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Sur les fronts de guerres méconnues

De
229 pages
Dans un style direct, Maria Zdziarska-Zaleska raconte comment elle a vécu la guerre polono-soviétique mal connue en Occident et dont les conséquences ont été décisives pour la Pologne, mais aussi pour l'Europe entière : si en 1920, les Polonais n'avaient pas repoussé l'Armée rouge devant Varsovie, l'Allemagne, alors affaiblie et démoralisée, aurait-elle pu contenir l'expansionnisme des Bolcheviks ?
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Sur les fronts de guerres méconnues Pologne -
Mémoires d’une femme médecin de bataillon
Collection Mare Balticum
Maria Zdziarska-Zaleska
Sur les fronts de guerres méconnues Pologne -
Mémoires d’une femme médecin de bataillon
Traduit du polonais par François Rosset
L’H 
Remerciements
Je remercie très vivement le professeur François Rosset qui à titre gracieux et malgré un emploi du temps très chargé a eectué cette excellente traduction des mémoires de ma mère(Dans les tranchées). me Je remercie aussi chaleureusement M Viviane du Castel-Suel, responsable de la Collection « Mare Balticum » chez l’Harmattan pour s’être intéressée à ces mémoires.
C.-Pierre Zaleski (« Kazik »), îls de l’auteur.
Avant-propos
Maria Zdziarska-Zaleska (-) est née à Grotowice, près de Rawa Mazowiecka (Pologne centrale), dans une e famille appartenant à la noblesse depuis le  siècle. Elle hérita de son milieu familial une foi profonde, l’amour de la patrie et le sens du devoir, valeurs auxquelles sa carrière et sa vie furent pleinement soumises. Pendant la Première Guerre mondiale, elle participe aux activités de l’Union des scouts polonais et s’engage dans l’Organisation militaire polonaise. Elle commence aussi des études à la faculté de médecine de l’Université de Varsovie, mais l’irrésistible besoin d’aider les autres la pousse sur le front de la guerre où s’arontent Po-lonais et bolcheviks. Là, bravant les obstacles administratifs autant que les préjugés sur le « sexe faible », elle expose sa vie à tous les risques en soignant les blessés et les malades, en participant à l’organisation sanitaire, allant jusqu’à créer, de sa propre initiative, une compagnie sanitaire rattachée à une brigade motorisée. Comme inîrmière, puis comme médecin, elle vécut les épisodes décisifs de la guerre : la défense de
Sur les fronts de guerres méconnues
Lwów d’abord, puis la marche sur Mińsk et la Bérézina, l’of-fensive de Kiev, les batailles de Wyszków et de Hrubieszów. Constamment exposée par sa bravoure extraordinaire, elle fut capturée par les bolcheviks, mais parvint à s’échapper. Dans son service militaire, elle obtint le grade de sous-lieutenant et fut décorée de la Croix des braves, de l’ordreVirtuti Militaride cinquième classe et de la Croix de l’Indépendance. La guerre terminée, Maria Zdziarska ne déposa pas les armes pour autant. Elle fut la seule femme volontaire à s’en-gager dans la troisième insurrection de Silésie, en . Ce n’est qu’à son retour qu’elle reprit ses études pour obtenir enîn, en , son diplôme de médecin. Pendant douze mois, elle accomplit ses stages en Pologne orientale (à Osada Krechowiecka sur le Horyń), dans une unité de maladies infectieuses, puis à Busko (Pologne méridionale) où elle s’occupa d’enfants tuberculeux. En , elle partit pour Paris, en vue d’approfondir ses connaissances médicales. Une année plus tard, elle épousa Zygmunt Lubicz-Zaleski, poète et mémorialiste, professeur de littérature, animateur de la vie intellectuelle des émigrés polonais en France. Pendant la période de l’entre-deux guerres, elle habita Paris avec son époux. Elle eut quatre enfants – Andrzej, Kazi-mierz, Roman et Monika – qu’elle éduqua dans l’esprit du patriotisme et du respect des valeurs traditionnelles, donnant l’exemple par sa propre conduite. Car elle considérait l’exem-ple, ainsi qu’elle l’écrit dans ses souvenirs, comme le meilleur des maïtres. Elle passait les périodes de vacances en Pologne avec ses enfants pour susciter leur attachement aux lieux origi-naires de la famille. Lorsqu’éclata la Deuxième Guerre mondiale, elle s’engagea activement pour la défense de la patrie. Elle organisa, dans sa région, des postes sanitaires, soigna les soldats malades ou bles-sés à l’hôpital de Rawa Mazowiecka, puis les civils, dès ,
