Remparts et fortifications

Remparts et fortifications

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Cette recherche sur "Remparts et fortifications" se réfère autant aux civilisations anciennes, depuis le 3e millénaire, qu'au monde médiéval, moderne et contemporain. Le lecteur est entraîné aussi bien dans les civilisations du Moyen-Orient (Mésopotamie, Egypte, Anatolie, Grèce hellénistique, Syrie) que dans celles de l'Occident depuis le Moyen-âge jusqu'à nos jours. Des portes du temple d'Edfou, en passant par l'épopée de Gilgamesh, ce livre s'achève sur le démantèlement symbolique du mur de Berlin.

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Publié par
Ajouté le 15 avril 2010
Nombre de lectures 121
EAN13 9782296251489
Langue Français
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REMPARTS ET FORTIFICATIONS

SydneyH.AUFREREetMichelMAZOYER

REMPARTS ET FORTIFICATIONS

Du temple d'Edfouau murdeBerlin

Actes des QuatrièmesJournéesuniversitaires deHérisson (Allier) organisées
par laVille deHérisson, lesCahiersKubaba(Université deParisI–
Panthéon-Sorbonne)et l’AssociationdeSauvegarde du ChâteaudeHérisson
les20-21juin2008

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d é co m p resseu r
so n t req u i s p o u r iv is o n nerc ettei ma g e.

Comité desFêtesdeHérisson—AssociationJacquesetHélèneGaulme —Communauté deCommunes
du PaysdeTronçais—AssociationdeSauvegarde du ChâteaudeHérisson

Organisationducolloque
MichelMAZOYER(ParisI Panthéon-Sorbonne)etJean-PierreMAURIN(Association
deSauvegarde du ChâteaudeHérisson)

Éditionducolloque
Sydney H.AUFRERE(CNRS, UMR6125, Univ.deProvence)–MichelMAZOYER

AssociationKUBABA,Université deParisI
Panthéon–Sorbonne
12,place du Panthéon 75231ParisCEDEX05

L'Harmattan

Reproductionsdela couverture :
La déesseKUBABA(VladimirTchernychev)
Affiche desJournéesuniversitaires deHérisson (Jean-MichelLartigaud)
LogoCPAF(MorganeAufrère, graphiste illustratrice)

Directeur de publication:MichelMazoyer
Directeur scientifique :JorgePérezRoy

Comité de rédaction
Trésorière :ChristineGaulme
Colloques :JesúsMartínezDorronsoro
Relations publiques: Annie Tchernychev
Directrice duComité delecture :AnnickTouchard

Comitéscientifique (SérieAntiquité)
SydneyH.Aufrère,NathalieBosson,PierreBordreuil,DominiqueBriquel,Gérard
Capdeville,RenéLebrun, MichelMazoyer,DennisPardee,NicolasRicher

Comitéscientifique (SérieMonde moderne monde contemporain)
Jean-MichelAymes,AntonioBarragan,RégisBoyer,Claude-HélènePerrot,PatrickGuelpa,
HuguesLebailly,GeorgeMartinowsky,JorgePaulMirault,JorgePerezRey,HélènePignot,
OlgaPortuondo,AnnieTchernychev,RichardTholoniat

Ingénieur informatique
PatrickHabersack (macpaddy@chello.fr)

Avec la collaborationartistique deJean-MichelLartigaud
etdeVladimirTchernychev.

Cevolume a étéimprimépar

©AssociationKUBABA,Paris

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BibliothèqueKubaba(sélection)
http://kubaba.univ-paris1.fr/

CAHIERSKUBABA
Barbares et civilisés dans l’Antiquité.
Monstreset Monstruosités.
Histoires de monstresàl’époquemoderne etcontemporaine.

