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Petites Chroniques #14 : La Révolution française — 1790 à 1794, les années sombres de la Terreur

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Description

LES PETITES CHRONIQUES : jour après jour, découvrez l'Histoire en anecdotes et dates clés !

Jour après jour, tel une éphéméride, Chronique vous fait revivre l'Histoire en la racontant au présent.

Petites Chroniques #14 : La Révolution française — Années 1790 à 1794, les années sombres de la Terreur

Après la signature de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, que restait-il des idéaux Républicains ? Replongez dans les années sombres de la Révolution française.

Les Petites Chroniques, c'est aussi :

Petites Chroniques #1 : 24 h du Mans — 80 ans au compteur

Petites Chroniques #2 : Vacances d'été — Faits divers et people

Petites Chroniques #3 : Destins de Femmes — Marilyn Monroe, l'éternelle

Petites Chroniques #4 : La Seconde Guerre Mondiale — Juin 1944, le mois le plus long

Petites Chroniques #5 : L'Année 80

Petites Chroniques #6 : Les années folles — 1920 à 1924, Le renouveau culturel - Partie 1

Petites Chroniques #7 : Napoléon Bonaparte — Entre guerre et paix

Hors-série #1 : Napoléon Bonaparte — La chute de l'Aigle

et bien plus encore...

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782366029529
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

