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Quelques notes sur l'histoire de Chine

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146 pages

A l’origine, le gouvernement paternel nous apparaît sous sa forme la plus simple : la famille patriarcale. Descendues des plateaux de la Mongolie, des familles de pasteurs indépendantes, mais alliées, pénètrent dans le bassin de la Rivière Jaune vers le vingtième siècle avant Jésus-Christ. De moyenne stature, ces nomades ont le type mongolique : le teint cuivré, la tête plate, les yeux obliques avec des paupières bridées, les maxillaires forts, le nez petit au cartilage peu saillant ; leur barbe est longue, mais clairsemée ; ils s’enorgueillissent de leurs cheveux noirs épars sur leurs épaules.

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Antoine de La Mazelière
Quelques notes sur l'histoire de Chine
Suivant Schopenhauer, chaque homme représenterait u ne idée particulière, une forme distincte du type humain. De même, chaque peu ple représente un mode de société différent : à Rome, c’est la cité ; chez le s Anglo-Saxons, le régime constitutionnel ; en Chine, le gouvernement patriarcal. Pour comprendre l’histoire de la Chine, il faut étudier comment le gouvernement patr iarcal s’y établit et s’y développa. Dans cette évolution nous pouvons distinguer quatre périodes : les temps demi-légendaires, la formation de la philosophie par Con fucius et du régime politique par les empereurs Han, l’apogée sous la monarchie des T’ang et des Sung, la décadence depuis la conquête mongole.
1 I
A l’origine, le gouvernement paternel nous apparaît sous sa forme la plus simple : la famille patriarcale. Descendues des plateaux de la Mongolie, des familles de pasteurs indépendantes, mais alliées, pénètrent dans le bass in de la Rivière Jaune vers le vingtième siècle avant Jésus-Christ. De moyenne sta ture, ces nomades ont le type mongolique : le teint cuivré, la tête plate, les ye ux obliques avec des paupières bridées, les maxillaires forts, le nez petit au car tilage peu saillant ; leur barbe est longue, mais clairsemée ; ils s’enorgueillissent de leurs cheveux noirs épars sur leurs épaules. Vêtus de peaux de bique, ils poussent des troupeaux de vaches et de moutons. D’immenses forêts couvrent la vallée de la Rivière Jaune ; un gibier abondant les habite : dans le haut du bassin, le ti gre, l’ours, le loup, le renard ; plus en aval, le sanglier et le rhinocéros ; partout des ce rfs, des antilopes, des singes, des faisans, des tortues. Sur les bords du fleuve viven t des indigènes au corps tatoué, que les hommes aux longs cheveux, les Chinois, massacre nt ou repoussent dans l’intérieur des forêts. Et leLivre des histoirespar un tableau dramatique : le s’ouvre Hwang-Ho débordé, les femmes et les enfants réfugié s sur les collines, tandis que les hommes cherchent à sauver leurs huttes et leurs bes tiaux. Avec le temps, la rivière fut endiguée ; l’on défri cha les forêts. Les pasteurs se creusèrent des maisons dans les falaises de sable a moncelées par le vent du désert et les dépôts des neuves : des escaliers conduisaie nt dans les champs ; les routes se trouvaient au fond de tranchées, qu’on suivait pend ant des lieues avant de trouver une issue. Au confluent des cours d’eau s’élevèrent des villes aux maisons de briques et de bois. La population augmenta rapidement ; un rec ensement du neuvième siècle avant Jésus-Christ la ferait estimer à vingt et un millions. Les Chinois se nourrissaient de riz, de froment, de viande de porc, de poisson e t de fruits. Ils buvaient des liqueurs fermentées. Hommes et femmes portaient des pantalon s et de longues blouses, des robes à traîne pour les cérémonies. Les vêtements d es riches étaient de laine, de gaze ou de soie ; les pauvres tissaient les fibres du dolicho, une plante grimpante qui servait aussi à fabriquer des chaussures. Les Chino is connaissaient la poterie et travaillaient l’or et le bronze. Leurs observations leur avaient permis d’établir un calendrier. Ils parlaient une langue monosyllabique et possédaient des hiéroglyphes, qui se transformèrent avec le temps en écriture idé ographique. Seuls, les débiteurs et les criminels servaient comme esclaves ; le père av ait droit de vie et de mort sur ses femmes et sur ses enfants. La religion était patriarcale : les Chinois adoraie nt le ciel, le père de toutes choses, 2 les génies des collines et des eaux, qui le servent comme des fils . Deux caractères distinguent leur cosmogonie : elle est chaste et ne connaît pas l’anthropomorphisme. Voici l’un des hymnes les plus anciens :
