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Peuls et paysans

De
246 pages
Jusqu'à l'instauration de la frontière mauritano-sénégalaise en 1960, les Halaybe formaient une communauté homogène, réputée pour son esprit d'indépendance. Aujourd'hui, du côté mauritanien, la jeunesse de la vallée tente d'émigrer par tous les moyens. Traumatisée par les violences des années 1980-90 et par l'injustice et le chauvinisme d'Etat, la population vit sous la menace récurrente de conflits ethniques. Ce livre dévoile toute la subtilité de la société paysanne du Fuuta-Tooro.
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Amadou Oumar DIA
PEULS ET PAYSANS Les Halayɓe de Mauritanie
Préface de Sophie Caratini
PEULS ET PAYSANS
Les Halayܦe de Mauritanie
Études africaines Collection dirigée par Denis Pryen et François Manga Akoa
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Amadou Oumar',$
PEULS ET PAYSANS Les Halayܦe de Mauritanie
Préface de Sophie Caratini
Conception et réalisation de la couverture :Sophie Caratini et Muriel Hourlier, UMR 7324 CITERES, CNRS-Université de Tours Photos de la couverture :Photo de fond: Champs de maïs au CPB (photo reçue de Amadou Moussa Ngaydé) Montage photos :Colonne de gauche (de haut en bas) :- Assemblée générale d’intronisation de elimaan-Puri Abdul Seydi Jiggo dit Abdul Takko (©Alassane Djigo) - Assemblée générale d’intronisation de Umaar Jaagorga dit Moktar Aadamel (©Alassane Djigo) - Assemblée générale d’intronisation de elimaan-Puri Abdul Seydi Jiggo dit Abdul Takko (©Alassane Djigo) - Rive gauche du fleuve à partir du quai de Boghé (©Sophie Caratini) Photos du centre (de haut en bas) :- Femmes au marché de Boghé Escale (©Sophie Caratini) - Jeune fille puisant de l’eau au fleuve (©Sophie Caratini) Colonne de droite (de haut en bas) :- Cérémonie d’intronisation de l’elimaan-Puri Abdul Seydi Jiggo dit Abdul Takko (©Alassane Djigo) - Intronisation de Umaar Jaagorga dit Moktaar Aadamel (©Alassane Djigo) - L’auteur (à droite) et Mammadu Jibi Wañ (à gauche), au village de Saye (©Sophie Caratini) - Vache s’abreuvant au fleuve (©Sophie Caratini)
© L'Harmattan, 20135-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-99765-3 EAN : 9782296997653
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du président Moaouiya ould Sid Ahmed Taya en 1999 -, il a accompli un ravail considérable our tenter, avec d’autres, de réserver et de transmettre e trésor linguistique trop souvent ignoré, voire négligé, du patrimoine culturel auritanien. Dans le même temps, mû par le désir de participer à l’écriture de ’histoire de la Mauritanie il a choisi lors de la réalisation de son mémoire de¿n d’études à l’ENS de NouaNchott, d’entre rendre des recherches sur les alayܦe, population+aal Pulaar’en de la région de%oghé dont il est lui-ême originaire. Le hasard a voulu que je lise ce mémoire sans avoir jamais entendu parler du proIesseur Dia.&’était en5, à%o hé, ournais e sé pour la première fois. Impressionnée par la ri ueur du travail et l’excellence des analyses, j’ai aussit{t cherché à rencontrer son auteur, et l’ai¿nalement 1 ntégré dans l’équipe de recherche que je dirigeais à l’époqu Il t n depuis lors, non seulement un collègue, mais un ami.