COLLECTIONKUBABA
1. SérieAntiquité
Dominique BRIQUEL,LeForumbrûle.
JacquesFREU,Histoirepolitique d’Ugarit.
——,Histoire du Mitanni.
——,Suppiliuliuma et laveuve dupharaon.
ÉricPIRART,L’Aphroditeiranienne.
——,L’élogemazdéendel’ivresse.
——,L’Aphroditeiranienne.
——,Guerriersd’Iran.
——,GeorgesDumézilface auxhéros iraniens.
MichelMAZOYER,Télipinu,le dieudumarécage.
Bernard SERGENT,L’Atlantide et lamythologie grecque.
ClaudeSTERKX,Les mutilationsdesennemischezlesCeltes préchrétiens.
LesHittiteset leurhistoire en quatrevolumes:
Vol. 1:JacquesFREUetMichelMAZOYER,
encollaborationavecIsabelleKLOCKFONTANILLE,Des originesàla findel’AncienRoyaumeHittite.
Vol.2:JacquesFREUetMichelMAZOYER,Lesdébutsdu NouvelEmpire Hittite.
Vol.3:JacquesFREUetMichelMAZOYER,L’apogée duNouvelEmpire Hittite.
Vol.4 :JacquesFREUetMichelMAZOYER,Le déclinet la chute duNouvelEmpire
Hittite.
SydneyH.AUFRERE,ThotHermès l’Égyptien.Del’infinimentgrand àl’infiniment petit.
MichelMAZOYER(éd.),Homère et l’Anatolie
MichelMAZOYERetOlivierCASABONNE(éd.),Mélangesen l’honneurduProfesseurRené
Lebrun:
Vol. 1:AntiquusOriens.
Vol.2:StudiaAnatolica etVaria.

2.SérieMondemoderne,Monde contemporain
AnnieTCHERNYCHEV,L’enseignementdel’Histoire enRussie
EysteinnÁSGRIMSSON,LeLys, Poèmemarial islandais.Présentationet traductiondePatrick
Guelpa.

3. Série Grammaire et linguistique
StéphaneDOROTHEE,Àl’origine du signe :lelatinsignum.
Michèle FRUYTetSophieVANLAER(éd.),Adverbesetévolution linguistique en latin.

4.SérieActes
MichelMAZOYER,JorgePEREZ,FlorenceMALBRANT-LABAT,RenéLEBRUN(éd.),
L’arbre,symbole et réalité.Actesdes premièresJournéesuniversitairesdeHérisson,
Hérisson,juin2002.
L’Homme et lanature.Histoire d’une colonisation.Actesducolloqueinternationalde
Paris, décembre2004.
L’oiseauentre cielet terre.ActesdesDeuxièmes journéesuniversitairesdeHérisson,
2004?ActesdesJournéesuniversitairesdeHérisson,18 et 19 juin2004.
La fête, delatransgressionàl’intégration.Actesducolloquesur la fête,larencontre
dusacré etduprofane.Deuxième colloqueinternationaldeParis,organisépar les
CahiersKubaba(Université deParisI)et l’Institutcatholique deParis, décembre
2000(2 volumes).
D’âge enâge.ActesdesTroisièmes journéesuniversitairesdeHérisson,23-24juin
2004.
ClaireKAPPLERetSuzanneTHIOLIER-MEJEAN(éd.),
Alchimies,Occident-Orient.ActesduColloquetenuenSorbonneles 13,14 et 15
décembre2001,publiésavecle concoursdel’UMR8092(CNRS-Paris-Sorbonne).
SydneyH.AUFREREetMichelMAZOYER(éd.),
Clémence etchâtiment.Actesducolloqueorganisépar lescahiersKubaba
(Université deParisI)et l’Institutcatholique deParis,Institutcatholique deParis,7-8
décembre2006.

SérieÉclectique
ÉlieLOBERMANN,Sueurs ocres.
PatrickVOISIN,Ilfaut reconstruireCarthage.