La charrue aiguisée brille au soleil, les hommes l’enfoncent dans le sol, puis jettent la semaille... Coiffés de chapeaux de paille, les femmes, les enfants arrachent les mauvaises herbes. — Les herbes meurent, nourrissent le sol ; le millet grandit tous les jours. — Déjà la moisson d’or tombe sous la main du faucheur ; les gerbes entassées forment une muraille. — Les granges les recueilleront. Que les femmes et les enfants se reposent ! le travail de l’année est fini. — Nous tuerons le taureau aux lèvres noires, aux longues cornes recourbées. C’est le sacrifice du moissonneur. — Nos enfants recevront de nous l’héritage de 3 ces rites antiques consacrés par nos aïeux vénérés .
Des cérémonies funèbres avaient lieu sur la tombe d es ancêtres. L’on trouve dans
lesOdes :
Entendez les tambours. Les hommes sont rangés. Gloire à la descendance du Grand Aïeul, — le héros sans pareil qu’invoque notre chef. Qu’il se manifeste à nous ! C’est notre consolation de le sentir encore au milieu de ses enfants. — Écoutez ce bruit sourd : le tambour. Les notes claires de la flûte lui répondent... — Voici les cloches maintenant. Les danseurs se meuvent avec grâce... Tel est le service dont les ancêtres nous ont légué la tradition... Daigne le père accepter les hommages de son fils ! Ainsi les saisons doivent se suivre, et 4 l’automne succède à l’été ,
Comme la religion, le gouvernement était patriarcal . En s’accroissant, les familles avaient formé des clans. L’autorité appartenait au chef du clan ; maître du sol, il le partageait entre les pères suivant le nombre de leu rs enfants. Vers le dixième siècle avant Jésus-Christ la coutume du partage avait disp aru, et, de fait sinon de droit, les Chinois connaissaient la propriété privée. Longtemp s le chef du clan le plus puissant eut le rang de Ti (empereur, ou fils du Ciel). Ce r ang appartint d’abord au clan de Hia 5 (2205-1767), puis à celui de Shang (jusqu’en 1122) .
* * *
Vers le douzième siècle, une nouvelle invasion des Tartares donna la suprématie au clan de Chao (jusqu’en 255) ; ce clan s’établit dan s le bassin moyen de la Rivière Jaune. Par suite de leur origine étrangère, les Cha o prirent le nom deWangau (roi) lieu du nom deTi(empereur). Avec ces princes apparaissent des mœurs barbares : ils s’entouraient d’eunuques et de sorciers ; les femme s et les principaux serviteurs étaient ensevelis dans les tombeaux des
1stoire peuvent se diviser en troisLes légendes des Chinois sur les débuts de leur hi parties. — Celles qui sont purement mythologiques. Le monde est créé par un homme monstrueux, PWANKU, qui a pour successeurs le roi c éleste, le roi terrestre, le roi humain. — Puis les légendes des races qui occupaien t la Chine avant les Chinois ; ce sont celles de trois sou verains : FU-HI (2852 ou 3 332 avant notre ère) ; SHEN-NUNG (2737) ; HWANG-TI (2697), auxquels succèdent des pr inces de moindre importance. — Enfin les légendes des trois chefs, q ui auraient conduit les Chinois à la conquête de la Chine, YAO (2356), SHUN (2255), Yu (2205-2197) : ce dernier fonde la r première dynastie (HIA). — Auteurs. TRADUCTIONS : D Legge, traduction anglaise d e sClassiques. Giles,Gems of Chinese Literature. BIBLIOGRAPHIE : H. Cordier, Bibliotheca Sinica.: Williams, GÉNÉRALITÉS Middle-Kingdom. Mayers,Chinese Reader’s Manual.Brandt, dans Hellwald, V. Kulturgeschichte der Menschheit. Les statistiques d’après. Williams qui, pour les temps anciens, cite MA TWAN LIN.
2 La principale divinité était SHANG TI, que certain s auteurs identifient avec le ciel et que d’autres croient avoir été un Dieu personnel. L e culte rendu aujourd’hui à Shang Ti est purement nominal.
3Shi King(IV.I. § III. VI).
4Shi King(IV. III I).
5les récits légendaires des Chinois, le der  D’après nier des Hia, KIEH KWEI (1818-1766), aurait été un monstre ; le fondateur des Sha ng, T’ANG (1766-53), aurait donné l’exemple de toutes les vertus. Mais ses descendant s n’auraient pas suivi son exemple, et les crimes du dernier, CHAO SIN, auraie nt dépassé ceux de Kieh Kwei. TA KI, la maîtresse de Chao Sin, est la plus cruell e et la plus folle des favorites impériales. Les princes de CHAO sont au contraire t enus pour des Sages sans reproche ; ce sont Si PE et ses fils, Wu WANG et le duc CHAO, régent du royaume après la mort de son frère aîné.