Avant-propos
en tant que médecin d’arrondissement de l’. Elle donna des cours de formation aux futures inîrmières militaires, créa des règlements pour les patrouilles sanitaires, prit en charge la distribution du courrier clandestin. En , elle fut déco-rée de la Croix d’argent du Mérite ; moins d’une année plus tard, elle devint lieutenant de l’. Arrêtée le  avril , elle subit interrogatoires et torture au poste de la Gestapo de la rue Szucha à Varsovie, puis fut enfermée à la prison du Pawiak, d’où on la transféra au camp de concentration de Ravensbrück, puis au camp disciplinaire de Grünenberg, près de Berlin. À la în du mois d’avril , elle fut transportée par la Croix-Rouge en Suède d’où elle put, grâce à l’aide d’amis, gagner la France. Le dernier épisode de sa vie militaire se joua en , lorsque le général Władysław Anders lui décerna le grade de capitaine des troupes sanitaires. Après la guerre, elle vécut à Paris, au  de la rue Boissière. Pour entretenir sa famille, elle faisait des veilles de nuit auprès de grands malades, alors que la journée, elle s’occupait de son mari qui était sorti du camp de concentration de Buchenwald dans un grave état d’épuisement, mais aussi des enfants, orphelins ou miséreux, qui arrivaient de Pologne en France. Après la mort de son mari, en , elle participa aux activités d’organisations des émigrés polonais et des anciens combat-tants. En qualité de commandante, elle dirigea l’Union des scouts polonais en France ; elle prit en mains l’administration de la villa de la Société historique et littéraire polonaise à Dinard, travailla pour la Bibliothèque polonaise de Paris. Sa maison était toujours ouverte aux amis, aux écrivains, aux compatriotes de passage. Marquée par l’âge et la maladie, elle rentra en Pologne en  où elle passa les deux dernières années de sa vie dans la maison familiale de Varsovie, rue Lenartowicz, entourée de ses proches et d’anciennes camara-des de combat.
Sur les fronts de guerres méconnues
Les souvenirs de guerre des années - nous met-tent en présence d’un personnage d’exception. Énergique et douée du talent de l’organisation, sensible à la sourance humaine, Maria Zdziarska-Zaleska fut un être d’action au sens le plus plein du terme. Dès l’instant où la patrie et la nation sont menacés, la possibilité de servir est perçue par elle comme un impératif absolu. Elle abandonne tout – sa maison, ses études, sa tranquille existence – pour gagner l’épicentre du conit, car c’est là qu’elle se sent la plus utile. Les dicultés qu’elle rencontre pour obtenir l’autorisation d’aller au front sont perçues par elle comme la pire des épreuves. Lorsque baisse l’intensité des combats et que diminue le nombre des blessés à soigner, elle se sent aussitôt désœuvrée et fâchée de perdre son temps. Mais quand il s’agit d’aller panser un blessé dans le siement des balles, Marie n’écoute que sa force et son courage qui nous paraissent incroyables aujourd’hui. Pour cette femme sans peur, comme pour les citoyens de l’antique polis,la quintessence de l’être humain est dans l’action : c’est elle qui déînit l’identité des individus, détermine sa position morale, libère les émotions les plus vives. Maria Zdziarska-Zaleska peut être perçue comme un de ces êtres éminemment rectilignes, si rares de nos jours, chez qui la contradiction n’a pas de raison d’être. Le destin parti-culier de l’individu et son engagement pour le bien commun sont une seule et même chose. Quand ce sont des valeurs supérieures qui sont en jeu, la vie et la mort ne sont plus en opposition : si l’on peut vivre, c’est pour servir la patrie, s’il faut mourir, c’est pour la gloire de celle-ci. Face à la réalité qui l’environne, le soldat sanitaire Zdziarska réagit corps et âme : par le vif transport et non par le froid calcul, par la réaction pathétique plutôt que par la distance sceptique. Les décisions, elle les prend impulsivement dans l’instant pour passer aussitôt à leur réalisation. Cette spontanéité qui frise
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