoyablement sur l'Empire franc. En 1885, une redoutable armée normande remonte la Seine et casse un à un tous les verrous défensifs édifiés sur sa route. A la fin du mois de novembre, 30 000 guerriers assoiffés de sang et de butin viennent se masser sous les murs de l'île de la cité. Paris, assiégé, va devoir lutter pour sa vie et sa liberté.

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Ajouté le 24 mars 2015
Nombre de lectures 31
EAN13 9782371160507
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
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Paris sous la
menace viking







Gautier Lamy

ISBN : 978-2-37116-050-7
storia-ebooks.fr

Paris sous la
menace viking

Dès la fin du VIIe siècle, les régions côtières de l’Europe occidentale se retrouvent sous la menace des incursions. Ceux qu’on appelle alors vulgairement « pirates », au même titre que les pirates maures de Méditerranée, acquièrent peu à peu un nom qui convient mieux à leurs origines. Ce sont les « Northmen », « Normands » ou encore Vikings.

Formidables navigateurs, les Normands sillonnent sans relâche les océans les plus dangereux. L’Ecosse et l’Angleterre sont les premières régions touchées puis c’est au tour des rivages septentrionaux de l’empire carolingien d’être victimes de ces hommes du nord. Poussés par la soif de butin plus que par la conquête de terres, ils pillent, détruisent, tuent s’attaquant aux foyers de population dans les campagnes comme dans les villes. D’abord coutumiers de raids sporadiques suivis d’un retrait immédiat, ils commencent, à partir de 835, à s’implanter à l’embouchure des grands fleuves. Progressivement, les Vikings entreprendront de conquérir des territoires afin de pouvoir y cultiver le sol.

Ce changement d’objectif nécessitera une évolution militaire : pour assumer leurs conquêtes, les Vikings auront besoin d’une armée plus grande et mieux organisée. Ils se dotent peu à peu de grandes armées organisées pour des conquêtes plus ambitieuses qu’auparavant. Sur la Loire et la Seine, ils étendent leur rayon d’action et remontent désormais les voies navigables sur leurs drakkars à la recherche de nouvelles richesses à s’approprier. Leur implantation progressive mène tout droit au siège de Paris de 885. Pendant ces 45 années de montée du péril viking, Paris ne sera pourtant pas épargnée. La cité recevra la visite de pillards à de multiples reprises, en 845, 851, 856, 857, 861 et 865. Cette récurrence entraîne la cité dans un cycle de destruction qui l’empêchera de se développer au IXe siècle.

Les monastères et villes opulentes deviennent leurs cibles favorites. En 841, Rouen est touchée. Les monastères de Jumièges et Fontenelle sont dévastés et pillés de leurs richesses. Puis en 843, c’est au tour de Nantes d’être sauvagement saccagée. De nombreux habitants de la ville, laïcs et ecclésiastiques, dont l’évêque lui-même, sont massacrés. Leur installation à l’embouchure de la Loire, sur l’île Bouin et Noirmoutier, suite à ces événements, leur permettra pendant de longues années de lancer des attaques récurrentes contre l’Aquitaine et la vallée de la Loire. L’armée carolingienne étant longue à lever, les résistants sont livrés à eux–mêmes et cèdent très vite devant les formidables et terrifiants combattants que sont les Normands.

Paris, regorgeant de monastères aux immenses richesses comme Saint–Denis ou encore Saint–Germain des Prés, sent peu à peu l’étau se resserrer.

Débarquement de la flotte du chef normand Rollon en Normandie.
(P. S. Christiansen, Musée des beaux arts de Aarhus, Danemark)

La supériorité des Vikings sur les Francs

Les contemporains des invasions normandes se souviennent d’eux comme des envahisseurs d’une barbarie terrifiante. Lors d’un raid, les Vikings n’épargnaient personne, pas même les enfants ou les vieillards. Par ce biais ils cherchaient avant tout à terroriser l’adversaire afin de lui enlever tout goût de résistance. Ce choix est une nécessité, les Vikings étant la plupart du temps peu nombreux et pourtant très avancés à l’intérieur du pays, donc vulnérables. Cet aspect de leur tactique, qui consiste à répandre la peur et la terreur lors des attaques, est une arme de dissuasion dont les effets sur l’adversaire sont considérables.

Au IXe siècle, le monde scandinave n’a rien d’un ensemble unifié. Au contraire, certaines régions ont tendance à se singulariser et préfigurer les états contemporains. On constate un partage des zones d’influences géographiques. Les Suédois enjambent la baltique vers la Russie et l’Ukraine. Les Norvégiens se portent naturellement vers le nord–ouest et le grand large (Shetland, Irlande...). Les Danois portent quant à eux leur dévolu sur l’Ouest et le sud–ouest. Ce sont donc eux qu’on retrouve en Angleterre et dans le monde franc, régions qu’ils connaissent pour les avoir abordées en tant que marchands. Merveilleux marins, ils réalisent des prouesses en matière de navigation. Ils transmettent des informations relatives aux courants, utilisent des tables de déclinaisons indiquant la hauteur du soleil avec une sorte d’astrolabe, le « secteur solaire » grâce auquel ils font un point approximatif. Les navigateurs scandinaves se fient aussi aux astres. Certaines sagas mentionnent la présence d’une pierre solaire, la cordiérite, sorte de cristal qui a la particularité de virer du jaune au bleu lorsqu’on l’expose perpendiculairement au plan de la lumière solaire.

Les premiers raids vikings du début du IXe siècle sont surtout dirigés vers des cibles situées à proximité du rivage et consistent surtout à piller les villages ou les monastères avec peu de moyens, de façon à pouvoir regagner le large avec des richesses rapidement gagnées. Mais, dès 830, on peut noter une évolution dans le modus operandi des Vikings : ceux–ci bénéficient désormais d’une plus grande flotte et attaquent des cibles (surtout des églises ou des monastères) à l’intérieur du pays. Ils emploient des éclaireurs ou des espions pour connaître la disposition...