nthropologue, chercheur au&N5S, je connaissais surtout le Nord de la Mauritanie, pour avoir réalisé mes premiers travaux chez les grands nomades 5n lorsque ’aigaybat T décidé d’entreprendre une recherche sur la relation franco-mauritanienne. En ême temps que e m’interro eais sur l’évolution contemporaine de cette elation, ar un ensemble de travaux sur le ra ort de dévelo ement franco-auritanien, j’entreprenais des enquêtes biographiques auprès de personnes qui avaient vécu la relation coloniale dans le contexte très particulier des unités méharistes de l’armée française. Choisir d’interro er cette relation telle qu’elle s’était développée dans les régions septentrionales me paraissait le omplément logique de mes recherches précédentes ’ tait i nit éharistes qui avaient conquis puis contrôlé les zones sahariennes, au sein de *roupes Nomadeªque la rencontre entre les cultures, sur les territoires des ands nomades, avait eu lieu. Ainsi, après avoir lon uement enquêté dans le milieu des anciens of¿ciers français ui avaient servi en Mauritani puis dans celui des goumiers maures j’étais partie en quête d’un ancien tirailleur. Une quête dif¿cile, qui prit¿n à%oghé orencontrais un très je i x m n i r Moussa Wa ne, du villa e de Sa é. C’est lui qui, le premier, ’a parlé des+alayܦe, et c’est à cause de lui que je me suis mise en quête de documents sur la région
1 L’équipe du projet P5AN2 La question du Pouvoir dans les5ecompositions sociales et eligieuses en Afrique du Nord et de l’2uest ,¿nancé par l’AN5 l’Agence Nationale pour la 5echerche 2 Cf. Caratini S.a bat Les R (1610-1934)Paris L’vol. 1 et 2 +armattan 199 etLes en ants es nua esParis Le Seuil 1993. 3 Cf. Caratini S.La République des sablesParis L’+armattan 23  f. aratini .La dernière marche de l’empireParis La Découverte 2 . ratini ./D ¿OOH GX &KDVVHXUParis, Editions Thierry Marchaisse, 211
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Pendant plusieurs années, j’ai multiplié les rencontres avec les+alayܦe, soit à NouaNchott, soit dans les villages du)uuta. Dans un premier temps, j’ai appris à mes dépens que ce milieu est dif¿cile à pénétrer, beaucoup plus, ¿nalement, que le milieu maure. Mais à force de m’obstiner et de toujours y retourner, j’ai¿ni par découvrir que les relations une fois créées y sont souvent plus solides.%lessés, traumatisés par l’histoire ancienne et récente, les villageois des bords duÀeuve ne se racontent pas aisément. Parallèlement, je lisais tous les ouvrages ou livres que je pouvais trouver sur la région : ils étaient rares, et ne traitaient pour la plupart que d’un aspect, d’un morceau du puzzle dont je ne parvenais pas à me¿gurer l’ensemble. Tout avait l’air si compliqué. Mais un jour, un professeur d’histoire du lycée de%oghé, Abdoulaye Dia, a bien voulu me prêter quelques mémoires qu’il détenait comme un trésor dans sa bibliothèque personnelle, et parmi eux celui d’Amadou2umar Dia. Mon ciel s’est illuminé : en¿n-e tenais là un écrit non seulement d’une très grande rigueur, mais qui réunissait toutes les pièces du puzzle, en donnant en même temps les clés permettant de le reconstituer. Et de fait, j’ai été passionnée par ce texte bien que mon ignorance de ce dont il parlait en ait rendu la première lecture plutôt ardue. La lecture de3HXOV HW SD\VDQV OHV +DOD\ьH GH 0DXULWDQLH, peut paravtre de prime abord dif¿cile, car pour suivre la démonstration, il faut retenir beaucoup de mots, dont l’intégration±qui ne peut être que progressive pour le néophyte±est nécessaire à l’appréhension de l’ensemble. Mais elle est le complément indispensable des diverses études portant sur tel ou tel aspect du)uuta, précisément pour cette raison.-’en ai fait l’expérience alors que je lisais parallèlement toute une bibliographie sur le sujet : à chaque fois qu’il me semblait avoir compris le fonctionnement d’un mécanisme qui m’était resté obscur ou dont je n’avais pas vu l’importance, seul le retour au texte d’Amadou 2umar Dia me permettait de le saisir dans toute sa dimensionsurtout et de le remettre à sa juste place dans un contexte sociologique dif¿cilement accessible sans le retour à l’histoire. Au¿l du temps, son manuscrit est devenu, en quelque sorte, l’indispensable texte de référence de mes recherches sur le pays halayܦe. Aussi est-ce avec conviction que j’engage tous les lecteurs ±ou non chercheurs ±s’intéressent à la Mauritanie, à ne pas se laisser qui décourager par la complexité apparente de cet ouvrage, complexité qui n’est pas le fait de son auteur, mais reÀète en réalité toute la richesse de l’histoire et de la culture des paysans peuls de ce pays.

