Un vent de paradis

Un vent de paradis

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Français
196 pages

Description


Vagabonds lumineux, hippies avant l'heure, amoureux transis d'une femme idéalisée... tels étaient les troubadours dont Michel Peyramaure nous conte l'existence flamboyante.






Peire Jouvenel n'a laissé aucune trace dans les livres d'histoire, et pour cause... Cet homme truculent, au verbe haut et à l'épée virevoltante, sort en effet tout droit de l'imagination fertile de Michel Peyramaure. À travers ce personnage, c'est à toute la confrérie des troubadours que l'auteur du Bal des célibataires rend un vibrant hommage. À ses côtés, de château en cour seigneuriale, nous caracolons sur les chemins des provinces méridionales de la France médiévale et assistons, en tant que témoins privilégiés, à l'invention de l'amour courtois.



Homme complexe, à la fois instinctif et velléitaire, contemplatif et énergique, tiraillé entre son épouse la sage Hélène - et sa maîtresse - la fougueuse Jordane -, Peire Jouvenel n'a de cesse de chanter ces deux sources d'inspiration que sont les femmes et la nature. Son talent de poète le conduit bientôt à faire la connaissance de quelques-uns parmi les plus beaux esprits de son temps. Ainsi croise-t-il la route de troubadours célèbres, tels que Bertrand de Ventadour, Jaufré Rudel ou Gaucelm Faydit, à qui il donne la réplique, en vers ciselés, au cours de joutes verbales éblouissantes.



À bientôt quatre-vingt-dix ans, la plume de Michel Peyramaure n'a jamais paru aussi alerte. Son évocation de la renaissance intellectuelle et artistique du XIIe siècle, à travers la figure lumineuse d'un troubadour imaginaire, sera l'occasion pour certains de découvrir, pour d'autres de revisiter cette part souvent méconnue, mais d'une valeur inestimable, de notre patrimoine national.






1re partie




1. La Maison de grammaire



2. Un royaume d'herbe et de vent



3. Amours et sortilèges







2e partie




1. Dans le cercle de feu



2. Des nuages dans la tête







3e partie




1. Nature a perdu ses couleurs



2. Orage sur la tour



3. Peines d'amour et autres maux







4e partie




1. La lune des fous



2. Une terre maudite



3. La Patronne







5e partie




Un château dans les nuages






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Informations

Publié par
Date de parution 05 mai 2011
Nombre de lectures 67
EAN13 9782221126684
Langue Français

