Petites Chroniques #9 : La Révolution française — 1788 à 1789, les raisons de la colère
167 pages
Français

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Description

LES PETITES CHRONIQUES : jour après jour, découvrez l'Histoire en anecdotes et dates clés !


Jour après jour, tel une éphéméride, Chronique vous fait revivre l'Histoire en la racontant au présent.



Petites Chroniques #9 : La Révolution française — 1788 à 1789, les raisons de la colère


La Révolution ne s'est pas déclarée en un seul jour, découvrez les étincelles qui embrasèrent le baril de poudre qu'était la France de la fin du 18e siècle.


Les Petites Chroniques, c'est aussi :

Petites Chroniques #1 : 24 h du Mans — 80 ans au compteur

Petites Chroniques #2 : Vacances d'été — Drame, People et Progrès

Petites Chroniques #3 : Destins de Femmes — Marilyn Monroe, l'éternelle

Petites Chroniques #4 : La Seconde Guerre Mondiale — Juin 1944, le mois le plus long

Petites Chroniques #5 : L'Année 80

Petites Chroniques #6 : Les années folles — 1920 à 1924, Le renouveau culturel - Partie 1

Petites Chroniques #7 : Napoléon Bonaparte — Entre guerre et paix

Hors-série #1 : Napoléon Bonaparte — La chute de l'Aigle



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Publié par
Nombre de lectures 3
EAN13 9782366029482
Langue Français