Sophie Caratini Tours, Novembre 2012
À
Mon frère et cousin Mamadou Dia dit Mamoudou Elimane Issaga , ancien élève de l’École Polytechnique de Thiès, décédé à laÀeur de l’kge, en 1985
Ma mère+adjirata2umar Diamon père El+adj Thierno2umar Diames oncles : Thierno2usmane Dia, Thierno Mountaga Ahmed Tall exNhalife *énéral de la)amille El+adj2umar El)outiyou Tall qui accordait beaucoup d’intérêt à la publication de ce mémoireMoctar Amadou Thierno .ellySilèye Ali%aba Ndiaye dit Silèye)ati de Daara+alayܦe%ouNary Lam dont la gestion à la tête de la Coopérative de Thialgou était exemplaire Ceerno Aadama-eliya-iggo, Sammba-ah, Umaar+ammadi Sammba Diiroo-ahAtoumane SaNhomon cousin Tafsiiru-iggo mort dans les geôles de2ualata et qui attachait une grande importance à la Plaine de%oghé et à l’histoire de sa province natale mon frèreneveu feu Ibrahima Samba Dia, mon oncle feu Samba Dia et ma tante feue Mariam Sall tous trois décédés à Pété , mon cousin feu Aboubacry Dia dit Elimane Issaga %inta ancien directeur de l’école 1 de Thilogne décédé à+oore)oonde mon cousin feu Diam MalicN%k dit Diam Settou ancien employé aux ex lycées)aidherbe et Charles de *aulle de Saint-Louis du Sénégal, décédé le 9 décembre 211 à%oghé et à sa s°ur feue Deedé%aayel, décédée le 26 février 212 à%aNao %oghé à mon cousin et frère feu Alassane MbecNou%k, ex D*de la CNSS, pour tout ce qu’il a réalisé en faveur des habitants de la province halayܦeà mon cousin et frère CheiNh Saad%ou.ane, à Mamoudou Samba%oly, à%kMahmoud pour leurs contributions à la promotion de la langue et de la culture pulaar et à l’association A5P5IMaux membres de la famille décédés à.oungheul 2umar2usmane dit Mamadou Dia, Dieynaba2usmane Dia , à DaNar Elimane Dia, Pr Ababacar Ly dit Silèye Dieynaba,+adjirata Dia dite Dabbo, Elimane, Aissata2usmane Dia,)atimata dite Deffa Anne,%irane Watt 
Djibi Sall, ancien Directeur du Centre de Documentation2M9S, Moctar Thierno Lam, Abou Yall, Mamadou MiNa Sall, ces quatre personnes dont l’apport lors de mes enquêtes à Saint-Louis du Sénégal fut remarquable+abiboulaye Wade, ex secrétaire à la SMA5, Souleymane%aba Djigo et MalNha)all décédés à NouaNchott Toutes les personnes qui m’ont appuyé dans mes recherches et qui, aujourd’hui, sont rappelées à Dieu et que je n’ai pas pu citer ici.
In memoriam
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Avant-propos
Ce livre est issu d’un mémoire de¿n d’études présenté au Département d’+istoire et*éographie de l’École Normale Supérieure de NouaNchott, sous la direction du professeur Ibrahima Abou Sall,Paysannerie et évolution 1 IRQFLqUH GDQV OD 3URYLQFH +DOD\ьH 5pJLRQ GH αRJJHH en juin 1986. Il est le fruit de recherches développées trois ans avant les événements mauritano-sénégalais qui allaient déchirer les communautés mauritaniennes et apporter, par la violence, des perturbations majeures au destin des populations paysannes de la vallée duÀeuve Sénégal.
Du fait de sa perspective largement historique, ce travail garde toute sa valeur et son intérêt, mais on pourrait aujourd’hui lui reprocher de s’arrêter, en quelque sorte, au milieu des années 198, et de ne pas aborder les bouleversements intervenus depuis les événements de 1989. Partant, le projet d’édition dont ce livre est l’aboutissement s’est traduit par la mise en°uvre d’une série d’enquêtes complémentaires en milieu halayܦe, en ville comme 2 dans les villages, entre 25 et 212, pour une part¿nancées par l’AN5 le 3 projet P5AN2dirigé par Sophie Caratini .
Ces enquêtes, destinées à réactualiser nos conclusions par l’étayage sur des données nouvelles, se sont heurtées, pendant plusieurs mois, à un phénomène de blocage de la part de nos interlocuteurs. Il sera important de revenir en conclusion sur ce phénomène, pour ce qu’il renseigne sur l’évolution actuelle de l’état d’esprit des populations en regard des problèmes fonciers.
Par ailleurs, il nous a paru nécessaire de fournir l’intégralité du manuscrit du mémoire, y compris l’introduction et la conclusion qui témoignent de l’optimisme général que les projets d’aménagements hydro-agricoles des années 198suggéraient, car elles nous paraissent symptomatiques des espoirs que la perspective d’une agriculture irriguée moderne suscitait à l’époque. Il s’agissait pour nous d’examiner les effets concrets de l’apport de ces nouvelles technologies sur la société paysanne et son terroir.
1 Le halayܦe est le nom traditionnel de la province de%oghé ainsi que celui de ses habitants. 9oir plus loin et également le glossaire les explications de ce terme. 2 Agence Nationale pour la5echerche française. 3 Cf. Caratini S. sous dir. ,La question du pouvoir en Afrique du Nord et de l’Ouest, L’2uest saharien nƒ9, vol. 1 et 2, Paris, L’+armattan, 29.
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