Venise au Moyen Age

Venise au Moyen Age

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316 pages

Description

Il n'existe aucune histoire de Venise à l’époque médiévale en langue française. Ce guide, signé par un historien qui a passé plusieurs années dans les Archives de la Sérénissime République et possède une connaissance intime de la ville, de ses monuments et de ses habitants, met à la disposition du public une histoire renouvelée d’une ville au sommet de sa puissance.
L’auteur examine les étapes mouvementées de la construction d’un état aristocratique, de la conjuration de B. Tiepolo (1310) pour renverser l’hégémonie du Sénat au sein du gouvernement, jusqu’aux menées monarchistes avortées de M. Faliero (1355). S’appuyant sur une prospérité commerciale dynamique, Venise tente de conserver son impérialisme maritime en luttant contre la redoutable Gênes ou la puissante famille milanaise des Visconti. Sous l’impulsion des Doges, de Dandolo (XIIe siècle) à Foscari (XIVe siècle), Venise s’appuie sur sa noblesse marchande (la famille Polo bien sûr) pour conforter son rayonnement.
Les hommes qui ont fait cette grandeur occupent la seconde partie de ce guide, avec leurs difficultés (pauvreté, épidémies), leurs croyances (foi et charité), leur culture, la vie familiale, la place de la femme et de l’enfant. Mais Venise est aussi un très grand foyer intellectuel et artistique qui attire encore aujourd’hui des millions de visiteurs venus admirer ses palais, ses places, ses églises, ses musées, l’architecture, les mosaïques, la peinture, la sculpture. L’eau est omniprésente, qu’il a fallu maîtriser, conserver, protéger. L’eau et l’urbanisme sont les deux grands acteurs de cette histoire comme le rappelait déjà le chroniqueur Marino Sanudo Torsello, «Les Vénitiens ont été nourris de l’eau».
Jean-Claude Hocquet est historien, professeur à l'université de Lille III et directeur de recherche au CNRS. Amoureux de Venise, où il se rend tous les ans, il en est un éminent spécialiste. Aux Belles Lettres, il a publié Venise au Moyen Âge (Guide Belles Lettres des civilisations, 2003), Venise. Guide culturel d'une ville d'art de la Renaissance à nos jours (2010) et Venise et le monopole du sel - Tomes I & II. Production, commerce et finance d'une République marchande (2012).

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Date de parution 23 juin 2017
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EAN13 9782251903507
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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DU MÊME AUTEUR Le Sel et la fortune de Venise, vol. l,Production et monopole, vol. 2,Voiliers et commerce en Méditerranée 1200-1650, PU Lille 1978-1979. Le Sel et le pouvoir, de l'an mil à la Révolution française.Éd. Albin Michel, Paris 1985. Les Hommes et la mer dans I'Europe du Nord-Ouest de l'Antiquité à nos jours,Lille 1986. e e Horizons marins, itinéraires spirituels ( V -XVIIIsiècles),vol. I,Mentalités et sociétés, vol. II, Marins, navires et affaires, Publ. Sorbonne, Paris, 1987. Le Roi, le marchand et le sel,PU Lille 1987. « Les Pêcheries médiévales », inHistoire des pêches maritimes en France, Privat, Toulouse 1987. Metrologische Strukturen und die Entwicklung der alten Mass-Systeme,Mercaturae Scripta Verlag, St. Katharinen 1988. Introduction à la métrologie historique,Éd. Economica, Paris,1989. Le Sel de la terre, Éd. Du May, Paris 1989. Genèse et diffusion du système métrique,Paris 1989. Das Salz in der Rechts- und Handelsgeschichte, Berenkamp, Hall in Tirol 1991. Chioggia, capitale del sale nel Medioevo, Il Leggio, Sottomarina di Chioggia 1991. Der Staat und das Messen und Wiegen,Scripta Mercaturae Verlag, St. Katharinen 1992. Anciens Systèmes de poids et mesures en Occident, Variorum Reprints, Londres 1992. Une activité universelle. Mesurer et peser à travers les âges,Caen 1993-1994. La Métrologie historique, coll. Que sais-je? n° 2972, Paris 1995. Diversité régionale et locale des poids et mesures de l'ancienne France, Caen 1996-1997. Systèmes économiques et finances publiques (Les origines de l'État moderne en Europe), PUF, Paris 1996. Denaro, navi e mercanti a Venezia, Il Veltro, Rome 1999. Venise et Bruges,l’essor urbain au Moyen Âge, La Documentation française, Paris 1999. Le Sucre,de l’Antiquité à son destin antillais,Éditions du CTHS, Paris 2000. Hommes et paysages du sel,une aventure millénaire,Actes Sud, Arles 2001. Una Città nel Mediterraneo, l’Opulenta Salernum,Il Pagusio, Salerne 2001. Comercio marítimo en el Mediterráneo medieval y moderno, La Nao, Granada 2002. Merchant’s Books and Mercantile Pratichefrom the late Middle Ages to the beginning of the th 20Century,Steiner Verlag, Stuttgart 2002. Le Saline dei Veneziani e la crisi al tramonto del Medioevo,Il Veltro, Rome 2003.
