4ème Heure

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Livres
40 pages
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Description

« KatreCar » ou, tout simplement, « 4/4 », est une collection d’ouvrages composés de Quatre nouvelles policières de Quatre auteurs différents, offrant, chacune, un bon Quart d’heure de lecture.


Quatre gros Quarts d’heure... donc, plus d’une heure de détente par livre, proposée par de grands noms de la littérature policière ainsi que par des auteurs confirmés dont le nom ne résonne désormais plus qu’aux oreilles des amateurs...



  • 1/4 : Un vol de diamants de Georges ROUVRAY

  • 2/4 : Le cambrioleur de Rodolphe Bringer

  • 3/4 : L'attentat du train 15 de René DUCHESNE

  • 4/4 : L'énigme du « Transatlantic-Hôtel » de Louis-Ernest CHEVALIER


À dévorer sans modération, les opus de la collection « KatreCar » sont parfaits pour combler divers moments de la vie quotidienne, aussi bien dans les transports en commun que dans une salle d’attente, mais aussi pour les petites fringales littéraires qui peuvent se déclencher à tout instant de la journée.


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EAN13 9782373472509
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0007 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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COLLECTION
KATRECAR
ème 4 HEURE
UN VOL DE DIAMANTS
Nouvelle
par
Georges ROUVRAY
*1/4*
— BONJOURs le bureau, monsieur Dumoulin, s'écria Garnier en entrant dan particulier du joaillier.
— Tiens, Robert, bonjour, mon enfant. Eh bien, quan d donc te maries-tu ? Bientôt, je crois ?
— Samedi prochain, et j'espère bien que vous viendrez avec Paul.
— Je le regrette infiniment, mon ami, mais mon fils est en ce moment à Amsterdam pour un gros achat de pierres, et je vien s même de recevoir un télégramme de lui me demandant de le rejoindre. Selon toutes probabilités, nous ne serons pas de retour avant le milieu de la semai ne prochaine, aussi ne pourrons-nous assister à ton mariage, ni l'un ni l'autre.
— Comme c'est fâcheux ! Moi qui comptais au moins sur mon ami Paul, à ma noce !
— Ah ! mon petit Robert, on ne fait pas toujours ce qu'on veut dans les affaires ! Et où comptes-tu faire ton voyage de noces ?
— Eh bien, le voyage traditionnel en Italie : Venise, Rome, Florence, etc.
— Ah ! vous allez à Venise ? J'ai un ami là-bas pour lequel je pourrai te donner une lettre de recommandation. Je sais bien que des jeunes mariés se soucient peu de faire de nouvelles connaissances, mais le baron de Ruckstein mérite la peine qu'on lui rende visite.
« Il possède l'un des plus beaux palais de Venise et sa collection de bijoux est l'une des plus importantes qui soient en Europe. C'est comme cela que j'ai fait sa connaissance ; nous sommes devenus fort bons amis d epuis, et il ne manque jamais de venir me voir quand il est de passage à Paris.
« Tiens, il faut même que je lui fasse parvenir une magnifique broche ancienne, en diamants, qu'il avait vue chez moi à son dernier voyage. Il l'avait fort remarquée, et je suis bien heureux qu'il en fasse l'acquisition, car il y a longtemps que je l'ai en magasin, et je pensais bien ne jamais m'en débarrasser.
— Comment allez-vous la lui envoyer ? Pas par la poste, je suppose ?
— Que non pas ! Je vais la lui faire porter par un de mes employés.
— Cela va vous coûter cher...
— Trois ou quatre cents francs de plus sur un bijou du prix de cette broche ne sont pas faits pour effrayer M. de Ruckstein, crois-moi.
— Voulez-vous me la confier ? Je serai trop heureux de vous rendre ce
service, monsieur Dumoulin.
— Non, mon ami, je ne voudrais pas abuser...
À dire vrai, le bijoutier était un peu fâché d'en a voir tant dit au jeune homme. Robert Garnier était un fort honnête garçon, un anc ien ami de son fils, incapable d'une indélicatesse, mais Dumoulin le savait léger de caractère très hurluberlu à l'ordinaire ; que serait-ce donc quand il allait êt re tout à son voyage de noces. Cependant il n'aurait pas voulu lui faire une peine quelconque.
— Je vous assure, monsieur Dumoulin, que j'en prendrai grand soin.
— Tu ne te doutes pas de l'ennui que cela te causerait...
— Oh ! je ne crains rien. Je mettrai l'écrin dans u ne poche intérieure de mon veston, où le bijou sera en toute sécurité.
— C'est une bien grande responsabilité que tu vas assumer là...
— Je sais, je sais, monsieur Dumoulin ; au contraire, ce sera du nouveau pour moi de traverser une partie de l'Europe avec une pa reille fortune dans ma poche. Je vous en prie, confiez-moi ce bijou.
— Allons, Robert, je vois bien qu'il faut que je te cède, grand enfant. Je vais te le préparer dans un écrin, et t'écrire une lettre d'introduction pour M. de Ruckstein ; tu viendras prendre le tout le jour de ton départ.
Robert remercia Dumoulin et s'éloigna.
Le soir de ses noces, le jeune homme passa au magasin de la rue de la Paix, où M. Dumoulin lui remit l'écrin et la lettre, en l ui recommandant de bien y faire attention, puis il lui souhaita bon voyage, ainsi qu'à sa jeune femme.
Le bijoutier avait un bon sourire lorsqu'il rentra dans son bureau.
— Brave garçon, pensait-il, il est loin de se doute r qu'il est porteur d'une réplique en pierres fausses de la broche en vraies pierres, que je vais envoyer aujourd'hui même par Pignolet. Enfin, de Ruckstein comprendra bien, ma lettre lui explique tout.
À ce moment, Pignolet, l'employé de confiance du joaillier, entrait en costume de voyage dans le bureau de son patron.
— Ah, c'est vous, Pignolet. Vous êtes prêt à partir ?
— Oui, monsieur.
— Bon. Vous allez prendre le rapide de ce soir, ain si qu'il est convenu. Voici l'écrin. Et je vous autorise, après que vous aurez remis le bijou, à profiter de votre séjour à Venise pour prendre deux ou trois jours de congé. Vous pourrez visiter la ville. Et maintenant, allez. Vous n'avez que le temps de prendre votre train.
Pignolet partit, sauta dans une voiture et, à la ga re de Lyon, rejoignit sa
femme.
— Là, lui dit-il, maintenant nous voilà tranquilles . Le patron m'a donné quelques jours de congé de plus, et cela va nous pe rmettre de voir tous deux un coin au moins de l'Italie. Hein ! tu étais loin de te douter de cela, il y a quinze jours ?
me M Pignolet était, en effet, bien loin de s'attendre à ce voyage d'agrément.
Le même wagon-couloir qui transportait Julien Pignolet, employé de la maison Dumoulin, et sa femme Blanche, contenait également Robert Garnier et sa jeune épouse Antoinette, avec cette seule différence que les deux couples se trouvaient aux extrémités opposées du wagon.
On avait dépassé Milan et le rapide traversait les grandes plaines de la Lombardie, filant dans la direction de Venise.
Pignolet venait de s'assoupir. Le voyage l'avait fatigué et sa femme ne voulait pas le réveiller, afin qu'il pût se reposer, car el le comptait bien profiter des quelques jours de congé de son mari pour visiter Venise à fond.
Elle s'était levée et marchait dans le couloir, contemplant les vallées du Saint-Gothard que la lune éclairait de ses rayons, quand elle surprit une conversation entre deux voyageurs : un jeune homme et une jeune femme qui...