La Révolution française
1790 à 1794, les années sombres de la Terreur – 2
Éditions Chronique1789 ou l’héritage d’une nouvelle civilisation
La révolution se fera partout : dans les lois, dans les mœurs, et aussi dans la langue. En un
temps où l’on prône de tous côtés l’égalité et la fraternité, la politesse prétentieuse et hypocrite
des aristocrates n’a plus cours et le langage doit refléter les nouveaux rapports qui unissent les
hommes. Ce sont les Jacobins de Belfort qui ont donné l’exemple : un mois après leur fondation,
ils ont décidé de supprimer entre eux l’appellation de « monsieur » et de la remplacer par celle
de « citoyen ». Quel titre en effet pouvait mieux symboliser la nouvelle société née en 1789 ? De
plus, le nouvel usage présente un double avantage : il élimine l’obligation de révérence et la
discrimination sociale, et souligne ainsi l’appartenance à une même nation.
Mais tout ne se fera pas sans heurt…22 janvier 1790
Paris – Les Cordeliers se battent pour Marat
« Empêchons-les ! Vive Danton ! Sauvons Marat ! » Le district des Cordeliers est en
ébullition depuis ce matin. Les gens du quartier sont bien décidés à en découdre avec les gardes
nationaux s’ils s’avisent de faire un pas de plus en direction de la maison où s’est réfugié Marat.
Pour avoir mis trop de vitriol sur sa plume en visant Necker, ce journaliste se trouve en bien
mauvaise posture. Le tribunal du Châtelet a lancé un mandat d’arrêt contre lui et, pour y échapper,
il s’est placé sous la protection de Danton. Celui-ci veut montrer clairement aux autorités que
quiconque pénètre dans « son » territoire doit se soumettre à « ses » lois. Il n’est pas question
d’accepter un ordre qui n’aurait pas été visé par les Cordeliers. Bien décidé à surmonter cette
épreuve de force, mais conscient que la violence n’est pas le meilleur moyen de parvenir à ses
fins, Danton a demandé l’arbitrage de l’Assemblée. Les députés, si soucieux de la légalité, se
prêteront-ils à son jeu ?24 janvier 1790
Bretagne
À Yvignac, les dragons du régiment de Conti tuent seize paysans qui tentaient de brûler le
château.7 avril 1790
Paris – Les secrets du « Livre rouge » dévoilés
Le mystère a fait place au scandale. Depuis que l’Assemblée l’avait commandée, le
28 septembre, on attendait avec impatience la publication de l’état des pensions, traitements et
dons royaux. Camus, président du Comité des pensions, laissait entendre que le roi accordait
aussi des libéralités secrètes, dont seul faisait mention un mystérieux registre, le Livre rouge.
Malgré les efforts déployés par Necker pour empêcher sa communication, le document vient enfin
d’être publié. Son analyse révèle que les dépenses dissimulées par Louis XVI s’élèvent, depuis
le début de son règne, à 228 millions. Mais ce qui a surtout choqué les députés, c’est que ces
fonds étaient engagés grâce à la procédure dite des « ordonnances au comptant »… qui les
soustrayait à l’examen de la Chambre des comptes. Or, les grâces du roi, accordées notamment à
ses frères, ne représentaient qu’une infime partie de ces 100 millions donnés chaque année et en
l’absence de tout contrôle. Où est donc passé le reste de cet argent ? Dans quelle caisse noire ?
Necker a eu beau se défendre, en expliquant que ces comptes étaient cachés, non pas qu’ils
fussent inavouables, mais en raison de leur caractère confidentiel, il vient de perdre, aux yeux de
l’opinion, le peu de crédit qu’il lui restait.14 avril 1790
Avignon – Le légat du pape, otage des patriotes
Le vice-légat Casoni est dépassé par les événements. En l’absence d’instructions de Rome, le
dernier représentant pontifical à Avignon signe tous les décrets que l’on attend de lui et tente de
temporiser. Et lorsqu’il refuse d’accorder sa sanction à l’adoption de la Constitution française
dans ses États et de reconnaître la nouvelle municipalité, on l’en contraint. Depuis que,
soupçonné de vouloir fuir, il est prisonnier de son palais, Casoni est à la merci des patriotes.19 mai 1790
Bordeaux
1 500 gardes nationaux marchent sur Montauban pour délivrer les patriotes emprisonnés.22 mai 1790
Paris – Mirabeau serait-il un traître ?
Mirabeau a beau nier s’être vendu au roi et secouer, sans conviction, sa « terrible hure », il ne
trompe personne. Déjà critiqué pour sa vie de débauché notoire, il est aujourd’hui conspué pour
trahison. Un libelle qui circule à Paris, Trahison découverte du comte de Mirabeau, l’accuse
d’avoir touché de l’or pour servir discrètement à l’Assemblée la cause royale. Il y a un signe qui
ne trompe pas : ses dettes ont été mystérieusement épongées. Incarnation vivante de la
Révolution, Mirabeau use de son prestige et joue visiblement double jeu.15 juin 1790
Sanglante victoire des patriotes à Nîmes
La guerre civile et religieuse a encore ensanglanté le Midi. Toute la journée, les rudes
Cévenols descendus de leurs villages ont massacré à coups de sabre et pendu aux réverbères les
« aristocrates » nîmois. On estime à trois cents le nombre des victimes. Tout a débuté hier par des
heurts entre les partisans catholiques de François Froment et les volontaires protestants.