G U I D E B E L L E S L E T T R E S
Collection dirigée par Jean-Noël Robert
D E S C I V I L I S A T I O N S
Pour consulter notre catalogue et découvrir nos nouveautés : www.lesbelleslettres.com Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. © 2004, Société d’édition Les Belles Lettres 95, bd Raspail, 75006 Paris. re 1 édition, 2003 ISBN : 978-2-251-90350-7 Avec le soutien du
À Fabien-Alvise, infatigable promeneur dans Venise qu’il chérissait, et qui livre avec courage à l’impitoyable maladie un combat désespéré
Crédits photographiques Les cartes ont été librement reélaborées par l’auteur, les travaux photographiques exécutés par le laboratoire photographique de l’Université Charles de Gaulle / Lille III à Villeneuve d’Ascq, d’après les ouvrages suivants (tous droits réservés) Michel Chemin, artiste peintre à Neufchâtel-Hardelot (62), 3, 4, 6, 8, 26, 27, 32, 33, 35, 36, 37.  CANIATO Giovanni, TURRI Eugenio et ZANETTI Michele,La laguna di Venezia, Vérone1995, UNESCO, Cierre edizioni, Verona (cliché Umberto Tomba), 1. Venetie MD, Pianta prospettica di Jacopo de’Barbari, Museo Civico Correr, Venezia et BALISTRERI-TRINCANATO Corrado et ZANVERDIANI Dario,Jacopo de Barbari, il racconto di una città, con la pianta prospettica di Jacopo de Barbari « Venetie MD », Venise 2000, Stamperia Cetid, via Mutinelli 9, 30173 Venezia-Mestre, 7, 22, 28, 34, 39. Storia di Venezia, éditions de l’Enciclopedia Italiana, piazza dell’Enciclopedia Italiana 4, 00186 Roma, 2. BREYDENBACH,Sanctorum PeregrinationumSACERDOTI,, Mayence 1484, publié par A. « Note sulle galere da mercato veneziane nel XV secolo »,Bollettino di Storia della Società e dello Stato veneziano, IV, 1962), Fondazione Giorgio Cini, Venezia et Neri Pozza editore, Venezia, 9. Gaetano et KNAPTON Michael, COZZI Storia della Repubblica di Venezia, dalla guerra di Chioggiaalla riconquista della Terraferma, Turin1986 (Utet Libreria, via P. Giuria 20, 10125 Torino), 11, 12, 13, 14. LANE Frederic C.,Venice, a maritim Republic, Londreset Baltimore 1973, The John Hopkins University Press, 2715 North Charles Str., Baltimore, Maryland 22218-4319, USA, 24.  Kraeck ou carraque, peint par W. A., maître flamand, vers 1470, extr. de Björn Landström, Histoire du voilier, Albin Michel 1969, 23. Giorgio e ROMANELLI Giandomenico, BELLAVITIS Le Città nella storia d’Italia. Venezia, Rome1985, Editori Laterza, Bari, 29, 30. BELLAVITIS Giorgio,Palazzo GiustinianPesaro, Vicence1975, Neri Pozza editore, Vicenza, 31. Elisabeth, « Sopra le acque salse », CROUZET-PAVAN Espaces, pouvoir et société à Venise à la fin du Moyen Âge, 2 vol. Rome1992, Istituto storico italiano per il Medio Evo, Palazzo Borromini, Ecole Française de Rome, Palais Farnese, 38.