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Exrait

La Révolution française
1788 à 1789, les raisons de la colère – 1
Éditions ChroniqueJanvier 1788
Paris – Des laquais sont en colère
Le bal battait son plein, mais les valets l’ont fait tourner court. Ils ont jeté cris et quolibets
dans la cour de l’ambassade de Suède, en signe de protestation. Car ils n’ont pas digéré la
négligence de l’ambassadeur, le baron de Stäel-Holstein qui, au mépris de tous les usages, a
refusé de leur faire servir une collation. Le pire est à craindre de ces gens qui savent tout et n’ont
pas leur pareil pour colporter tous les ragots et vous ternir une réputation.4 janvier 1788
Paris
Sur la proposition d’Adrien Duport, le Parlement rend un arrêt qui condamne les actes
arbitraires du gouvernement, l’emprisonnement sur lettres de cachet et l’exil des opposants à la
politique royale.9 janvier 1788
Paris
L’écrivain Sylvain Maréchal est incarcéré à la prison Saint-Lazare pour délit de presse ; dans
s o n Almanach des honnêtes gens, il fait figurer au calendrier des saints, des penseurs et
philosophes athées.17 janvier 1788
Versailles, Louis XVI serait-il un despote ?
Dans son arrêté du 4 janvier, le parlement de Paris a condamné sans appel la procédure des
lettres de cachet qui permettent au monarque d’emprisonner arbitrairement ses sujets indociles.
La crise qui oppose les parlementaires au pouvoir royal et qui s’éternise depuis plusieurs mois
semble parvenue à un point de non-retour. Car, cette fois, les magistrats n’hésitent pas à accuser
le roi de despotisme. Outré par cette audace, Louis XVI a solennellement convoqué aujourd’hui
une députation du Parlement pour répondre à ce qu’il considère comme une calomnie. « La liberté
légitime de mes sujets m’est aussi chère qu’à eux-mêmes. Mais je ne souffrirai pas que mon
parlement s’élève contre l’exercice d’un pouvoir (…) dont j’ai la douce satisfaction de penser
que j’ai usé avec plus de modération qu’aucun de mes prédécesseurs », a-t-il déclaré sèchement.
Et il est vrai qu’on imagine mal en tyran ce souverain débonnaire qui passe plus de temps à
chasser qu’à s’occuper des affaires du royaume. Mais, pour les parlements, celui de Paris en tête,
la question n’est pas là. Ce qu’ils remettent en cause, c’est le principe même de la monarchie
absolue dont le pouvoir s’exerce sans contrepoids. Usant de leurs prérogatives traditionnelles, ils
ne manquent pas une occasion de contrer les initiatives de Louis XVI. Or, légalement, ce dernier
peut toujours avoir le dernier mot. Aujourd’hui, c’est pourtant une épreuve de force qui s’engage.
Les plus jeunes et les plus actifs des magistrats, dont Jean-Jacques Duval d’Eprémesnil et
François Goislard de Montsabert, entraînent leurs aînés sur la voie de la rébellion. Il est donc
peu probable que le Parlement accepte aussi facilement de voir casser son arrêté par le roi. Mais
celui-ci n’est pas disposé à céder et cette attitude est chez lui assez rare pour être remarquée.18 janvier 1788
Paris
Bien que la veille le roi ait cassé l’arrêté contre les lettres de cachet rendu par le Parlement,
les magistrats passent outre et le confirment.20 janvier 1788
Rouen
Trois paysans de Chaumont, condamnés en 1783 pour meurtre, qui s’étaient trouvés au centre
d’une polémique sur les abus de justice, sont acquittés par le parlement de Normandie.Février 1788
Paris – Le projet de Brienne menace le Parlement
Le parlement de Paris est inquiet. Que préparent le roi et son principal ministre, le contrôleur
général des Finances Loménie de Brienne, dans le secret de leurs tête-à-tête ? Car Louis XVI et
son grand argentier s’entretiennent des heures durant, sans même consulter le Conseil royal. Les
ministres eux-mêmes n’apprécient guère d’être tenus à l’écart des décisions les plus importantes,
et de découvrir en même temps que le public le contenu des projets de réformes préparés par
Brienne. Certes, la pratique institutionnelle a consacré l’autonomie grandissante du ministre des
Finances. Mais, depuis la révélation du déficit des caisses du royaume devant l’Assemblée des
notables, on s’attendait à un peu plus de transparence. Les parlements soupçonnent, à juste titre, le
ministre de vouloir les casser et leur ôter les derniers restes de leur pouvoir en matière de
contrôle législatif. Les bruits de couloir rapportent d’alarmantes nouvelles. Ne dit-on pas que
Brienne envisage d’instituer une cour plénière qui serait seule habilitée à enregistrer les lois, les
parlements ne gardant plus que leurs attributions judiciaires ? Ce serait un véritable coup d’État
de l’exécutif, entreprise plus que hasardeuse à l’heure où la faiblesse et le discrédit du système
absolutiste sont de plus en plus manifestes.15 février 1788
Versailles
Un édit abolit la torture préparatoire.19 février 1788
Grenoble
Deux parlementaires dauphinois, le président d’Ornacieux et le conseiller de Meyrieu, sont
convoqués sans délai à Versailles pour rendre compte au roi de la conduite du parlement.
Versailles
Une députation du parlement de Bretagne, convoquée par le roi, est réprimandée pour son
attachement au principe de l’égalité et de l’identité de tous les parlements entre eux.23 février 1788
Grenoble
Le parlement du Dauphiné entretient l’agitation publique en demandant le rappel des
parlementaires convoqués à la Cour.16 avril 1788
Versailles – Le roi met fin à l’exil du duc d’Orléans
Le turbulent cousin du roi, Philippe duc d’Orléans, va pouvoir rentrer à Paris. Louis XVI a
levé l’ordre qui l’exilait à Villers-Cotterêts depuis que, le 19 novembre, il avait osé le braver
devant le Parlement en affirmant que la procédure du « lit de justice » employée par le souverain
était illégale. « C’est légal parce que je le veux », avait répliqué le roi rouge de colère. Car les
deux hommes ne s’aiment pas, et il suffit d’un incident pour raviver leur vieille antipathie. On dit
qu’il conspire pour régner à la place de Louis XVI. Certes, ce prince est ami de l’intrigue mais il
n’a pas l’âme ni l’envergure d’un chef de parti.17 avril 1788
Versailles
Louis XVI, dans sa réplique aux remontrances du Parlement, affirme qu’il ne livrera jamais la
monarchie à une « aristocratie de magistrats aussi contraire aux intérêts de la nation qu’à ceux de
sa souveraineté ».30 avril 1788
Paris – Le Parlement essaie de contrecarrer les projets du ministère
Brienne
Duval d’Eprémesnil, conseiller au parlement de Paris, fulmine. Il a appris que le ministère
dirigé par Loménie de Brienne voulait réduire à néant le pouvoir politique des parlements. Le
garde des Sceaux Lamoignon s’apprête en effet à promouvoir une réforme judiciaire radicale qui
établit une cour plénière et définit ses compétences. Cette cour plénière aura en particulier pour
fonction d’enregistrer les édits royaux et toutes les lois. Elle seule pourra le faire. Autrement dit,
les parlements seront privés de leur attribution principale et surtout du moyen de pression sur le
pouvoir royal dont ils disposaient traditionnellement par le biais du droit de remontrances. Mais
les magistrats n’ont pas l’intention de laisser passer ce véritable « coup d’État » royal : Duval
d’Eprémesnil vient d’exhorter ses collègues à la résistance en rappelant que les lois
fondamentales de la monarchie française garantissent les droits des parlements. L’épreuve de
force est engagée.