Faiblement armés, les hommes de Froment n’ont pu résister aux milices protestantes appelées en
renfort par les patriotes. Ces derniers ont pris pour cible les « poufs rouges » arborés par les
royalistes à la place de la cocarde blanche, interdite. Ce soir, la population, en majorité
catholique, se terre.8 juillet 1790
Lyon
Nouvelle émeute contre l’octroi : manifestants et gardes nationaux font cause commune et
saccagent les barrières.5 août 1790
Saint-Étienne
Au cours d’une émeute de la faim, le peuple assassine un minotier accusé d’accaparement et
organise une nouvelle municipalité qui sera dispersée le lendemain par la troupe.15 août 1790
Nancy
Un moment calmée, la rébellion s’étend à tous les régiments suisses de la garnison qui
décident d’envoyer une délégation à l’Assemblée pour exposer leurs griefs.31 août 1790
Montauban
Les soldats de la garnison se joignent aux patriotes pour aller saccager les cafés aristocrates
de la ville.10 octobre 1790
Les sections de Paris contre le ministère
Une foule haineuse a manifesté aujourd’hui à l’appel des sections. Elle réclamait le renvoi
des ministres dont l’impopularité atteint des sommets. Les tentatives de sédition se multiplient
dans toute l’armée, et la mutinerie de l’escadre de Brest a encore prouvé récemment à quel point
le pays n’a plus confiance dans son gouvernement. Ces événements ne troublent d’ailleurs pas
seulement le peuple de la capitale. La tension monte au sein même de l’Assemblée. Mais, pour
l’heure, l’agitation est dans la rue. Le peuple hurle qu’il veut le départ des « traîtres ». Il vise en
particulier La Luzerne, qui est à la Marine, et Saint-Priest, à l’Intérieur. Seul Montmorin trouve
grâce à ses yeux. Décidément, le remplacement des districts par les sections n’a pas calmé la
fièvre des Parisiens.20 octobre 1790
Paris – La crise ministérielle s’aggrave
« Démissionnez le gouvernement ! » Tel est l’avis que donnent au roi ses deux conseillers
secrets, l’avocat Bergasse, député de Paris, et Mirabeau. Cherchant tous les deux à renforcer la
position de Louis XVI, ils lui conseillent de faire porter à l’Assemblée la responsabilité de la
crise ministérielle qui s’approfondit de jour en jour. Après Necker au début du mois, c’est au tour
de La Luzerne, ministre de la Marine depuis près de trois ans, de démissionner. La Luzerne a
saisi l’occasion offerte par la vague de mutineries qui touche la marine royale depuis septembre
et le vif mécontentement des patriotes pour s’en aller. Louis XVI a désormais les coudées
franches pour faire appel aux partisans de La Fayette. Des noms circulent déjà, comme ceux de
Duport-Dutertre, Pastoret, Duportail et de Lessart.27 novembre 1790
Paris – Les prêtres contraints de prêter serment à la Constitution
civile du clergé
Que faire pour contraindre les ecclésiastiques à se soumettre à la Constitution civile du
clergé ? La solution radicale adoptée par l’Assemblée est de les obliger à prêter serment. Elle
s’indignait de voir des évêques, comme celui de Nantes, protester violemment contre
l’application de la Constitution civile du clergé. Hier, le député Voidel a dénoncé ces prélats
qu’il qualifie de « réfractaires », les accusant de former une ligue contre l’État « sous prétexte de
religion ». Aussi, tous les membres du clergé devront-ils, dans un délai de deux mois, jurer
« d’être fidèles à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout leur pouvoir la Constitution
votée par l’Assemblée nationale ». En cas de refus, les prêtres seront considérés comme
démissionnaires. Et, s’ils persistent à exercer leur ministère, ils seront « poursuivis comme
perturbateurs de l’ordre public ». Car il ne faut pas oublier que les ecclésiastiques sont
désormais des fonctionnaires élus et donc soumis à la volonté nationale. Ce décret risque par
conséquent d’aggraver fortement un conflit qui traîne depuis plusieurs mois déjà. « Prenez-y
garde, il n’est pas bon de faire des martyrs », a déclaré l’abbé Maury, farouche adversaire du
décret. Le clergé est divisé. Mais pour un abbé Grégoire, partisan du serment, combien
compte-ton d’abbés Maury ?12 décembre 1790
Aix-en-Provence
Tension accrue dans la ville où des affrontements opposent les patriotes à des royalistes qui
tentent d’ouvrir une Société des amis de l’ordre et de la paix.Janvier 1791
Paris – Mirabeau préconise la politique du pire
Mirabeau exulte : il va enfin pouvoir agir. Du statut occulte de conseiller d’un roi méfiant, il
est passé à celui d’éminence grise du gouvernement. Le député d’Aix a remis le mois dernier un
plan d’action politique à Montmorin qui lui demandait comment rétablir le pouvoir royal face à
l’Assemblée. La crise religieuse lui fournit l’occasion de mettre ce projet à exécution. Car, si
Mirabeau se défie de toute tentation contre-révolutionnaire et engage la Cour à ne pas y céder, il
est cependant déterminé à sauver la monarchie. La tactique qu’il préconise est machiavélique :
elle consiste à ruiner le crédit des députés dans l’opinion, en les poussant à commettre des