Bernard FOUREAU
Préface

SOMMAIRE

Michel MAZOYER, Sydney H. AUFRÈRE
Introduction :Protéger la cité et s’y protéger, — hier et
aujourd’hui
Sydney H. AUFRÈRE
La garnison divine postée à la défense de la porte du
temple d’Horus à Edfou : remarques iconographiques
Maria Grazia MASETTI-ROUAULTet Sabrina SALMON
Définition de l’espace et idéologie du pouvoir dans la
culture impériale néo-assyrienne : le cas de Tell Masaïkh,
Moyen-Euphrate syrien
Roberto BERTOLINO
Les fortifications de Doura-Europos (Syrie) : les fouilles à
la porte Sud
Jennifer KERNER
Les remparts de Hattusa: fonction militaire et cultuelle
d’un monument de prestige
Laure SANCHEZ
Les Salawanes et les Damnassara dans les portes de
Hattusa
Michel MAZOYER
Télépinu au Südburg
Isabelle PIMOUGUET-PEDARROS
Les fortifications de la cité d’Alinda en Carie
David LALLEMAND
Hérisson, oppidum de Cordes-Chateloi (Allier)
Fouilles de la porte de Babylone
Patrick GUELPA
Le mythe du géant maître-bâtisseur dans les Eddas
DominiqueLALLIER
La forteresse de Montrond, à Saint-Amand-Montrond
(Cher) : de l’arme de trait à l’artillerie

11

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Olivier TROUBAT
Combattre ou négocier : le rachat des forteresses pendant
la guerre de Cent ans
Anne-Marie ÉVRARD
« Citadelle, je te bâtirai au cœur de l’homme (Antoine de
Saint-Exupery)
Annie TCHERNYTCHEV
Le mur de Berlin : frontière physique ou idéologique ?

Épilogues
René VARENNES
Rester nous-mêmes
Jean-Pierre MAURIN
Le château féodal de Hérisson

10

175

191

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209

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PRÉFACE

Conformément à ce qui est à présent devenu une tradition, nos amis
universitaires se sont réunis à Hérisson, les 20 et 21 juin 2008. Choisissant
un thème en relation avec l’activité de la Commune, qui consacre une partie
importante de son activité à la mise en valeur du Château par l’entremise de
l’association de Sauvegarde du Château féodal de Hérisson, présidée par
Jean-Pierre MAURIN, ils ont choisi d’aborder la thématique des Remparts et
des Fortifications. Selon la méthode comparatiste ils ont rapproché, au cours
d’un échange interdisciplinaire, les civilisations séparées dans le temps et
dans l’espace. Merci aux universitaires venant de la France et de l’étranger,
aux chercheurs du CNRS, qui se sont associés à cette réflexion et merci aussi
aux chercheurs de l’Allier et des départements voisins de nous avoir fait part
de leurs travaux. Un mot de remerciement tout particulier doit être adressé
aux organisateurs de cette manifestation : Michel et Christine MAZOYER, et
Jean-Pierre MAURIN.

L’administration régionale et locale, les associations et les habitants
de Hérisson ont apporté une aide importante à cette manifestation, qui reste
la seule manifestation universitaire dans notre département. Qu’ils en soient
tous vivement remerciés.

Nous adressons aussi nos remerciements à M. Dominique AUSERVE,
le conservateur du musée de Murols, qui a rendu possible, à la Maison
Mousse, l’organisation d’une exposition de peinture remarquable sur l’École
dite de Murols: «Présentation de l’École de Murols», dans le cadre des
Journées universitaires.