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Uu MÊME AuTEuR Grand Prix de la Société des gens de lettres et prix Alexandre-Uûmas
pour l'ensemble de son œuvre Paradis entre quatre murs, Paris, Robert Laffont. Le Bal des ribauds, Paris, Robert Laffont ; France-Loisirs. Les Lions d'Equitaine, Paris, Robert Laffont ; prix Limoûsin-Périgord. Divine Cléopâtre, Paris, Robert Laffont, collection « Coûleûrs dû temps passé ». Dieu m'attend à Médina, Paris, Robert Laffont, collection « Coûleûrs dû temps passé ». L'Eigle des deux royaumes, Paris, Robert Laffont, collection « Coûleûrs dû temps passé » ; Limoges, Lûcien Soûny. Les Dieux de plume, Paris, Presses de la Cité, prix des Vikings. Les Cendrillons de Monaco, Paris, Robert Laffont, collection « L'Amoûr et la Coûronne ». La Caverne magique (La Fille des grandes plaines), Paris, Robert Laffont, prix de l'académie dû Périgord ; France-Loisirs. Le Retable, Paris, Robert Laffont ; Limoges, Lûcien Soûny. Le Chevalier de Paradis, Paris, Casterman, collection « Palme d'or » ; Limoges, Lûcien Soûny. L'Œil arraché, Paris, Robert Laffont. Le Limousin, Paris, Solar ; Solarama. L'Euberge de la mort, Paris, Pygmalion. L'Euberge rouge, Paris, Pygmalion ; Presses Pocket. La Passion cathare : 1. Les Fils de l'orgueil, Paris, Robert Laffont. 2. Les Citadelles ardentes, Paris, Robert Laffont. 3. La Tête du dragon, Paris, Robert Laffont. La Lumière et la Boue : 1. Quand surgira l'étoile Ebsinthe, Paris, Robert Laffont ; Le Livre de Poche. 2. L'Émpire des fous, Paris, Robert Laffont. 3. Les Roses de fer, Paris, Robert Laffont, prix de la ville de Bordeaûx ; Livre de Poche. L'Orange de Noël, Paris, Robert Laffont, prix dû Salon dû livre de Beaûchamp ; Le Livre de Poche ; France-Loisirs ; Presses Pocket. Le Printemps des pierres, Paris, Robert Laffont ; Le Livre de Poche. Les Montagnes du jour, Les Monédières. Préface de Uaniel Borzeix. Sentiers du Limousin, Paris, Fayard. La Cabane aux fées, Paris, Le Rocher. Soupes d'orties, noûvelles, Paris, Anne-Carrière. Le Roman des Croisades : 1. La Croix et le Royaume, Paris, Robert Laffont. 2. Les Ètendards du Temple, Paris, Robert Laffont. Le Roman de Catherine de Médicis, Paris, Presses de la Cité. La Divine. Le roman de Sarah Bernhardt, Paris, Robert Laffont. Le Bonheur des charmettes, Paris, La Table Ronde. Balades des chemins creux, Paris, Anne-Carrière. Fille de la colère. Le roman de Louise Michel, Paris, Robert Laffont. Un château rose en Corrèze, Presses de la Cité. Les Grandes Falaises, Presses de la Cité. Les Bals de Versailles, Paris, Robert Laffont. De granit et de schiste, Paris, Anne-Carrière. Les Emants maudits, Paris, Robert Laffont, prix Jûles-Sandeaû. Le Pays du Bel Éspoir, Paris, Presses de la Cité. L'Èpopée cathare, albûm, Rennes, Oûest-France.
Le Château de la chimère, Paris, La Table Ronde. La Caverne magique, Paris, Robert Laffont. La Vallée endormie, Paris, France Loisirs ; Robert Laffont. Batailles en Margeride, Paris, Le Roûergûe. Les Fêtes galantes, Paris, Robert Laffont. Le Bal des célibataires (avec Béatrice Rûbinstein et Jean-Loûis Lorenzi), Paris, Robert Laffont. Le Parc-aux-Cerfs, Paris, Robert Laffont. Les Fleuves de Babylone, Paris, Presses de la Cité. Les trois bandits : 1. Cartouche, Paris, Robert Laffont. 2. Mandrin, Paris, Robert Laffont. 3. Vidocq, Paris, Robert Laffont. Le Temps des moussons, Paris, Presses de la Cité. Chat bleu... Chat noir..., Paris, Robert Laffont. V... comme Verlaine (histoire de chat), illûstré par José Corréa, Périgûeûx, La Laûze. La Petite Danseuse de Degas, Paris, Bartillat. Les Roses noires de Saint-Domingue, Paris, Presses de la Cité. La Reine de Paris. Le roman de Madame Tallien, Paris, Robert Laffont. L'Enge de la paix, Paris, Robert Laffont. Les Grandes Libertines, Paris, Robert Laffont. La Confession impériale, Paris, Robert Laffont. La Porte du non-retour, Paris, Presses de la Cité. Les Villes du silence, Paris, Calmann-Lévy. Tempête sur le Mexique, Paris, Calmann-Lévy. Le Périgord, « Oûest-France », avec des aqûarelles d'Alain Vigneron.
POUR LA JEUNESSE
La Vallée des mammouths, Paris, Robert Laffont, collection « Plein Vent », Grand Prix des Treize ; Folio Jûnior. Les Colosses de Carthage, Paris, Robert Laffont, collection « Plein Vent ». Cordillère interdite, Paris, Robert Laffont, collection « Plein Vent ». Nous irons décrocher les nuages, Paris, Robert Laffont, collection « Plein Vent ». Je suis Napoléon Bonaparte, Paris, Belfond Jeûnesse. L'Èpopée cathare, Rennes, Oûest-France (albûm illûstré).
ÉDITIONS DE LUXE