I TesoriLa Basilica di San Marco, Sadea-Sansoni editori, Viale Mazzini 46, Florence, 25.
COMMENT UTILISER CE GUIDE ?Il est, certes, possible de lire ce livre chapitre après chapitre, pour découvrir un panorama de la société vénitienne ; mais il est aussi conçu pour que le lecteur puisse y trouver rapidement (et en extraire) des informations précises sur un sujet qui l’intéresse. Il est donc conseillé : de se reporter au sommaire :chaque chapitre est divisé en rubriques (avec des renvois internes) qui permettent de lire, dans un domaine choisi, une notice générale. En outre, les autres rubriques du chapitre complètent l’information. Au début de chaque chapitre, une introduction situe le sujet dans une perspective différente, illustrant l’évolution de la société et des mentalités vénitiennes ; d’utiliser l’indexà partir duquel, sur une notion générale, un terme technique, voire un personnage, il est possible de réunir, à travers l’ensemble du livre, plusieurs données complémentaires.  Une bibliographie choisie permet, dans un premier temps, de se reporter à des ouvrages récemment parus pour y commencer une recherche. Tous offrent, sur le sujet qu’ils traitent, une bibliographie plus ou moins riche. Enfin, les tableaux de synthèse, les cartes et graphiques pourront aider à visualiser et mieux retenir les informations désirées. (Cf. table des cartes, plans et tableaux en fin de sommaire.)
Qui n’a pas à l’esprit une image de Venise, un envol de pigeons sur la place Saint-Marc, une sérénade de gondolier, l’arche du pont de Rialto,quelque lecture desMémoiresde Casanova, le souvenir de quelques plans admirables de Visconti (Senso,Mort à Venise), des frères Taviani (Saint Michel avait un coq), de De Bosio (Le Terroriste), ou du filmAnonimo Veneziano qui se déroulait pour partie sous les tonnelles de chez Montin, de Comencini et de Fellini ? Venise a toujours inspiré les poètes, les musiciens, les romanciers, les peintres et tous ceux qui aiment le beau. Elle a toujours attiré les voyageurs venus rêver sur ses pierres et ses marbres, elle a toujours été un centre de la culture mondiale, Vivaldi n’est que le plus connu de ses musiciens, mais ils sont des centaines de Monteverdi à Luigi Nono et à Malipiero, Canaletto et Guardi sont les plus célébrés de sesvedutisti, mais il en est des dizaines d’autres, les romanciers comme les cinéastes la choisissent volontiers comme cadre de leurs fictions, jusqu’à ce beau roman de l’écrivain turc Nedim Gürsel,Les Turbans de Venise(2001). La ville semble tellement connue de tous et identifiée par ses canaux que la métaphore a connu une fortune sans équivalent, de la Californie ou de Las Vegas à la Venise du Nord et à la Venise verte qui en est l’antithèse exacte. En réalité, si la ville aime se mettre en scène, le plus souvent elle se dérobe et il faut bien la connaître pour ne pas s’y perdre dans le lacis des ruelles et pour trouver à coup sûr son chemin. Hors des chemins battus et balisés par un affichage noir sur fond jaune, ne s’y rencontrent que touristes égarés par un fléchage qui indique sur le même panneau par deux flèches opposées, à droite et à gauche, la direction de San Marco, la même observation vaut e pour le Rialto. La XXI siècle ville qui n’a pas été conçue pour le tourisme de masse du se