Bernard FAUREAU
Maire de Hérisson

INTRODUCTION
PROTÉGER LA CITÉ ET S’Y PROTÉGER, — HIER
ET AUJOURD’HUI

Offrant une chambre d’écho aux fouilles exécutées à Châteloy(Allier)
et auxtravauxaccomplis sur le château médiéval de Hérisson, par
l’Association «Sauv», des uniegarde du Château de Hérissonversitaires et des
chercheurs du CNRS se sont réunis à Hérisson les 19 et 20juin 2008 pour
évoquer, à trav», se: «Remparts et Fortificationsers les âges, le thème
e
référant autant auxcivilisations anciennes, depuis le 3millénaire, qu’aux
mondes médiéval, moderne et contemporain. Ainsi, par-delà le temps et
l’espace, levoyage auquel invite cevolume entraîne le lecteur aussi bien
dans les civilisations du Moyen-Orient (Mésopotamie, Égypte, Anatolie,
Hellénistique, Syrie) que dans celles de l’Occident depuis le Moyen Âge
e
jusqu’à nos jours. Partant de l’épopée de Gilgamesh (début du 2millénaire),
héros qui s’attaque auxmurailles mythiques, on assiste finalement au
démantèlement du Mur de Berlin. Les communications évoquent aussi bien
des questions techniques relevant de l’architecture, que de l’histoire, des
croyances et, pour finir, des idéologies liées auxremparts jadis et naguère, et
notamment celle née autour de la construction d’un mur de démarcation
entre deuxcultures, deuxblocs défendant des conceptions politiques
différentes.

C’est en premier lieuvers le Moyen-Orient et l’Égypte que se tourne
le regard. Maria-Grazia MASETTI-ROUAULTet Sabrina SALMONlivrent une
nouvelle approche de la définition de l’espace et l’idéologie du pouvoir dans
la culture impériale néo-assyrienne d’après l’épopée de Gilgamesh. Elles
e
soulignent qu’au 3millénaire, le rempart constitue une nouvelle
représentation du territoire d’Uruk. Une nouvelle associationvoit le jour selon
laquelle le roi est étroitement lié à l’enceinte de laville. Les auteurs
évoquent également la problématique du mur d’enceinte à l’époque
néoassyrienne en soulevant le cas de laville de Kar-Assurnasirpal et de son
rempart, mis au jour, sur le site de Tell Masaïkh, dans la Bassevallée du
Moyen-Euphrate syrien, par la mission archéologique française (dir.
MariaGrazia Masetti-Rouault).
Roberto BERTOLINO, lui, présente un aspect défensif de
DouraEuropos. Il souligne que le site, remarquable sur les plans archéologique et
historique pour la connaissance de la Syrie ancienne, était implanté en une

position stratégique sur la route de l’Euphrate. En outre, Doura est l’une des
rares fondations hellénistiques du Proche-Orient qui puisse être étudiée de
façon détaillée: les différentes phases d’occupation peuvent être retracées
dans la mesure où elles n’ont pas toujours été effacées par les constructions
postérieures. L’auteur présente les résultats des fouilles de la porte sud qui,
jusqu’à présent, étaient mal connus.
Trois études complémentaires se rapportent auxmurailles
exceptionnelles de Hattusa, la capitale de l’Empire hittite. En premier lieu,
Jennifer KERNERmontre que les murailles, aux yeuxdes Hittites, n’ont pas
seulement une fonction défensive mais cultuelle. En second lieu, deuxautres
auteurs s’interrogent sur l’identification de certaines divinités dont les
silhouettes apparaissent liées à la défense des remparts. Laure SANCHEZ
aborde le rôle des Salawanes et des Damnasarra, divinités sphinxet taureaux
liées au grand dieu Télépinu et chargées de protéger les portes fortifiées des
cités tandis que Michel MAZOYERpropose une nouvelle hypothèse, à savoir
que Suppiliuliuma II, dans son rôle de protecteur de la chambre 2 du
Südburg et auvu des armes qu’il empoigne, revêtirait les traits de Télépinu
en tant que protecteur de la royauté, des limites, et du monde chthonien.

Au cours de toute son histoire l’Égypte entretenait un réseau de
forteresses destinées à défendre ses flancs, sur tous les points névralgiques.
Cela a conduit a pérenniser des représentations mentales de la défense
militaire dans un contexte mythique, puisque l’onvoit se déployer au niveau
des entrées de temples et à divers endroits névralgiques, des programmes
iconographiques de grande ampleur. Dans sa communication, SydneyH.
AUFRÈREéclaire d’un jour nouveau la raison d’être des effigies des membres
d’une garnison divine postée, sur les embrasures de la porte côté cour, à la
protection du temple d’Horus à Edfou. Quoique dans le passé, des temples
eussent été ceints de murailles comme à Karnak, à Edfou ne se dressaient
d’autres remparts que symboliques même si le temple, dans sa partie
centrale, présente les caractéristiques de murs à redans dont les tombes
thinites offrent des exemples spectaculaires. Soixante-deuxgénies mâles et
femelles équipés d’armes diverses et nommés de façon à donner l’idée d’une
dangerosité extrême, assurent, regroupés en escouades plus ou moins
importantes selon la saison, la défense du temple contre les forces du mal et
de l’obscurité qui se concrétisent par la progression inexorable de l’ombre
dans la grande cour du temple au cour de l’année solaire. À l’entrée se
jouait, pendant toute l’année solaire, une lutte mettant auxprises les forces
du Bien contre celles du Mal.