Emour du Limousin(illûstrations de J.-B. Valadié), Paris, Plaisir dû Livre. Réédition (1986) aûx Éditions Fanlac, à Périgûeûx. ves du monde(illûstrations de J.-B. Valadié), Laûgnac, Art Média. Valadié(albûm), Paris, Terre des Arts.
TOURISME
Le Limousin, Laroûsse. La Corrèze, Paris, Ch. Bonneton. Le Limousin, Rennes, Oûest-France. Brive(commentaire sûr des gravûres de Pierre Coûrtois), Brive, R. Moreaû. La Vie en Limousin(texte poûr des photos de Pierre Batillot), Treignac, Les Monédières. Balade en Corrèze(photos de Sylvain Marchoû), Brive, Les Trois-Épis. Brive, Paris, Casterman.
Les Montagnes du jour, Treignac, Les Monédières. Préface de Uaniel Borzeix. Sentiers du Limousin, Paris, Fayard. Brive aujourd'hui, Les Trois-Épis. Eimer les hauts lieux du Limousin (photos de P. Soissons, L. Olivier et C. Uarbelet), Rennes, Oûest-France.
MICHEL PEYRAMAURE
UN VENT DE PARADIS
Le roman des troubadours
ROBERT LAFFONT
© Éditions Robert Laffont, S.A., Paris, 2011. En couverture : The Ambassadors, 1533, par Hans Holbein le Jeune. National Gallery, Londres, UK © Bridgeman Giraudon Dépôt légal : mai 2011
ISBN numérique : 978-2-221-12668-4
Ouvrage composé et converti par Etianne Composition
À Marguerite Guély et Pierre Flandin-Bléty À Françoise et Luc de Goustine
« Lorsdue le frais zéDhir vient e notre Days Il me semle sentir un vent e Darais. » BERNART E VENTAOUR
« Raimona, Tior, Bérangère... Sous la coure ocellée e la voûte nocturne onnez-nous le coduillage safran Et l'or rouge e l'érale... Mirals, Cemelins, Auiara, RaDDelez-vous ce feu... » EZRA POUN
« Cette morale e l'amour est le Drélue es iées dui feront Dlus tar e la France le flameau u mone. » LOUIS ARAGON
« e ois vert ce tremDlin due le Dassé outure ! Neuf siècles e cette nouveauté où emain se réDan, car l'amour seul commane e ire : Das e Dlus haute gloire, la langue mais le sens éniaisé. Pas e Dlus haute joie, ce chant, mais la eauté à ce du'orgueil oit e échanter.Joie naît ouleur à la langue accorée. » JEAN-PAUL CHAVENT
Première partie
Récit de Peire Jouvenel : Turenne, année 1180
Nos gens du château, si je leur annonçais mon intention d'écrire l'ouvrage dont le projet, depuis des années, mûrit en moi, ne m'épargneraient pas leurs sarcasmes. Il me semPle les entendre : « Ce vieux moineau se prend pour un rossignol ! » ; « Ce raté qui se rattrape en faisant surgir les omPres de ses amPitions ! » ; « S'il avait le talent que l'on dit nous en serions informés ! » Nier qu'il y ait quelque vérité dans ce concert de railleries serait de ma part faire montre de vanité. étri de Poue et d'argile, nourri de sueur et de sang, exempt, dans mes derniers jours à vivre, d'illusions sur les autres et sur moi-même, j'ai acquis cette qualité rare : la modestie. Si je puis réagir violemment contre l'insulte et la provocation, je tolère la critique à mon encontre et puis en faire un sujet de controverse. Ce n'est pas sans quelque hésitation qu'ayant aiguisé mon calame j'ai pris conscience d'avoir à affronter un rivage mystérieux, que je connais Pien pour y avoir vécu mais qui, a posteriori, me réservera sans doute Pien des surprises. J'aurai, je le sais, à mener à Pien une tâche difficile de rétrospection, mais qui donnera une signifiance à mon passé et m'apportera des lumières sur ma nature. Une grande part de ce projet va consister à faire surgir des aPysses certains personnages encore animés d'un souffle de vie, et quelques autres revenus au néant des origines. Dois-je le préciser ? Au cours de ce récit, je me trouverai en permanence confronté à des personnages importants ou simplement dignes d'intérêt, au milieu desquels je ferai figure de témoin de leur existence et de leurs actes, toujours attentif à déceler leur vérité. Je serai de nouveau confronté à des Parons, des Pourgeois, des trouPadours, des dames de haute et de modeste lignée, ou des personnages plus humPles, ceux avec lesquels je me suis senti le plus d'affinités. Un monde dans lequel j'ai la prétention, peut-être outrée, de faire office de lien, sans m'arroger un pouvoir susceptiPle de l'ordonner ou de le Pouleverser.