protège ainsi par quelque fourberie et déroute le visiteur à qui sont proposés cinq ou six itinéraires parallèles pour aller à pied de San Marco à Rialto et qui regarde ébahi le Vénitien obligeant qui, pour le remettre sur le bon chemin, lui signale que de toutes manières c’est « toujours tout droit », ne laissant d’autre alternative à cette rectitude que « jusqu’au pont » ou « après le pont ». Venise est une création de l’histoire et pour la comprendre et la connaître il faut déchiffrer son histoire inscrite dans ses monuments, ses palais, ses ponts, ses places, ses canaux, ses façades, ses fenêtres, ses cheminées. L’espace à trois dimensions se révèle insuffisant, il faut y ajouter l’épaisseur historique qui n’est rien d’autre que la dimension temporelle de la durée. e C’est le propos de ce livre, restituer une Venise qui se crée patiemment à partir du VIII siècle, se consolide après l’an mil, abandonne ses constructions de bois pour la brique et la pierre dès e e le XII siècle, s’affirme comme une puissance méditerranéenne au début du XIII siècle avec la conquête d’un empire colonial maritime puis desserre la pression que font peser les seigneuries continentales en créant à leur détriment un État de Terreferme en Italie. Pendant tout ce temps le pouvoir demeure détenu par une catégorie de familles qui ne cesse de s’adonner au commerce international, les anciennes familles s’appuient aussi sur un riche capital foncier, les nouvelles rêvent de diversifier leur patrimoine en acquérant le signe indéniable de la richesse, le palais. Mais tous vivent majoritairement du commerce et lui resteront fidèles jusqu’à la fin du Moyen Âge. Le Moyen Âge est le cadre historique de ce livre, non pas pour obéir à l’image traditionnelle (et fausse) selon laquelle c’est l’époque de la puissance et de la réussite, de la prospérité, de l’apogée, avant que la découverte des routes océaniques par les Ibériques, Espagnols ou Portugais, et une Renaissance née ailleurs, à Florence ou à Rome,sonnent le signal du ne déclin, de la décrépitude où un semblant de pouvoir ne serait plus détenu que par des patriciens emperruqués et racornis quittant précipitamment les séances du sénat pour le casino. On connaît les vers cruels de Du Bellay sur ces cocus qui s’en vont épouser la mer dont le Turc est l’amant, mais l’histoire a fait justice de ce déclin et Venise a su trouver d’autres voies fort honorables de substitution à son repli commercial. En fait, le format de la collection qui accueille ce travail obligeait à ce choix, limiter l’examen à une période qui s’arrête en l’an 1500 parce que cette année-là un génial artiste parvient à produire une vue aérienne plutôt fidèle de la ville. Le premier chapitre que j’ai écrit porte sur le commentaire de cette œuvre et sur l’urbanisme vénitien. Les autres s’efforcent d’expliquer ce que la ville a d’admirable et les raisons de son exceptionnelle réussite en dépit des difficultés. Latranscription. Le temps n’est plus où les chroniqueurs français se croyaient obligés d’appeler le doge de Venise « Henri Dandole », Enrico Dandolo n’offre rien de déroutant et il vaut mieux garder le prénom Alvise que de transcrire Louis. Les noms vénitiens de personne sont par conséquent conservés, et je préfère continuer à signaler lesFrari, plutôt que les « Frères » pour désigner le couvent et l’église franciscaine de Santa Maria Gloriosa. C’est aussi une façon de respirer l’air de Venise avant le départ. Les noms de personne suivis de * signalent une notice biographique à la fin de l’ouvrage. Enfin, labibliographieprivilégie la recherche la plus récente, italienne ou étrangère. L’auteur dit sa dette à l’égard d’une historiographie totalement renouvelée durant le dernier demi-siècle grâce à la vaste entreprise collective conduite par l’Institut de l’Encyclopédie Italienne à Rome et qui a donné naissance à la monumentaleStoria di Venezia, dalle origini alla caduta della Repubblica. Avait précédé dans cette voie l’ambitieuseStoria della culturaveneta de l’éditeur de Vicence,Neri Pozza. L’avait accompagnée laStoria della Chiesa di Veneziapubliée par les éditions Studium Cattolico Veneziano. Ces monuments de l’édition contemporaine et de la e science historique à l’extrême fin du XX siècle ont rendu possible le présent travail. Le lecteur