Isabelle PIMOUGUET-PEDARROSreprend le fil sur l’architecture et
l’archéologie proprement dites en rappelant que les fortifications d’Alinda,
ancienne cité hittite, connue sous le nom de Ialynda doivent être considérées,
à l’instar de celles d’Halicarnasse, comme un exemple d’architecture
héca

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tomnide. Le chantier de construction s’ouvrit probablement sous le satrapat
de Mausole; Ada, lors de son séjour sur le site, reprit sans doute à son
compte les travauxengagés par son frère, lesquels travaux, à leur tour, ne
furent peut-être jamais totalement achevés. Il est possible qu’ilyait eu à la
période hellénistique quelques additions de tours et des réparations mais
certainement aucune reconstruction de grande ampleur susceptible d’affecter
le plan d’origine. Cela étant, les réoccupations successives dont le site fut
l’objet après la mort d’Ada montrent que la cité d’Alinda ne perdit jamais sa
valeur stratégique.

C’est en deuxième lieu l’Europe, qui montre, depuis les Celtes,
l’existence d’unevéritable culture de la défense. Les fouilles de la porte sur
le lieu-dit « de Babyelone »xécutées par David LALLEMANDsembleraient
nous ramener, par un biais sémantique,vers le Moyen-Orient. Il n’en est rien
puisque derrière ce nom se cache l’oppidumoccupant l’éperon de
CordesChâteloi que des fouilles menées depuis 2003, après un sondage
(19671970), ont révélé au public. Celles-ci ont fait apparaître les caractéristiques
d’unmurus gallicus(décrit au livre VII, 23 de laGuerre des Gaules) en
blocs taillés, en bon état de conservation et de conception étonnante, dûà
l’habileté d’architectes bituriges. César avait lui-même reconnu que ce mur
était particulièrement adapté à la défense desvilles, « car la pierre le défend
du feu et le bois des ravages du bélier; et on ne peut renverser ni même
entamer un enchaînement de poutres de quarante pieds de long, la plupart
liées ensemble dans l’intérieur ». La rareté et le caractère sophistiqué de la
porte monumentale l’oppidum font dire au fouilleur que, démentant l’idée
d’une localité de rang secondaire, ceux-là conviendraient mieuxà la capitale
d’unpagus.

Les légendes médiévales des contrées du Nord permettent de déceler
l’impact de cette culture de la défense. Selon Patrick GUELPA, spécialiste de
la mythologie scandinave, l’épisode du géant maître-bâtisseur constitue un
moment de l’histoire mythique de ces régions, lorsque les dieux, prenant
conscience de façon aiguë de la menace qui pèse sur eux, la contiennent par
des moyens scélérats, provoquant, quoique à retardement, leur chute,
laquelle est de toute façon programmée. La construction du château
d’Ásgarr par le géant maître-bâtisseur, construction contrecarrée par les
dieux, est relatée dans un texte en prose : l’Eddade Snorri Sturluson
(11781241).

Avec Olivier TROUBAT, on appréhende la nature ambiguë de l’activité
militaire autour des places fortes de la France médiévale et moderne. Dans la
e
seconde moitié duXIVsiècle, lors de la guerre de Cent ans, l’occupation de
nombreuses forteresses par les forces anglaises et/ou par les routiers, bandes
armées à l’aveu du roi d’Angleterre ou sans aveu,va donner lieu à de

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