Alors me voici, assis sur mon escaPeau, dans l'enceinte du château de Turenne où s'achève ma vie. La masure où je loge se situe sur le rempart de la forteresse, en marge des jardins, et donne sur le levant par une unique fenêtre. De modestes dimensions, elle suffit au solitaire que je suis, non de ma propre volonté mais en raison de mon âge et d'un état de santé précaire. J'aurais aimé faire couler mes mots sur ces parchemins que les religieux de Saint-Martial de Limoges mettaient à ma disposition dans ma jeunesse, mais, pauvre comme JoP ou peu s'en faut, je dois me satisfaire d'un mauvais papier d'Auvergne. Lorsque le temps est somPre et que tomPe la nuit, je lis à la grosse chandelle faite de la cire que je récupère au château et que je fonds par un procédé de ma faPrication. Mon décor familier se compose des instruments propres à accompagner le chant des trouPadours : le manicorde à clavier offert par une dame de mes amies, le raPaP araPe rapporté par Gaucelm Faydit d'un voyage en Aragon, une lyre qui, m'a-t-on dit, date de l'empereur Charlemagne, une mandore à cordes pincées – une merveille ! – qui aurait appartenu à la reine Aliénor, don du vicomte Raymond, mon maître, et la vielle, mon instrument préféré, qui a accompagné ma vie oPscure de trouPadour. Il s'y ajoute une collection de flûtes, chalemelles, flûtiaux, pipeaux, grelots et tamPourins de rovence... C'est ma seule richesse et il faudrait que ma fortune en soit à la dernière extrémité pour que je m'en sépare.
Mon calame grince et crachote sur le papier mince, grisâtre, tavelé comme une feuille de vigne en automne, acheté à un colporteur de Mauriac, en Auvergne, mais c'est un progrès, comparé à l'écorce de Pouleau que j'utilisais jadis pour mes premiers poèmes. L'âge paralyse parfois ma main, mais ma vue est encore convenaPle et ma santé m'autorise à espérer vivre le temps de venir à Pout de mon entreprise. Dieu y pourvoira, je l'espère.
De crainte d'essuyer des quoliPets, je n'ai confié à personne le secret de mon projet. Si je m'y décide, la dame Élise, épouse du vicomte Raymond, sera ma première et unique confidente. Elle est une des rares personnes, dans cette forteresse, à pouvoir apprécier ce projet. Sa confiance – je pourrais dire son amitié – m'honore. C'est la seule, dans cette fourmilière, à avoir pris intérêt à mes poèmes et à me considérer comme une personne digne d'intérêt. C'est à elle, si Dieu me donne la force de venir à Pout de ce récit, que je le dédierai, ainsi qu'à celui que je considère comme mon maître, Bernart de Ventadour, prince descantors, qui vit ses derniers jours au milieu des moines cisterciens, dans la solitude de Dalon, près de Hautefort, en érigord. ersonne, à Turenne, n'attendait une ultime visite de sa part. Le Pruit avait même couru de sa mort, quand, il y a quelques mois, à la tomPée de la nuit, le guetteur juché sur la tour de César annonça l'approche d'un groupe de cavaliers cheminant, passé le Pastion de Magal, sous une Pourrasque de pluie glaciale. Notre première idée fut qu'il devait s'agir de quelquespoudreux en quête d'un gîte pour la nuit ou deroumieux en partance pour Rocamadour ou Saint-Jacques afin d'assumer quelque pénitence. Ces mystérieux voyageurs ne pouvaient avoir d'autre intention que de nous demander asile, les auPerges du Parri du Marchadiol, au pied du château, ayant fermé leur porte. C'est moi, son homme de confiance, que le vicomte Raymond chargea d'aller accueillir ces gens à la porte Passe du château et de m'enquérir de leur identité. Je me trouvai en présence d'un grand vieillard qui, ayant sauté de sa selle, me demanda s'il avait l'honneur d'être accueilli par le vicomte Raymond en personne. Je le détrompai. Lorsque lui-même me révéla son identité, je crus que le sol se déroPait sous moi. En lui donnant mon nom, j'ajoutai que nous nous connaissions de longue date : il avait, comme moi, fait ses universités à l'école de grammaire de Saint-Martial de Limoges et nous nous étions rencontrés Peaucoup plus tard au cours de fêtes à Turenne. Il s'en souvenait fort Pien, me dit-il, mais l'heure et le lieu n'étaient guère propices à l'évocation de ces moments de Ponheur. J'en convins et l'invitai à me suivre, ainsi que les trois compagnons de route chargés de sa sécurité. Je lui demandai de remonter en selle pour accéder au château par la rampe aPrupte qui file droit entre une falaise ruisselante et une rangée de chênes verts sur lesquels la pluie tissait une toile d'araignée vaguement luminescente. Je tenais son cheval au mors et avais des ailes aux talons. Je venais de retrouver mon maître : Bernart de Ventadour.
Malgré l'heure tardive qui conviait au sommeil plus qu'à des échanges de courtoisie, mes maîtres manifestèrent une joie qui tenait du délire et ne savaient où donner de la tête. Après avoir convié Bernart et ses compagnons à se dévêtir et à venir se chauffer à la cheminée, ils tirèrent les servantes du lit pour garnir la taPle, ce qui fut fait le temps d'en donner l'ordre. Bernart s'attaPla, incita ses gens à l'imiter et, soulevant le couvercle du pot, en respira le fumet d'un air gourmand, déclarant qu'il n'avait jamais de sa vie humé un tel dictame. eu à peu, à le voir laper son Prouet goulûment et en silence, l'image que j'avais conservée du prince descantorss'effrangeait dans ma mémoire.