erreurs et à ouvrir la crise. Le roi pourra ainsi se poser en recours et recouvrer son autorité en
même temps que sa popularité. Justement, le serment que l’Assemblée exige des prêtres offre un
moyen rêvé. Mirabeau sait que cette décision peut déclencher une guerre civile. Aussi compte-t-il
habilement inciter les députés à la faire appliquer de manière intransigeante.3 janvier 1791
Paris
L’Assemblée renouvelle l’obligation faite aux ecclésiastiques de prêter serment à la
Constitution civile du clergé sans restrictions.24 janvier 1791
Paris – Une perquisition tourne mal à la Chapelle
Les agents de l’octroi ont de nouveau fait preuve d’impopularité. Ce matin, à six heures, ils
ont opéré une descente chez un cabaretier du quartier de la Chapelle, soupçonné d’entreposer des
objets de contrebande. La saisie faite, ils s’apprêtaient à regagner leurs casernes, quand soudain
le tocsin s’est mis à sonner. Quand il s’agit de défendre un brave commerçant contre les agents de
l’octroi, la foule s’assemble comme par miracle. On remarquait parmi elle des uniformes de la
garde nationale ainsi que des gens armés. Soudain, un coup de feu a éclaté. La manifestation a
alors dégénéré. Un feu nourri s’est engagé entre les complices des contrebandiers et les agents de
l’octroi, causant des morts et des blessés. Des renforts ont bientôt ramené le calme.7 février 1791
Aurillac
À l’initiative de Jean-Baptiste Carrier, le club des Jeunes Amis de la Constitution décide de
créer une société de surveillance et propose à la société mère de recevoir des surveillants. Leur
devise est : « La vertu n’attend pas le nombre des années. »13 février 1791
Vannes
Plusieurs milliers de paysans réclamant leurs prêtres, qui refusent de prêter serment à la
Constitution civile du clergé, sont dispersés par les dragons.
Metz – Les soldats campent dans le ghetto
Les Juifs ne se sentiront guère chez eux tant qu’ils se heurteront à des soldats à chaque coin de
rue. Mais au moins, ce soir, ils sont en sécurité. L’émeute a en effet fait rage toute la journée dans
le ghetto. Déjà accusés dans les cahiers de doléances de prêter de l’argent à un taux usuraire, les
Juifs sont maintenant soupçonnés d’accaparer le numéraire et de faire fortune en percevant des
agios sur les assignats. La population en colère a envahi leur quartier, pillé et saccagé leurs
maisons. La municipalité a dû envoyer la troupe rétablir l’ordre. Le quartier évacué, on a décidé
de le faire garder par un détachement de soldats.22 février 1791
Paris
Le peuple parisien envahit le palais du Luxembourg pour empêcher un éventuel départ de
Monsieur, frère du roi.27 février 1791
France – Les patriotes dispersent les contre-révolutionnaires de
Jalès
C’est un rude coup qui vient d’être porté à la contre-révolution dans le Midi. Des gardes
nationales ont détruit le camp de Jalès, dans l’Ardèche, organisé sur le modèle des fédérations.
En septembre dernier, après l’échec des émeutes de Nîmes, Toulouse et Montauban, plus de vingt
mille hommes farouchement hostiles à la Constituante et au protestantisme s’y étaient rassemblés.
Ici, en effet, la contre-révolution s’identifie à une guerre de religion.28 février 1791
Paris
La Fayette fait réprimer par la garde nationale une manifestation populaire devant le château
de Vincennes, puis fait désarmer aux Tuileries les « chevaliers du poignard ».5 mars 1791
Annet – Des contrebandiers sauvés par la foule
Cette fois, ils se sont fait prendre, et pour du tabac caché dans leurs sacs. Surpris en flagrant
délit, deux hommes ont été aussitôt emprisonnés… et immédiatement relâchés. Pourtant les
« gabelous » de Provence pensaient avoir réalisé une belle prise. Mais c’était oublier un peu vite
que ces gens-là avaient des complices ; ceux-ci se sont assemblés sur la place, menant grand
tapage, leurs armes à feu bien en évidence. L’affaire en serait restée là si les villageois n’étaient
venus, eux aussi, se mêler aux contrebandiers. C’est la haine du gabelou qui les a réunis : pour les
gens d’ici, ceux qui trafiquent ne peuvent être des bandits. Ils font du commerce et livrent à
meilleur prix des produits trop lourdement taxés. Les douaniers, devant la colère de tous, ont
lâché prise. Et, comble de l’humiliation, ils ont dû rendre le tabac confisqué.17 mars 1791
Toulouse
Des affrontements entre patriotes et la légion royaliste de la Saint-Barthélemy font trois morts.19 mars 1791
Paris – L’Assemblée accuse les édiles de Douai
Le maintien de l’ordre doit-il être une fin en soi ? L’Assemblée a débattu aujourd’hui des
troubles qui ont eu lieu à Douai ces derniers jours. La foule voulant s’opposer à l’exportation des
grains a pendu un marchand et assassiné un capitaine de garde. La municipalité a refusé de
décréter la loi martiale. Le rapporteur a proposé que la municipalité soit mandée à la barre pour
y répondre de son incurie. Certains députés ont même exigé son arrestation immédiate.
Robespierre a alors demandé au milieu des murmures que l’on ne préjuge pas de la
responsabilité des édiles de Douai avant de les avoir entendus. Cette évidence est loin d’être
partagée par tous les défenseurs de l’ordre…